{"id":241,"date":"2010-03-20T22:11:54","date_gmt":"2010-03-20T21:11:54","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=241"},"modified":"2021-09-09T17:30:15","modified_gmt":"2021-09-09T16:30:15","slug":"kahn-andre-1888","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2010\/03\/20\/kahn-andre-1888\/","title":{"rendered":"Kahn, Andr\u00e9 (1888- ?)"},"content":{"rendered":"<p class=\"MsoNormal\"><span>1. Le t\u00e9moin<\/span><br \/>\n<span><span>N\u00e9 le 26 septembre 1888, Andr\u00e9 Kahn est a<span>vocat avant la guerre. Intellectuel d\u2019origine bourgeoise, il est d\u00e9fini dans la pr\u00e9face comme un po\u00e8te et un peintre, politiquement fluctuant, moderniste et conservateur, fervent \u00e0 la fois d\u2019Anatole France et de Maurice Barr\u00e8s. Il est juif, et a profond\u00e9ment \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par l\u2019Affaire Dreyfus. En 1914, il est en rupture avec sa famille, du fait de sa liaison avec une femme divorc\u00e9e, d\u00e9j\u00e0 m\u00e8re, et bient\u00f4t enceinte.<\/span><\/span><\/span><span> <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>2. Le t\u00e9moignage<\/span><span> <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span><span>Ce t\u00e9moignage a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 par son petit-fils, Jean-Fran\u00e7ois Kahn, en 1978 sous le titre<\/span><\/span><strong><span>, <\/span><\/strong><span><em><span>Journal de guerre d\u2019un Juif patriote<\/span><\/em><span>, (Editions Jean-Claude Simo\u00ebn,<span> <\/span>Paris). Il s&rsquo;agit des lettres \u00e9crites par Andr\u00e9 \u00e0 sa future femme, d\u2019ao\u00fbt 1914 \u00e0 novembre 1918. L&rsquo;auteur les consid\u00e8re comme \u00ab&nbsp;l\u2019embryon&nbsp;\u00bb d\u2019un v\u00e9ritable journal, qu&rsquo;il projetait de publier apr\u00e8s la guerre. Prisonnier d\u00e8s les premiers jours de combats, rapidement lib\u00e9r\u00e9, il participe, tant\u00f4t dans les tranch\u00e9es, tant\u00f4t au quartier g\u00e9n\u00e9ral, aux principales phases de l\u2019affrontement (Marne, Verdun, Chemin des Dames).<\/span><\/span><\/span><span> <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>3. Analyse<\/span><span> <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span><span> <\/span>Le 28 ao\u00fbt 1914, il note la distance entre la guerre imagin\u00e9e et la guerre r\u00e9elle&nbsp;: <span>\u00ab&nbsp;Je deviens de plus en plus pacifiste. Quand on songe \u00e0 l&rsquo;\u00e9clat glorieux des victoires possibles, on est \u00ab&nbsp;chauvin&nbsp;\u00bb, mais quand on respire l&rsquo;atmosph\u00e8re du champ de bataille un immense d\u00e9go\u00fbt, joint \u00e0 une immense piti\u00e9, vous remplit l&rsquo;\u00e2me&nbsp;\u00bb (p. 17). <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span><span><span> <\/span>Confront\u00e9 \u00e0 la violence de la bataille, il note, le 11 octobre, dans le Pas-de-Calais&nbsp;: \u00ab&nbsp;Quel air de souffrance ont les mutil\u00e9s! (&#8230;) Quelques instants auparavant, c&rsquo;\u00e9taient de braves soldats obstin\u00e9s sous la mitraille et d\u00e9daigneux de la vie. Ce ne sont plus que des loques humaines, un peu de chair qui souffre, un peu de cerveau qui implore gr\u00e2ce. J&rsquo;ai senti en moi une grande piti\u00e9 devant leur douleur et j&rsquo;ai conclu une fois encore \u00e0 l&rsquo;horrible b\u00eatise de la lutte pr\u00e9sente&nbsp;\u00bb (p.29)<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span><span><span> <\/span>Le 3 novembre, il se plaint de l\u2019incertitude du lendemain : \u00ab&nbsp;Contre-ordre. [\u2026] Tu ne peux t&rsquo;imaginer, ma mie, dans quelle perp\u00e9tuelle tension nerveuse nous devons vivre. On ne sait jamais sur quel pied danser. On ignore tout du lendemain. Quand une nouvelle \u00e0 peu pr\u00e8s s\u00fbre luit \u00e0 l&rsquo;horizon, aussit\u00f4t une nouvelle contradictoire vient nous confondre. C&rsquo;est em&#8230;merdant&nbsp;\u00bb (p.51-52)<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span><span>Le 21, il est pris sous le bombardement allemand \u00e0 Ypres&nbsp;: \u00ab&nbsp;En repassant le pont du canal de Furnes \u00e0 Ypres, nous avons subi le bombardement des batteries avanc\u00e9es Boches (&#8230;) Moment terrible \u00e0 vivre! Dans la nuit noire et froide, attendre son tour de s&rsquo;\u00e9lancer (car on passe un par un), sur le pont sans parapet, d\u00e9j\u00e0 bien ab\u00eem\u00e9 par les obus, tandis que la mitraille tombe autour de nous \u00e0 l&rsquo;improviste, et se dire soudain que l&rsquo;on peut rester l\u00e0, un bout de fer dans le corps, et mourir dans la neige ou dans la boue des Flandres, loin des siens, loin de la France! Ce sont des instants dont on se souvient toujours car on a v\u00e9cu en quelques secondes, le pass\u00e9, le pr\u00e9sent et l&rsquo;avenir en une formidable intensit\u00e9&nbsp;\u00bb (p.62)<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span> <\/span><\/span><span><span><span><span> <\/span>Dans ce contexte p\u00e9nible, la fine blessure appara\u00eet comme une aubaine, comme il le note le 8 d\u00e9cembre&nbsp;: \u00ab&nbsp;Sur la route, pendant une halte, Marmoiton, notre major, a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 cette nuit par une balle au genou. Le veinard! Il \u00e9tait \u00e0 un m\u00e8tre de moi. Que ne m&rsquo;a-t-elle touch\u00e9&nbsp;avant lui, cette balle bienfaisante! Dire que nous en sommes arriv\u00e9s \u00e0 d\u00e9sirer une blessure pour nous permettre de fuir cet inf\u00e2me pays&nbsp;!\u00bb <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span><span><span> <\/span>Les embusqu\u00e9s sont \u00e9galement la cible de sa col\u00e8re, comme le 15 f\u00e9vrier 1915&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je comprends, car je l&rsquo;ai \u00e9prouv\u00e9 moi-m\u00eame, que des hommes \u00e9nerv\u00e9s et affaiblis par quelques mois de campagne, se laissent aller \u00e0 une lassitude passag\u00e8re et \u00e0 un pessimisme intermittent. Je comprends, \u00e0 la rigueur, qu&rsquo;un ancien combattant gard\u00e9 au d\u00e9p\u00f4t jusqu&rsquo;\u00e0 la consolidation d&rsquo;une blessure, ait une opinion malsaine sur le r\u00e9sultat final de la guerre et quelque appr\u00e9hension de retourner au feu. Mais je ne saurais admettre qu&rsquo;un homme solide se vante de rester \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re \u2013 il devrait \u00eatre honteux \u2013 et se moque de ceux qui se font tuer pour lui&#8230;&nbsp;\u00bb (p.105)<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span> <\/span><\/span><span><span><span><span> <\/span>Une question r\u00e9currente concerne la dur\u00e9e de la guerre. La guerre qu\u2019il d\u00e9crit insiste, le 16 octobre 1914, sur la fixit\u00e9 des fronts :&nbsp;\u00ab&nbsp;Nous restons ici, avec les m\u00eames ordres de d\u00e9fendre le terrain m\u00e8tre par m\u00e8tre. Les Allemands sont toujours l\u00e0,<span> <\/span>devant nous, immobiles et muets. Cette guerre de taupes peut durer longtemps encore&nbsp;\u00bb (p.31) Le 30, il poursuit cette id\u00e9e&nbsp;: \u00ab&nbsp;La vie d&rsquo;attente continue (&#8230;) C&rsquo;est une op\u00e9ration d\u00e9licate pour prendre une tranch\u00e9e, il faut l&rsquo;effort de presque un bataillon&#8230; et encore, on laisse pas mal d&rsquo;hommes sur le terrain. Il vaut bien mieux attendre. C&rsquo;est au plus patient que sera la victoire. Nous n&rsquo;avan\u00e7ons que sur deux ou trois m\u00e8tres (je dis bien \u00ab&nbsp;m\u00e8tres&nbsp;\u00bb) par jour, qu&rsquo;importe! Si de cette quasi-immobilit\u00e9 d\u00e9pend le triomphe d\u00e9finitif, nous ne sommes plus \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la furia francosa!&nbsp;\u00bb (p. 43) D\u00e8s lors, la longueur de la guerre est au c\u0153ur de ses r\u00e9flexions, comme le 22 f\u00e9vrier 1915&nbsp;: \u00ab&nbsp;Mon avis sur la guerre? Elle sera longue, elle ne durera ni cent ans, ni m\u00eame sept, mais se prolongera au moins jusqu&rsquo;en novembre. Je fixe cette date car les forces financi\u00e8res et mat\u00e9rielles de tous les bellig\u00e9rants le permettront et que plus personne ne voudra endurer une campagne d&rsquo;hiver&nbsp;\u00bb <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span> <\/span><\/span><span><span><span><span> <\/span>Pour d\u00e9terminer l\u2019issue de la guerre, il profite de ses nouvelles fonctions d\u2019infirmier en mars 1915 pour lire attentivement les journaux, et en particulier suivre le cours de la bourse. Ainsi, le 31 mars il \u00e9crit : \u00ab&nbsp;Les nouvelles sont bonnes. La rente monte fi\u00e9vreusement&#8230; <em>L&rsquo;Echo <\/em>d\u00e9clare que les Russes progressent contre les Autrichiens. D&rsquo;autre part, un communiqu\u00e9 t\u00e9l\u00e9graphique du corps d&rsquo;arm\u00e9e annonce une grande victoire russe dans les Carpates. Bravo!&nbsp;\u00bb. De m\u00eame, le 12 avril : \u00ab&nbsp;Les communiqu\u00e9s sont toujours excellents sur les op\u00e9rations de France et de Russie&#8230; Mais pourquoi la rente baisse-t-elle progressivement chaque jour depuis une semaine et pourquoi le silence s&rsquo;appesantit-il sur l&rsquo;action des flottes aux Dardanelles&nbsp;\u00bb (p.138) Trois jours plus tard&nbsp;: \u00ab&nbsp;Rien dans <em>l&rsquo;Echo<\/em>, rien dans le<em> Matin<\/em>, rien dans <span>le <em>Journal<\/em><\/span>. Si : la d\u00e9gringolade de la rente et le silence obstin\u00e9 sur les op\u00e9rations aux Dardanelles. Ca ne marche donc pas l\u00e0-bas? Pourtant un bel article de Barr\u00e8s expose clairement nos raisons pour \u00eatre certains de la victoire, malgr\u00e9 tout&nbsp;\u00bb (p.141) <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span> <\/span><span><span><span><span> <\/span>On lui propose alors de devenir le secr\u00e9taire d&rsquo;un lieutenant officier du d\u00e9tail, un poste privil\u00e9gi\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;on n&rsquo;avance jamais \u00e0 plus de dix kilom\u00e8tres de la ligne de feu&nbsp;\u00bb (p.164). Il devient ainsi \u00ab&nbsp;officier de l&rsquo;\u00e9tat civil&nbsp;\u00bb. Son r\u00f4le est de dresser les actes de d\u00e9c\u00e8s des soldats morts au champ d&rsquo;honneur et de r\u00e9pondre aux demandes d&rsquo;informations des parents.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span> <\/span><\/span><span><span><span><span> <\/span>Pourtant, dans \u00ab&nbsp;le bureau de la mort&nbsp;\u00bb, l\u2019ennui est tel que le front appara\u00eet comme un \u00e9chappatoire&nbsp;: Le 7 octobre, il \u00e9crit : \u00ab&nbsp;Que cette vie est mis\u00e9rable! Ah! \u00catre sous la mitraille, dans le bruit caressant et le fracas terrible des obus et du canon. Vivre au milieu du danger pour bien sentir la valeur de la vie! Mais ne pas rester dans cette solitude d\u00e9primante du demi-arri\u00e8re, o\u00f9 l&rsquo;on devient fou de m\u00e2chonner toujours les m\u00eames id\u00e9es, d&rsquo;\u00eatre trop seul, de sentir la folie vous \u00e9treindre, alors que l&rsquo;on est l\u00e0, sans d\u00e9fense, l&rsquo;\u0153il braqu\u00e9 sur un id\u00e9al lointain.&nbsp;\u00bb (p.193) Le 10 novembre, il ajoute : \u00ab&nbsp;Tu vas me gronder mais je regrette l&rsquo;existence aventuri\u00e8re de brancardier (&#8230;) Excuse-moi, mais mon engourdissement de rond-de-cuir me d\u00e9go\u00fbte&#8230; Je suis trop pr\u00e8s de la belle lutte, de l&rsquo;ardent combat pour ne pas aimer, envier sa passionnante \u00e2pret\u00e9 et je suis trop loin de l&rsquo;arri\u00e8re \u2013 certes avantageux \u2013 pour ne pas d\u00e9plorer la monotonie de mon existence semi-guerri\u00e8re&#8230; Les extr\u00eames seuls sont int\u00e9ressants, la tranch\u00e9e ou le d\u00e9p\u00f4t. Ici, o\u00f9 je n&rsquo;ai pas les \u00e9motions et les satisfactions de la tranch\u00e9e et o\u00f9 je n&rsquo;ai pas non plus les avantages du d\u00e9p\u00f4t, je m&#8217;emmerde, pour parler net&nbsp;\u00bb (p.200)<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span> <\/span><\/span><span><span><span><span> <\/span>Il redevient infirmier et rallie Verdun. Arrive la bataille de la Somme. Le 7 ao\u00fbt 1916, il \u00e9crit : \u00ab&nbsp;Tu te plains de la lenteur des op\u00e9rations sur la Somme&#8230; Moi aussi, je jubilerais d&rsquo;abattre 30 kilom\u00e8tres par jour \u00e0 la poursuite des Boches et j&rsquo;irais volontiers jusqu&rsquo;au Rhin et m\u00eame ailleurs sans un jour de repos. Mais une telle chevauch\u00e9e n&rsquo;est permise qu&rsquo;en imagination&nbsp;\u00bb (p.255)<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span> <\/span><\/span><span><span><span><span> <\/span>Du 17 au 27 avril 1917, voici comment il rend compte de l\u2019offensive Nivelle : \u00ab&nbsp;Que penses-tu de cette offensive? Ca barde et \u00e7a marche. Dix mille prisonniers pour le premier jour et ce n&rsquo;est que le commencement&nbsp;\u00bb (17 avril, p.269)&nbsp;; \u00ab je suis trop heureux de succ\u00e8s de nos poilus pour gronder plus longtemps ce soir. L&rsquo;offensive marche, moins vite peut-\u00eatre qu&rsquo;on ne l&rsquo;esp\u00e9rait tout d&rsquo;abord, mais les r\u00e9sultats des trois jours sont loin d&rsquo;\u00eatre m\u00e9prisables&nbsp;\u00bb (18 avril, p.270)&nbsp;; \u00ab&nbsp;Nous continuons la bataille. Ca marche toujours. Je crois que nous tenons les petits Boches. D\u00e8s que ce sera propice, nous progresserons \u00e9nergiquement. J&rsquo;ai le ferme espoir de me retrouver sur les rives de la Meuse pour l&rsquo;hiver prochain&nbsp;\u00bb (19 avril, p.270)&nbsp;; \u00ab&nbsp;L&rsquo;offensive se poursuit m\u00e9thodiquement. Nous allons sans doute prendre part \u00e0 deux ou trois coups de butoir encore, puis ce sera le repos avec tous ses avantages tant attendus&nbsp;\u00bb (20 avril, p.270)&nbsp;; \u00ab&nbsp;Tu ne sais que penser de notre offensive, moi non plus. Mais je n&rsquo;h\u00e9site pas sur un point : elle est franchement rat\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent. Elle \u00e9tait faite pour la perc\u00e9e (&#8230;) Mais n&rsquo;en concluons pas qu&rsquo;elle est rat\u00e9e \u00e0 jamais. Nous ne sommes qu&rsquo;au d\u00e9but du printemps. Jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;hiver nous avons tout le temps d\u00e9sirable pour repousser les Boches jusqu&rsquo;\u00e0 la Meuse&nbsp;\u00bb (27 avril, p.271).<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span><span><span> <\/span>A propos des mutineries, il note le 23 mai : \u00ab&nbsp;Je ne crois pas \u00e0 une r\u00e9volution dans l&rsquo;arm\u00e9e. Ce que t&rsquo;a dit Gus, c&rsquo;est que les poilus, comme apr\u00e8s toute offensive rat\u00e9e et par cons\u00e9quent meurtri\u00e8re, en ont plein le dos et d\u00e9clarent \u00e0 qui veut les entendre, qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;avenir, ils ne marcheront plus. Depuis trois ans, j&rsquo;ai constat\u00e9 cet \u00e9tat d&rsquo;esprit. Mais un mois apr\u00e8s, quand il faut y aller encore, tout le monde marche comme un seul homme&nbsp;\u00bb (p.274)<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span> <\/span><\/span><span><span><span><span> <\/span>Il part \u00e0 la mi-ao\u00fbt en stage \u00e0 l\u2019arri\u00e8re pour \u00eatre nomm\u00e9 au grade d&rsquo;officier d&rsquo;administration au service de sant\u00e9&nbsp;: \u00ab ici, c&rsquo;est le service militaire dans toute son horreur&nbsp;\u00bb (p.279). <\/span><span>D\u00e9but mai, il entame des d\u00e9marches pour se placer d\u00e9finitivement au sein des Conseils de guerre : \u00ab&nbsp;Je ferai une demande prochainement pour \u00eatre nomm\u00e9 greffier (ce qui me permettrait de passer sergent au bout de cinq ou six mois). C&rsquo;est un avantage. Et de d\u00e9fenseur, je deviendrai complice de l&rsquo;accusation. Ah! les avocats!&nbsp;\u00bb (7 mai 1918, pp. 297-298)<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span><span> <\/span><\/span><span><span><span><span> <\/span>Le 21 ao\u00fbt 1918, \u00e0 propos du retour de la guerre de mouvement : \u00ab&nbsp;J&rsquo;envie et j&rsquo;admire les camarades qui traversent les vallons et les plaines sous la mitraille. Je regrette le bon temps d&rsquo;autrefois. Il se passe de grandes choses en ce moment. L&rsquo;h\u00e9ro\u00efque poilu fabrique la victoire de la France, c&rsquo;est incontestable. Il va, dans le matin clair, insensible \u00e0 la souffrance, joyeux d&rsquo;aller simplement. Il voit le Boche fuir ou se rendre. Il fait un acte. Il vit la guerre.&nbsp;\u00bb <\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>Marty C\u00e9dric, 18.03.2010<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span> <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin N\u00e9 le 26 septembre 1888, Andr\u00e9 Kahn est avocat avant la guerre. Intellectuel d\u2019origine bourgeoise, il est d\u00e9fini dans la pr\u00e9face comme un po\u00e8te et un peintre, politiquement fluctuant, moderniste et conservateur, fervent \u00e0 la fois d\u2019Anatole France et de Maurice Barr\u00e8s. Il est juif, et a profond\u00e9ment \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par l\u2019Affaire &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2010\/03\/20\/kahn-andre-1888\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Kahn, Andr\u00e9 (1888- ?)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[100,13,10,6,17],"tags":[281,455,668,272,707,567],"class_list":["post-241","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-1966-1980","category-medecin-service-de-sante","category-combattant-infanterie","category-correspondance-unique","category-militaire-non-combattant","tag-bonne-blessure","tag-campagne-dhiver","tag-degout","tag-embusques","tag-ennui","tag-mutineries"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/241","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=241"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/241\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3834,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/241\/revisions\/3834"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=241"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=241"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=241"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}