{"id":242,"date":"2010-03-21T12:31:49","date_gmt":"2010-03-21T11:31:49","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=242"},"modified":"2021-09-09T17:30:23","modified_gmt":"2021-09-09T16:30:23","slug":"moles-raymond-1884","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2010\/03\/21\/moles-raymond-1884\/","title":{"rendered":"Moles, Raymond (1884-1961)"},"content":{"rendered":"<p><span>1) Le t\u00e9moin <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>N\u00e9 en 1884, Raymond Moles a 30 ans lors de la mobilisation. Il est mari\u00e9 avec L\u00e9onie Lacaze et p\u00e8re de famille (depuis 1913). Il exerce le m\u00e9tier d\u2019agriculteur \u00e0 Catus, au nord-ouest de Cahors, dans le Lot, o\u00f9 se trouve sa ferme, le <em>Mas de P\u00e9gouri\u00e9<\/em>. Il est croyant et pratiquant. Il est affect\u00e9 d\u00e8s ao\u00fbt 1914 \u00e0 la 4e section du 138e RI. Il fait fonction d\u2019agent de liaison. Le 7 janvier 1915, il est nomm\u00e9 soldat de 1<sup>\u00e8re<\/sup> classe, puis occupe la fonction de cycliste du m\u00e9decin aide major le 23 mars 1915. Il tombe malade en mai et est \u00e9vacu\u00e9 jusqu\u2019en septembre. Jusqu\u2019en d\u00e9cembre, il reste \u00e0 l\u2019arri\u00e8re et t\u00e9moigne des multiples exercices auxquels il doit se plier. Il semble revenir au 20<sup>e<\/sup> RI et regagne le front vers Arras. Il passe le 13 juillet 1917 au train des \u00e9quipages. Sa femme meurt d&rsquo;une phtisie ganglionnaire le 28 f\u00e9vrier 1920 \u00e0 29 ans. Elle laisse deux enfants : Emmanuel, n\u00e9 le 28 f\u00e9vrier 1920 et Roger, n\u00e9 en octobre 1919. Raymond Moles se marie alors avec sa belle-s\u0153ur, la femme du fr\u00e8re de L\u00e9onie, lui-m\u00eame d\u00e9c\u00e9d\u00e9 des suites de la guerre.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>2)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le t\u00e9moignage<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>Depuis 1913, Raymond Moles \u00e9crit les faits marquants de ses journ\u00e9es. On rel\u00e8ve peu d\u2019\u00e9motion ou de prises de position dans ses pages&nbsp;: il se borne \u00e0 rapporter le temps qu\u2019il fait, les travaux des champs, la guerre. Il continue cette prise de note jusqu\u2019au d\u00e9but des ann\u00e9es 1960. Ses carnets de guerre ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans <em>Bleu horizon : t\u00e9moignages de combattants de la guerre, 1914-1918<\/em>, parall\u00e8lement \u00e0 ceux de Raymond Defaye (sous la direction de Gilles Bernard, \u00c9ditions Empreinte, 1999). Il a \u00e9t\u00e9 recompos\u00e9, sans la moindre coupure et en conservant la chronologie, en trois chapitres : \u00ab\u00a0Le front\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Les arri\u00e8res\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0la vie \u00e0 P\u00e9gouri\u00e9\u00a0\u00bb. Ces pages sont accompagn\u00e9es de 160 photographies in\u00e9dites de Raymond Defaye. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>3)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Analyse<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>Les opinions et les sentiments de R. Moles c\u00e8dent souvent le pas devant l\u2019\u00e9criture des faits&nbsp;: mouvements de troupes, temps qu\u2019il fait, etc. En effet, son d\u00e9sir d\u2019inscrire tous les \u00e9v\u00e9nements marquants de sa journ\u00e9e est net&nbsp;: ainsi voit-on passer les troupes d\u00e9cim\u00e9es et harass\u00e9es de fatigue (23 ao\u00fbt 1914), il donne \u00e0 lire les cadavres d\u00e9chiquet\u00e9s (20 d\u00e9cembre 1914), les bombardements, les mis\u00e8res quotidiennes li\u00e9es au temps (froid, pluie, boue,\u2026). Le \u00ab&nbsp;je&nbsp;\u00bb est souvent remplac\u00e9 par le \u00ab&nbsp;nous&nbsp;\u00bb ou le \u00ab&nbsp;on&nbsp;\u00bb. Mais ses observations sont souvent riches \u00e0 l\u2019instar de son r\u00e9cit d\u2019un assaut sur des tranch\u00e9es allemandes pr\u00e8s de Tahure, le 5 mars 1915&nbsp;: \u00ab&nbsp;nous pouvons remarquer que les types couch\u00e9s n\u2019\u00e9taient pas morts et que la plupart creusaient des trous ou arrangeaient les trous d\u2019obus.&nbsp;\u00bb Il d\u00e9taille l\u2019instruction re\u00e7ue \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de septembre \u00e0 d\u00e9cembre 1915&nbsp;: le 13 septembre, par exemple, il note que l\u2019apr\u00e8s-midi est consacr\u00e9 \u00e0 de la \u00ab&nbsp;th\u00e9orie sur les marques ext\u00e9rieures de respect et les r\u00e8glements sur les peines attach\u00e9s aux crimes ou d\u00e9lits militaires.&nbsp;\u00bb Pour autant, l\u2019impression d\u2019une \u00e9criture d\u00e9nu\u00e9e de sentiments est \u00e0 nuancer&nbsp;: les rires (27 septembre 1914), la peur (4 mai 1916) sont \u00e9voqu\u00e9s. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>En d\u00e9pit de l\u2019apparente objectivit\u00e9 de Raymond Moles, c\u2019est bien sa guerre qu\u2019il raconte dans son carnet. Un t\u00e9moignage int\u00e9ressant, donc, qui invite \u00e0 la comparaison. Saluons d\u2019ailleurs, dans la construction m\u00eame de l\u2019ouvrage <em>Bleu horizon<\/em>, le face \u00e0 face, page apr\u00e8s page, des notes de R. Moles et de celles de R. Defaye, m\u00e9decin issu d\u2019une famille de notable, et qui porte sur la guerre un tout autre regard. Autre regard tout aussi int\u00e9ressant, celui&nbsp;de R. Moles sur l&rsquo;arri\u00e8re. <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span>Marty C\u00e9dric, 19 mars 2010.<\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\"><span> <\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormalCxSpMiddle\"><span><span> <\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"MsoNormal\">&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1) Le t\u00e9moin N\u00e9 en 1884, Raymond Moles a 30 ans lors de la mobilisation. Il est mari\u00e9 avec L\u00e9onie Lacaze et p\u00e8re de famille (depuis 1913). 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