{"id":2851,"date":"2016-07-01T09:26:23","date_gmt":"2016-07-01T08:26:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=2851"},"modified":"2016-07-01T09:26:23","modified_gmt":"2016-07-01T08:26:23","slug":"wilson-cameron-1888-1918","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2016\/07\/01\/wilson-cameron-1888-1918\/","title":{"rendered":"Wilson, Cameron (1888-1918)"},"content":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin<br \/>\nFils et petit-fils de pasteur, Theodore Percival Cameron Wilson est n\u00e9 \u00e0 Paignton, dans le Devon, en 1888, quatri\u00e8me enfant d\u2019une famille qui en comptera six. Son grand-p\u00e8re, Theodore Percival Wilson, avait \u00e9t\u00e9 en son temps un romancier \u00e0 succ\u00e8s. Apr\u00e8s une scolarit\u00e9 en dents de scie, il suit des cours \u00e0 Oxford en 1907 sans toutefois pouvoir int\u00e9grer un des prestigieux Colleges de l\u2019universit\u00e9. Il quitte l\u2019\u00e9tablissement trois ans plus tard sans dipl\u00f4me et enseigne dans une \u00e9cole primaire. Son premier roman, <em>The Friendly Ennemy<\/em>, est publi\u00e9 en 1913.<br \/>\nCameron Wilson s\u2019engage en 1914 dans les Grenadier Guards et devient sous-officier l\u2019ann\u00e9e suivante dans le r\u00e9giment des Sherwood Foresters. Arriv\u00e9 en France en f\u00e9vrier 1916, il fait partie de ces nombreux combattants qui condamnent le principe de la guerre tout en \u00e9tant convaincus qu\u2019il est de leur devoir de se battre. Son po\u00e8me <em>Des pies en Picardie <\/em>est publi\u00e9 dans la <em>Westminster Gazette <\/em>en ao\u00fbt 1916. C\u2019est \u00e0 cette \u00e9poque qu\u2019il est mut\u00e9 au Grand Quartier G\u00e9n\u00e9ral. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 promu capitaine, il repart au front et trouve la mort le 23 mars 1918 \u00e0 Hermies, dans le Pas-de-Calais. Son nom est grav\u00e9 sur le m\u00e9morial d\u2019Arras \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de 35 000 autres soldats port\u00e9s disparus dans ce secteur.<br \/>\nMarjorie Wilson, la soeur de Cameron, qui avait \u00e9t\u00e9 aide-soignante b\u00e9n\u00e9vole pendant la guerre, publie en octobre 1918 dans le <em>Spectator <\/em>un po\u00e8me intitul\u00e9 <em>A Tony, \u00e2g\u00e9 de 3 ans &#8211; en m\u00e9moire de T.P.C.W.<\/em> Ce type de \u00ab\u00a0po\u00e8me-hommage\u00a0\u00bb \u00e9tait une fa\u00e7on d&rsquo;honorer les soldats tu\u00e9s au combat en d\u00e9diant leur sacrifice aux jeunes enfants qu&rsquo;ils ne verraient jamais grandir.<br \/>\n2. Le t\u00e9moignage<br \/>\nL\u2019ensemble des po\u00e8mes de Cameron Wilson est publi\u00e9 en 1919 sous le titre <em>Magpies in Picardy <\/em>par le po\u00e8te Harold Monro, qui \u00e9tait aussi son ami. Un autre ouvrage, intitul\u00e9 <em>Waste Paper Philosophy<\/em>, para\u00eet l&rsquo;ann\u00e9e suivante. Plusieurs de ses lettres ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es, notamment dans <em>War Letters of Fallen Englishmen<\/em>.<br \/>\n3. Analyse<br \/>\nLe po\u00e8me \u00e9ponyme du recueil <em>Magpies in Picardy <\/em>est pr\u00e9sent dans la plupart des anthologies de po\u00e9sie consacr\u00e9es \u00e0 la Grande Guerre. Tout comme John McCrae, Noel Hodgson, Julian Grenfell et Alan Seeger, Cameron Wilson fait partie de ces auteurs-combattants pass\u00e9s \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 pour un seul de leur po\u00e8mes. Si le style de <em>Magpies in Picardy <\/em>est un peu surann\u00e9, il faut toutefois reconna\u00eetre qu&rsquo;il poss\u00e8de une originalit\u00e9 s\u00e9duisante et un charme pastoral \u00e9vident. Son aspect documentaire est \u00e9galement \u00e0 prendre en compte. Les commentaires sur la faune et la flore sont r\u00e9currents dans les t\u00e9moignages britanniques de la Grande Guerre, et les oiseaux y ont une place de choix. L\u2019image de l\u2019alouette volant au-dessus du no man\u2019s land est notamment une notation incontournable dans les \u00e9crits de combattants. Les autres po\u00e8mes du recueil \u00e9voquent les combats, les p\u00e9riodes de repos et les paysages fran\u00e7ais. Si <em>Song of Amiens <\/em>et quelques autres po\u00e8mes sont des instantan\u00e9s r\u00e9ussis de \u00ab\u00a0vie fran\u00e7aise\u00a0\u00bb, on peut cependant d\u00e9plorer des faiblesses de style \u00e0 bien d&rsquo;autres endroits du recueil.<br \/>\nLes lettres de Cameron Wilson sont moins connues mais m\u00e9ritent tout autant l&rsquo;attention que ses po\u00e8mes. Son d\u00e9go\u00fbt de la guerre y est \u00e9nonc\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises, en des termes plus ou moins semblables, comme s&rsquo;il voulait \u00e0 tout prix persuader ses proches de ne pas se laisser leurrer par les discours officiels : \u00ab\u00a0La guerre est incroyablement d\u00e9go\u00fbtante. Tout homme qui y a particip\u00e9 et l&rsquo;encense est un d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb (Lettre de mars 1916 \u00e0 sa tante). \u00ab\u00a0Quand on a vu un beau gars aux yeux bleus se transformer en un stupide pantin d\u00e9sarticul\u00e9, avec sa propre cervelle qui lui d\u00e9gouline sur les yeux, comme je l&rsquo;ai moi-m\u00eame vu, on devient soit un pacifiste soit un d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb (Lettre du 27 avril 2016 \u00e0 sa tante). \u00ab\u00a0Les corps d\u00e9sarticul\u00e9s sont obsc\u00e8nes, quoique puissent \u00e9crire les correspondants de guerre. La guerre est une obsc\u00e9nit\u00e9. Mais Dieu merci nous nous battons pour qu&rsquo;il n&rsquo;y ait jamais plus de guerre\u00a0\u00bb (Lettre du 3 mai 1916 \u00e0 sa m\u00e8re). Le ton est radicalement diff\u00e9rent de celui des po\u00e8mes. La mise en parall\u00e8le des deux types d&rsquo;\u00e9criture nous renseigne sur les diff\u00e9rentes attitudes, parfois oppos\u00e9es, qui cohabitent chez de nombreux combattants. Pour de nombreux jeunes officiers britanniques, la po\u00e9sie a \u00e9t\u00e9 un moyen d&rsquo;expression privil\u00e9gi\u00e9 leur permettant d&rsquo;une part de conserver un lien avec le monde d&rsquo;avant &#8211; pour beaucoup d&rsquo;entre eux l&rsquo;universit\u00e9 &#8211; et d&rsquo;autre part d&rsquo;\u00e9chapper momentan\u00e9ment aux prises de position pour aboutir \u00e0 une vue distanci\u00e9e et multiple de la r\u00e9alit\u00e9 combattante.<br \/>\nSources :<br \/>\n<em>Magpies in Picardy<\/em>, T.D Cameron Wilson, The Poetry Bookshop, 1919<br \/>\n<em>Waste paper philosophy<\/em>, T.D Cameron Wilson, George H. Doran Company, 1920<br \/>\n<em>War letters of fallen Englishmen<\/em>, Victor Gollancz Ltd, 1930<\/p>\n<p>Francis Grembert<\/p>\n<p>(Tel que publi\u00e9 dans le recueil <em>Magpies in Picardy<\/em>, 1919)<\/p>\n<p>DES PIES EN PICARDIE<\/p>\n<p>Les pies de Picardie<br \/>\nSont plus que je ne saurais dire.<br \/>\nElles planent au-dessus des routes poudreuses<br \/>\nEt ensorcellent les hommes<br \/>\nQui traversent la Picardie,<br \/>\nLa Picardie, pr\u00e9lude \u00e0 l&rsquo;enfer.<\/p>\n<p>(Le merle, farouche, s&rsquo;envole au moindre bruit,<br \/>\nL&rsquo;hirondelle la lumi\u00e8re inlassablement suit,<br \/>\nLes pinsons ont des allures de dame,<br \/>\nLa chouette flotte dans l&rsquo;air du soir.<br \/>\nMais la grande et radieuse pie<br \/>\nVole \u00e0 la mani\u00e8re des artistes.)<\/p>\n<p>Une pie, quelque part en Picardie,<br \/>\nm&rsquo;a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 ses secrets :<br \/>\nLa musique qu&rsquo;abritent ses plumes blanches,<br \/>\nLa lumi\u00e8re qui chante<br \/>\nEt danse dans la profondeur des ombres.<br \/>\nDe ses ailes, elle me l&rsquo;a dit.<\/p>\n<p>(Le faucon, cruel et aust\u00e8re,<br \/>\nToujours nous regarde du haut du ciel ;<br \/>\nLa morne corneille tra\u00eene de l&rsquo;aile,<br \/>\nLe rouge-gorge aime la bagarre ;<br \/>\nMais la grande pie radieuse<br \/>\nA le vol gracieux de l&rsquo;amour.)<\/p>\n<p>Elle m&rsquo;a dit qu&rsquo;en Picardie,<br \/>\nUne g\u00e9n\u00e9ration ou deux auparavant,<br \/>\nQuand ses p\u00e8res \u00e9taient encore dans l&rsquo;\u0153uf, Toutes ces grandes routes poussi\u00e9reuses<br \/>\nCharriaient des soldats qui partaient \u00e0 la guerre,<br \/>\nLa guerre en chantant,<br \/>\nLe long des pr\u00e9s et des champs de Picardie,<br \/>\nPr\u00e9lude \u00e0 l&rsquo;enfer.<br \/>\nMAGPIES IN PICARDY<\/p>\n<p>The magpies in Picardy<br \/>\nAre more than I can tell.<br \/>\nThey flicker down the dusty roads<br \/>\nAnd cast a magic spell<br \/>\nOn the men who march through Picardy,<br \/>\nThrough Picardy to Hell.<\/p>\n<p>(The blackbird flies with panic,<br \/>\nThe swallow goes like light,<br \/>\nThe finches move like ladies,<br \/>\nThe owl floats by at night ;<br \/>\nBut the great and flashing magpie<br \/>\nHe flies as artists might.)<\/p>\n<p>A magpie in Picardy<br \/>\nTold me secret things &#8211;<br \/>\nOf the music in white feathers,<br \/>\nAnd the sunlight that sings<br \/>\nAnd dances in deep shadows &#8211;<br \/>\nHe told me with his wings.<\/p>\n<p>(The hawk is cruel and rigid,<br \/>\nHe watches from a height ;<br \/>\nThe rook is slow and sombre,<br \/>\nThe robin loves to fight ;<br \/>\nBut the great and flashing magpie<br \/>\nHe flies as lovers might.)<\/p>\n<p>He told me that in Picardy,<br \/>\nAn age ago or more,<br \/>\nWhile all his fathers still were eggs,<br \/>\nThese dusty highways bore<br \/>\nBrown singing soldiers marching out<br \/>\nThrough Picardy to war.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Fils et petit-fils de pasteur, Theodore Percival Cameron Wilson est n\u00e9 \u00e0 Paignton, dans le Devon, en 1888, quatri\u00e8me enfant d\u2019une famille qui en comptera six. Son grand-p\u00e8re, Theodore Percival Wilson, avait \u00e9t\u00e9 en son temps un romancier \u00e0 succ\u00e8s. Apr\u00e8s une scolarit\u00e9 en dents de scie, il suit des cours \u00e0 &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2016\/07\/01\/wilson-cameron-1888-1918\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Wilson, Cameron (1888-1918)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[96,97,136,10,6,985],"tags":[987,986],"class_list":["post-2851","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-1914-1918","category-1919-1930","category-armee-britannique","category-combattant-infanterie","category-correspondance-unique","category-poesie","tag-derniere-guerre","tag-guerre-condamnee"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2851","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2851"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2851\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2851"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2851"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2851"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}