{"id":236,"date":"2010-02-08T08:45:45","date_gmt":"2010-02-08T07:45:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=236"},"modified":"2021-09-09T17:29:25","modified_gmt":"2021-09-09T16:29:25","slug":"louis-bobier-1893","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2010\/02\/08\/louis-bobier-1893\/","title":{"rendered":"Bobier Louis (1893-1960)"},"content":{"rendered":"<p class=\"MsoNormal\"><span>1.<span> <\/span><\/span><span>Le t\u00e9moin<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>Louis Bobier na\u00eet le 24 juin 1893 \u00e0 Bourbon-l\u2019Archambault de Henri Bobier, (1848-1921) et de Jeanne Aubouard (1861-1911), famille de fermiers a<\/span><span>uvergnats<\/span><span> exploitant un domaine de six hectares \u00e0 La Prieuse, tout proche de Bourbon. Louis obtient son certificat d\u2019\u00e9tudes \u00e0 douze ans puis entreprend d\u2019apprendre le m\u00e9tier de boucher. C\u2019est alors qu\u2019il est commis chez un patron de Boulogne-Billancourt que, <\/span><span>le 29 novembre 1913, il re\u00e7oit sa feuille de route pour se rendre au 11<sup>\u00e8me<\/sup> chasseurs alpins \u00e0 Annecy. Il a 20 ans et il doit faire ses trois ans. Arriv\u00e9 \u00e0 Annecy, il prend la mesure de la vie de caserne mais s\u2019int\u00e9resse \u00e0 tout, aux longues courses en montagne et aux man\u0153uvres de l\u2019\u00e9t\u00e9 1914. Pourtant, lorsqu\u2019\u00e0 l\u2019issue de cette \u00ab&nbsp;fausse guerre \u00bb sont distribu\u00e9es 120 cartouches, il prend alors conscience que \u00ab&nbsp;<em>tout cela n\u2019\u00e9tait pas bon signe<\/em> \u00bb. Son parcours de guerre s\u2019ach\u00e8ve le 8 octobre 1918 devant Saint-Quentin. Evacu\u00e9, il est r\u00e9form\u00e9 le 28 avril 1919 et en \u00e9pilogue, conclut&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;je r\u00e9ussis tout de m\u00eame \u00e0 me faire amputer le bras le 21 ao\u00fbt 1920. <\/em>(\u2026)<em> C\u2019\u00e9tait donc, en la circonstance, ce que je pouvais esp\u00e9rer de mieux<\/em> \u00bb (page 443).<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><strong> <\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>2. Le t\u00e9moignage :<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>Jacques Debeaud, petit-fils de l\u2019auteur, introduit ce r\u00e9cit par la pi\u00e9t\u00e9 filiale qui d\u00e9crit son grand-p\u00e8re, mutil\u00e9, mort trop t\u00f4t alors qu\u2019il avait dix ans. C\u2019est aussi par devoir de m\u00e9moire qu\u2019il convainc sa famille de l\u2019extraordinaire richesse du cahier reli\u00e9 de Louis Bobier.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>Apr\u00e8s l\u2019\u00e9motion d\u2019un d\u00e9part m\u00ealant pleurs et gaiet\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, il entre en guerre en passant le col du Bonhomme, dans les Vosges, d\u00e8s le 9 ao\u00fbt 1914. Il participe aux terribles combats du Bonhomme au Lac Blanc puis \u00e0 la retraite qui l\u2019am\u00e8ne \u00e0 d\u00e9fendre tout aussi ardemment le massif du Haut-Jacques, au nord de Saint-Di\u00e9. Au reflux allemand, il se bat encore pour le verrouillage du col des Raids, entre Saint-Di\u00e9 et Saint-Jean-d\u2019Ormont, avant la cristallisation du front dans ce secteur et son d\u00e9part sur la Somme.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>A la fin de septembre, il arrive devant Harbonni\u00e8res &#8211; Fontaine-l\u00e8s-Cappy o\u00f9 il participe \u00e0 une course \u00e0 la mer qui le m\u00e8ne \u00e9galement en Belgique, \u00e0 Hazebrouck jusqu\u2019\u00e0 la fin de 1914. Il descend sur Carency et, apr\u00e8s avoir quatre mois durant fr\u00f4l\u00e9 la mort en maintes occasions, vient en repos dans les Vosges. L\u00e0, il a l\u2019opportunit\u00e9 de quitter le front et, parce que du m\u00e9tier, parvient \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 une \u00ab&nbsp;<em>candidature<\/em> \u00bb de renfort \u00e0 l\u2019abattoir d\u2019arri\u00e8re front \u00e0 G\u00e9rardmer, lequel alimente l\u2019ensemble des troupes de montagne. Il quitte le bataillon la veille de son d\u00e9part en ligne. Le gar\u00e7on boucher va conserver pendant pr\u00e8s d\u2019un an et demi le filon vosgien, loin du danger et des attaques meurtri\u00e8res de 1915, loin aussi de la boucherie de Verdun qui les remplace. Las, le 10 juin 1916, \u00e0 la veille de la Somme, il est rattrap\u00e9 par sa division et rejoint le sort terrible de ses compagnons de mis\u00e8re. Il arrive devant Curlu le 18 juillet et y vit un enfer de sang et de boue&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Nous \u00e9tions sales au point de ne pas nous reconna\u00eetre<\/em> \u00bb (page 198). Il reste trois mois dans cet enfer&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>En guenilles puisqu\u2019il me manquait une manche de capote, les pans en loques, j\u2019\u00e9tais r\u00e9pugnant<\/em>.&nbsp;\u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>Pour repos \u00e0 cette h\u00e9catombe, c\u2019est \u00e0 nouveau les Vosges, dans le secteur d\u2019arri\u00e8re front de Rambervillers. Il reprend les lignes sur la cote 607 \u00e0 Lesseux puis sur la cote 766 [Wisembach]. Le 20 janvier 1917, le bataillon est relev\u00e9 et descend en Alsace \u00e0 B\u00e9thoncourt, sous les murs de la forteresse de Belfort. La date de l\u2019offensive pr\u00e9vue sur le Chemin des Dames \u00e9tant arr\u00eat\u00e9e, le 11<sup>\u00e8me<\/sup> Bataillon de Chasseurs Alpins d\u00e9barque le 2 au matin \u00e0 Courboin au sud du massif o\u00f9 il reste en renfort arri\u00e8re, attendant la perc\u00e9e promise. Elle n\u2019aura pas lieu, il soutient alors la ligne \u00e0 Corb\u00e9ny, non loin de Craonne la mangeuse d\u2019hommes. Apr\u00e8s l\u2019Aisne, c\u2019est la Champagne pouilleuse o\u00f9 il participe \u00e0 l\u2019organisation perp\u00e9tuelle de ce front. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>D\u00e9but novembre, de retour d\u2019une permission, il apprend que le 11<sup>\u00e8me<\/sup> B.C.A. part pour l\u2019Italie combler le d\u00e9sastre de Caporetto. L\u00e0 encore, les chasseurs doivent colmater les br\u00e8ches et commence alors une autre guerre&nbsp;; celle de montagne, terrible de froid et d\u2019immobilisme sur le Piave, face aux Autrichiens. C\u2019est la garde en altitude, soumise aux coups de l\u2019artillerie, parfois amie d\u2019ailleurs, morne et inutile t\u00e2che qui s\u2019ach\u00e8ve au d\u00e9but d\u2019avril 1918. Le retour en France l\u2019am\u00e8ne devant Villers-Cotter\u00eats en pleine bataille d\u2019artillerie. La vie sous la menace permanente lui p\u00e8se et lui aussi, comme tant d\u2019autre, a la tentation de la mort apr\u00e8s une rel\u00e8ve particuli\u00e8rement \u00e9prouvante, \u00ab&nbsp;<em>tellement an\u00e9anti qu\u2019il m\u2019arrivait de souhaiter mourir, de ne plus souffrir encore et encore<\/em> \u00bb (page 338). Sentiment passager mais h\u00e9las, sa guerre n\u2019est pas finie. L\u2019\u00e9t\u00e9 1918 lui donne un sentiment nouveau&nbsp;; il semble que l\u2019Allemand souffre et meurt plus que le Fran\u00e7ais. Pour Louis Bobier, c\u2019est une nuit de rel\u00e8ve de son bataillon qui va augurer le retour des armes&nbsp;; une attaque massive allemande, \u00e9vent\u00e9e, \u00e9choue en Champagne avec de lourdes pertes. \u00ab&nbsp;<em>Ce fut le commencement du succ\u00e8s. Dans les jours qui suivirent, et jusqu\u2019\u00e0 l\u2019armistice, une suite ininterrompue de succ\u00e8s \u2013 petits ou grands \u2013 men\u00e8rent \u00e0 la <\/em>victoire&nbsp;\u00bb. C\u2019est donc une guerre nouvelle que vit le chasseur Bobier&nbsp;; celle des attaques de lib\u00e9ration du territoire dans laquelle l\u2019ennemi recule \u00e2prement et meurt en petits paquets, opini\u00e2tres&nbsp;; sous l\u2019obus, la balle ou le char. Il est \u00e0 nouveau dans la Somme, sur l\u2019Avre, puis sur la ligne Hindenbourg en avant de Saint-Quentin. La folie s\u2019ajoute \u00e0 la folie, on ne fait plus de prisonniers, la mort amoncelle les hommes en rase campagne et il se surprend \u00e0 dire encore, le 4 octobre \u00ab&nbsp;<em>Oh la guerre&nbsp;! Quelle atrocit\u00e9&nbsp;!<\/em> \u00bb. Il ne croit pas augurer, lui, le miracul\u00e9 de tant de combats, sa propre blessure. C\u2019\u00e9tait pourtant le dernier jour en ligne du bataillon. Un coup de fusil claque dans une tranch\u00e9e alors qu\u2019il reconna\u00eet l\u2019emplacement d\u2019une section qui n\u2019est pas la sienne&nbsp;; Bobier g\u00eet sur la terre&nbsp;: \u00ab <em>j\u2019avais maintenant pleinement conscience de mon sors et je me vis perdu\u2026 <\/em>\u00bb. Il est ramass\u00e9 par miracle au milieu du charnier, une balle lui a ravag\u00e9 la poitrine et il ne retrouvera jamais l\u2019usage de son bras. Le 8 octobre 1918, au seuil de la victoire s\u2019arr\u00eate la Grande Guerre de Louis Bobier. Il \u00e9tait le dernier de ceux d\u2019ao\u00fbt 14 dans son bataillon.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>3. Analyse<\/span><span> <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>Ce t\u00e9moignage est assur\u00e9ment l\u2019un des monuments de la litt\u00e9rature de t\u00e9moignage sur la Grande Guerre. Rarement un ouvrage de souvenirs n\u2019avait atteint un tel degr\u00e9 de pr\u00e9cision sur une p\u00e9riode aussi longue pour un chasseur \u00e0 pied. Si l&rsquo;on excepte la p\u00e9riode g\u00e9romoise de Bobier, l&rsquo;ensemble de la Grande Guerre occidentale (Verdun non compris et pour cause)&nbsp;est repr\u00e9sent\u00e9e. Les souvenirs de Louis Bobier sont entiers, pr\u00e9cis, denses, de peu de souci litt\u00e9raire mais d\u2019une limpidit\u00e9, d\u2019une charge \u00e9motive et d\u2019une continuit\u00e9 remarquables. Bien que pl\u00e9b\u00e9ien et sans aucune arri\u00e8re pens\u00e9e \u00e9ditoriale, Louis Bobier a sans effet de style, par simple mais vrai talent narratif, fourni un r\u00e9cit intense, vivant et particuli\u00e8rement poignant de la Grande Guerre d&rsquo;un sans grade (Louis Bobier n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 cit\u00e9). La description de la Somme et les impressions qu\u2019elle contient, les pages consacr\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e 1918, \u00e0 la psychologie du soldat (il d\u00e9crit son cafard et son profond d\u00e9couragement page 338 et nous \u00e9claire sur le soldat de 1918 page 340), et celles, physiques et psychiques, de sa blessure et de son traitement (entre autres nombreux tableaux saisissants \u2013 cf. la bataille de chars page 352 ou le retour ferroviaire d\u2019Italie pages 319-320) sont d&rsquo;une profondeur remarquable et empruntes d&rsquo;un r\u00e9alisme prenant. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>Ainsi, le chasseur Bobier n\u2019autocensure pas les sc\u00e8nes auxquels il assiste&nbsp;: civil fusill\u00e9 (page 43), tir ami (pages 45 et 288), folie (page 102), dotation du revolver, du fusil de chasse et du poignard pour le nettoyage des tranch\u00e9es (juillet 1916) (page 134), ce dernier jet\u00e9 pour \u00e9viter les repr\u00e9sailles allemandes (page 144). Il \u00e9voque \u00e9galement cet officier (le commandant du bataillon Pichot-Duclos) tuant froidement un de ses hommes (Mathieu Vocanson) sans jugement, accus\u00e9 de vol (pages 151-152). De m\u00eame, il rapporte un ordre fran\u00e7ais donn\u00e9 par son commandant de tuer les prisonniers allemands et m\u00eame les Fran\u00e7ais faits prisonniers par l\u2019ennemi, rappelant celui du g\u00e9n\u00e9ral allemand Stenger en ao\u00fbt 1914 dans les Vosges. Par contre, sa vue des mutineries du 14 juin 1917 est relat\u00e9e par procuration (pages 241 et 245). Dans son bataillon, la r\u00e9sistance devant un capitaine idiot est une inertie \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la compagnie (pages 322-323). Ainsi, la relation avec le grade, souvent d\u00e9crite, \u00e9volue avec la dur\u00e9e de la guerre. Au front de 1918, le grade de sous-officier ne compte plus (page 333)&nbsp;; \u00ab&nbsp;<em>seul le galon d\u2019officier impose le respect et l\u2019ob\u00e9issance<\/em> \u00bb (page 394), surtout lorsqu\u2019il refuse un ordre d\u2019attaque (page 393). Par contre, un g\u00e9n\u00e9ral de division est quant \u00e0 lui siffl\u00e9 et non salu\u00e9 (page 396). Le soldat de 1918 n\u2019est plus le m\u00eame&nbsp;; m\u00eame le \u00ab&nbsp;<em>d\u00e9serteur<\/em> \u00bb est couvert et non inqui\u00e9t\u00e9 apr\u00e8s son retour en ligne (pages 346 et 393). Sa vision de la mort elle-m\u00eame est modifi\u00e9e&nbsp;; ainsi, il d\u00e9crit ce cadavre fran\u00e7ais (chasseur du 70<sup>\u00e8me<\/sup> B.C.A.) \u00e9cras\u00e9 par les convois sans respect de la d\u00e9pouille (page 363), fait \u00e0 nouveau constat\u00e9 pour des cadavres anglais (page 404). Plus loin, un homme mourra sans soins, exemplifiant une certaine banalisation de l\u2019agonie et l\u2019accoutumance \u00e0 la mort, m\u00eame \u00e9vitable (page 413). Pourtant, la vue du cadavre inspire \u00e0 Bobier une projection de sa propre mort (page 403). La fraternisation est \u00e9galement pr\u00e9sente, un soldat \u00e9changeant son adresse avec \u00ab&nbsp;<em>celui d\u2019en face<\/em> \u00bb le 20 ao\u00fbt 1918. Lui-m\u00eame aide un bless\u00e9 allemand, un \u00ab&nbsp;<em>pauvre bougre qui, comme moi, maudissait la guerre<\/em> \u00bb et le gratifie d\u2019une g\u00e9n\u00e9reuse poign\u00e9e de main (page 412).<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>La pr\u00e9face, introduisant quelque peu sur le devoir filial de transmission et bien qu\u2019achev\u00e9e par l\u2019\u00e9pilogue de la main m\u00eame de Louis Bobier, ne renseigne pas sur son ressort d\u2019\u00e9criture et la transmission de cette extraordinaire m\u00e9moire. A-t-il tenu un carnet de guerre cartographi\u00e9 pour coucher sur le papier d\u2019un cahier d\u2019\u00e9colier, dans une continuit\u00e9 parfaite, une telle masse de souvenirs&nbsp;? Le pr\u00e9sentateur, Jacques Debeaud, indique sur ce point&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>J&rsquo;ai demand\u00e9 \u00e0 maman si son p\u00e8re avait pris des notes : elle m&rsquo;a assur\u00e9 que jamais il n&rsquo;avait fait allusion \u00e0 des notes \u00e9crites du temps de la guerre, il a commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire (et maintes fois am\u00e9lior\u00e9 son r\u00e9cit avant la version finale) pendant ses s\u00e9jours dans les h\u00f4pitaux quand il a pu \u00e0 nouveau se mouvoir<\/em>.&nbsp;\u00bb (Correspondance priv\u00e9e avec Jacques Debeaud &#8211; 26 janvier 2006). Cela semble indiquer, malgr\u00e9 la postface qui \u00e9voque l\u2019ann\u00e9e 1941, que ce r\u00e9cit a \u00e9t\u00e9 reconstruit au cours des ann\u00e9es 1919 et 1920.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>D\u00e8s lors, ce remarquable ouvrage peut \u00eatre sans conteste class\u00e9 parmi les tout meilleurs livres de souvenirs \u00e9crits sur la Grande Guerre et \u00eatre plac\u00e9 \u00e0 la hauteur de l&rsquo;ouvrage allemand de Dominique Richert \u00ab&nbsp;<em>Cahiers d\u2019un survivant. Un soldat dans l&rsquo;Europe en guerre. 1914-1918<\/em>.&nbsp;\u00bb On y retrouve les concordances parall\u00e8les d\u2019un soldat peu belliqueux, cherchant \u00e0 survivre, \u00e9chappant par miracle \u00e0 tous les dangers, sur tous les fronts et ne terminant pas la guerre en combattant.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>Q<span>uelques observations viennent temp\u00e9rer cette analyse, qui ne minorent en rien l&rsquo;int\u00e9r\u00eat signal\u00e9 de ce t\u00e9moignage. L&rsquo;ouvrage aurait m\u00e9rit\u00e9 en effet un enrichissement plus cons\u00e9quent pour \u00e9clairer les non-dits &#8211; notamment l\u2019autocensure nominative&nbsp;effectu\u00e9e par Louis Bobier &#8211; et pr\u00e9ciser le parcours et la datation &#8211; quelques tr\u00e8s rares erreurs toponymiques (tel Ribeauvill\u00e9 pour Rambervillers page 70) sont constatables. L&rsquo;ajout d&rsquo;une cartographie eut \u00e9t\u00e9 \u00e9galement plus opportun qu\u2019une iconographie de \u00ab <\/span><em>remplissage<\/em><span> \u00bb. Enfin, l&rsquo;\u00e9dition par trop confidentielle (l\u2019ouvrage n\u2019a \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9 qu\u2019\u00e0 300 exemplaires) de ce monument testimonial n\u2019est pas \u00e0 la hauteur de la large diffusion que ce document m\u00e9rite. Un glossaire des noms de lieux cit\u00e9s trouverait \u00e9galement opportun\u00e9ment sa place dans un tel ouvrage.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span>Autres t\u00e9moignages rattachables \u00e0&nbsp;de cette unit\u00e9 :<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span>COUDRAY, Honor\u00e9,&nbsp;<em>M\u00e9moires d&rsquo;un troupier. Un cavalier du 9\u00e8me Hussards chez les chasseurs alpins du 11\u00e8me B.C.A.<\/em> Bordeaux, Coudray A.,&nbsp;1986,&nbsp;228 pages. <\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span>ALLIER, Roger,&nbsp;<em>Roger Allier. 13 juillet &#8211; 30 ao\u00fbt 1914<\/em>.&nbsp;Cahors, Imprimerie Coueslant,&nbsp;1916,&nbsp;319 pages.<br \/>\n<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span>BELMONT, Ferdinand (Cpt),&nbsp;<em>Lettres d&rsquo;un officier de chasseurs alpins (2 ao\u00fbt 1914 &#8211; 28 d\u00e9cembre 1915).<\/em> Paris, Plon,&nbsp;1916,&nbsp;309 pages.<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span>JOLINON, Joseph,&nbsp;<em>Les revenants dans la boutique<\/em>.&nbsp;Paris, Rieder F., 1930,&nbsp;286&nbsp;pages (roman).<br \/>\n<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span>Yann Prouillet, f\u00e9vrier 2009<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span>Compl\u00e9ment : deux photos de Louis Bobier dans <em>500 T\u00e9moins de la Grande Guerre<\/em>, p. 82.<br \/>\n<\/span><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Louis Bobier na\u00eet le 24 juin 1893 \u00e0 Bourbon-l\u2019Archambault de Henri Bobier, (1848-1921) et de Jeanne Aubouard (1861-1911), famille de fermiers auvergnats exploitant un domaine de six hectares \u00e0 La Prieuse, tout proche de Bourbon. Louis obtient son certificat d\u2019\u00e9tudes \u00e0 douze ans puis entreprend d\u2019apprendre le m\u00e9tier de boucher. C\u2019est alors &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2010\/02\/08\/louis-bobier-1893\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Bobier Louis (1893-1960)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[173,103,3,10],"tags":[724,676,844,312,257,267,266],"class_list":["post-236","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-11e-bca","category-103","category-carnet","category-combattant-infanterie","tag-amputation","tag-chars","tag-filon","tag-fraternisation","tag-maudite-guerre","tag-mutinerie","tag-tuer"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/236","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=236"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/236\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3830,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/236\/revisions\/3830"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=236"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=236"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=236"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}