{"id":2889,"date":"2016-11-12T22:04:12","date_gmt":"2016-11-12T21:04:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=2889"},"modified":"2016-11-12T22:04:12","modified_gmt":"2016-11-12T21:04:12","slug":"allemane-auguste-1870-1955","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2016\/11\/12\/allemane-auguste-1870-1955\/","title":{"rendered":"Allemane, Auguste (1870-1955)"},"content":{"rendered":"<p>1) Le t\u00e9moin<br \/>\nN\u00e9 \u00e0 Bordeaux, Auguste Allemane est \u00e0 la mobilisation chef de cabinet \u00e0 la mairie de Bordeaux. Capitaine de r\u00e9serve en 1911, il commande une compagnie du 140e R\u00e9giment d\u2019infanterie territoriale en ao\u00fbt 1914, et il organise des \u00e9tapes \u00e0 Dunkerque de novembre 1914 \u00e0 avril 1915. Il tient ensuite une position de tranch\u00e9e en Flandre au nord d\u2019Ypres jusqu\u2019\u00e0 juin 1916. Vers\u00e9 au 73e RIT, il s\u00e9journe dans l\u2019Oise et dans l\u2019Aisne jusqu\u2019en juillet 1917. Nomm\u00e9 chef de bataillon, il commande un bataillon du 74e RIT jusqu\u2019\u00e0 f\u00e9vrier 1918. Il est ensuite chef du 26e bataillon de mitrailleuse jusqu\u2019\u00e0 d\u00e9cembre 1918, date de sa d\u00e9mobilisation.<br \/>\n2) Le t\u00e9moignage<br \/>\nLe <em>Journal d\u2019un mobilis\u00e9<\/em> (Editions Sud Ouest, 2014, 303 pages) d\u2019Auguste Allemane est la remise en forme, au d\u00e9but des ann\u00e9es 20, d\u2019\u00e9crits personnels r\u00e9dig\u00e9s pendant le conflit, avec un avertissement de 1924 ; ce journal a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 et retranscrit par deux de ses petits-enfants en 2013. Le remaniement des documents par l\u2019auteur ne permet pas de s\u00e9parer ce qui est notes ou lettres, ni de signaler des r\u00e9\u00e9critures, mais la tonalit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, souvent critique, marqu\u00e9e par une lassitude ironique non exempte de dr\u00f4lerie, para\u00eet assez fid\u00e8le au sentiment imm\u00e9diat.<br \/>\n3) Analyse<br \/>\nLes \u00e9crits pr\u00e9sentent une grande qualit\u00e9 de pr\u00e9cision de la part d\u2019un administrateur territorial habitu\u00e9 \u00e0 la synth\u00e8se, et nous montrent le point de vue d\u2019un officier de r\u00e9serve qui a des responsabilit\u00e9s importantes. L\u2019auteur, dont le bataillon doit organiser en 1914 une partie du camp retranch\u00e9 de Dunkerque, insiste d\u2019abord sur les difficult\u00e9s mat\u00e9rielles de sa fonction, au moment de la fin de la Course \u00e0 la mer : Bergues, d\u00e9cembre 1914 p. 31 \u00ab Pas d\u2019autre sortie qu\u2019une cour boueuse ; pas d\u2019eau potable ; et la typho\u00efde nous encercle ; pas de po\u00eale dans les chambr\u00e9es o\u00f9 l\u2019humidit\u00e9 suinte. On me prescrit, on m\u2019ordonne, d\u2019installer l\u00e0 un millier de malades, d\u2019\u00e9clop\u00e9s, de suspects dont l\u2019\u00e9tat n\u00e9cessite des soins et auxquels je dois fournir tout le confort d\u00e9sirable. Comment faire quelque chose avec rien ? On fera pour le mieux ! \u00bb Le r\u00e9cit vari\u00e9 fournit des remarques int\u00e9ressantes : (8 mars 1915 p. 39) \u00ab Les journaux de Paris emploient \u00e0 tout propos le mot \u00ab boche \u00bb. Pour mon compte, je ne l\u2019entends prononcer que d\u2019une mani\u00e8re exceptionnelle et nous nous en servons bien rarement. Peut-\u00eatre cela d\u00e9pend-il des Corps d\u2019Arm\u00e9e ? Ce mot est probablement usit\u00e9 surtout \u00e0 Paris o\u00f9 il a pris naissance dans l\u2019argot populaire. \u00bb Allemane aime \u00e9voquer les diff\u00e9rents groupes, \u00e9trangers ou r\u00e9gionaux, qu\u2019il est amen\u00e9 \u00e0 c\u00f4toyer ;  il est difficile de faire la part des clich\u00e9s et des jugements personnels de l\u2019auteur, mais ces \u00e9vocations nous font revivre des perceptions oubli\u00e9es ou occult\u00e9es par la suite ; ainsi des officiers belges en France : (T\u00e9teghem, avril 1915 p. 40) \u00ab Exigeants et insolents, ils vivaient comme en pays conquis et laissent d\u2019amers souvenirs. \u00bb En premi\u00e8re ligne \u00e0 Elverdinghe (front d\u2019Ypres), il fr\u00e9quente des Canadiens \u00ab du d\u00e9but \u00bb : mai 1915 p. 48 \u00ab les Canadiens, nos voisins, sont compos\u00e9s d\u2019\u00e9l\u00e9ments bien divers. Plus des neuf dixi\u00e8mes sont de v\u00e9ritables mercenaires de situation sociale inf\u00e9rieure qui n\u2019ont vu dans leur engagement qu\u2019un moyen de vie aventureuse. Ils re\u00e7oivent un dollar par jour d\u2019indemnit\u00e9 (\u2026) Nous sommes loin du sou par jour de nos bonshommes. \u00bb La vision de tirailleurs tunisiens, dans la campagne humide et boueuse de la Flandre, le transporte au milieu d\u2019un paysage d\u2019Afrique, d\u2019un  douar en d\u00e9placement (p.52). \u00ab Les cuisiniers s\u2019accroupissent devant le feu, le coiffeur \u00e0 genoux rase le cr\u00e2ne du camarade assis les jambes crois\u00e9es ; plus loin, un mauvais sujet, qui avait bu plus que de raison malgr\u00e9 les ordre du Proph\u00e8te, en a \u00e9t\u00e9 puni par des coups de matraque et reste attach\u00e9 \u00e0 la roue d\u2019une charrette, gard\u00e9 par une sentinelle. \u00bb La r\u00e9putation des Marocains semble \u00eatre de tirer sans raison, en toute circonstance ; l\u2019auteur les \u00e9voque apr\u00e8s les avoir relev\u00e9s (juin 1916 p. 128) : \u00ab L\u2019ennemi a d\u00fb comprendre ou voir que les Marocains, voisins d\u00e9sagr\u00e9ables, ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9s par des gens de m\u0153urs moins agit\u00e9es, et qui n\u2019ont pas, comme leurs pr\u00e9d\u00e9cesseurs, l\u2019habitude ind\u00e9racinable de faire parler la poudre \u00e0 tout moment, pour rien, pour le plaisir, pour faire du bruit. \u00bb  Il \u00e9voque ailleurs des tirailleurs de l\u2019A.E.F. et, \u00e0 l\u2019heure des proc\u00e8s contemporains contre <em>Tintin au Congo<\/em> (1931), sa mention est int\u00e9ressante:  25 juillet 1916 p. 135 \u00ab Crois\u00e9 en route un groupe de n\u00e8gres du plus beau noir ; ils viennent du Cameroun et le jeune sergent qui dirige leur corv\u00e9e d\u2019ordinaire leur d\u00e9clare tr\u00e8s clairement : \u00ab toi y en a porter caf\u00e9, toi y en a porter patates. \u00bb<br \/>\nAllemane d\u00e9crit une premi\u00e8re ligne (Zuydschoote au nord d\u2019Ypres, ao\u00fbt 1915) extr\u00eamement d\u00e9primante car les morts sont partout : p. 71 \u00ables parapets de la tranch\u00e9e, que nous consolidons et modifions, sont en grande partie constitu\u00e9s de cadavres. La pioche doit \u00eatre mani\u00e9e avec pr\u00e9caution si on ne veut pas d\u00e9chiqueter ces mis\u00e9rables restes. (\u2026)  Le petit champ voisin, o\u00f9 l\u2019on ne peut aller car il est domin\u00e9 par l\u2019ennemi, est parsem\u00e9 de petits monticules ; autant de corps abandonn\u00e9s. (\u2026) Maintenant, nous voici face \u00e0 face, en \u00e9veil, \u00e0 port\u00e9e d\u2019un jet de pierre et ceux qui sont tomb\u00e9s il y a trois mois restent encore les t\u00e9moins morts et grima\u00e7ants de l\u2019acharnement des deux partis. \u00bb De plus, l\u2019eau qui affleure partout emp\u00eache de creuser, rend les protections peu profondes al\u00e9atoires et oblige \u00e0 se tenir courb\u00e9 en permanence m\u00eame derri\u00e8re les protections. Le passage dans un autre secteur du front en 1916 est v\u00e9cu comme une b\u00e9n\u00e9diction : p.127 \u00ab pour nous, habitu\u00e9s \u00e0 la terre des Flandres, morne et plate, c\u2019est un \u00e9merveillement que de parcourir ce secteur de l\u2019Oise en belle-saison. (\u2026) apr\u00e8s avoir eu le fragile et illusoire rempart de rares madriers, nous b\u00e9n\u00e9ficions ici d\u2019abris profonds enfonc\u00e9s de 4, 6, 8 m\u00e8tres sous terre. \u00bb<br \/>\nL\u2019auteur recherche volontiers la compagnie de ses compatriotes de Gironde et lorsque son bataillon du 140e RIT est dissous et red\u00e9ploy\u00e9 dans le 73e RIT de Guingamp, il n\u2019appr\u00e9cie pas cette perspective :\u00a0 \u00ab Nous serons bretons dor\u00e9navant et cela nous pla\u00eet fort peu. Les races ne sympathisent pas ; les caract\u00e8res, le degr\u00e9 de civilisation sont diff\u00e9rents \u00bb (2 juin 1916, p. 123). Il nuance ensuite sa perception premi\u00e8re (p. 134) : \u00abLes Bretons, braves soldats, sont malheureusement souvent ivrognes et leurs grandes qualit\u00e9s sont trop souvent effac\u00e9es par ce vice. \u00bb Il d\u00e9crit un incident grave en premi\u00e8re ligne o\u00f9 trois de ses hommes se sont fortement enivr\u00e9s avec des envois de leur famille : \u00ab L\u2019un de ces malheureux s\u2019est enfui dans les lignes (\u2026). Il passera en conseil de guerre. Mais quelle peine pour moi d\u2019en arriver l\u00e0 ! Il le faut, cependant, sous peine de d\u00e9truire toute discipline ; quelle piti\u00e9 quand on songe que ces malheureux ont femme, enfants et qu\u2019ils vivent en campagne depuis deux ans comme des sortes de b\u00eates fauves ! \u00bb Le 18 juillet, un ajout montre que l\u2019affaire s\u2019est tr\u00e8s mal termin\u00e9e : \u00ab D\u00e9gris\u00e9 et plac\u00e9 en face de sa faute dont il s\u2019exag\u00e9rait peut-\u00eatre les cons\u00e9quences, l\u2019homme s\u2019est pendu dans la prison provisoire o\u00f9 il avait \u00e9t\u00e9 mis. Et tout cela parce que sa femme lui a envoy\u00e9 un flacon d\u2019eau-de-vie, pensant lui \u00eatre agr\u00e9able ! \u00bb<br \/>\nEn 1916 la fatigue augmente et les jours p\u00e8sent de plus en plus lourd : p. 140 \u00ab Combien de nos soldats faut-il maintenant maintenir par l\u2019amiti\u00e9, les attentions, les r\u00e9conforts de la sympathie. Pour certains, une usure profonde se manifeste, le moral devient moins solide (\u2026) Celui-ci boit, celui-l\u00e0 s\u2019absorbe, solitaire, et se laisse ronger par les soucis. Un de mes soldats des environs de Lens est, depuis deux ans, sans nouvelles de sa femme et de ses trois enfants. \u00bb Il se projette parfois dans le futur et fait des r\u00eaves de vengeance : 1916 p. 123 \u00ab Nous serons un peu comme les grognards de l\u2019Empire, les demi-soldes de l\u2019Empire. Peut-\u00eatre serons-nous m\u00e9chants et les peines accumul\u00e9es nous donneront-elles le d\u00e9sir de nous venger, sans scrupule, des requins et des naufrageurs. \u00bb Plus tard il \u00e9voquera des suicides dans son unit\u00e9 : Fismes 6 f\u00e9vrier 1918 \u00ab Il y a trois jours, un soldat de mon bataillon, neurasth\u00e9nique, sans ressort, s\u2019est suicid\u00e9. C\u2019est le deuxi\u00e8me en moins d\u2019un mois : froid, fatigue, pr\u00e9occupations de famille. \u00bb<br \/>\nLe th\u00e8me des embusqu\u00e9s est r\u00e9current : Allemane, qui fait les quatre ans au front, les \u00e9voque souvent de mani\u00e8re am\u00e8re (des exemples p. 75, 231, 268 ou 291), ici en mai 1915 p. 68 : \u00ab Nos permissionnaires rapportent avec un peu d\u2019\u00e9nervement avoir constat\u00e9 qu\u2019il y avait pas mal de jeunes embusqu\u00e9s, fringants et pommad\u00e9s, \u00e9l\u00e9gamment v\u00eatus. Certains de nos vieux-sous-officiers \u00e9taient horriblement vex\u00e9s d\u2019avoir salu\u00e9 les premiers quelques raffin\u00e9s qu\u2019ils prenaient pour des officiers et qui \u00e9taient simplement des soldats de 2e classe en vareuse grand tailleur. \u00bb<br \/>\nLa d\u00e9nonciation r\u00e9currente des mercantis va de pair avec l\u2019\u00e9vocation des embusqu\u00e9s ; Allemane est tr\u00e8s critique avec l\u2019\u00e9conomie de l\u2019arri\u00e8re du front :  janvier 1917 p. 166 \u00ab  Nous go\u00fbtons l\u2019ironie am\u00e8re des belles phrases des journaux qui d\u00e9peignent, en terme touchants, l\u2019h\u00e9ro\u00efsme de ces populations s\u00e9culairement attach\u00e9es \u00e0 la terre et \u00e0 la maison et qui pr\u00e9f\u00e8rent courir les pires risques plut\u00f4t que d\u2019abandonner le pays o\u00f9 elles sont n\u00e9es, o\u00f9 les vieux parents reposent de leur dernier sommeil, etc. Tout le boniment. (\u2026) D\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, il ne subsiste, dans les villes ou villages en bordure de la zone d\u2019op\u00e9rations, que ceux qui y trouvent un gros avantage d\u2019argent ; je l\u2019ai toujours constat\u00e9. \u00bb<br \/>\nL\u2019auteur, humain et paternel \u00e0 d\u2019autres \u00e9gards, n\u2019a aucune compr\u00e9hension pour les protestations ouvri\u00e8res qui se d\u00e9roulent en 1917. Il y a pour lui opposition de nature entre le \u00ab luxe \u00bb d\u2019une gr\u00e8ve en usine et la situation du front : 26 mai 1917 p. 203  \u00ab Il est abominable d\u2019agir ainsi, sans songer aux cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses qui peuvent en r\u00e9sulter. Une femme qui ne gagne pas 10 francs par jour hurle qu\u2019on l\u2019exploite et, pendant ce temps, combien se font tuer pour quelques sous par jour pour la d\u00e9fense de ces t\u00eates folles ? \u00bb Autre \u00e9vocation un peu plus tard : (1er juin 1917 p. 204) \u00ab De vilains renseignements nous parviennent de Paris o\u00f9 sont signal\u00e9s d\u2019inqui\u00e9tants mouvements populaires. D\u00e9sir de gagner beaucoup pour s\u2019amuser davantage \u2013 terreur des plus l\u00e9g\u00e8res privations \u2013 ob\u00e9issance \u00e9tourdie aux plus abominables excitations, voil\u00e0, sans doute les mobiles des habitants de la capitale. Nous somme \u00e9c\u0153ur\u00e9s \u00e0 la pens\u00e9e que des troupes doivent \u00eatre retir\u00e9es du front pour veiller \u00e0  l\u2019int\u00e9rieur et interdire une seconde Commune. \u00bb Allemane ne comprend pas \u00ab l\u2019int\u00e9rieur \u00bb mais il fait cette remarque : \u00ab Les hommes qui reviennent [de permission], de f\u00e2cheuse humeur, paraissent rendre les officiers responsables de la continuation de la guerre comme s\u2019ils n\u2019en \u00e9taient pas victimes au m\u00eame titre qu\u2019eux. \u00bb  Il conclut, par allusion au \u00ab pourvu qu\u2019ils tiennent! \u00bb (p. 203) : \u00ab le civil ne tient pas ! \u00bb<br \/>\nEn ao\u00fbt 1918, il est juge au Conseil de Guerre de l\u2019arm\u00e9e Degoutte,  et le tribunal est pr\u00e9sid\u00e9 par un colonel de gendarmerie : (14 ao\u00fbt 1918) \u00ab \u00c0 la s\u00e9ance d\u2019hier, altercation avec le pr\u00e9sident. J\u2019en ai assez de juger tous ces gens, pour des faits \u00e0 leurs yeux sans importance mais que le Code militaire \u00e9nonce avec cette conclusion : \u00ab\u00a0Mort\u00a0\u00bb. Si bien que suivi par la majorit\u00e9, j\u2019ai fait d\u00e9clarer non coupable des faits reproch\u00e9s et d\u2019ailleurs avou\u00e9s, de pauvres bougres qui n\u2019y comprenaient rien et auraient \u00e9t\u00e9 fusill\u00e9s pour abandon de poste en pr\u00e9sence de l\u2019ennemi, sans savoir pourquoi. Le colonel me voit d\u2019un mauvais \u0153il parce que j\u2019ai os\u00e9 lui dire que j\u2019\u00e9tais juge au m\u00eame titre que lui et que ma voix valait la sienne. \u00bb<br \/>\nLa fin de la guerre est assombrie par un drame familial, le 27 octobre 1918, son fils Maurice d\u00e9c\u00e8de \u00e0 la suite de ses blessures de guerre : 1er novembre 1918 p. 238 \u00ab Je reprends ce journal, le c\u0153ur serr\u00e9 de douleur, apr\u00e8s avoir gravi le plus p\u00e9nible, le plus sanglant des calvaires, au c\u0153ur de ces quelques journ\u00e9es de deuil. \u00bb<\/p>\n<p>Vincent Suard,\t\tnovembre 1916<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1) Le t\u00e9moin N\u00e9 \u00e0 Bordeaux, Auguste Allemane est \u00e0 la mobilisation chef de cabinet \u00e0 la mairie de Bordeaux. 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