{"id":233,"date":"2010-01-07T11:04:58","date_gmt":"2010-01-07T10:04:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=233"},"modified":"2021-09-09T17:29:09","modified_gmt":"2021-09-09T16:29:09","slug":"massignac-clement-1894-1917","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2010\/01\/07\/massignac-clement-1894-1917\/","title":{"rendered":"Massignac, Cl\u00e9ment (1894-1917)"},"content":{"rendered":"<p><!--[if gte mso 9]><xml> <w:WordDocument> <w:View>Normal<\/w:View> <w:Zoom>0<\/w:Zoom> <w:HyphenationZone>21<\/w:HyphenationZone> <w:Compatibility> <w:BreakWrappedTables \/> <w:SnapToGridInCell \/> <w:WrapTextWithPunct \/> <w:UseAsianBreakRules \/> <\/w:Compatibility> <w:BrowserLevel>MicrosoftInternetExplorer4<\/w:BrowserLevel> <\/w:WordDocument> <\/xml><![endif]--><!--[if !mso]><span class=\"mceItemObject\"   classid=\"clsid:38481807-CA0E-42D2-BF39-B33AF135CC4D\" id=ieooui><\/span>\n<mce:style><!  st1\\:*{behavior:url(#ieooui) } --><\/p>\n<p><!--[endif]--><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"font-family: Arial;\">1. Le t\u00e9moin<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Arial;\">Massignac Henri, Alfred, Louis, dit Cl\u00e9ment, est n\u00e9 le 22 f\u00e9vrier 1894 \u00e0 Tournecoupe (Gers). Fils de cultivateurs, il devient apprenti dans une briqueterie du village. Avant-guerre, il cherche \u00e0 cr\u00e9er sa briqueterie sur l\u2019exploitation paternelle qui permet difficilement \u00e0 elle seule de faire vivre la famille. On lit <\/span><em><span style=\"font-family: Arial;\">La R\u00e9publique<\/span><\/em><em><span style=\"font-family: Arial;\"> des <\/span><\/em><em><span style=\"font-family: Arial;\">Travailleurs<\/span><\/em><span style=\"font-family: Arial;\">, organe de presse radical-socialiste, mais Cl\u00e9ment est catholique et participera aux offices \u00e0 la guerre quand il le pourra. Mobilis\u00e9 le 8 septembre 1914 au 11<sup>e<\/sup> RI de Montauban. D\u00e9part pour le front de Champagne d\u00e8s le 16 novembre. Transfert \u00e0 Arras le 23 avril 1915. D\u00e9part de ce secteur le 1<sup>er<\/sup> mars 1916. Mont\u00e9e en ligne \u00e0 Verdun le 20 juillet 1916. Le 25, bless\u00e9 \u00e0 Thiaumont. Hospitalis\u00e9 jusqu\u2019au 20 ao\u00fbt. Il participe ensuite \u00e0 un stage de mitrailleurs, puis \u00e0 un stage de servant du canon de 37, du 26 septembre au 27 octobre 1916. Il remonte \u00e0 Verdun, c\u00f4te du Poivre, du 14 au 26 novembre 1916, avant de tenir les tranch\u00e9es dans le secteur d\u2019Apremont du 3 d\u00e9cembre 1916 \u00e0 mars 1917. Le 17 avril, il participe \u00e0 l\u2019assaut de la 4<sup>e<\/sup> arm\u00e9e sur les Monts de Champagne&nbsp;; il est tu\u00e9 sur les pentes du T\u00e9ton le 19 avril 1917. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"font-family: Arial;\">2. Le t\u00e9moignage<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Arial;\">Lettres originales conserv\u00e9es par les descendants. 19 pour 1914, 106 pour 1915, 99 pour 1916, 26 pour 1917. Au total 250 lettres pour une p\u00e9riode de 879 jours de campagne. Une correspondance r\u00e9guli\u00e8re, un courrier tous les 3 \u00e0 4 jours. Les lettres sont publi\u00e9es, in extenso ou en fragments comment\u00e9s, in Laurent S\u00e9galant, <em>Lignes de vie, Des Gascons dans <\/em><\/span><em><span style=\"font-family: Arial;\">la Grande  Guerre<\/span><\/em><em><span style=\"font-family: Arial;\">, <\/span><\/em><span style=\"font-family: Arial;\">Orthez, \u00c9ditions Gascogne, 2009, 3 volumes. Les r\u00e9f\u00e9rences donn\u00e9es dans l\u2019analyse ci-dessous renvoient \u00e0 cet ouvrage. Pendant toute la p\u00e9riode consid\u00e9r\u00e9e, le t\u00e9moin appartient \u00e0 la m\u00eame unit\u00e9, le 11<sup>e<\/sup> RI.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"font-family: Arial;\">3. Analyse<\/span><\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Arial;\">Les lettres relatent \u00e0 la famille les sc\u00e8nes habituelles de la guerre (tranch\u00e9es inond\u00e9es, poux, rats, m\u00e9diocrit\u00e9 du ravitaillement parfois), et les remarques souvent rencontr\u00e9es sur les rapports combattants\/arri\u00e8re (prix exorbitants pratiqu\u00e9s par les commer\u00e7ants sur le march\u00e9 captif des soldats, diatribes contre les embusqu\u00e9s). <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Arial;\">Dans un style difficile, contraint d\u2019une part par un faible niveau de formation scolaire et d\u2019autre part par la superposition du fran\u00e7ais \u00e0 l\u2019usage du gascon, l\u2019expression et la pens\u00e9e du t\u00e9moin progressent de fa\u00e7on nette dans le fil de la correspondance. Cet \u00e9chantillon de lettres significatif en volume et en dur\u00e9e est int\u00e9ressant car \u00e9crit par un jeune homme socialement repr\u00e9sentatif de la masse des fantassins. On y d\u00e9couvre en premier lieu l\u2019instruction b\u00e2cl\u00e9e r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 la classe 1914, la plong\u00e9e imm\u00e9diate de cette classe dans la guerre des tranch\u00e9es. Tr\u00e8s vite, d\u00e8s le 7 d\u00e9cembre 1914, le t\u00e9moin comprend la nature de cette guerre&nbsp;: \u00ab&nbsp;Nous sommes dans les tranch\u00e9es mais on ne tire presque jamais. Il n\u2019y a que l\u2019artillerie qui donne, surtout celle des Boches&nbsp;\u00bb (tome I, p. 482). La lassitude de la guerre est vite exprim\u00e9e, Cl\u00e9ment cherche \u00e0 survivre en devenant ordonnance d\u2019officiers, puis, d\u00e8s 1915, en avouant esp\u00e9rer \u201cla fine blessure\u201d, enfin en expliquant que les stages suivis n\u2019ont d\u2019autre but que de profiter d\u2019un sursis. Il relate plusieurs \u00e9pisodes o\u00f9 la mort l\u2019a fr\u00f4l\u00e9&nbsp;: un ensevelissement \u00e0 Verdun (tome II, p. 415), deux marmitages (tome II, p. 383 et 385). Les lettres sont riches d\u2019indices de strat\u00e9gie d\u2019\u00e9vitement, ou de \u201cvivre et laisser vivre\u201d. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Arial;\">Pour le premier th\u00e8me, une lettre du 19 mars 1916 explique sa survie lors de l\u2019assaut meurtrier du 9 mai 1915 en Artois, survie qu\u2019il impute au comportement de son capitaine&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il a refus\u00e9 de sortir \u00e0 l\u2019ordre du commandant et lui a dit que sa compagnie ne sortirait que quand les mitrailleuses boches qui \u00e9taient devant nous seraient d\u00e9molies par l\u2019artillerie et qu\u2019il ne voulait pas nous conduire \u00e0 la boucherie&nbsp;\u00bb (tome II, p. 351). On trouve en outre trace d\u2019une \u201cd\u00e9l\u00e9gation\u201d au commandant sur l\u2019insuffisance de la ration qui d\u00e9bouche sur un sabotage discret des travaux&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tout le monde n\u2019\u00e9tait pas content, mais aussi, le travail qu\u2019on fait est petit&nbsp;\u00bb (11 mai 1916, tome II, p. 367).<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Arial;\">S\u2019agissant du second th\u00e8me, Cl\u00e9ment note le 29 mai 1915&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ici, on nous fait couper l\u2019herbe devant les Boches, et eux font de m\u00eame, ils nous tirent pas un coup de fusil&nbsp;\u00bb (tome II p. 109). Un t\u00e9moignage indirect sur une sc\u00e8ne qui se serait d\u00e9roul\u00e9e au 9<sup>e<\/sup> RI sur le front d\u2019Arras est rapport\u00e9 dans une lettre du 30 octobre (tome II, p. 200)&nbsp;: \u00ab&nbsp;Eux sont moins en danger que nous parce qu\u2019ils sont bien avec les Boches. Ils se sont pass\u00e9s du pain entre eux, mais vous savez, leur pain n\u2019est pas si blanc que le n\u00f4tre. Un sergent de notre compagnie y est all\u00e9 les voir \u00e0 leur secteur, ils sont \u00e0 deux kilom\u00e8tres de nous plus sur la droite et ils lui ont racont\u00e9 \u00e7a. Ils pla\u00e7aient des fils de fer ensemble et ils ne se tiraient pas un coup de fusil, ils sont all\u00e9s dans leurs tranch\u00e9es. Quelqu\u2019un et des officiers boches ont caus\u00e9 avec des officiers \u00e0 nous, et ils disent qu\u2019eux aussi en ont marre. Le jour de l\u2019attaque du 25 septembre, il y en avait dans les entonnoirs pr\u00e8s de la tranch\u00e9e boche et pendant la nuit les Boches leur ont port\u00e9 des confitures, et toute la journ\u00e9e le 75 a tap\u00e9 sur notre tranch\u00e9e, et il a esquint\u00e9 la moiti\u00e9 du 9<sup>e<\/sup>. Et sur tout le front, \u00e7a devrait \u00eatre comme \u00e7a. Peut-\u00eatre que la guerre comme \u00e7a se finirait. Seulement, maintenant, ils les ont avertis&nbsp;: le premier qui parle avec un Boche est fusill\u00e9 sur place.&nbsp;\u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Arial;\">Un autre \u00e9l\u00e9ment int\u00e9ressant r\u00e9side dans la quantification (bien entendu approximative) des \u00e9pisodes o\u00f9 le t\u00e9moin a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 \u00e0 l\u2019alternative \u201ctuer ou \u00eatre tu\u00e9\u201d. D\u00e8s son arriv\u00e9e en Champagne, Cl\u00e9ment relate des sc\u00e8nes de bombardements quasi ininterrompus. Le risque d\u2019\u00eatre enseveli est fr\u00e9quent&nbsp;: \u00ab&nbsp;Nous sommes rest\u00e9s toute la journ\u00e9e dans une tranch\u00e9e, couch\u00e9s \u00e0 plat ventre, et il y avait des moments que les obus nous couvraient de terre, on avait des bless\u00e9s et des morts \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de nous&nbsp;\u00bb (19 f\u00e9vrier 1915, tome II, p. 41).<span> <\/span>Le 11 janvier 1915, Cl\u00e9ment passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du pire&nbsp;: \u00ab&nbsp;Hier, nous avons pass\u00e9 une terrible journ\u00e9e, les obus sont tomb\u00e9s toute la journ\u00e9e, nous n\u2019avons eu qu\u2019un mort et un bless\u00e9. \u00c0 moi, il m\u2019en a \u00e9clat\u00e9 un devant la cabane, et a bris\u00e9 la gamelle \u00e0 un copain qui \u00e9tait \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi&nbsp;\u00bb (p. 30). Mais le danger vient aussi des balles&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai vu les casques \u00e0 pointe de pr\u00e8s, j\u2019ai eu la capote trou\u00e9e par une balle&nbsp;\u00bb (25 d\u00e9cembre 1914, tome II, p. 26). Les narrations du danger subi sur le front d\u2019Arras en 1915 \u00e9voquent exclusivement les bombardements. Mais un risque nouveau est mentionn\u00e9 le 12 mai&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je crois que bient\u00f4t les tranch\u00e9es seront inhabitables \u00e0 cause des mines. Moi, j\u2019ai saut\u00e9 \u00e0 2m de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 des tranch\u00e9es, sans avoir mal&nbsp;\u00bb (tome II, p. 87).<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Arial;\">Fin janvier 1916, pour faire diversion aux pr\u00e9paratifs de l\u2019offensive de Verdun, le front d\u2019Arras est embras\u00e9 par les Allemands. L\u2019historique r\u00e9gimentaire du 11<sup>e<\/sup> liste trois attaques allemandes, une contre-attaque et un combat \u00e0 la grenade. Le 4 f\u00e9vrier 1916, Cl\u00e9ment relate le premier assaut adverse du 28 janvier&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>L\u2019autre matin, ils ont saut\u00e9 en face de nous et les tranch\u00e9es ne sont qu\u2019\u00e0 <\/em><\/span><em><span style=\"font-family: Arial;\">20 m\u00e8tres<\/span><\/em><em><span style=\"font-family: Arial;\"> l\u2019une de l\u2019autre et ils ont commenc\u00e9 \u00e0 monter sur les tranch\u00e9es en criant \u201churrah\u201d mais les mitrailleuses ont ouvert un feu crois\u00e9 et ils sont vite redescendus quand ils ont entendu ces pruneaux siffler<\/span><\/em><span style=\"font-family: Arial;\"> \u00bb (tome II, p. 279). On r\u00e9alise tr\u00e8s vite que les adversaires sont rest\u00e9s \u00e0 distance, d\u2019ailleurs ce sont les mitrailleuses qui ont bloqu\u00e9 la tentative, les fantassins ont-ils seulement eu le temps d\u2019intervenir par le feu individuel&nbsp;? Le 17 f\u00e9vrier 1916, nouvelle lettre, nouveau combat pour la reprise d\u2019une tranch\u00e9e gagn\u00e9e par les Allemands, dont les formulations montrent que Cl\u00e9ment n\u2019est pas acteur&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Hier, il y en a qui ont voulu la reprendre, il y en a deux qui se sont fait tuer <\/em>\u00bb (p. 282). Mais la lettre du 19 f\u00e9vrier, qui relate la derni\u00e8re des tentatives de diversion allemande dans le secteur tenu par le 11<sup>e<\/sup> RI, \u00e9voque une r\u00e9alit\u00e9 d\u2019une autre nature. Pour la deuxi\u00e8me fois sans doute, Cl\u00e9ment est engag\u00e9 dans une lutte interpersonnelle&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Hier, dans la nuit, nous avons fait 4 prisonniers et 2 ou 3 morts. C\u2019\u00e9tait une patrouille qui s\u2019avan\u00e7ait sur nous. Ils \u00e9taient 9, ils avaient pour mission de reconna\u00eetre la 1<sup>\u00e8re<\/sup> ligne \u00e0 nous. [\u2026] Mais seulement, on les a arr\u00eat\u00e9s, il n\u2019y en a que 2 qui n\u2019ont pas eu de mal, ils ont saut\u00e9 dans notre tranch\u00e9e en abandonnant le fusil et l\u2019\u00e9quipement, les autres \u00e9taient broy\u00e9s par les balles<\/em> \u00bb (p. 282). On peut penser que, cette nuit l\u00e0, Cl\u00e9ment a tu\u00e9, au minimum il a tir\u00e9 \u00e0 faible distance sur des ennemis visibles\u2026<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Arial;\">En avril 1916, changement de secteur, retour \u00e0 la butte du Mesnil, retour \u00e0 la \u201croutine\u201d du bombardement : \u00ab&nbsp;<em>Nous sommes terr\u00e9s comme des renards toute la journ\u00e9e<\/em> \u00bb (5 mai 1916, p. 362). Au passage, Cl\u00e9ment demande \u00e0 recevoir <\/span><em><span style=\"font-family: Arial;\">La R\u00e9publique<\/span><\/em><em><span style=\"font-family: Arial;\"> des Travailleurs<\/span><\/em><span style=\"font-family: Arial;\"> car \u00ab&nbsp;par ici, les journaux nous disent toujours qu\u2019on les aura. Moi aussi je dis qu\u2019on les aura \u2013 les bidons vides ou les poux \u2013 mais les Boches jamais&nbsp;\u00bb.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Arial;\">Un nouveau danger est rapport\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Avant-hier, nous avons eu une attaque allemande. Nous autres, nous avons souffert beaucoup des gaz lacrymog\u00e8nes qu\u2019ils ont envoy\u00e9s en arri\u00e8re. Et vous savez, c\u2019est tr\u00e8s mauvais, \u00e7a vous br\u00fble les yeux et \u00e7a vous fait vomir<\/em> \u00bb (4 juin 1916, p. 375). Pour le reste, les bombardements sont tr\u00e8s majoritairement \u00e9voqu\u00e9s. On comprend d\u2019ailleurs pourquoi&nbsp;: Cl\u00e9ment manque \u00e0 deux reprises de mourir. Alors qu\u2019il est de corv\u00e9e de paille, \u00ab&nbsp;<em>voil\u00e0 qu\u2019il arrive un obus et qui \u00e9clate en plein sur nous. C\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre du 200 <\/em>\u00bb (15 juin 1916, p. 383), \u00ab&nbsp;<em>Encore maintenant, au moment o\u00f9 j\u2019allais commencer cette lettre avec plusieurs qu\u2019on \u00e9tait, voil\u00e0 qu\u2019il arrive une rafale d\u2019obus qui tombent \u00e0 <\/em><\/span><em><span style=\"font-family: Arial;\">10 m\u00e8tres<\/span><\/em><em><span style=\"font-family: Arial;\"> de nous. Heureusement que personne n\u2019a \u00e9t\u00e9 touch\u00e9<\/span><\/em><span style=\"font-family: Arial;\"> \u00bb (20 juin 1916, p. 385). <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Arial;\">Le 1<sup>er<\/sup> juillet 1916, le 11<sup>e<\/sup> quitte <\/span><span style=\"font-family: Arial;\">la Champagne<\/span><span style=\"font-family: Arial;\"> pour monter \u00e0 Verdun le 21 juillet. Le 25, Cl\u00e9ment est bless\u00e9 \u00e0 la jambe par un \u00e9clat d\u2019obus. Il avoue s\u2019\u00eatre terr\u00e9 dans un trou d\u2019obus, il a v\u00e9cu l\u00e0 plusieurs jours de combats. Outre la blessure, une autre mort aurait pu le prendre&nbsp;: \u00ab<em> J\u2019ai \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 par un obus dont j\u2019ai pas pu me d\u00e9gager pendant 2 heures avec Guiobert de Saint-Clar <\/em>\u00bb (27 juillet 1916, p. 415)<\/span>.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\" style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: Arial;\">Enfin, les lettres montrent un soldat paysan s\u2019int\u00e9ressant \u00e0 distance \u00e0 la marche de l\u2019exploitation familiale (date des semis, prix du b\u00e9tail, opportunit\u00e9 d\u2019acheter une nouvelle machine), s\u2019informant du sort des camarades du village mobilis\u00e9s, tentant, d\u00e8s qu\u2019il le peut, de retrouver des habitudes rurales, par la p\u00eache et la chasse (tome II, p. 353). Cl\u00e9ment, gourmand, nous montre son d\u00e9go\u00fbt de l\u2019exc\u00e8s de viande, sa nostalgie des l\u00e9gumes du pays, sa d\u00e9couverte de la bi\u00e8re et de la cuisson au beurre des cr\u00eapes\u2026<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: 12pt; font-family: Arial;\">Laurent S\u00e9galant, janvier 2010<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Massignac Henri, Alfred, Louis, dit Cl\u00e9ment, est n\u00e9 le 22 f\u00e9vrier 1894 \u00e0 Tournecoupe (Gers). Fils de cultivateurs, il devient apprenti dans une briqueterie du village. Avant-guerre, il cherche \u00e0 cr\u00e9er sa briqueterie sur l\u2019exploitation paternelle qui permet difficilement \u00e0 elle seule de faire vivre la famille. On lit La R\u00e9publique des &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2010\/01\/07\/massignac-clement-1894-1917\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Massignac, Cl\u00e9ment (1894-1917)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,103,51,10,6],"tags":[281,643,272,312,270,716,302,256],"class_list":["post-233","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-11e-ri","category-103","category-9e-ri","category-combattant-infanterie","category-correspondance-unique","tag-bonne-blessure","tag-deserteur","tag-embusques","tag-fraternisation","tag-gaz","tag-nourriture","tag-presse","tag-travaux-agricoles"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/233","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=233"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/233\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3828,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/233\/revisions\/3828"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=233"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=233"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=233"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}