{"id":230,"date":"2009-10-02T11:04:16","date_gmt":"2009-10-02T10:04:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=230"},"modified":"2021-09-09T17:28:44","modified_gmt":"2021-09-09T16:28:44","slug":"marquiset-jean-1885-1984","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2009\/10\/02\/marquiset-jean-1885-1984\/","title":{"rendered":"Marquiset, Jean (1885-1984)"},"content":{"rendered":"<h4>Le t\u00e9moin<\/h4>\n<p>Fils d&rsquo;un architecte, Jean Marquiset est n\u00e9 \u00e0 Laon (Aisne) le 28 septembre 1885. Il devient avocat. Son fr\u00e8re Paul, architecte, a sign\u00e9 de nombreux b\u00e2timents laonnois. Il fait donc partie des \u00e9lites sociales : il est d&rsquo;ailleurs le premier nom sur la liste des otages dress\u00e9e par la police militaire allemande en octobre 1916 (p. 175) ; il b\u00e9n\u00e9ficie \u00e9galement d&rsquo;un acc\u00e8s privil\u00e9gi\u00e9 aux ordres de la kommandantur adress\u00e9s \u00e0 la mairie (p. 241). Mort \u00e0 Paris le 15 f\u00e9vrier 1984.<\/p>\n<p>Jean Marquiset parle tr\u00e8s peu de lui et on n&rsquo;a que peu d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments biographiques. Jeune, on ne sait pas pourquoi il n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9 en 1914. D&rsquo;ailleurs, il ne fait pas partie des hommes \u00e9vacu\u00e9s en tant que mobilisables au moment du retrait allemand (p. 275) en octobre 1918.<\/p>\n<p>Du fait de sa ma\u00eetrise de l&rsquo;allemand, Jean Marquiset sert occasionnellement d&rsquo;interpr\u00e8te. Cela ne l&#8217;emp\u00eache pas de s&rsquo;affirmer comme tr\u00e8s germanophobe en brodant autour des th\u00e8mes classiques de l&rsquo;Allemand qui serait tout \u00e0 la fois un barbare et un g\u00e9nie de l&rsquo;organisation la plus tatillonne (p. 2). Sans surprise, Jean Marquiset d\u00e9veloppe une vision conservatrice de la nation dans laquelle les sentiments patriotiques sont m\u00eal\u00e9s aux sentiments religieux (p. 2, 37). Il chante \u00e9galement les vertus d&rsquo;une petite ville vivant dans une tradition s\u00e9culaire loin des usines (p. 14) et affiche une certaine condescendance pour les milieux populaires (p. 20).<\/p>\n<p>Le seul \u00e9v\u00e9nement de l&rsquo;occupation le concernant qu&rsquo;il \u00e9voque ici est son arrestation suite \u00e0 une d\u00e9nonciation l&rsquo;accusant de cacher des armes. Il passe 3 jours en cellule. Du vin ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert par les gendarmes, il doit s&rsquo;acquitter d&rsquo;une amende de 1500 marks (p. 102-103).<\/p>\n<h4>Le t\u00e9moignage<\/h4>\n<p>Publi\u00e9 une premi\u00e8re fois en 1919 (Jean Marquiset, <em>Les Allemands \u00e0 Laon<\/em>, Paris, Bloud et Gay), il fait l&rsquo;objet d&rsquo;une nouvelle impression en 2007 (Jean Marquiset, <em>Les Allemands \u00e0 Laon, 1914-1918<\/em>, Paris, collection \u00ab\u00a0des faits et des hommes\u00a0\u00bb, Le Livre d&rsquo;Histoire). Il avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 l&rsquo;auteur d&rsquo;un article (Jean Marquiset, \u00ab\u00a0A Laon : 4 ans sous le joug des barbares\u00a0\u00bb, <em>La Revue hebdomadaire<\/em>, n\u00b07, dat\u00e9 du 15 f\u00e9vrier 1919, pp. 363-382).<\/p>\n<p>Son t\u00e9moignage se pr\u00e9sente sous la forme d&rsquo;un journal tenu d&rsquo;ao\u00fbt 1914 au 13 octobre 1918, jour de la lib\u00e9ration de Laon. Les notes sont d&rsquo;abord quotidiennes puis leur r\u00e9gularit\u00e9 \u00e9volue en fonction du contexte. Le journal est d\u00e9coup\u00e9 en chapitres, chaque chapitre correspondant \u00e0 une p\u00e9riode de 1 \u00e0 4 mois que l&rsquo;auteur r\u00e9sume en un titre suivi d&rsquo;une citation d&rsquo;un auteur allemand (Schiller, Heine, Goethe) cens\u00e9e t\u00e9moigner de la barbarie allemande. Jean Marquiset ne se livre pas dans son journal mais il d\u00e9crit des sc\u00e8nes dont il a \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin en ville, recopie des ordres allemands, et livre ses commentaires sur ces ordres. On constate que les premi\u00e8res pages sont \u00e9crites au pass\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 la date du 30 ao\u00fbt 1914. On peut supposer que ce n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 partir de ce moment qu&rsquo;il  d\u00e9cide de tenir son journal et rattrape le temps perdu. Le journal appara\u00eet comme soigneusement r\u00e9dig\u00e9 : l&rsquo;auteur prend le temps de d\u00e9crire certaines ambiances avec une plume assez lyrique (p. 149 par exemple). L&rsquo;auteur a certainement revu et retravaill\u00e9 son journal pour la publication. D&rsquo;ailleurs les extraits du journal publi\u00e9s dans <em>La Revue hebdomadaire<\/em> ne correspondent pas \u00e0 ceux qui ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans <em>Les Allemands \u00e0 Laon<\/em>.<\/p>\n<p>Jean Marquiset annonce clairement son intention en pr\u00e9face. Il ne souhaite pas \u00e9crire une histoire de Laon sous la guerre mais un \u00ab recueil d&rsquo;impressions et de souvenirs \u00bb (p. 1). Il assume donc la subjectivit\u00e9 de son texte. Bien plus, son projet est de d\u00e9noncer ce qu&rsquo;il consid\u00e8re \u00eatre un plan m\u00e9thodique de destruction mis en place par les Allemands : \u00ab Rien n&rsquo;\u00e9tait fait \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re, tout r\u00e9pondait \u00e0 un plan, concourait \u00e0 un but. D\u00e9truire, an\u00e9antir, torturer \u00bb (p. 2). Il veut de cette mani\u00e8re entretenir \u00ab comme un feu sacr\u00e9, cette haine des Allemands qui br\u00fble en nous de toute son ardeur \u00bb (p. 11). Il destine donc son ouvrage aux jeunes g\u00e9n\u00e9rations mais \u00e9galement \u00e0 tous les Fran\u00e7ais qui n&rsquo;ont pas connu l&rsquo;occupation et parmi lesquels circule le st\u00e9r\u00e9otype du \u00ab\u00a0Boche du Nord\u00a0\u00bb : \u00ab Ceux qui ne sont pas demeur\u00e9s \u00e0 Laon, ne peuvent se faire une id\u00e9e de l&rsquo;existence qui fut la n\u00f4tre pendant ces quatre ann\u00e9es, de nos tristesses, de nos mis\u00e8res et de nos angoisses. On ne saurait comparer l&rsquo;occupation allemande de 1914 \u00e0 celle de 1870 (p. 9) \u00bb<\/p>\n<h4>Analyse<\/h4>\n<p>Le journal de Jean Marquiset est peu personnel. En revanche, il rend assez bien compte de la mani\u00e8re dont les diff\u00e9rentes phases de la guerre impriment leur marque sur Laon. L&rsquo;entr\u00e9e des Allemands \u00e0 Laon, le 2 septembre 1914, est bien marqu\u00e9e par des pillages et quelques incidents mais elle se d\u00e9roule dans un certain ordre et sans les violences qui ont pu \u00eatre connues ailleurs. Le reflux allemand apr\u00e8s offensive de la Marne est observ\u00e9 \u00e0 partir du 14 septembre du haut des remparts, d&rsquo;o\u00f9 les combats sur le Chemin des Dames sont visibles et attirent les spectateurs (p. 33). En janvier 1915, ce sont les canons de la bataille de Soissons qui se font entendre (p. 71) puis en septembre, la pr\u00e9paration d&rsquo;artillerie pour les offensives en Champagne (p. 111).<\/p>\n<p>En juillet 1916, le \u00ab <em>Trommelfeuer \u00bb<\/em> s&rsquo;abattant sur la Somme est entendu sans interruption (p. 157). Et de nouveau, la population oisive va sur les promenades pour entendre le canon (p. 158). Mais cette guerre se rapproche au moment de l&rsquo;offensive du Chemin des Dames : d\u00e8s f\u00e9vrier 1917, les troupes affluent en ville, des h\u00f4pitaux de campagne sont cr\u00e9\u00e9s et les circulations sont davantage contr\u00f4l\u00e9es. D\u00e9but mars, Laon n&rsquo;est plus qu&rsquo;un \u00ab vaste casernement \u00bb (p. 193). La canonnade devient intense \u00e0 partir du 25 mars (p. 199) et se transforme en un roulement ininterrompu le 12\/04 (p. 203). Laon, qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 victime de bombardements a\u00e9riens, est d\u00e9sormais touch\u00e9e par les canons fran\u00e7ais : Jean Marquiset compte, du 14 au 24 avril, une salve toutes les 10 minutes dirig\u00e9e vers les faubourgs et le bas de ville. Le plateau appara\u00eet alors comme prot\u00e9g\u00e9. Pour les habitants de la vieille ville, l&rsquo;offensive redevient un spectacle : le narrateur aper\u00e7oit par exemple les fum\u00e9es autour du fort de la Malmaison en octobre (p. 232). Avec la perte du fort de la Malmaison par les Allemands, la ville se trouve sous la menace permanente de bombardements. En effet, \u00ab le front, para\u00eet-il, se rapproche. Les ballons captifs sont maintenant au-dessus de la ville \u00bb(p. 236). La ville semble s&rsquo;\u00eatre r\u00e9tr\u00e9cie, les communications avec les faubourgs \u00e9tant interdites. Et les bombes tombent d\u00e9sormais sur le Plateau : Jean Marquiset passe plusieurs nuits dans sa cave (p. 251) et les victimes civiles sont de plus en plus nombreuses (p. 255) en mars-avril 1918. Les Laonnois sont t\u00e9moins de l&rsquo;avanc\u00e9e rapide des Allemands \u00e0 partir du 27 mai 1918 : Jean Marquiset constate ainsi la disparition des ballons et du bruit du canon alors que les prisonniers fran\u00e7ais affluent en ville (p. 259). Le canon fait sa r\u00e9apparition le 20 juillet 1918 apr\u00e8s la contre-offensive alli\u00e9e men\u00e9e dans la vall\u00e9e de la Marne (p. 267) et les ballons allemands reviennent au-dessus de l&rsquo;Ailette (p. 268), puis les ballons fran\u00e7ais sont de nouveau visibles (p. 270). Lorsque les Allemands sont contraints de se retirer, les hommes sont \u00e9vacu\u00e9s (p. 274) le 9 octobre et les mines explosent dans les \u00e9tablissements militaires et \u00e0 la gare (p. 277).<\/p>\n<p>La ville de Laon n&rsquo;est pas seulement t\u00e9moin de la guerre, elle est transform\u00e9e par cette guerre. Les Allemands en font une ville de garnison strat\u00e9gique puis elle devient une ville du front apr\u00e8s le 25 octobre 1917. D\u00e8s les premi\u00e8res semaines, elle accueille de nombreux services allemands : kommandantur, Etat Major de la VII<sup>e<\/sup> arm\u00e9e, police et justice militaire, service de topographie&#8230; Ces services s&rsquo;installent dans les b\u00e2timents administratifs fran\u00e7ais et les symboles r\u00e9publicains sont remplac\u00e9s par les embl\u00e8mes allemands (p. 73 et 78). La ville semble ainsi se germaniser : les panneaux et les inscriptions en allemand se multiplient (p. 48 et 60), le nom des rues est d&rsquo;ailleurs germanis\u00e9 (p. 96), les commerces allemands remplacent les boutiques fran\u00e7aises (p. 121-122). Laon vit \u00e0 l&rsquo;heure allemande au sens propre (p. 49) comme au figur\u00e9. Elle devient un d\u00e9cor \u00e0 la gloire de l&#8217;empereur pour sa f\u00eate et plus particuli\u00e8rement pour celle organis\u00e9e en 1915 (p. 74-75). Cette pr\u00e9sence militaire allemande est \u00e9galement marqu\u00e9e par les nombreux casinos et cantines r\u00e9serv\u00e9s aux soldats et officiers (p. 134). L&rsquo;autorit\u00e9 allemande devient le principal employeur de la ville avec l&rsquo;installation des ateliers de la kommandantur (p. 138). La ville est \u00e9galement organis\u00e9e pour r\u00e9pondre \u00e0 d&rsquo;autres besoins de la guerre : des h\u00f4pitaux sont ouverts dans les \u00e9coles si bien que la ville se couvre des drapeaux de la Croix-Rouge (p. 61). Laon n&rsquo;accueille pas seulement les bless\u00e9s mais \u00e9galement les morts de la guerre : des cimeti\u00e8res sont alors cr\u00e9\u00e9s, car constate Jean Marquiset, \u00ab il y a tant de morts \u00bb (p. 40).<\/p>\n<p>Cette ville n&rsquo;est plus tout \u00e0 fait la m\u00eame non plus au niveau de sa population. Cette population aurait chang\u00e9 : les plus riches seraient partis au d\u00e9but de la guerre (p. 37) et Laon accueille de nombreux \u00e9vacu\u00e9s ayant tout perdu (p.43) et des colonnes de travailleurs civils (p. 177). Cette population est d&rsquo;abord majoritairement oisive (p. 58) avant d&rsquo;\u00eatre mise syst\u00e9matiquement au travail par les Allemands (p. 173). Cette population est travers\u00e9e par de nombreuses tensions sociales du fait des p\u00e9nuries. Les nouveaux arrivants ne sont pas bien vus : la mairie refuse par exemple d&rsquo;assurer le ravitaillement des \u00e9vacu\u00e9s (p. 43). Les prisonniers russes ou les prisonniers civils belges, d\u00e9crits comme affam\u00e9s, agresseraient les habitants pour avoir de quoi manger (p. 182 et 204). M\u00eame les prisonniers fran\u00e7ais ne sont pas toujours tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9s vers la fin de la guerre : ils sont d\u00e9crits comme \u00ab gros et gras \u00bb (p. 260) et leurs remarques choquent parfois les habitants : \u00ab Cela nous montre bien qu&rsquo;en France on ne se rend pas compte de notre situation (p. 216) \u00bb. Les p\u00e9nuries semblent plus durement ressenties dans les milieux ouvriers (p. 106). Chacun improvise alors un syst\u00e8me de d\u00e9brouille : plusieurs s&rsquo;entendent avec des soldats pour avoir un peu de pain ou marmelade (p. 172), les habitants, m\u00eame \u00ab des gens \u00e0 l&rsquo;aise avant la guerre se pressent pour profiter de la soupe aux cuisines roulantes \u00bb (p. 213), les enfants voleraient ou siffleraient l&rsquo;hymne allemand pour avoir un peu de nourriture (p. 216), sans compter les femmes accus\u00e9es de coucher avec les Allemands pour avoir de quoi manger (p. 216). Les d\u00e9nonciations fleurissent \u00e9galement (p. 92). Ces d\u00e9nonciations font peur et incitent les habitants \u00e0 ob\u00e9ir aux ordres allemands : \u00ab Qui n&rsquo;a rien cach\u00e9 ? et qui peut se croire \u00e0 l&rsquo;abri d&rsquo;une d\u00e9nonciation ? \u00bb (p. 84).<\/p>\n<p>Le t\u00e9moignage de Jean Marquiset donne des indications sur son moral et sa vision de l&rsquo;avenir. Comme tous les Fran\u00e7ais, il estime que la d\u00e9livrance ne saurait tarder dans les premi\u00e8res semaines d&rsquo;occupation (p. 43) et il est \u00e9tonn\u00e9 que les Allemands soient encore l\u00e0 \u00e0 la Toussaint 1914 (p. 52). Progressivement, il \u00e9tablit sa ligne de conduite : \u00ab il vaut mieux se r\u00e9signer sans perdre courage ni espoir \u00bb (p. 114), \u00e9crit-il en octobre 1915. Certes, il se reprend \u00e0 esp\u00e9rer \u00e0 chaque nouvelle offensive (p. 157) ou quand le printemps revient (p. 89) mais les esp\u00e9rances sont fugaces : il t\u00e9moigne m\u00eame du d\u00e9couragement de la population laonnoise (p. 162), fin juillet 1916. D\u00e8s lors, les journ\u00e9es paraissent bien grises (p. 184). M\u00eame quand les offensives reprennent en 1917, l&rsquo;optimisme n&rsquo;est plus de rigueur par crainte d&rsquo;une \u00e9vacuation, d&rsquo;o\u00f9 une \u00ab tension nerveuse inexprimable \u00bb (p. 199) en mars 1917, accrue par le bombardement de la ville. De telles angoisses conduisent les habitants \u00e0 se pr\u00e9cipiter sur les trains de rapatriement organis\u00e9s par l&rsquo;autorit\u00e9 allemande : \u00ab La vie est si douce ici que chacun songe \u00e0 fuir. Devant la Kommandantur, on fait la queue pour se faire inscrire \u00bb (p. 245).<\/p>\n<p>La tension est encore plus grande lorsque le Plateau de Laon est bombard\u00e9 : la mort est dans tous les esprits. \u00ab La mort hurle autour de nous \u00bb \u00e9crit alors Jean Marquiset (p. 252) et on n&rsquo;h\u00e9site plus \u00e0 d\u00e9nigrer les responsables fran\u00e7ais : \u00ab Chacun se demande comment il se fait qu&rsquo;apr\u00e8s avoir vis\u00e9 les premiers jours les abords de la gare, les Fran\u00e7ais dirigent leur feu sur le plateau \u00bb(p. 254). La nervosit\u00e9 ambiante peut \u00e9galement avoir pour origine l&rsquo;affaiblissement physique d\u00fb \u00e0 la situation de disette : \u00ab Nous sommes tous, \u00e0 des degr\u00e9s diff\u00e9rents des neurasth\u00e9niques : l&rsquo;affaiblissement du corps, les souffrances physiques nous ont amen\u00e9s l\u00e0 \u00bb (p. 127). L&rsquo;inflexion du moral est donc nette \u00e0 partir de 1916, \u00e0 mesure que la p\u00e9nurie s&rsquo;accro\u00eet.<\/p>\n<p><strong>Autres informations<\/strong><\/p>\n<ul class=\"unIndentedList\">\n<li> Henri Pasquier, <em>Quarante-neuf mois d&rsquo;esclavage. La ville de Laon sous le joug allemand<\/em>, Laon, Imprimerie du Courrier de l&rsquo;Aisne, 1922 (un r\u00e9cit de l&rsquo;occupation organis\u00e9 de mani\u00e8re th\u00e9matique).<\/li>\n<li> Francis Pigeon, \u00abLes Allemands \u00e0 Laon\u00bb, <em>M\u00e9moires de la F\u00e9d\u00e9ration des Soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;Histoire et d&rsquo;Arch\u00e9ologie de l&rsquo;Aisne<\/em>, tome LII, 2007, pp. 209-236.<\/li>\n<li> Philippe Salson,<em> Faire face \u00e0 l&rsquo;occupation : horizon d&rsquo;attente et arrangements au sein de la population de l&rsquo;Aisne occup\u00e9e (1914-1918), <\/em>m\u00e9moire de Master 2 Recherche, sous la direction de Fr\u00e9d\u00e9ric Rousseau, Universit\u00e9 Paul Val\u00e9ry &#8211; Montpellier III, juin 2009, 230 p.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Philippe Salson, octobre 2009<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le t\u00e9moin Fils d&rsquo;un architecte, Jean Marquiset est n\u00e9 \u00e0 Laon (Aisne) le 28 septembre 1885. Il devient avocat. 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