{"id":2880,"date":"2016-11-12T21:06:58","date_gmt":"2016-11-12T20:06:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=2880"},"modified":"2016-11-12T21:06:58","modified_gmt":"2016-11-12T20:06:58","slug":"aldington-richard-1892-1962","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2016\/11\/12\/aldington-richard-1892-1962\/","title":{"rendered":"Aldington, Richard (1892-1962)"},"content":{"rendered":"<p>Richard Aldington d\u00e9bute sa carri\u00e8re litt\u00e9raire en 1911 au sein du mouvement po\u00e9tique des Imagistes, qui conna\u00eet son heure de gloire entre 1910 et 1917. Apr\u00e8s avoir fait la connaissance d\u2019Ezra Pound, le principal initiateur de ce mouvement d\u2019avant-garde, il \u00e9pouse en 1913 l\u2019auteure am\u00e9ricaine Hilda Doolittle, plus connue sous les initiales H.D., laquelle fait \u00e9galement partie des Imagistes. Tournant le dos au romantisme, ces po\u00e8tes pr\u00f4nent un traitement pr\u00e9cis de l\u2019image, loin de toute abstraction, avec recours au vers libre. Ils sont \u00e9galement influenc\u00e9s par la litt\u00e9rature extr\u00eame-orientale, notamment les ha\u00efkus japonais. Le premier recueil d\u2019Aldington, <em>Images 1910-1915<\/em>, para\u00eet en 1915.<br \/>\nApr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 par l&rsquo;arm\u00e9e en 1914 pour avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment op\u00e9r\u00e9 d&rsquo;une hernie, Richard Aldington essaie \u00e0 nouveau en 1915 de se faire incorporer dans un centre de formation pour officiers mais sans plus de r\u00e9ussite. Il se consacre d\u00e8s lors \u00e0 sa carri\u00e8re naissante, \u00e9crit pour la revue <em>The Egoist<\/em>, travaille en collaboration avec Ford Madox Ford pour des ouvrages de propagande et c\u00f4toie la boh\u00e8me imagiste, soucieux de se faire un nom sur la sc\u00e8ne litt\u00e9raire. La guerre ne fait plus partie de ses pr\u00e9occupations. Mais la Grande-Bretagne instaure la conscription au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e 1916. Il doit rejoindre les rangs de l&rsquo;arm\u00e9e en juin. Le passage entre la vie d&rsquo;artiste et la discipline de la caserne ne va pas sans quelques difficult\u00e9s d&rsquo;adaptation, mais quand il arrive en France \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e il parvient \u00e0 se fondre dans la masse et \u00e0 exercer sans \u00e9tat d&rsquo;\u00e2me le m\u00e9tier de soldat. Son sens aigu de la satire l&rsquo;aide \u00e0 affronter la r\u00e9alit\u00e9 des combats. Ainsi, il \u00e9crit en fran\u00e7ais \u00e0 son ami Flint : \u00ab\u00a0Ne crois pas que je veux de tes nouvelles ; c&rsquo;est que je manque diablement de torche-culs. C&rsquo;est un manque dont M. le Commissaire-G\u00e9n\u00e9ral se s&rsquo;est point aper\u00e7u, sans doute.\u00a0\u00bb Il pose sur le spectacle de la guerre un regard distant. \u00ab\u00a0C&rsquo;est d&rsquo;une emphase qui vaut la peine d&rsquo;\u00eatre vue, ne serait-ce que pour s&rsquo;imaginer ce que fut Pomp\u00e9i au moment o\u00f9 les \u00e9ruptions l&rsquo;engloutissaient.\u00a0\u00bb Il souffre cependant du mal du pays. Au printemps 1917, il accomplit sa mission de signaleur en marge de la bataille d&rsquo;Arras puis revient pour plusieurs mois en Grande-Bretagne afin de suivre une formation d&rsquo;officier. Il ne contient pas toujours sa col\u00e8re contre les planqu\u00e9s et les profiteurs : \u00ab\u00a0Je souhaiterais que les capitalistes se r\u00e9voltent. Nous aurions alors l&rsquo;occasion de les \u00e9craser d\u00e9finitivement. Ce jour-l\u00e0, je ne serais pas arm\u00e9 d&rsquo;un fusil mais d&rsquo;une mitrailleuse.\u00a0\u00bb Il craint \u00e9galement qu&rsquo;\u00e0 son retour au front ses nerfs l\u00e2chent : \u00ab\u00a0Je crois que je vais me jeter au sol et pleurer comme un gosse si je dois vivre un autre barrage d&rsquo;artillerie\u00a0\u00bb.<br \/>\nDe retour en France en avril 1918, dans le secteur de Loos, il d\u00e9plore la pi\u00e8tre qualit\u00e9 des nouvelles recrues et continue d&rsquo;\u00e9crire des po\u00e8mes de guerre, m\u00eame s&rsquo;il juge que sa sensibilit\u00e9 litt\u00e9raire s&rsquo;est \u00e9mouss\u00e9e. Son recueil, <em>War and Love<\/em>, vient de para\u00eetre et n&rsquo;a pas l&rsquo;impact qu&rsquo;il esp\u00e9rait. La po\u00e9sie de guerre est encore majoritairement patriotique et le public rejette pour l&rsquo;instant les plumes acerbes. Recourant au style imagiste qui privil\u00e9gie le d\u00e9tail \u00e9vocateur, le po\u00e8te Aldington sait pourtant mieux que nombre de versificateurs peu inspir\u00e9s \u00e9voquer les instants de guerre avec une sobri\u00e9t\u00e9 bienvenue. Dans une lettre \u00e0 Hilda, il confie avoir essay\u00e9 de se suicider en se pla\u00e7ant d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment dans la ligne de tir de l&rsquo;ennemi. Il participe \u00e0 l&rsquo;offensive alli\u00e9e de l&rsquo;automne 1918 dans les secteurs de Doullens, Lens et Cambrai. Son unit\u00e9 se trouve \u00e0 Wargnies-le-Grand quand sonne l&rsquo;Armistice. Il n&rsquo;est d\u00e9mobilis\u00e9 que quelques mois plus tard. Comme beaucoup de ses camarades, il est \u00e9puis\u00e9 par le combat et en porte les s\u00e9quelles : sympt\u00f4mes post-traumatiques avec crises d&rsquo;angoisse, insomnies et troubles psychiques.<br \/>\nL&rsquo;exp\u00e9rience de combattant de Richard Aldington a \u00e9t\u00e9 compliqu\u00e9e par une anxi\u00e9t\u00e9 permanente li\u00e9e \u00e0 sa vie sentimentale, qui l&rsquo;a min\u00e9 tout au long de sa pr\u00e9sence en France et pendant sa p\u00e9riode de formation en Angleterre. Apr\u00e8s la naissance d\u2019un enfant mort-n\u00e9 en 1915, Hilda a v\u00e9cu avec Cecil Gray, un ami de D.H. Lawrence, pendant qu\u2019Aldington se battait en France. Elle a accouch\u00e9 d\u2019une fille issue de cette liaison et vers la fin de la guerre a entam\u00e9 une relation homosexuelle avec Annie Winifred Ellerman, qui publiait sous le nom de Bryther. Malgr\u00e9 cet imbroglio sentimental digne d\u2019un roman \u00e0 sensations, Richard Aldington ne souhaite pas rompre avec son \u00e9pouse. En 1919, le couple essaie de surmonter ses difficult\u00e9s mais la s\u00e9paration s\u2019av\u00e8re tr\u00e8s vite in\u00e9vitable. Ils ne divorcent cependant qu\u2019en 1938 et resteront amis tout au long de leurs vies.<br \/>\nPendant pr\u00e8s de dix ans, Aldington essaie de retrouver la position qu&rsquo;il occupait sur la sc\u00e8ne litt\u00e9raire britannique au d\u00e9but de la guerre. C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 T.S. Eliot monte en puissance et o\u00f9 le courant imagiste devient obsol\u00e8te. Il \u00e9crit des critiques et une \u00e9tude sur Voltaire, son mod\u00e8le, et publie des traductions, notamment des correspondances de Voltaire et de Madame de S\u00e9vign\u00e9. En 1928, Aldington quitte l\u2019Angleterre pour s\u2019\u00e9tablir en France. C\u2019est en Provence, sur l\u2019\u00eele de Port-Cros, qu\u2019il \u00e9crit <em>Death of a Hero<\/em> \u00e0 partir d\u2019un premier manuscrit r\u00e9dig\u00e9 dix ans auparavant. Roman d&rsquo;un d\u00e9senchantement total et d&rsquo;un humour souvent exub\u00e9rant, <em>Death of a Hero<\/em> est une r\u00e9ussite litt\u00e9raire \u00e9vidente qui \u00e9tablira durablement la r\u00e9putation de l\u2019auteur.<br \/>\nEn 1930, Aldington publie une traduction du <em>D\u00e9cam\u00e9ron<\/em> et en 1933 un roman intitul\u00e9 <em>All men are enemies<\/em>, qui reprend le th\u00e8me de la d\u00e9sillusion engendr\u00e9e par la Grande Guerre. En 1942, exil\u00e9 aux \u00c9tats-Unis avec sa nouvelle \u00e9pouse, Netta Patmore, il entame un cycle de biographies sur Wellington, D.H. Lawrence, Robert Louis Stevenson et T.E. Lawrence. Celle consacr\u00e9e \u00e0 T.E. Lawrence causera un scandale retentissant. Le milieu litt\u00e9raire ne pardonnera jamais \u00e0 Richard Aldington de s\u2019\u00eatre attaqu\u00e9 \u00e0 la figure l\u00e9gendaire de Lawrence d&rsquo;Arabie et de l\u2019avoir en partie montr\u00e9 sous les traits d\u2019un imposteur. Si par la suite les historiens donneront raison \u00e0 Aldington, l\u2019effet du livre n\u2019en est pas moins d\u00e9sastreux pour son auteur dans les ann\u00e9es 50.<br \/>\nIl meurt en France, \u00e0 Sury-en-Vaux, en 1962. Le <em>Times<\/em> \u00e9crit alors :\u00a0\u00bb Il fut un jeune homme en col\u00e8re avant que ce concept ne devienne \u00e0 la mode\u2026 et est rest\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la fin un vieil homme en col\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Francis Grembert, novembre 2016<\/p>\n<p>2) L&rsquo;oeuvre<br \/>\nMort d&rsquo;un h\u00e9ros, publi\u00e9 en 1928, est consid\u00e9r\u00e9 d\u00e8s sa sortie comme une oeuvre importante. Le roman est traduit en fran\u00e7ais en 1987 (Actes-Sud). En 1930, Aldington publie Roads to Glory, une s\u00e9rie de nouvelles traitant \u00e9galement de la guerre. Ses po\u00e8mes de guerre sont publi\u00e9s sous les titres Images of War (1919) et Love and War (1919). An Imagist at War: The Complete War Poems of Richard Aldington (2002) regroupe l&rsquo;ensemble de sa production po\u00e9tique de guerre.<\/p>\n<p>3) Analyse.<\/p>\n<p>Les deux premi\u00e8res parties de Mort d&rsquo;un H\u00e9ros retracent la jeunesse et le mariage moderne de George Winterbourne, ce qui nous vaut un portrait d\u00e9vastateur de l&rsquo;Angleterre du d\u00e9but du si\u00e8cle. Les petits bourgeois et le monde de la boh\u00e8me artistique font l&rsquo;objet d&rsquo;une satire f\u00e9roce. La troisi\u00e8me partie est centr\u00e9e sur la guerre.<br \/>\nCe roman est le portrait d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9ration perdue. L&rsquo;amertume peut parfois laisser supposer que l&rsquo;auteur fait preuve de misanthropie, mais il s&rsquo;agit avant tout de col\u00e8re. Celle-ci est exprim\u00e9e avec un humour ravageur, tr\u00e8s britannique, et une verdeur de langue qui vaut \u00e0 son auteur quelques probl\u00e8mes avec la censure. La premi\u00e8re publication en Angleterre a d&rsquo;ailleurs \u00e9t\u00e9 tronqu\u00e9e.<br \/>\nMort d&rsquo;un h\u00e9ros a occult\u00e9 les autres oeuvres d&rsquo;Aldington consacr\u00e9es \u00e0 la guerre. Ses po\u00e8mes de tranch\u00e9es et Roads to Glory pr\u00e9sentent pourtant un int\u00e9r\u00eat similaire et attestent de l&rsquo;impact durable qu&rsquo;a eu la guerre sur leur auteur. Le texte suivant, publi\u00e9 une premi\u00e8re fois dans la revue The Egoist puis dans Roads to Glory, donne une id\u00e9e de son style.<\/p>\n<p>Je suis hant\u00e9 par les aubes. Non ces aubes lointaines o\u00f9 je vis pour la premi\u00e8re fois les clochers de Florence dans l\u2019air pur de la Toscane ou les collines violettes de Ravello, aur\u00e9ol\u00e9es de brume sous l\u2019or du ciel ; ni ces aubes o\u00f9 je me r\u00e9veillais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un corps aim\u00e9, aux courbes d\u00e9licates, l\u2019esprit encore fi\u00e9vreux de d\u00e9sir, les l\u00e8vres et les yeux lourds de baisers, et contemplais la lumi\u00e8re glisser sur les toits de Londres tandis que les moineaux du petit matin gazouillaient dans les platanes. Ce ne sont pas ces aubes-l\u00e0 qui me hantent, mais d\u2019autres, tragiques et pitoyables.<br \/>\nJe me souviens de r\u00e9veils p\u00e9nibles en hiver dans des granges fran\u00e7aises. Il manquait toujours quelques tuiles au toit, ce qui nous permettait de pouvoir observer le scintillement morose des \u00e9toiles, et \u00e0 l\u2019aube le chatoiement st\u00e9rile de la neige. Notre haleine gelait sur les couvertures et le contact avec l\u2019air nous \u00e9tait une angoisse.<br \/>\nJe suis hant\u00e9 par les aubes sombres, dont certaines avaient un charme ironique, qui naissaient sur les champs de man\u0153uvres, les aubes brumeuses de printemps, quand les formes indistinctes des fils barbel\u00e9s ressemblaient \u00e0 des ennemis qui rampaient, les aubes d\u2019\u00e9t\u00e9, o\u00f9 le bleu profond et la fra\u00eecheur incommensurable du ciel \u00e9taient comme un blasph\u00e8me, une insulte \u00e0 la mis\u00e8re humaine.<br \/>\nMais parmi toutes ces aubes une me troubla \u00e0 jamais. Tandis que les formes \u00e9mergeaient petit \u00e0 petit de l\u2019obscurit\u00e9 et que la lente progression de la lumi\u00e8re en d\u00e9finissait les contours, de petits groupes d\u2019hommes portant brancards \u00e0  l\u2019\u00e9paule  avan\u00e7aient laborieusement le long de la rue en ruines. Chaque groupe se d\u00e9tachait sur l\u2019orient qui blanchissait : les casques d\u2019acier (comme ceux port\u00e9s par les soldats du Moyen-\u00e2ge), les fusils en bandouli\u00e8re, les corps tendus par l\u2019effort, les cadavres qui vacillaient inutilement sous la couverture s\u00e9pulcrale. Au fur et \u00e0 mesure qu\u2019ils arrivaient \u00e0 leur destination, les brancardiers criaient les noms des choses qu\u2019ils transportaient \u2013 des choses qui hier encore avaient \u00e9t\u00e9 des vies d\u2019homme.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Richard Aldington d\u00e9bute sa carri\u00e8re litt\u00e9raire en 1911 au sein du mouvement po\u00e9tique des Imagistes, qui conna\u00eet son heure de gloire entre 1910 et 1917. 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