{"id":239,"date":"2010-02-17T17:56:19","date_gmt":"2010-02-17T16:56:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=239"},"modified":"2021-09-09T17:30:07","modified_gmt":"2021-09-09T16:30:07","slug":"auque-charles-1895-1986","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2010\/02\/17\/auque-charles-1895-1986\/","title":{"rendered":"Auque, Charles (1895-1986)"},"content":{"rendered":"<p class=\"MsoNormal\"><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Charles Albert Auque est n\u00e9 le 21 mai 1895 au Pont-de-l\u2019Arn, canton de Mazamet, d\u00e9partement du Tarn. Son p\u00e8re, L\u00e9on, \u00e9tait fileur&nbsp;; sa m\u00e8re, Rosalie Galy, m\u00e9nag\u00e8re. Le Pont-de-l\u2019Arn est un village du bassin industriel de Mazamet. Le p\u00e8re est ouvrier du textile, mais les ann\u00e9es 1890 sont celles de la reconversion de la fabrication traditionnelle vers le d\u00e9lainage des peaux de moutons import\u00e9es d\u2019Am\u00e9rique du Sud, activit\u00e9 qui va dominer dans le bassin jusqu\u2019\u00e0 la fin du 20<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. D\u2019apr\u00e8s ses lettres, Charles Auque \u00e9tait avant la guerre ouvrier dans une des grandes entreprises de d\u00e9lainage, Jules Cormouls-Houl\u00e8s et fils, dont l\u2019usine se trouvait juste en amont du village (usine de Montl\u00e9dier). Charles signale qu\u2019il re\u00e7oit des colis envoy\u00e9s par Mme Cormouls. Il y avait deux entreprises Cormouls-Houl\u00e8s au Pont-de-l\u2019Arn. La lettre du 4 septembre 1916 (Mme Cormouls a envoy\u00e9 \u00e0 tous les ouvriers mobilis\u00e9s la photo de son fils Pierre tu\u00e9 \u00e0 Verdun, et 100 francs) d\u00e9signe la maison Jules Cormouls-Houl\u00e8s (l\u2019autre entreprise, Gaston Cormouls-Houl\u00e8s, avait son usine dans le village). Il semble que Charles ait exerc\u00e9 un m\u00e9tier d\u2019appoint, celui de coiffeur, pour am\u00e9liorer l\u2019ordinaire. Sa premi\u00e8re lettre (15 septembre 1914) le montre aux vendanges dans l\u2019H\u00e9rault, pratique courante pour les ouvriers du d\u00e9lainage de Mazamet car cette activit\u00e9 ralentissait fortement en \u00e9t\u00e9 \u00e0 cause de la chaleur et du manque d\u2019eau. En 1914, c\u2019est peut-\u00eatre d\u00fb aussi aux perturbations tenant \u00e0 l\u2019entr\u00e9e en guerre. Autre trait caract\u00e9ristique de la population du bassin&nbsp;: tandis que les patrons, dont les Cormouls, \u00e9taient protestants, les ouvriers \u00e9taient en tr\u00e8s large majorit\u00e9 catholiques pratiquants et politiquement conservateurs. Les lettres de Charles \u00e9voquent messe, v\u00eapres, confession, pri\u00e8re, p\u00e8lerinage \u00e0 Lourdes, lecture du p\u00e9riodique <em>Le P\u00e8lerin<\/em>. Ces traits semblent venir de la m\u00e8re, car L\u00e9on Auque doit \u00eatre pouss\u00e9 par son fils \u00e0 accomplir ses devoirs religieux, la guerre aidant (le 7 avril 1915, Charles note avec satisfaction que son p\u00e8re a fait P\u00e2ques pour lui faire plaisir). Cette appartenance religieuse forte doit \u00eatre soulign\u00e9e pour mettre en valeur le contenu des lettres qui sera r\u00e9sum\u00e9 ci-dessous.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Apr\u00e8s la guerre, Charles devient cheminot \u00e0 la gare de Faug\u00e8res, H\u00e9rault, entre B\u00e9ziers et B\u00e9darieux. Le 15 juin 1920, il y \u00e9pouse H\u00e9l\u00e8ne Cabrol. Il meurt \u00e0 Faug\u00e8res le 5 ao\u00fbt 1986.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">Nous connaissons la guerre de Charles par les lettres adress\u00e9es \u00e0 ses parents (deux ou trois lettres par semaine). La premi\u00e8re date du 15 septembre 1914&nbsp;; la correspondance va jusqu\u2019\u00e0 la fin de la guerre&nbsp;; il y a en plus quelques lettres d\u2019Allemagne en janvier et f\u00e9vrier 1923&nbsp;: en tant que cheminot, Charles y a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 lors de la gr\u00e8ve des cheminots allemands \u00e0 la suite de l\u2019occupation de la Ruhr. Les lettres sont enti\u00e8rement \u00e9crites en fran\u00e7ais, avec de rares phrases ou expressions en patois. Le 17 mars 1915, Charles demande \u00e0 ses parents de conserver les lettres ou de les br\u00fbler. Elles ont \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9es, r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es par sa fille a\u00een\u00e9e, puis transcrites par un de ses petits-fils avec de rares erreurs de lecture et de classement. Des exemplaires dupliqu\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9s aux divers membres de la famille. C\u2019est ainsi que Mme D. Auque, une petite-fille vivant \u00e0 Alzonne (Aude), a communiqu\u00e9 son exemplaire \u00e0 la FAOL \u00e0 Carcassonne en souhaitant que cela puisse \u00ab&nbsp;servir \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9&nbsp;\u00bb. Elle a \u00e9t\u00e9 suivie&nbsp;: le t\u00e9moignage de son grand-p\u00e8re est cit\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises dans le livre de R\u00e9my Cazals et Andr\u00e9 Loez, <em>Dans les tranch\u00e9es de 1914-18<\/em>, Pau, \u00e9ditions Cairn, 2008. Il est regrettable que les propri\u00e9taires de la correspondance originale n\u2019aient pas donn\u00e9 suite \u00e0 un projet d\u2019\u00e9dition.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211; En d\u00e9cembre 1914, Charles, qui est de la classe 15, se trouve \u00e0 Privas, caserne du 61<sup>e<\/sup> RI. S\u2019il est clair pour lui que la guerre, c\u2019est la faute \u00e0 Guillaume (9\/3\/15), il esp\u00e8re que la victoire et la paix se produiront avant son d\u00e9part (13\/1\/15)&nbsp;; il remarque qu\u2019on ne trouve pas de volontaires pour partir plus t\u00f4t (26\/2\/15)&nbsp;; il pense qu\u2019attraper les oreillons lui donnerait une chance de rester \u00e0 l\u2019arri\u00e8re (27\/4\/15)&nbsp;; il re\u00e7oit des lettres de copains d\u00e9j\u00e0 dans les tranch\u00e9es qui lui donnent le conseil de demeurer \u00e0 Privas le plus longtemps possible (1\/5\/15). Apr\u00e8s un passage par Draguignan et la Provence, o\u00f9 il voit la mer pour la premi\u00e8re fois en mai 1915, il part pour le front dans le 7<sup>e<\/sup> BCP.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211; Le voici, fin mai, en Alsace o\u00f9 il voit des \u00e9coliers apprenant le fran\u00e7ais, des anciens souhaitant \u00ab&nbsp;la bonne blessure&nbsp;\u00bb (10\/6\/15), des prisonniers allemands qui en ont marre (22\/6\/15). \u00c7a chauffe (19\/6\/15), mais aussi pour les \u00ab&nbsp;pauvres boches&nbsp;\u00bb sous les obus de 220 (22\/6\/15). On m\u00e8ne \u00ab&nbsp;une vie de renards&nbsp;\u00bb (31\/7\/15), \u00e9clair\u00e9e par l\u2019arriv\u00e9e des lettres et des colis, mais point trop n\u2019en faut car le sac p\u00e8se (2\/11\/15). \u00ab&nbsp;Tout le monde en a le plein derri\u00e8re de cette maudite guerre&nbsp;\u00bb, \u00e9crit-il le 29 juin. Il demande, le 2 juillet, \u00ab&nbsp;comment la population civile ne se l\u00e8ve pas en masse pour se r\u00e9volter contre ce fl\u00e9au&nbsp;\u00bb. Et le 18 juillet&nbsp;: \u00ab&nbsp;Sur une carte que j\u2019ai re\u00e7ue de Privas on me dit qu\u2019on habille la classe 16 de la tenue de guerre. J\u2019ai tout de m\u00eame l\u2019espoir que la guerre finira sans qu\u2019ils viennent eux aussi se faire massacrer. Voyant qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019eux pour renforcer, j\u2019ai une id\u00e9e qui me dit que les autorit\u00e9s ne voudront pas envoyer ces enfants \u00e0 la boucherie. Il faudrait que mon id\u00e9e se r\u00e9alise.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211; Il est bless\u00e9 \u00e0 la jambe gauche par un \u00e9clat d\u2019obus le 24 d\u00e9cembre 1915&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019ai une blessure heureuse qui me fera passer les rudes jours de l\u2019hiver \u00e0 l\u2019abri.&nbsp;\u00bb Le 27, il est \u00e0 l\u2019h\u00f4pital \u00e0 Lyon&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tout va pour le mieux, je serai bien mieux que dans les tranch\u00e9es et si la blessure devait me faire souffrir, eh bien je vous assure que je saurai prendre le mal avec patience car on conna\u00eet trop bien les souffrances du front. Je suis dans un bon plumard et \u00e7a vaut davantage que la paille ou les branches de sapins remplies de poux. De suite arriv\u00e9 dans la chambre on m\u2019a apport\u00e9 des effets propres et me voil\u00e0 sur le coup d\u00e9barrass\u00e9 de la vermine. J\u2019ai pass\u00e9 une bonne nuit \u00e0 dormir. De me savoir \u00e0 Lyon bless\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement doit vous faire bien plus de plaisir que de me savoir en bonne sant\u00e9 \u00e0 l\u2019Hartmannwillerkopf car je vous assure que \u00e7a y chie salement. On est \u00e0 tout instant sujet \u00e0 recevoir quelques marmites sur le coin de l\u2019\u0153il ou quelque balle dans le citron.&nbsp;\u00bb En convalescence \u00e0 Antibes, la lecture des journaux lui fait penser qu\u2019il se passe quelque chose car \u00ab&nbsp;ils ne tiennent plus les m\u00eames discours d\u2019il y a trois mois&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;Quelque chose couve dans le secret&nbsp;; quand est-ce que ce beau jour de paix arrivera&nbsp;? Le tout est que quand il n\u2019y aura plus d\u2019argent et plus d\u2019or, ils seront bien oblig\u00e9s de commencer des n\u00e9gociations de paix, et je crois que ce jour n\u2019est pas si loin que \u00e7a. Ce que j\u2019ai \u00e0 vous dire, c\u2019est de ne pas vous laisser prendre par les belles brochures patriotiques qui vous invitent \u00e0 porter votre or. Attention, c\u2019est la vie de vos enfants que vous compromettez, le proverbe est d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 absolue&nbsp;\u00bb (12\/4\/16).<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211; En juin, il est \u00e0 nouveau sur le front des Vosges, mais il a un filon&nbsp;: il sert les officiers de la compagnie et il mange les restes. En ao\u00fbt, la Somme&nbsp;: \u00ab&nbsp;Notre compagnie s\u2019est vue command\u00e9e par un caporal. Cherchez pourquoi, c\u2019est facile \u00e0 trouver&nbsp;\u00bb (21\/8\/16). \u00ab&nbsp;Si les civils savaient et voyaient o\u00f9 sont leurs enfants, la guerre finirait demain&nbsp;\u00bb (7\/10\/16). No\u00ebl est une belle f\u00eate, mais le plus beau jour sera celui de la fin de cette guerre qui co\u00fbte tant de sang (26\/12\/16).<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211; Retour dans les Vosges, les bois, la neige. Froid terrible&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le pinard, pas besoin de le mettre au frais, au contraire pr\u00e8s du po\u00eale.&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;Le secteur est d\u2019une tranquillit\u00e9 absolue, pas un coup de fusil ni un coup de canon, rien, rien.&nbsp;\u00bb Un fil de fer partant de la cagna des officiers permet de faire sonner une clochette \u00e0 la cuisine, et \u00ab&nbsp;le gar\u00e7on&nbsp;\u00bb est ainsi averti qu\u2019on a besoin de lui (16\/1\/17). Mais on parle d\u2019une nouvelle offensive, et \u00ab&nbsp;le printemps semble vouloir avancer son heure&nbsp;\u00bb&nbsp;: \u00ab&nbsp;Enfin vivement la paix, \u00e0 bas la guerre&nbsp;\u00bb (16\/2\/17). \u00ab&nbsp;Ce serait criminel de souhaiter la faim \u00e0 ses parents, mais soyez convaincus de l\u2019efficacit\u00e9 de cette situation qui plus t\u00f4t arrivera, plus de vies elle \u00e9pargnera. Car, par le fait, la guerre ne peut finir que par la p\u00e9nurie compl\u00e8te des mati\u00e8res indispensables&nbsp;\u00bb (22\/2\/17).<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211; 16 avril 1917, une lettre tr\u00e8s br\u00e8ve&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mes chers parents, Avant de monter en ligne, je vous envoie deux mots, avec mille baisers. Ma sant\u00e9 est excellente. L\u2019attaque a commenc\u00e9 ce matin. Nous sommes troupe de poursuite, on a avanc\u00e9. Je vous embrasse de tout mon c\u0153ur. Au revoir. Le courage va bien. Votre fils qui vous oublie pas.&nbsp;\u00bb La lettre du 20 avril apporte des informations&nbsp;: \u00ab&nbsp;En lisant les communiqu\u00e9s vous comprenez que de grands \u00e9v\u00e9nements sont en cours. Comme je vous le faisais pr\u00e9voir on allait \u00e0 l\u2019attaque&nbsp;; ou plut\u00f4t, laissez-moi vous expliquer, on \u00e9tait troupes de poursuite. On nous avait approch\u00e9s \u00e0 quelques 7 ou 8 kilom\u00e8tres, pr\u00eats \u00e0 aller de l\u2019avant si le succ\u00e8s attendu se poursuivait, et talonner ainsi le Boche en d\u00e9route. Seulement les esp\u00e9rances ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7ues. Le matin, tandis que les canons faisaient rage, le colonel faisait circuler dans les rangs un bulletin de victoire qui avait pour but naturellement de remonter le moral. Sur le papier, les Boches devaient l\u00e2cher, etc., etc. Notre terrain, si tout avait bien march\u00e9, aurait \u00e9t\u00e9 Craonne. L\u00e0, les Boches ont tenu bon.&nbsp;\u00bb En cons\u00e9quence, la division a fait marche arri\u00e8re&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019autre nuit, sous une pluie diluvienne, nous avons march\u00e9 de 8 h \u00bd du soir \u00e0 3 h du matin et pour faire que 10 kilom\u00e8tres. Les routes \u00e9taient si encombr\u00e9es qu\u2019on faisait 10 m, puis on s\u2019arr\u00eatait et on n\u2019en quittait pas le sac sur le dos. La pluie faisait rage. Le moindre arr\u00eat, je dormais debout. Chacun s\u2019affalait sur la boue du bord de la route et malgr\u00e9 la pluie deux secondes suffisaient pour nous trouver endormis.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211; 7 mai&nbsp;: il est photographi\u00e9 en corv\u00e9e de soupe (\u00ab&nbsp;mon panier au bras, ma s\u00e9rie de courroies de bidons et musettes&nbsp;\u00bb) par un photographe des Arm\u00e9es qui lui dit que le clich\u00e9 para\u00eetra dans <em>Le Miroir<\/em>. [Si un lecteur de ce texte d\u00e9couvre cette photo, il lui est demand\u00e9 de la faire conna\u00eetre. Merci.] Au retour de permission, d\u00e9but juin, il note que les permissionnaires crient \u00ab&nbsp;A bas la guerre&nbsp;! Vive la R\u00e9volution&nbsp;!&nbsp;\u00bb \u00e0 toutes les gares, et que certains bataillons ont refus\u00e9 de monter en ligne (6\/6\/17). Le 7 juin, il pr\u00e9cise&nbsp;: ce sont les 47<sup>e<\/sup> et 53<sup>e<\/sup> BCP. [Dans sa liste des principaux incidents, Denis Rolland, <em>La Gr\u00e8ve des tranch\u00e9es, Les mutineries de 1917<\/em>, p. 407-411, mentionne le 53<sup>e<\/sup>, mais pas le 47<sup>e<\/sup>, ce qui confirme la remarque d\u2019Andr\u00e9 Loez dans <em>14-18, Les refus de la guerre, Une histoire de mutins<\/em>, selon laquelle le mouvement de d\u00e9sob\u00e9issance dans l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise au printemps 1917 serait minimis\u00e9 si l\u2019on s\u2019en tenait \u00e0 la documentation disponible dans les archives.] \u00ab&nbsp;Ma sant\u00e9 est parfaite, \u00e9crit-il le 9 juin, mais le moral est dans l\u2019ensemble des troupes tr\u00e8s mauvais.&nbsp;\u00bb Et le 9 juillet, il s\u2019emporte contre sa s\u0153ur qui a parl\u00e9 de h\u00e9ros morts au champ d\u2019honneur&nbsp;: \u00ab&nbsp;Non, c\u2019est pas \u00e0 moi qu\u2019il faut envoyer ces boniments&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211; En octobre, d\u00e9part pour l\u2019Italie. En avril 18, le retour sur le front fran\u00e7ais ne lui plait pas. En mai, il est \u00e9vacu\u00e9 pour cause de grippe. Le 8 juin, il note&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ici, beaucoup se croient d\u00e9laiss\u00e9s de Dieu \u00e0 la vue des ruines et des carnages&nbsp;; aussi, que de fois on entend maudire le Ma\u00eetre des Cieux et de la Terre.&nbsp;\u00bb Le 21 juin&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il faut souhaiter que tout aille du mieux ou alors la d\u00e9b\u00e2cle&nbsp;; l\u2019un ou l\u2019autre et qu\u2019on en finisse une fois pour toutes.&nbsp;\u00bb Le 3 septembre&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tout le monde est d\u00e9moralis\u00e9 \u00e0 un degr\u00e9 tel qu\u2019il m\u2019est impossible de vous le d\u00e9crire.&nbsp;\u00bb Mais les fortes pertes font avancer le tour des permissions (6\/9\/18) et celle qu\u2019il obtient en octobre \u00ab&nbsp;a valu de l\u2019or&nbsp;\u00bb car pendant ce temps la compagnie a \u00e9cop\u00e9. Devant Saint Quentin en ruines, il \u00e9voque la barbarie boche. \u00ab&nbsp;La guerre semble toucher \u00e0 sa fin&nbsp;\u00bb, \u00e9crit-il le 2 novembre, et le 11&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je remercie le bon Dieu de m\u2019avoir conserv\u00e9 des dangers de la guerre.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><strong>4. Autres informations<\/strong><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211; \u00c9tat-civil de la commune du Pont-de-l\u2019Arn (Tarn)<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211; <em>Archives professionnelles et personnelles de la famille Cormouls-Houl\u00e8s, R\u00e9pertoire m\u00e9thodique<\/em>, Albi, Archives d\u00e9partementales du Tarn, 2009<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&#8211; R\u00e9my Cazals, <em>Avec les ouvriers de Mazamet (dans la gr\u00e8ve et l\u2019action quotidienne 1900-1914)<\/em>, Carcassonne, CLEF89, 1995.<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&nbsp;<\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">R\u00e9my Cazals, f\u00e9vrier 2010<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Charles Albert Auque est n\u00e9 le 21 mai 1895 au Pont-de-l\u2019Arn, canton de Mazamet, d\u00e9partement du Tarn. Son p\u00e8re, L\u00e9on, \u00e9tait fileur&nbsp;; sa m\u00e8re, Rosalie Galy, m\u00e9nag\u00e8re. Le Pont-de-l\u2019Arn est un village du bassin industriel de Mazamet. Le p\u00e8re est ouvrier du textile, mais les ann\u00e9es 1890 sont celles de la reconversion &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2010\/02\/17\/auque-charles-1895-1986\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Auque, Charles (1895-1986)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[179,180,10,6],"tags":[281,344,839,553,267,451,305,253,838],"class_list":["post-239","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-61e-ri","category-7e-bcp","category-combattant-infanterie","category-correspondance-unique","tag-bonne-blessure","tag-boucherie","tag-contre-le-patriotisme","tag-emprunt","tag-mutinerie","tag-paix","tag-prisonniers","tag-religion","tag-servir-les-officiers"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/239","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=239"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/239\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3833,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/239\/revisions\/3833"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=239"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=239"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=239"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}