{"id":222,"date":"2009-03-09T13:31:08","date_gmt":"2009-03-09T12:31:08","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2009\/03\/09\/tuffrau-paul-1887-1973\/"},"modified":"2021-09-09T17:26:49","modified_gmt":"2021-09-09T16:26:49","slug":"tuffrau-paul-1887-1973","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2009\/03\/09\/tuffrau-paul-1887-1973\/","title":{"rendered":"Tuffrau, Paul (1887-1973)"},"content":{"rendered":"<p>1. <strong>Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p>Paul Tuffrau est n\u00e9 le 1er mai 1887 dans une famille de propri\u00e9taires vignerons bordelais. Apr\u00e8s des \u00e9tudes secondaires brillantes, il arrive \u00e0 Paris et pr\u00e9pare au lyc\u00e9e Louis-le-Grand le concours de l&rsquo;Ecole normale sup\u00e9rieure, o\u00f9 il entre en 1908. Agr\u00e9g\u00e9 de lettres en 1911, il commence \u00e0 enseigner et fr\u00e9quente un milieu de jeunes intellectuels parmi lesquels Romain Rolland. En ao\u00fbt 1912, \u00e0 l&rsquo;issue de son service militaire, il \u00e9pouse Andr\u00e9e Lavieille, artiste peintre. Il est mobilis\u00e9 en 1914 comme sous-lieutenant \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;une section de mitrailleuses du 246e r\u00e9giment d&rsquo;infanterie de R\u00e9serve de Fontainebleau. En avril 1916, il passe capitaine, puis chef de bataillon au 208e RI en octobre. Plusieurs fois bless\u00e9, il fit en tout 52 mois de campagne dans l&rsquo;infanterie comme officier de troupe. Apr\u00e8s la guerre, il redevient professeur de lettres, est nomm\u00e9 au lyc\u00e9e de Chartres, puis au lyc\u00e9e Louis-le-Grand \u00e0 Paris comme professeur de kh\u00e2gne, enfin \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole polytechnique o\u00f9 il sera titulaire de la chaire d&rsquo;histoire et de litt\u00e9rature jusqu&rsquo;en 1958. Il publie de nombreux ouvrages. Citons entre autres <em>La l\u00e9gende de Guillaume d&rsquo;Orange<\/em> (1920), <em>Les lais de Marie de France<\/em> (1922), <em>Raoul de Cambrai<\/em> (1924), <em>Le merveilleux voyage de Saint Brandan<\/em> (1926), le <em>Manuel illustr\u00e9 d&rsquo;histoire de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise<\/em> (avec Gustave Lanson) (1929), le <em>Roman de Renart<\/em> (1942). En 1999 ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s \u00e0 la fois ses \u00e9crits de jeunesse &#8211; <em>Anatcho<\/em> -, <em>Garin le Lorrain<\/em> et ses notes durant la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale dans <em>De la \u00ab\u00a0dr\u00f4le de guerre\u00a0\u00bb \u00e0 la Lib\u00e9ration de Paris (1939-1944). <\/em>Il est mort le 16 mai 1973 \u00e0 Paris.<\/p>\n<p><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p>Paul Tuffrau est un homme de lettres. Il \u00e9crit beaucoup : des lettres, chaque jour \u00e0 son \u00e9pouse ; des articles qu&rsquo;il envoie, d\u00e8s 1916, au quotidien <em>le Journal<\/em>, sous le pseudonyme de Lieutenant E.R., doubl\u00e9s \u00e0 partir de 1917 d&rsquo;une s\u00e9rie de \u00ab\u00a0Billet du poilu\u00a0\u00bb sign\u00e9 A.L., au ton plus rude envers la hi\u00e9rarchie. Ses articles donnent \u00e0 lire des sc\u00e8nes du front nettement plus justes que celles dont la presse regorgeait alors. Le succ\u00e8s de ces articles pousse un \u00e9diteur \u00e0 publier en 1917 un recueil de 32 d&rsquo;entre eux sous le titre <em>Carnets d&rsquo;un combattant<\/em> (Payot, 1917). Son v\u00e9ritable nom est ajout\u00e9 entre parenth\u00e8ses dans le courant de l&rsquo;ann\u00e9e. Ce premier t\u00e9moignage fait l&rsquo;objet d&rsquo;une analyse dans <em>T\u00e9moins<\/em> de Jean Norton Cru (pp. 405-406). Ce dernier, tout en saluant la qualit\u00e9 de cette oeuvre, soulignait n\u00e9anmoins les limites de ce t\u00e9moignage : \u00ab\u00a0Tandis que Tuffrau voulait remettre la presse en bonne voie, ses successeurs veulent t\u00e9moigner sur la guerre ce qui est plus. [&#8230;] Tel fait de guerre a eu lieu \u00e0 telle date exacte, \u00e0 tel point pr\u00e9cis et il est racont\u00e9 par un tel, de tel grade, \u00e0 une unit\u00e9 bien d\u00e9finie.\u00a0\u00bb L&rsquo;impr\u00e9cision des articles de Tuffrau (lieux, dates, etc.) n&rsquo;est pas de mise avec son journal de guerre, publi\u00e9 en 1998 sous le titre <em>1914 &#8211; 1918. Quatre ann\u00e9es sur le front. Carnets d&rsquo;un combattant<\/em> (Paris, \u00c9ditions IMAGO, 245 p.). La richesse de ces vingt carnets de notes, prises au jour le jour, nous pousse \u00e0 regretter l&rsquo;amputation de pr\u00e8s de la moiti\u00e9 de l&rsquo;\u0153uvre au moment de la publication.<\/p>\n<p><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n<p>Tuffrau passe pr\u00e8s de 5 ans sous l&rsquo;uniforme. Revenons d&rsquo;abord sur son parcours et son ascension dans la hi\u00e9rarchie et les responsabilit\u00e9s : il combat comme jeune sous-lieutenant, du 14 au 25 ao\u00fbt 1914 dans le secteur de Saint-Mihiel\/Pont-\u00e0-Mousson ; du 28 ao\u00fbt au 2 septembre de la m\u00eame ann\u00e9e, il bat en retraite, de la Lorraine \u00e0 la Somme, puis de la Somme \u00e0 Creil. D\u00e9but septembre, il est promu lieutenant. Jusqu&rsquo;au 10 septembre, il participe \u00e0 la bataille de la Marne, avant d&rsquo;\u00eatre engag\u00e9 dans le secteur de Soissons jusqu&rsquo;en mai 1915. De mai \u00e0 novembre en Artois, de novembre 1915 \u00e0 juin 1916 pr\u00e8s de Reims, sur l&rsquo;Aisne, Paul Tuffrau &#8211; devenu capitaine en avril &#8211; est ensuite envoy\u00e9 en Argonne et \u00e0 Verdun jusqu&rsquo;en avril 1917. En avril-juin 1917, il revient dans le secteur de Saint-Mihiel, puis, durant plus de deux mois, dans celui de Mourmelon-le-Petit\/Reims. On le retrouve de septembre \u00e0 novembre 1917 dans le secteur de Craonnelle\/Craonne, o\u00f9 il reviendra apr\u00e8s un passage, en d\u00e9cembre 1917-janvier 1918, dans la r\u00e9gion de Coulommiers\/Meaux. Depuis l&rsquo;automne 1917, il est employ\u00e9 comme officier mitrailleur de sa division, la 55e DI, command\u00e9e par Mangin. Il re\u00e7oit, pendant l&rsquo;offensive allemande de mars, l&rsquo;ordre de tenir le hameau de Dampcourt, \u00e0 Marest. En mai, il est nomm\u00e9 adjoint du commandant de bataillon (soit le grade de capitaine-adjudant-major). Le front ne craque pas et au mois de juillet s&rsquo;inverse la tendance. Tuffrau obtient une mutation au 208e R\u00e9giment d&rsquo;Infanterie. Il est envoy\u00e9 en Alsace, \u00e0 Massevaux. Il apprend \u00e0 Neuviller-sur-Moselle au sud de Nancy, sa nomination au grade de chef de bataillon. Il entre en Moselle lib\u00e9r\u00e9e le 18 novembre 1918 \u00e0 Bechy, accueilli comme un sauveur. Le 4 d\u00e9cembre 1918, il est nomm\u00e9 administrateur de Sarrelouis et sera d\u00e9mobilis\u00e9 le 28 mars 1919.<\/p>\n<p>Du d\u00e9but \u00e0 la fin de la guerre, Paul Tuffrau tient ses carnets. Ces derniers nous r\u00e9v\u00e8lent la personnalit\u00e9 r\u00e9ellement exceptionnelle d&rsquo;un officier au parcours litt\u00e9raire, personnel et militaire hors du commun. Le gommage de tout \u00e9l\u00e9ment biographique ou topographique dans les articles envoy\u00e9s au <em>Journal<\/em> n&#8217;emp\u00eachaient d\u00e9j\u00e0 pas de sentir, dans des textes comme \u00ab\u00a0Avant l&rsquo;assaut\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0La boue des tranch\u00e9es\u00a0\u00bb, que la sensibilit\u00e9 et l&rsquo;acuit\u00e9 du regard de Paul Tuffrau \u00e9taient appuy\u00e9es \u00e0 une solide exp\u00e9rience de guerre. On retrouve les m\u00eames qualit\u00e9s litt\u00e9raires dans les carnets de guerre. On note \u00e9galement le souci de donner \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re une image plus juste de la guerre, tout en m\u00e9nageant le moral des combattants au front : \u00ab\u00a0<em>Lu <\/em>Le Feu<em> de Barbusse. Un livre tr\u00e8s fort, tr\u00e8s juste, syst\u00e9matiquement tragique\u00a0: je l&rsquo;ai lu, la gorge serr\u00e9e, et tout le cafard de l&rsquo;Artois m&rsquo;est revenu. Un livre dangereux pour l&rsquo;avant &#8211; tr\u00e8s utile pour l&rsquo;arri\u00e8re qui ne sait pas ce qu&rsquo;est la guerre. Toute l&rsquo;attaque de la c\u00f4te 119 est superbe. J&rsquo;aurais voulu moins d&rsquo;apocalypse \u00e0 la fin. La v\u00e9rit\u00e9 de cette poignante mis\u00e8re humaine suffisait.<\/em> \u00bb (p.140) Par bien des aspects, le carnet de guerre de Paul Tuffrau nous offre un regard plus intime et plus personnel de la guerre : le carnet sert ainsi souvent d&rsquo;exutoire \u00e0 ses \u00e9motions et \u00e0 ses col\u00e8res. Par ailleurs,<\/p>\n<p>Si les articles publi\u00e9s anonymement dans <em>Le Journal <\/em>visaient \u00e0 rendre compte du v\u00e9cu-type des combattants de la Grande Guerre, les notes prises au jour le jour par Tuffrau donnent \u00e0 lire la singularit\u00e9 de son exp\u00e9rience, de son v\u00e9cu, de ses sentiments. Le carnet permet ainsi d&rsquo;inscrire le t\u00e9moignage de Paul Tuffrau dans le temps et dans l&rsquo;espace. L&rsquo;\u00e9volution du moral peut \u00eatre contextualis\u00e9e : le 28-29 novembre 1914, dans le secteur de Soissons, il \u00e9crit :<em> \u00ab\u00a0La bonne humeur des hommes ne faiblit pas &#8211; et cela me pla\u00eet. Tout le monde est confiant, surtout depuis les victoires russes, et le journal, qui nous parvient chaque matin, est lu avec passion.\u00a0\u00bb <\/em>De m\u00eame, sa confiance dans la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;aller jusqu&rsquo;au bout, qui appara\u00eet constamment dans les articles, est r\u00e9affirm\u00e9e dans ses carnets, mais il note le 30 mai 1916 que ce sentiment n&rsquo;est pas partag\u00e9 par la troupe\u00a0 : <em>\u00ab\u00a0de tous c\u00f4t\u00e9s ici, bruits de paix ; c&rsquo;est le m\u00eame v\u0153u de tous ; [&#8230;] j&rsquo;\u00e9tais le seul \u00e0 d\u00e9fendre la continuation de la guerre, au point de vue de la dignit\u00e9 nationale, que tout le monde taxait (peut-\u00eatre avec raison) \u00ab\u00a0d&rsquo;amour propre stupide\u00a0\u00bb : pays vou\u00e9 \u00e0 la ruine disaient-ils, parce que saign\u00e9 d&rsquo;hommes, \u00e9cras\u00e9 de dettes, diminu\u00e9 dans sa productivit\u00e9 et dans son activit\u00e9 commerciale ; \u00e9puisement financier, inutilit\u00e9 des massacres.\u00a0\u00bb <\/em><\/p>\n<p>Le t\u00e9moignage de Paul Tuffrau est celui d&rsquo;un officier de troupe, attentif \u00e0 ses hommes, comme en t\u00e9moigne ces mots, le 16 octobre 1916 : \u00ab\u00a0<em>Le travail de nuit sous les obus devient scabreux. Il faut faire vite, piocher dans des cadavres. [&#8230;] Les hommes sont fatigu\u00e9s, ils n&rsquo;ont pas un beau moral. Un qui avait pioch\u00e9, disait cette nuit : \u00ab\u00a0Ils [les chefs] n&rsquo;ont pas pu nous faire crever par les balles et les obus, ils nous auront par l&rsquo;usure.<\/em> \u00bb\u00a0\u00bb Le 26 novembre\u00a01916, pr\u00e8s de Reims, il t\u00e9moigne du calvaire des hommes glissant et tombant dans la boue : \u00ab\u00a0<em>c&rsquo;est une satisfaction morale de se sentir plus pr\u00e8s des hommes dans cette commune mis\u00e8re et de les soutenir un peu en leur montrant qu&rsquo;on souffre autant qu&rsquo;eux.<\/em> \u00bb En donnant l&rsquo;exemple, il suscite le respect chez ses hommes. Le ton est paternaliste mais l&rsquo;affection sinc\u00e8re : \u00ab\u00a0<em>Comme il est dur de les perdre maintenant\u00a0! En septembre, on se connaissait \u00e0 peine, chacun \u00e9tait encore engag\u00e9 dan,s la famille qu&rsquo;il venait de quitter&#8230; Mais, \u00e0 pr\u00e9sent, tout est fondu, et cinq mois de souffrances et de dangers lient fortement.<\/em> \u00bb (p. 67). Paul Tuffrau souligne bien la difficult\u00e9 de sa position hi\u00e9rarchique et de ses responsabilit\u00e9s. Il est le premier \u00e0 critiquer dans son carnet, les conceptions tactiques du haut commandement, comme le 5 janvier 1915 <strong>:<\/strong> \u00ab\u00a0<em>Voil\u00e0 la grande mis\u00e8re\u00a0: c&rsquo;est que beaucoup d&rsquo;officiers d&rsquo;active voient le galon plut\u00f4t que le r\u00e9sultat. Et ce qui est monstrueux, c&rsquo;est qu&rsquo;ils se servent pour cela des\u00a0 vies humaines. Les deux colonels ont chuchot\u00e9 quelque chose que j&rsquo;ai mal compris, une petite attaque partielle qui \u00ab\u00a0permettrait de donner \u00e0 S. son \u00e9toile\u00a0\u00bb\u00a0!<\/em> \u00bb. Mais il jouit d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;une marge de man\u0153uvre tr\u00e8s limit\u00e9e lorsqu&rsquo;il re\u00e7oit un ordre (voir les notes du 17 mars 1917).<\/p>\n<p>Ses observations t\u00e9moignent d&rsquo;une grande sensibilit\u00e9. Citons, le 4 janvier 1915, ces quelques mots sur la perception du temps, d\u00e9coup\u00e9 pour mieux \u00eatre support\u00e9 : <em>\u00ab\u00a0usure nerveuse produite par une tension trop prolong\u00e9e, &#8211; ennui de cette vie monotone dont on ne voit pas la fin, &#8211; peut-\u00eatre aussi une vague appr\u00e9hension devant tant de p\u00e9rils qu&rsquo;on a appris \u00e0 conna\u00eetre. [&#8230;] Il ne faut pas non plus regarder l&rsquo;\u00e9norme t\u00e2che qui nous reste \u00e0 remplir, mais la diviser, et n&rsquo;envisager que la besogne imm\u00e9diate, s&rsquo;en bien acquitter, pour \u00eatre en paix avec soi, ne pas songer \u00e0 l&rsquo;avenir, ni au pass\u00e9\u00a0: bref faire la guerre \u00e0 l&rsquo;imagination, sous toutes ses formes.<\/em> \u00bb (p.73).<\/p>\n<p>Il serait illusoire de pr\u00e9tendre r\u00e9sumer ici la richesse de ce carnet, mais par son parcours, sa finesse d&rsquo;analyse, son sens aigu de l&rsquo;observation et ses qualit\u00e9s litt\u00e9raires, ce t\u00e9moignage appara\u00eet bel et bien comme un document incontournable pour comprendre la Grande Guerre. Cette derni\u00e8re a constitu\u00e9 pour Tuffrau comme pour nombre de combattants, une exp\u00e9rience marquante, comme en t\u00e9moigne les derniers mots de son carnet, le 28 mars 1919 : d\u00e9mobilis\u00e9, il arpente les rues de la capitale : \u00ab\u00a0<em>Il fait tr\u00e8s beau. J&rsquo;ai revu avec une joie intime les paysages familiers, la petite ville un peu vide&#8230; La vie reprend, les choses sont les m\u00eames, nous seuls avons chang\u00e9&#8230;<\/em> \u00bb<\/p>\n<p>08\/03\/2009<\/p>\n<p>Marty C\u00e9dric.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Paul Tuffrau est n\u00e9 le 1er mai 1887 dans une famille de propri\u00e9taires vignerons bordelais. Apr\u00e8s des \u00e9tudes secondaires brillantes, il arrive \u00e0 Paris et pr\u00e9pare au lyc\u00e9e Louis-le-Grand le concours de l&rsquo;Ecole normale sup\u00e9rieure, o\u00f9 il entre en 1908. 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