{"id":282,"date":"2010-11-03T16:29:04","date_gmt":"2010-11-03T15:29:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=282"},"modified":"2021-09-12T19:24:29","modified_gmt":"2021-09-12T18:24:29","slug":"auvray-lucien-1896-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2010\/11\/03\/auvray-lucien-1896-2\/","title":{"rendered":"Auvray, Lucien (1896 \u2013 ?)"},"content":{"rendered":"<ol>\n<li><strong>Le t\u00e9moin<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>N\u00e9 le 8 ao\u00fbt 1896. Il n\u2019est encore qu\u2019\u00e9tudiant quand il part pour l\u2019arm\u00e9e le 12 avril 1915 comme 2<sup>e<\/sup> classe d\u2019infanterie. Il rejoint son r\u00e9giment, le 82<sup>e<\/sup> RI, \u00e0 Montargis. Le 20 mars 1916, il est int\u00e9gr\u00e9 au 119<sup>e<\/sup> RI, qui se trouve alors \u00e0 Verdun, o\u00f9 il restera jusque janvier 1917 (un passage dans le secteur de Saint-Mihiel entre novembre et d\u00e9cembre). Auvray sert comme 2<sup>e<\/sup> classe pendant deux ans avant d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 caporal, le 28 mai 1917. Fin mars de cette ann\u00e9e, il arrive sur le Chemin des Dames. Son r\u00e9giment fait partie de l\u2019arm\u00e9e d\u2019exploitation et de poursuite du g\u00e9n\u00e9ral Duch\u00e8ne. Il ne sera pas engag\u00e9 le 16 avril (attente pr\u00e8s de Fismes, marches et contre-marches).<em> <\/em>Du 19 avril \u00e0 la fin du mois de mai, il effectue des marches et man\u0153uvres dans la r\u00e9gion de Ch\u00e2teau-Thierry. Le 30 mai, il note une impression de malaise&nbsp;mais affirme que tout est calme au r\u00e9giment (ne dit rien sur l\u2019entrevue de Tigny par exemple). Il participe aux combats de juin et juillet (secteur Ailles-Paissy)&nbsp;: \u00ab&nbsp;Comment est-il possible que nous soyons encore en vie, ce jour, \u00e0 bien peu, il est vrai&nbsp;?&nbsp;\u00bb (p.105). Son r\u00e9giment part ensuite dans la Somme, dans le secteur de Saint Quentin. Promu sergent puis chef de section en mars 1918, il est dirig\u00e9 sur un centre d\u2019\u00e9l\u00e8ves-aspirants \u00e0 Issoudun. Il retourne aux arm\u00e9es le 17 octobre 1918 et participe \u00e0 l\u2019offensive finale. Rendu \u00e0 la vie civile apr\u00e8s 4 ans et \u00bd de service (d\u00e9mobilis\u00e9 en septembre 1919), il partira vingt ans plus tard, comme capitaine au 113<sup>e<\/sup>RI. Pendant les deux guerres, il aura pass\u00e9 11 ans et demi sous l\u2019uniforme. Il sera fait lieutenant-colonel honoraire d\u2019infanterie.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la Premi\u00e8re Guerre mondiale, Lucien Auvray doit s\u2019occuper de sa sant\u00e9 pendant trois ans (effets retard\u00e9s d\u2019une intoxication au gaz&nbsp;?), et reprend sa licence de droit pour int\u00e9grer la cour d\u2019appel d\u2019Orl\u00e9ans comme avocat, d\u00e9but 1924. Il est l\u2019auteur d\u2019un autre ouvrage&nbsp;: <em>Du d\u00e9sastre \u00e0 la victoire<\/em>. <em>Souvenirs de guerre de 1939-1945, <\/em>La Pens\u00e9e Universelle, 1980.<strong><\/strong><\/p>\n<p><strong>2. <\/strong><strong>Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p>Les souvenirs de Lucien Auvray ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9s tardivement, \u00e0 partir de ses carnets de route, et publi\u00e9s sous le titre&nbsp;: <em>Sous le signe de Rosalie. Souvenirs d\u2019un gar\u00e7on de 20 ans. Guerre 1914-1918. Verdun \u2013 Chemin des Dames et la suite, <\/em>Orl\u00e9ans, 1986. La publication de ses souvenirs proc\u00e8de de la volont\u00e9 de l\u2019auteur de r\u00e9tablir une v\u00e9rit\u00e9 qu\u2019il pense bafou\u00e9e : \u00ab&nbsp;Si j\u2019ai envisag\u00e9 de les faire \u00e9diter c\u2019est que, r\u00e9volt\u00e9 par la fantaisie, les erreurs grossi\u00e8res et la partialit\u00e9 de certains commentateurs mal inform\u00e9s ou de mauvaise foi, j\u2019avais entendu apporter un t\u00e9moignage v\u00e9cu sur la dramatique aventure de certains r\u00e9giments d\u2019infanterie\u2026&nbsp;\u00bb (p.7-8).<strong><\/strong><\/p>\n<p><strong>3. <\/strong><strong>Analyse<\/strong><\/p>\n<p>T\u00e9moignage int\u00e9ressant, notamment pour Verdun et le Chemin des Dames.<\/p>\n<p>Lucien Auvray a repris ses carnets en ins\u00e9rant, par endroits, des remarques et r\u00e9flexions g\u00e9n\u00e9rales, formul\u00e9es <em>a posteriori, <\/em>qui sont toujours clairement signal\u00e9es comme ajout au texte original<em>. <\/em>La chronologie est suivie, quelquefois troubl\u00e9e par des sauts et allers et retours que s\u2019autorise l\u2019auteur, et la prise de notes est tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8re. Auvray nous livre un riche t\u00e9moignage sur son exp\u00e9rience au front, aussi bien d\u2019un point de vue \u00ab&nbsp;\u00e9v\u00e9nementiel&nbsp;\u00bb que d\u2019un point de vue plus intime. L\u2019auteur met une application particuli\u00e8re \u00e0 mieux faire conna\u00eetre le fantassin au lectorat civil et ses souvenirs abondent de d\u00e9tails pratiques ou techniques. Dot\u00e9 d\u2019une bonne instruction, le style est fluide, et les observations sont attentives et fines. Auvray ne s\u2019interdit pas les critiques \u00e0 l\u2019encontre de l\u2019arm\u00e9e et du commandement, au contraire, et livre ses impressions de soldat et les le\u00e7ons tir\u00e9es de son exp\u00e9rience.<\/p>\n<p>Notons quelques points int\u00e9ressants&nbsp;de ce t\u00e9moignage :<\/p>\n<p>&#8211;&nbsp; Lucien Auvray est de ces hommes qui pr\u00e9f\u00e8rent se porter volontaire pour les coups de main plut\u00f4t que de subir sans pouvoir riposter. Plus qu\u2019une haine prononc\u00e9e pour l\u2019ennemi ou le d\u00e9sir d\u2019assouvir une pulsion meurtri\u00e8re, l\u2019auteur invoque le motif suivant&nbsp;: \u00ab&nbsp;Encaisser sans riposter est d\u00e9moralisant, aussi je me suis fait inscrire volontaire pour \u00eatre du groupe de patrouilleurs&nbsp;\u00bb (p.45). Il int\u00e9grera par ailleurs un des groupes francs constitu\u00e9s pour mener des coups de mains.<\/p>\n<p>&#8211; \u00e9voque des moments de \u00ab&nbsp;tr\u00eave tacite&nbsp;\u00bb, dans le secteur de Saint-Mihiel, en novembre-d\u00e9cembre 1916&nbsp;:<strong> <\/strong>\u00ab&nbsp;Il m\u2019a \u00e9t\u00e9 dit qu\u2019avant notre arriv\u00e9e, entre ce dernier ?&nbsp;trou fran\u00e7ais\u201d et celui des Allemands (de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9) s\u2019\u00e9tait instaur\u00e9e une esp\u00e8ce de tr\u00eave et m\u00eame de <em>modus vivendi <\/em>\u00bb p.57.<\/p>\n<p>&#8211; mart\u00e8le un r\u00e9el agacement face \u00e0 l\u2019incompr\u00e9hension des civils \u00e0 laquelle il est confront\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion des permissions. En d\u00e9cembre 1916 par exemple, il note&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le foss\u00e9 se creuse entre l\u2019avant et l\u2019arri\u00e8re l\u00e0 on s\u2019installe confortablement dans la guerre&nbsp;; sauf famille heureuse de retrouver les siens, l\u2019accueil des permissionnaires est d\u00e9sinvolte&nbsp;; formule rituelle, un tant soit peu goguenarde de bienvenue&nbsp;\u00bb (p.59). De m\u00eame, il s\u2019emporte contre la propagande de l\u2019arri\u00e8re \u00ab&nbsp;stupidement faite&nbsp;\u00bb (p.99) et ne cache pas une certaine amertume \u00e0 l\u2019encontre des ouvriers travaillant dans les usines de l\u2019arri\u00e8re.<\/p>\n<p>&#8211; fait partie des auteurs qui r\u00e9futent l\u2019alcoolisation des hommes avant l\u2019assaut. Pour lui, la consommation d\u2019alcool vise avant tout \u00e0 soutenir les hommes dans les moments d\u2019effort et d\u2019inconfort&nbsp;:<strong> <\/strong>\u00ab&nbsp;L\u2019eau-de-vie, distribu\u00e9e avec une certaine g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 lors des grandes \u00e9preuves, en p\u00e9riode d\u2019efforts surhumains, d\u2019attaques et de contre-attaques, sous des intemp\u00e9ries (plus que d\u00e9plaisantes&nbsp;: pluie battante, neige ou grand froid, quand le sol semblait vous aspirer) \u00e9tait la bienvenue. De mauvais esprits ont tent\u00e9 d\u2019accr\u00e9diter ce mensonge, que sa distribution \u00e9tait un moyen pour doper les hommes, les enivrer au moment de les jeter \u00e0 l\u2019assaut. Personnellement je n\u2019en ai jamais vu administrer&nbsp; l\u2019instant de sauter le parapet&nbsp;; d\u2019ailleurs, avec les tirs de contre-pr\u00e9paration ennemie, cela eut \u00e9t\u00e9 impossible&nbsp;\u00bb (p.138).<\/p>\n<p>&#8211; Int\u00e9ressant \u00e9galement dans sa description des sentiments ressentis par certains jeunes hommes \u00e0 la sortie de la guerre, cette \u00ab&nbsp;peur&nbsp;\u00bb du retour \u00e0 la normale&nbsp;: \u00ab&nbsp;De quoi notre avenir sera-t-il fait&nbsp;?&nbsp;[\u2026] Comment nous reconvertir, quand nous serons renvoy\u00e9s \u201den nos foyers\u201d&nbsp;?&nbsp;\u00bb (p.178).<\/p>\n<p>Doroth\u00e9e Malfoy-No\u00ebl, novembre 2010<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le t\u00e9moin N\u00e9 le 8 ao\u00fbt 1896. Il n\u2019est encore qu\u2019\u00e9tudiant quand il part pour l\u2019arm\u00e9e le 12 avril 1915 comme 2e classe d\u2019infanterie. Il rejoint son r\u00e9giment, le 82e RI, \u00e0 Montargis. 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