{"id":206,"date":"2009-03-03T11:50:44","date_gmt":"2009-03-03T10:50:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2009\/03\/03\/benoist-mechin-jacques-1901-1983\/"},"modified":"2021-09-09T17:24:35","modified_gmt":"2021-09-09T16:24:35","slug":"benoist-mechin-jacques-1901-1983","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2009\/03\/03\/benoist-mechin-jacques-1901-1983\/","title":{"rendered":"Benoist-M\u00e9chin, Jacques (1901-1983)"},"content":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin<br \/>\nJacques Gabriel Paul Michel Benoist-M\u00e9chin est n\u00e9 \u00e0 Paris le 1er juillet 1901 d\u2019une famille bourgeoise. Ayant tr\u00e8s t\u00f4t une propension \u00e0 la culture, il int\u00e8gre rapidement le s\u00e9rail intellectuel. Ami de Proust, J\u00fcnger ou Claudel, il devient journaliste et m\u00e8ne des recherches en histoire et en musicologie. Sp\u00e9cialiste de l\u2019\u00e9poque napol\u00e9onienne puis du monde arabe, ce serait alors qu\u2019il effectue son service militaire lors de l\u2019occupation rh\u00e9nane qu\u2019il cultive un rapprochement franco-allemand tendant \u00e0 une germanophilie qui lui sera reproch\u00e9e lors de la mont\u00e9e du nazisme (il \u00e9voque d\u2019ailleurs la question juive dans sa pr\u00e9face &#8211; page VIII : sur le sentiment juif, recrutement, volont\u00e9 de cr\u00e9ation d&rsquo;une l\u00e9gion juive et d&rsquo;un \u00e9tat juif). Pro-hitl\u00e9rien des premi\u00e8res heures, il sombre dans la collaboration, sera arr\u00eat\u00e9 en septembre 1944 et condamn\u00e9 \u00e0 mort, notamment pour la cr\u00e9ation de la L\u00e9gion Tricolore, \u00e0 l\u2019issue de son proc\u00e8s en 1947. Sa peine sera commu\u00e9e en travaux forc\u00e9s et, lib\u00e9r\u00e9 le 24 septembre 1953, il reprend ses travaux d\u2019historien sur le monde arabe. Jacques Benoist-M\u00e9chin meurt \u00e0 Paris le 24 f\u00e9vrier 1983 en laissant une \u0153uvre litt\u00e9raire consid\u00e9rable.<\/p>\n<p>2. Le t\u00e9moignage<br \/>\nJacques Benoist-M\u00e9chin, <em>Ce qui demeure. Lettres de soldats tomb\u00e9s au Champ d&rsquo;Honneur (1914-1918)<\/em>, Bartillat, 2000, 274 pages, non illustr\u00e9.<br \/>\nDans une anthologie de textes de soldats morts lors de la Grande Guerre, l\u2019auteur \u00e0 collig\u00e9 les \u00ab lettres de 39 officiers, sous-officiers, hommes de troupe, dont 24 tomb\u00e9s en 14 et 15 ; 8 en 16 ; 3 en 17 ; 4 en 18. Ultima verba d\u2019un \u00e9chantillonnage de Bretons, Corses, Champenois, Tourangeaux, Savoyards, Gascons et Basques, d\u2019extractions, classes sociales, professions et m\u00e9tiers les plus divers \u00bb pr\u00e9cise Guy Dupr\u00e9 dans la longue pr\u00e9face. S\u2019ils sont parfois anonymes, on retrouve quelques grandes signatures ante bellum telles celles de Charles P\u00e9guy, Henri-Alban Fournier ou Louis Pergaud. En dehors de la port\u00e9e litt\u00e9raire, philosophique ou du message sacrificiel de ce qui appara\u00eet pour Benoist-M\u00e9chin comme l\u2019exemplification de l\u2019esprit d\u2019un peuple d\u2019\u00e9lite, les renseignements sommaires accompagnant les lettres sont sujets \u00e0 caution. La v\u00e9rification syst\u00e9matique \u2013 restant empirique &#8211; des \u00e9pistoliers fait ressortir les \u00e9l\u00e9ments suivants :<br \/>\nGeorges Le Balle (18 ao\u00fbt 1893 \u00e0 Vichy) (151\u00e8me R.I.), signal\u00e9 tu\u00e9 \u00e0 Barlieux le 12 ao\u00fbt 1914 est mort le 15 d\u00e9cembre 1914 \u00e0 Longuyon (Meurthe-et-Moselle).<br \/>\nCharles P\u00e9guy est mort le 5 septembre et non le 3.<br \/>\nAucun Jean-Marie Le Guen n\u2019est signal\u00e9 mort en octobre 1914, ce qui se con\u00e7oit puisque Yves Le Guen, objet de la lettre (26 octobre 1882 \u00e0 Plouvorn, Finist\u00e8re) (19\u00e8me R.I.) est quant \u00e0 lui mort le 5 octobre 1915 (et non 1914) \u00e0 Tahure.<br \/>\nGlatigny, dont la lettre du 21 octobre 1914 est reproduite pages 72-73 est pr\u00e9nomm\u00e9 Jules (15 mai 1887 \u00e0 Brezolles, Eure-et-Loir) (301\u00e8me R.I.) ; il d\u00e9c\u00e8de \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Verdun le 30 octobre 1914.<br \/>\nMarcel Drouet (19 ao\u00fbt 1888 \u00e0 Sedan, Ardennes) (sergent de la 6\u00e8me compagnie du 165\u00e8me R.I.) est bien mort le 4 janvier 1915 \u00e0 Consenvoye (Meuse).<br \/>\nCharles Marius Dominique dit \u00ab Pierre \u00bb Dupouey est bien mort le 3 avril 1915 \u00e0 Nieuport (brigade de fusiliers marins).<br \/>\nEug\u00e8ne-Emile Lemercier (7 novembre 1886 \u00e0 Paris) (106\u00e8me R.I.) est bien tomb\u00e9 aux Eparges le 6 avril 1915.<br \/>\nLouis Pergaud (22 janvier 1882 \u00e0 Belmont, Doubs) (166\u00e8me R.I.) est mort le 8 avril 1915 \u00e0 Fresnes-en-Wo\u00ebvre.<br \/>\nFernand Froidefond (25 avril 1895 \u00e0 Salon, Bouches-du-Rh\u00f4ne) du 8\u00e8me zouaves (et non du 2\u00e8me) est mort le 9 juillet 1916 \u00e0 Barleux (Somme).<br \/>\nPaul Drouot (21 mai 1896 \u00e0 Vouziers, Ardennes) (3\u00e8me B.C.P.) est tu\u00e9 le 9 juin 1915 \u00e0 Noulette (Pas-de-Calais). Il \u00e9tait bien secr\u00e9taire du commandant Madelin L\u00e9on dont il d\u00e9crit la mort le 8 mai pr\u00e9c\u00e9dent. Ainsi, la lettre ne peut \u00eatre dat\u00e9e du 23 juin.<br \/>\nLaurent Pateu (18 novembre 1877 \u00e0 Bordeaux, Gironde) (141\u00e8me R.I.) est bien mort le 15 juin 1915 \u00e0 Notre-Dame-de-Lorette (Pas-de-Calais).<br \/>\nRobert Dubarle (16 octobre 1881 \u00e0 Tullins, Is\u00e8re) (68\u00e8me B.C.A.) est bien mort le 15 juin 1915 \u00e0 Metzeral (Haut-Rhin).<br \/>\nPierre Henri Achalme (9 juin 1894 \u00e0 Paris) (148\u00e8me R.I.) est bien mort le 16 juin 1915.<br \/>\nRoger Couturier (15 octobre 1897 \u00e0 Paris) (36\u00e8me R.I.) est bien mort le 23 juillet 1915 \u00e0 Avesne-le-Comte (Pas-de-Calais).<br \/>\nLe sous-lieutenant Gu\u00e9rin, du 269\u00e8me R.I., objet de la lettre pages 157-158, n\u2019a pas pu \u00eatre retrouv\u00e9.<br \/>\nEdouard Chi\u00e9sa (30 janvier 1887 \u00e0 Marseille, Bouches-du-Rh\u00f4ne) (2\u00e8me R.A.M. et non 65\u00e8me R.A.M.), est bien mort le 7 ao\u00fbt 1915 \u00e0 Gallipoli<br \/>\nGeorges-Adolphe Oudet (22 mars 1873 \u00e0 Paris) (46\u00e8me R.I.T.) est bien mort le 24 ao\u00fbt 1915 \u00e0 Nisslesmath (Alsace).<br \/>\nEug\u00e8ne Jean Emile Lacassagne (n\u00e9 le 19 f\u00e9vrier 1894 \u00e0 Bordeaux, Gironde) (18\u00e8me R.I.) est le seul de la classe 14 pouvant \u00eatre l\u2019auteur de la lettre. Il est mort le 3 juin 1917 \u00e0 l\u2019ambulance de Romain (Marne).<br \/>\nJoseph Louis Bieler (ne le 28 avril 1885 \u00e0 Paris) (23\u00e8me R.I.C et non 238\u00e8me R.I.C.) est bien mort le 25 septembre 1915 \u00e0 Massiges (Marne).<br \/>\nPierre Filippini (28 mai 1896 \u00e0 Saint-Andr\u00e9-de-Cubzac, Gironde) (7\u00e8me R.I.C et non 7\u00e8me R.I.) est bien mort le 25 septembre 1915 \u00e0 Ville-sur-Tourbe (Marne).<br \/>\nJacques Etienne Benoist de Laumont (26 ao\u00fbt 1891 \u00e0 Paris) (66\u00e8me R.I.) est bien mort le 25 septembre 1915 \u00e0 Agny (Pas-de-Calais).<br \/>\nL\u00e9opold dit \u00ab L\u00e9o \u00bb Latil (10 mai 1890 \u00e0 Aix (Bouches-du-Rh\u00f4ne) (67\u00e8me R.I.) est bien mort le 27 septembre 1915 \u00e0 la tranch\u00e9e de Lubeck (Marne).<br \/>\nJoseph Ferdinand Belmont (13 ao\u00fbt 1890 \u00e0 Lyon, Rh\u00f4ne) (11\u00e8me B.C.A.) est bien mort le 28 d\u00e9cembre 1915 \u00e0 Moosch (Haut-Rhin).<br \/>\nLouis Emile Clermont (1er ao\u00fbt 1880 \u00e0 Aizat-Saint-Allier, Puy-de-D\u00f4me) (67\u00e8me R.I.) est bien signal\u00e9 tu\u00e9 le 5 mars 1916 (dans le secteur de Saint-Soupplet, Marne).<br \/>\nLe lieutenant Pierre-Alexandre Maurice Masson (4 octobre 1879 \u00e0 Metz, Moselle) (261\u00e8me R.I.) est mort le 16 avril 1916 \u00e0 Flirey (Meurthe-et-Moselle).<br \/>\nAndr\u00e9 Chapelle (1er d\u00e9cembre 1889 \u00e0 Paris) (13\u00e8me R.A.C., services automobiles) est en fait mort le 27 mai 1916 \u00e0 Verdun.<br \/>\nLe capitaine Augustin Cochin (22 d\u00e9cembre 1876 \u00e0 Paris) (146\u00e8me R.I.) est bien mort le 8 juillet 1916 \u00e0 Maricourt (Somme).<br \/>\nAucun Fadhuile, auteur de la lettre page 223 n\u2019est signal\u00e9 mort pour la France.<br \/>\nHenri Gustave Veuillet (1er avril 1882 \u00e0 Lyon, Rh\u00f4ne) (23\u00e8me R.I.) est bien mort dans la Somme le 26 ao\u00fbt 1916.<br \/>\nMarie-Roche-Philippe Guy Boyer de Fontcolombe (n\u00e9 le 15 ao\u00fbt 1889 \u00e0 Marseille, Bouches-du-Rh\u00f4ne) (303\u00e8me R.I.) est bien d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 4 septembre 1916 \u00e0 Vermandovillers (Somme).<br \/>\nJean de Langenhagen (et non Langenhager) (21 d\u00e9cembre 1893 \u00e0 Nancy, Meurthe-et-Moselle) (23\u00e8me R.I.) est mort le 16 avril 1916 \u00e0 Loivre, Marne.<br \/>\nGeorges Guynemer (24 d\u00e9cembre 1894 \u00e0 Paris) (3\u00e8me escadrille du 2\u00e8me groupe d\u2019aviation) est bien mort le 11 septembre 1917 \u00e0 Poelcapelle (Belgique).<br \/>\nMarc Boas Boasson (5 avril 1886 \u00e0 Lyon, Rh\u00f4ne) (414\u00e8me R.I.) est bien mort le 29 avril 1918 \u00e0 Locre (Belgique).<br \/>\nRapha\u00ebl Laporte (16 mars 1895 \u00e0 Buffon, C\u00f4te-d\u2019Or) (21\u00e8me R.I. et non 215\u00e8me) est bien mort \u00e0 Crugny (Marne) le 28 mai 1918.<br \/>\nJoosh van Vollenhoven (21 juillet 1877 \u00e0 Rotterdam, Pays-Bas) (R.I.C. du Maroc) est mort dans l\u2019Aisne (devant Longpont) le 20 juillet 1918 (et non le 19).<br \/>\nGabriel Victor L\u00e9on dit \u00ab Gabriel-Tristan \u00bb Franconi (17 mai 1887 \u00e0 Paris) (272\u00e8me R.I.) est bien mort le 23 juillet 1918 \u00e0 Sauvillers (Somme).<br \/>\nSur les 39 auteurs dont les lettres ont \u00e9t\u00e9 reproduites et leurs auteurs introduits par Benoist-M\u00e9chin, 13 comportent des erreurs factuelles (unit\u00e9 ou date de d\u00e9c\u00e8s erron\u00e9e) voire n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s. Au final, si l\u2019ouvrage n\u2019est pas bas\u00e9 sur des lettres fictives, arch\u00e9typiques de la litt\u00e9rature de bourrage de cr\u00e2ne, il comporte nombre d\u2019erreurs de sources.<\/p>\n<p>3. R\u00e9sum\u00e9 et analyse<br \/>\nUne longue pr\u00e9face de Guy Dupr\u00e9 rend hommage au beau travail d&rsquo;anthologie et de m\u00e9moire r\u00e9alis\u00e9 par Benoist-M\u00e9chin en pr\u00e9sentant les plus beaux textes d&rsquo;\u00e9crivains de m\u00e9tier comme de simples soldats.<\/p>\n<p>A l&rsquo;issue, Benoist-M\u00e9chin, alors qu&rsquo;il \u00e9crit sous la menace d&rsquo;une autre guerre, fait une introspection de \u00ab\u00a0ce qui demeure\u00a0\u00bb de la premi\u00e8re guerre mondiale. La litt\u00e9rature \u00e9pistoli\u00e8re est pour l&rsquo;historien l&rsquo;image de l&rsquo;esprit d&rsquo;un peuple d&rsquo;\u00e9lite. Il y d\u00e9montre des caract\u00e8res divers, connus ou anonymes ayant dans leur diversit\u00e9 sociologique ou d&rsquo;exp\u00e9rience de la guerre une admirable unit\u00e9 de qualit\u00e9, de po\u00e9sie et surtout d&rsquo;\u00e2me. Le tout formant un vibrant hommage aux soldats de la grande boucherie qui, accabl\u00e9s des milles mis\u00e8res d&rsquo;une guerre ayant d\u00e9pass\u00e9 l&rsquo;inhumain, ont su conserver jusqu&rsquo;\u00e0 leur mort la voix pure des h\u00e9ros. D\u00e8s lors, la t\u00e2che des survivants, selon la prosopop\u00e9e collig\u00e9e par Benoist-M\u00e9chin, est d&rsquo;abord de reconstruire le sang de la France, de r\u00e9\u00e9duquer et de prot\u00e9ger la famille, de la r\u00e9unifier comme doit se r\u00e9unifier le continent afin de le pr\u00e9server d&rsquo;autres cataclysmes.<\/p>\n<p>L&rsquo;auteur ne se contente pas d&rsquo;un travail anthologique ; il en retire des enseignements premiers. Toutefois, le second conflit mondial au bord duquel il \u00e9crit, lui d\u00e9montre cruellement que ceux-ci n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 tir\u00e9s (\u00ab que des hommes jeunes et sans motif personnel de haine peuvent et doivent se pr\u00e9cipiter sur des gens qui les attendent pour les tuer \u00bb page 106). \u00ab Ce qui demeure \u00bb donc est la victoire remport\u00e9e par les combattants de la Grande Guerre sur eux-m\u00eames en d\u00e9montrant les plus belles qualit\u00e9s morales (page 23, il rel\u00e8ve ainsi l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9 morale des scripteurs).<\/p>\n<p>A l&rsquo;issue de cette longue introduction, Benoist-M\u00e9chin reproduit quelques-unes des plus belles lettres de soldats tomb\u00e9s au front de 1914 \u00e0 1918. Tr\u00e8s courtes ou tr\u00e8s denses, anonymes ou \u00e9manant d&rsquo;\u00e9crivains, leur pr\u00e9sentation chronologique m\u00eale officiers et soldats, hommes politiques et paysans, ath\u00e9es et fervents (Dupouey devient \u00ab de plus en plus enthousiaste \u00e0 la guerre \u00bb page 84). On peut y lire la vision personnelle de chaque soldat appuy\u00e9e sur sa sensibilit\u00e9, son v\u00e9cu et son environnement guerrier (Dubarle parle de la bataille comme d\u2019une \u00ab infernale chimie \u00bb page 40 et Boasson s\u2019exclame : \u00ab Un gendarme, voil\u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re ! \u00bb page 243). Certes, quelques textes se refl\u00e8tent au miroir du bourrage de cr\u00e2ne (telle cette attaque vosgienne gagn\u00e9e\u2026 au caramel pour Dubarle, page 151 ou ce pari du cigare fum\u00e9 le plus lentement pendant l\u2019attaque pour Augustin Cochin, page 218). Pourtant sa lourde pr\u00e9face, \u00e9crite aux portes c\u00e9dantes d&rsquo;une autre guerre, d\u00e9forme la vision de l&rsquo;auteur quant au v\u00e9ritable hommage qu&rsquo;il a voulu offrir. Certes, les textes qu&rsquo;il a choisis sont superbes mais la longueur de leur pr\u00e9sentation se r\u00e9v\u00e8le superflue. L&rsquo;ouvrage apporte toutefois \u00e0 l&rsquo;historien la vision comparative de styles et de sensibilit\u00e9s diff\u00e9rentes. On y rel\u00e8vera quelques belles descriptions (L\u00e9o Latil d\u00e9crivant \u00ab dans les profondeurs de l\u2019immense grange, plusieurs lumignons qui \u00e9clairent des soldats pench\u00e9s sur des lettres \u00bb page 175), de beaux textes (Pour Boasson, Verdun \u00ab c&rsquo;est une art\u00e8re de sang fran\u00e7ais qui a \u00e9t\u00e9 coup\u00e9e le 21 f\u00e9vrier et qui coule toujours \u00e0 grands jets \u00bb ou des r\u00e9flexions opportunes (Marc Boasson qualifiant ainsi la presse ; une \u00ab d\u00e9esse aux pieds de canard, un estomac d&rsquo;autruche, un cerveau d&rsquo;oie et un groin de porc \u00bb, page 246). Le lecteur y trouvera \u00e9galement quelques renseignements sociologiques (Boasson d\u00e9plore le 30 ao\u00fbt 1916 : \u00ab Un foss\u00e9 se creuse, de jour en jour plus large et plus profond, entre l\u2019arri\u00e8re et nous \u00bb page 246) ou techniques et nombre de visions int\u00e9ressantes de combattants (notamment ces soldats, \u00ab braves gens de Lorraine \u00bb, qui souffrent en silence selon Pierre-Maurice Masson, page 203). Un livre \u00e0 lire comme une anthologie sans s&rsquo;attarder outre mesure sur sa pr\u00e9sentation liminaire et l\u2019aspect superficiel et \u00e9pur\u00e9 de la litt\u00e9rature retenue.<\/p>\n<p>4. Autres informations<\/p>\n<p>Bibliographie de l\u2019auteur en lien avec la Grande Guerre<br \/>\nBenoist-M\u00e9chin, Jacques, <em>Ce qui demeure. Lettres de soldats tomb\u00e9s au Champ d&rsquo;Honneur (1914-1918)<\/em>. Paris, Albin Michel, 1942, 248 pages.<br \/>\nBenoist-M\u00e9chin, Jacques, <em>Histoire de l&rsquo;arm\u00e9e allemande depuis l&rsquo;Armistice. Tome I : 1918-1919<\/em>. Paris, Albin Michel, 1938, 379 pages.<br \/>\nBenoist-M\u00e9chin, Jacques, <em>Histoire de l&rsquo;arm\u00e9e allemande depuis l&rsquo;Armistice. Tome II : La discorde : 1919-1925<\/em>. Paris, Albin Michel, 1938, 672 pages.<br \/>\nBenoist-M\u00e9chin, Jacques, <em>Lawrence d&rsquo;Arabie ou le r\u00eave fracass\u00e9<\/em>. Paris, Perrin, 1975, 275 pages.<br \/>\nBenoist-M\u00e9chin, Jacques, <em>Le loup et le l\u00e9opard. Ibn Seoud ou la naissance d&rsquo;un royaume<\/em>. Paris, Albin Michel, 1955, 428 pages.<br \/>\nBenoist-M\u00e9chin, Jacques, <em>Le loup et le l\u00e9opard. Mustapha Kemal ou la mort d&rsquo;un empire<\/em>. Paris, Albin Michel, 1954, 461 pages.<\/p>\n<p>Bibliographie des auteurs cit\u00e9s en lien avec la Grande Guerre (nous ne reportons pas ici la bibliographie compl\u00e8te de chaque auteur cit\u00e9).<\/p>\n<p>Drouet, Marcel, <em>Le tombeau de Marcel Drouet<\/em>. Paris, Le Divan, 1923, 193 pages.<\/p>\n<p>Dupouey, Pierre (Lt de vaisseau), <em>Lettres<\/em>, Paris, \u00e9ditions du Cerf, 1922, 201 pages.<br \/>\nDupouey, Pierre (Lt de vaisseau), <em>Lettres et essais. Lettres du lieutenant de Vaisseau Dupouey<\/em>. Paris, \u00e9ditions du Cerf, 1934, 317 pages.<br \/>\nDupouey, Pierre (Lt de vaisseau), <em>Lettres du lieutenant de vaisseau<\/em>, Li\u00e8ge, Soledi, 1945, 179 pages.<\/p>\n<p>Lemercier, Eug\u00e8ne-Emmanuel, (paru sous anonymat), <em>Lettres d\u2019un soldat. Ao\u00fbt 1914 &#8211; avril 1915<\/em>, Paris, Chapelot, 1916, 200 pages.<br \/>\nLemercier, Eug\u00e8ne-Emmanuel, <em>Lettres d\u2019un soldat. Ao\u00fbt 1914 &#8211; avril 1915<\/em>, Paris, Berger-Levrault, 1924, 191 pages, (r\u00e9\u00e9dition Paris, Bernard Giovanangeli, 2005, 192 pages)<br \/>\nLemercier, Eug\u00e8ne-Emmanuel, <em>Notes 1905-1914, suivies de lettres in\u00e9dites<\/em>, Paris, Berger-Levrault, 1924, 108 pages.<\/p>\n<p>Les amis de Louis Pergaud,<em> Louis Pergaud : Correspondance. 1901-1915<\/em>, Paris, Mercure de France, 1955, 292 pages.<br \/>\nPiccoli, Bernard, <em>Les tranch\u00e9es de Louis Pergaud<\/em>, Verdun, Connaissance de la Meuse, 2006, 432 pages.<\/p>\n<p>Dubarle, Robert (Cpt), <em>Lettres de guerre de Robert Dubarle. Capitaine au 68\u00e8me bataillon de chasseurs alpins, mort au champ d&rsquo;honneur<\/em>, Paris, Perrin, 1918, 283 pages.<\/p>\n<p>Latil, L\u00e9o, <em>Lettres d&rsquo;un soldat. L\u00e9o Latil. 1890-1915<\/em>, Paris, Bloud et Gay, 1916, 50 pages.<\/p>\n<p>Belmont, Ferdinand (Cpt), <em>Lettres d&rsquo;un officier de chasseurs alpins (2 ao\u00fbt 1914 &#8211; 28 d\u00e9cembre 1915)<\/em>, Paris, Plon, 1916, 309 pages.<br \/>\nCrenner, Pierre (Col), <em>Les belles lettres du capitaine Belmont<\/em>, Colmar, association du M\u00e9morial du Linge, 1998, 14 pages.<br \/>\nDussert, A., <em>Ferdinand Belmont d&rsquo;apr\u00e8s les lettres d&rsquo;un officier de chasseurs alpins (2 ao\u00fbt 1914 &#8211; 28 d\u00e9cembre 1915)<\/em>, Grenoble, Allier Fr\u00e8res, 1917, 41 pages.<\/p>\n<p>Clermont, Louise, <em>Emile Clermont. Sa vie. Son \u0153uvre. Journal de route. Notes et fragments in\u00e9dits<\/em>, Paris, Grasset, 1919.<br \/>\nColl\u00e8ge d&rsquo;auteurs, <em>Etudes et souvenirs sur Emile Clermont. 15 ao\u00fbt 1880 &#8211; 5 mars 1916<\/em>, Saint-Etienne, Les Amiti\u00e9s, Paris, Grasset, 1927, 265 pages.<\/p>\n<p>Masson, Pierre-Maurice, <em>Lettres de guerre. Ao\u00fbt 1914 &#8211; avril 1916<\/em>, Paris, Hachette, 1917, 262 pages.<\/p>\n<p>Bucaille, Victor, <em>Augustin Cochin<\/em>, Paris, Art Catho, 1918, 62 pages.<br \/>\nCochin, Augustin, <em>Le capitaine Augustin Cochin. Quelques lettres de guerre<\/em>, Paris, Bloud et Gay, 1917, 64 pages.<\/p>\n<p>Mortane, Jacques, (Romanet, Jacques), <em>Guynemer Georges. 1894-1917. Lettres et pages<\/em>, Paris, Georges Cr\u00e8s et Cie.<\/p>\n<p>BOASSON, Marc, <em>Au soir d\u2019un monde. Lettres de guerre. (16 avril 1915 &#8211; 27 avril 1918)<\/em>, Paris, Plon, 1926, 330 pages.<\/p>\n<p>Franconi, Gabriel-Tristan, <em>Untel de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise<\/em>, Paris, Payot, 1918, 265 pages (r\u00e9\u00e9dition Amiens, Librairie Edgar Malf\u00e8re, 1926, 271 pages).<\/p>\n<p>Yann Prouillet<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Jacques Gabriel Paul Michel Benoist-M\u00e9chin est n\u00e9 \u00e0 Paris le 1er juillet 1901 d\u2019une famille bourgeoise. Ayant tr\u00e8s t\u00f4t une propension \u00e0 la culture, il int\u00e8gre rapidement le s\u00e9rail intellectuel. Ami de Proust, J\u00fcnger ou Claudel, il devient journaliste et m\u00e8ne des recherches en histoire et en musicologie. 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