{"id":2870,"date":"2016-10-25T15:11:38","date_gmt":"2016-10-25T14:11:38","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=2870"},"modified":"2016-10-25T15:11:38","modified_gmt":"2016-10-25T14:11:38","slug":"blanchet-de-pauniat-guy-1886-1946","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2016\/10\/25\/blanchet-de-pauniat-guy-1886-1946\/","title":{"rendered":"Blanchet de Pauniat, Guy (1886-1946)"},"content":{"rendered":"<p>Andr\u00e9 Antoine Guy Blanchet de Pauniat est n\u00e9 \u00e0 Versailles le 8 d\u00e9cembre 1886. Son p\u00e8re est alors capitaine instructeur au 3e r\u00e9giment de cuirassiers. Guy choisit lui aussi la carri\u00e8re militaire. En avril 1914, il est lieutenant, officier d\u2019\u00e9tat-major.<br \/>\nEn ao\u00fbt 1914, il est mobilis\u00e9 aupr\u00e8s de l\u2019arm\u00e9e belge. En mai 1915, d\u00e9tach\u00e9 dans l\u2019aviation, il entre au camp militaire d\u2019Avord, pr\u00e8s de Bourges, comme lieutenant \u00e9l\u00e8ve-pilote. Son journal commence \u00e0 cette date. Trois temps marquent son parcours d\u2019aviateur :<br \/>\n&#8211; De mai \u00e0 d\u00e9cembre 1915 : formation au camp d\u2019Avord et au Bourget ; il passe son brevet militaire d\u2019a\u00e9roclub \u00e0 Avord en septembre 1915.<br \/>\n&#8211; De d\u00e9cembre 1915 \u00e0 octobre 1916 : engag\u00e9 sur le front dans l\u2019escadrille C 28 \u00e9tablie pr\u00e8s de Ch\u00e2lons-sur-Marne (Champagne), puis dans la 2e escadrille du 39e CA \u00e9tablie \u00e0 Moreuil pr\u00e8s d\u2019Amiens (Somme), \u00e0 partir de juillet 1916. Il fait du r\u00e9glage d\u2019artillerie et photographie les tranch\u00e9es allemandes, en \u00e9tant expos\u00e9 aux batteries anti-a\u00e9riennes ennemies.<br \/>\n&#8211; D\u2019octobre 1916 \u00e0 juillet 1918 : engag\u00e9 dans l\u2019arm\u00e9e d\u2019Orient. Apr\u00e8s un bref s\u00e9jour \u00e0 Salonique en novembre 1916, il rentre en France et accomplit un p\u00e9riple qui le m\u00e8ne en Roumanie, par l\u2019Angleterre, la Norv\u00e8ge, la Su\u00e8de et la Russie. Il rejoint le commandement du 2e groupe de l\u2019aviation roumaine \u00e0 Ghidigeni en janvier 1917, puis celui du 3e groupe \u00e0 Galatz en mars 1917. Dans cette ville, il c\u00f4toie les aviateurs russes et dirige des bombardements sur Bra\u00efla.<br \/>\nSon journal s\u2019arr\u00eate au 30 juin 1917. Guy Blanchet de Pauniat sera promu capitaine, sera bless\u00e9 \u00e0 la suite d\u2019une chute d\u2019avion. En juillet 1918, il est d\u00e9tach\u00e9 en mission aupr\u00e8s du Grand Quartier G\u00e9n\u00e9ral am\u00e9ricain. Il est d\u00e9mobilis\u00e9 en mai 1919, se marie en 1920 et sera de nouveau mobilis\u00e9 pendant la Seconde Guerre mondiale.<\/p>\n<p>Ses cahiers ont \u00e9t\u00e9 transmis par sa famille aux Archives d\u00e9partementales du Calvados, qui les ont \u00e9dit\u00e9s dans un recueil contenant deux autres t\u00e9moignages : celui de l\u2019artilleur Albert Masselin et celui du prisonnier Auguste Elain. Les \u00e9diteurs pr\u00e9cisent avoir abr\u00e9g\u00e9 le texte : \u00ab Seul, celui de Pauniat a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit : nous avons d\u00fb faire un choix, en \u00e9cartant surtout les parties r\u00e9p\u00e9titives (d\u00eener, coucher\u2026) ou familiales \u00bb (cf. p. 6). Le texte int\u00e9gral est disponible en microfilm.<\/p>\n<p>Guy Blanchet de Pauniat d\u00e9bute sa formation de pilote sur un Voisin, puis continue sur des Bl\u00e9riot, Morane, Nieuport, Caudron. Il d\u00e9crit les divers avions, leurs qualit\u00e9s et leurs d\u00e9fauts, mentionne les pannes techniques et enregistre les nombreux accidents mortels.<br \/>\n\u00c9valuant la diff\u00e9rence entre un monoplan et un biplan, il note : \u00ab Le monoplan est tr\u00e8s d\u00e9licat, il ne demande pas de fautes, est tr\u00e8s l\u00e9ger, ob\u00e9it mieux ; cela fait une tr\u00e8s grande diff\u00e9rence avec le biplan qui est lourd et long \u00e0 r\u00e9pondre. [\u2026] D\u2019ailleurs, le crit\u00e8re est que tout <em>monoplaniste<\/em> peut monter sur n\u2019importe quel biplan en \u00e9tant s\u00fbr d\u2019\u00eatre de suite un tr\u00e8s bon pilote, tandis que dans le cas inverse, non seulement il ne pilotera pas imm\u00e9diatement, mais il aurait s\u00fbrement un accident \u00bb (12.08.1915).<br \/>\nAu sujet des accidents, il \u00e9crit : \u00ab La casse est para\u00eet-il tr\u00e8s forte, 80 % dit-on : cela me semble exag\u00e9r\u00e9. J\u2019ai oubli\u00e9 de noter que samedi un mar\u00e9chal des logis s\u2019est tu\u00e9 sur Farman \u00e0 1 km du camp \u00bb (20.09.1915).<br \/>\nSur le front de Champagne, il d\u00e9couvre les r\u00e9glages d\u2019artillerie et s\u2019indigne du peu de collaboration des artilleurs : \u00ab C\u2019est \u00e0 ne pas croire, mais les batteries boches contre avions, on les conna\u00eet et on les laisse tranquilles pour \u00e9viter des repr\u00e9sailles \u00bb (28.12.1915). Il ajoute : \u00ab Les artilleurs ne veulent pas tirer de peur des repr\u00e9sailles, aussi font-ils tout pour que les r\u00e9glages ratent par faute soi-disant de l\u2019aviation, de la TSF, etc. \u00bb (05.01.1916).<br \/>\nIl estime que \u00ab les Nieuport, escadrille de chasse, n\u2019ont pour ainsi dire rien \u00e0 faire, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de notre travail \u00bb (20.12.1915). Il constate que les batteries anti-a\u00e9riennes allemandes tirent continuellement sur les avions fran\u00e7ais : \u00ab recevoir 50 coups de canon est un honneur journalier \u00bb, tandis que \u00ab nos 75 a\u00e9riens tirent 2 ou 3 obus par mois \u00bb (20.12.1915).<br \/>\nIl souligne l\u2019importance de disposer d\u2019un bon m\u00e9canicien : \u00ab C\u2019est plus int\u00e9ressant que de toucher un bon coucou \u00bb (28.12.1915), et se plaint que \u00ab la C 28 est condamn\u00e9e au moteur Clerget qui est infiniment moins bon que le Rh\u00f4ne, moins fort et souple. Il y a un lot de vieux Clerget \u00e0 placer, personne n\u2019en voulant, seules 2 escadrilles de Caudron en ont encore, nous naturellement \u00bb (03.01.1916).<br \/>\nIl signale le bombardement de Mourmelon effectu\u00e9 le 1er mai 1916 par une vingtaine d\u2019avions allemands, sans aucun appareil de chasse fran\u00e7ais pour les poursuivre, et enregistre au 19 mai 1916 le premier bombardement effectu\u00e9 de nuit par l\u2019aviation allemande, sur Ch\u00e2lons.<br \/>\nLors du 1er mai 1917 f\u00eat\u00e9 par les Russes \u00e0 Galatz, il \u00e9crit : \u00ab Les d\u00e9put\u00e9s soldats sont une invention monstrueuse. Plus de sanctions, plus de peine de mort. Les g\u00e9n\u00e9raux sous le contr\u00f4le de leurs soldats, les ordres discut\u00e9s, chacun en petite r\u00e9publique. C\u2019est navrant quand il n\u2019y a pas un sentiment noble pour guider et endiguer tout cela. \u00bb<br \/>\nEn mai 1917, il obtient une citation \u00e0 l\u2019ordre de l\u2019Arm\u00e9e pour avoir effectu\u00e9 un raid de 550 km durant 5 heures 45 cons\u00e9cutives, en survolant et photographiant le territoire ennemi de la Dobroudja.<br \/>\nGuy Blanchet de Pauniat m\u00e8ne la vie des officiers aviateurs disposant de soir\u00e9es festives, et n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 pousser des coups de gueule contre ses sup\u00e9rieurs hi\u00e9rarchiques : \u00ab Une petite engueulade au capitaine pour le mettre au pas. Cela va tout de suite tr\u00e8s bien \u00bb (09.11.1916).<\/p>\n<p><em>Cahiers de M\u00e9moire. La Guerre de 1914-1918<\/em>, textes \u00e9dit\u00e9s et pr\u00e9sent\u00e9s par Fran\u00e7oise Dutour, Louis Le Roc\u2019h Morg\u00e8re, H\u00e9l\u00e8ne Tron, Conseil g\u00e9n\u00e9ral du Calvados, Direction des Archives d\u00e9partementales, 1997, 137 pages, \u00ab Cahiers de Guy de Pauniat \u00bb, p. 36-106.<\/p>\n<p>Isabelle Jeger, octobre 2016<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Andr\u00e9 Antoine Guy Blanchet de Pauniat est n\u00e9 \u00e0 Versailles le 8 d\u00e9cembre 1886. Son p\u00e8re est alors capitaine instructeur au 3e r\u00e9giment de cuirassiers. Guy choisit lui aussi la carri\u00e8re militaire. En avril 1914, il est lieutenant, officier d\u2019\u00e9tat-major. En ao\u00fbt 1914, il est mobilis\u00e9 aupr\u00e8s de l\u2019arm\u00e9e belge. 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