{"id":2936,"date":"2017-02-22T22:26:21","date_gmt":"2017-02-22T21:26:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=2936"},"modified":"2017-02-24T09:09:23","modified_gmt":"2017-02-24T08:09:23","slug":"artis-lucien-1895-1985","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2017\/02\/22\/artis-lucien-1895-1985\/","title":{"rendered":"Artis, Lucien (1895-1985)"},"content":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/Artis2.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/Artis2-180x300.jpg\" alt=\"\" width=\"180\" height=\"300\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-2944\" srcset=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/Artis2-180x300.jpg 180w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/Artis2-616x1024.jpg 616w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/Artis2.jpeg 1017w\" sizes=\"auto, (max-width: 180px) 100vw, 180px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Lucien Artis na\u00eet le 23 mars 1895 \u00e0 Marbache (Meurthe-et-Moselle). Deuxi\u00e8me fils des trois enfants de Lucie et Joseph Artis, dont les professions ne sont pas connues, il vient manifestement d\u2019un milieu ouvrier. Il catholique tr\u00e8s pratiquant. Apr\u00e8s des \u00e9tudes sommaires, il dit, dans une petite introduction pour ses enfants \u00e0 ses carnets, \u00eatre entr\u00e9 \u00e0 l\u2019usine de Montataire, \u00e0 Frouard, \u00e0 13 ans : \u00ab <em>Vos grands-parents n\u2019avaient pas les moyens de nous faire donner une instruction sup\u00e9rieure en ce temps-l\u00e0<\/em>\u2026 \u00bb (page 5). La guerre d\u00e9clench\u00e9e, il occupe dans cette usine un poste de secr\u00e9taire de l\u2019ing\u00e9nieur, chef du service des Hauts-fourneaux. C\u2019est le futur capitaine Aubertin, du 39\u00e8me d\u2019artillerie qu\u2019il saluera sur le front en avril 1915. Son fr\u00e8re, ain\u00e9 de quatre ans, est au service militaire comme sergent t\u00e9l\u00e9phoniste au 160\u00e8me R.I. de Toul. D\u00e8s lors, il aspire \u00e0 lui-m\u00eame \u00e0 prendre l\u2019uniforme. Rongeant son frein, il est spectateur d\u2019une guerre dont il finit par entendre le son se rapprochant, \u00e0 la fin ao\u00fbt 1914. Le 23, \u00ab <em>Tous les habitants <\/em>[de Marbache] <em>sont en \u00e9tat d\u2019alerte, nous nous attendons \u00e0 recevoir l\u2019ordre d\u2019\u00e9vacuation. Ma petite charrette est arrang\u00e9e, elle est pr\u00eate, charg\u00e9e <\/em>\u00bb (page 26). Mais la ligne tient bon et le village n\u2019est pas envahi ; il restera toutefois \u00e0 l\u2019imm\u00e9diate proximit\u00e9 du front, \u00e0 quelques kilom\u00e8tres du Bois-le-Pr\u00eatre. Le 10 d\u00e9cembre, il re\u00e7oit enfin sa feuille d\u2019appel pour le 156\u00e8me R.I. \u00e0 Decize (Ni\u00e8vre), r\u00e9giment dans lequel il reste quelques semaines avant de voir une demande accept\u00e9e pour qu\u2019il rejoigne le 160\u00e8me de son fr\u00e8re en avril 1915. Il y occupera, dans son \u00e9quipe, le poste de sapeur t\u00e9l\u00e9phoniste. Il rejoint le front en Artois le 8, y retrouve enfin L\u00e9on le 10. Il ne s\u2019approche du front actif qu\u2019\u00e0 la fin du mois, dans le secteur de La Targette, mais c\u2019est le 9 mai qu\u2019il y participe \u00e0 son premier coup de chien. Sa vision du front est dantesque et surr\u00e9aliste. L\u00e9on y est bless\u00e9 assez gravement \u00e0 la cuisse. Il subira lui-m\u00eame plusieurs petites blessures, et une grippe, mais le 26 juillet 1918, \u00e0 Hautvillers, au nord d\u2019Epernay (Marne), il est gravement bless\u00e9 par \u00e9clat d\u2019obus \u00e0 la t\u00eate. Sa guerre est termin\u00e9e. Le 13 janvier 1919, il est r\u00e9form\u00e9 temporaire, invalide \u00e0 40 % (tr\u00e9pan\u00e9), a re\u00e7u la croix de guerre et est d\u00e9mobilis\u00e9. Il rentre \u00e0 Marbache o\u00f9 il retrouvera L\u00e9on, \u00e9galement survivant. Lucien Artis \u00e9pousera Catherine, qui lui donnera 5 enfants et deviendra en avril 1955 fr\u00e8re Lucien chez les Camilliens. Il d\u00e9c\u00e8de \u00e0 Arras le 19 f\u00e9vrier 1985.<\/p>\n<p>2. Le t\u00e9moignage<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/Artiscouv1.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/Artiscouv1-217x300.jpg\" alt=\"\" width=\"217\" height=\"300\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-2945\" srcset=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/Artiscouv1-217x300.jpg 217w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/Artiscouv1-740x1024.jpg 740w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2017\/02\/Artiscouv1.jpeg 1730w\" sizes=\"auto, (max-width: 217px) 100vw, 217px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Artis, Lucien, <em>A mes enfants<\/em>, chez l&rsquo;auteur, 2015, 263 pages.<\/p>\n<p>3. Analyse <\/p>\n<p>Publi\u00e9 dans une version familiale, l\u2019ouvrage a les d\u00e9fauts de ses qualit\u00e9s. Comme le plus souvent dans ce type de publication, ce livre souffre de probl\u00e8mes typographiques, de composition, (un paragraphe est doubl\u00e9 par exemple), et de toponymie. Il est agr\u00e9ment\u00e9 de 11 photos (dont un portrait en pied, une page de son carnet, 3 clich\u00e9s de Verdun, 2 de la Somme, 2 du Chemin des Dames et 2 de la Lorraine) mais sans indication de source. Sont elles de l\u2019auteur, sachant qu\u2019il dit (page 182) faire de la photo ? Il ne dispose pas non plus de sommaire ou d\u2019index mais l\u2019envoi par l\u2019auteur lui-m\u00eame \u00e0 ses enfants r\u00e9pond \u00e0 cet amateurisme : \u00ab <em>Vous m\u2019avez dit, ne pas pouvoir lire mon \u00e9criture. Alors je me suis mis au travail, j\u2019ai recopi\u00e9 textuellement le contenu de mes carnets de route.<\/em> \u00bb Pourtant quelques traces de r\u00e9\u00e9criture (pages 68 et 118) se d\u00e9tectent au fil de la lecture, r\u00e9v\u00e9lant le caract\u00e8re p\u00e9dagogique de sa d\u00e9marche. L\u2019int\u00e9r\u00eat pour l\u2019Historien de ce petit t\u00e9moignage se d\u00e9montre d\u00e8s son intro\u00eft, Artis r\u00e9sumant tout d\u2019une phrase : \u00ab <em>Je n\u2019ai rien fait d\u2019extraordinaire. J\u2019ai suivi le mouvement, les copains, je me demande encore comment j\u2019en suis sorti.<\/em> \u00bb L\u2019autre int\u00e9r\u00eat du t\u00e9moignage est celui d\u2019un lorrain dont le village, ouvrier et industrieux, se situe \u00e0 l\u2019imm\u00e9diat arri\u00e8re-front du Bois-le-Pr\u00eatre. Il d\u00e9peint ainsi l\u2019ambiance du village et des usines de la mobilisation \u00e0 son d\u00e9part au front en d\u00e9cembre 1914 et \u00e0 plusieurs reprises, il veut rejoindre la guerre : \u00ab <em>Quand donc sera mon tour ! <\/em>\u00bb (p. 22), avec des volont\u00e9s belliqueuses : \u00ab <em>C\u2019est \u00e0 nous de les venger quand je serai soldat. Je penserai \u00e0 tout cela, ma premi\u00e8re balle sera ma premi\u00e8re vengeance ! Mais quand ?<\/em> \u00bb (p. 25), attir\u00e9 par l\u2019appel de la bataille : \u00ab De <em>tous les c\u00f4t\u00e9s le canon tonne. Je veux m\u2019engager ainsi que les jeunes de ma classe<\/em> \u00bb (p. 32), sa proximit\u00e9 du front l\u2019am\u00e8ne \u00e0 voir la guerre depuis les hauteurs de son village. Il d\u00e9couvre la guerre mais la traverse finalement, par sa fonction de sapeur t\u00e9l\u00e9phonique, traverse les combats en spectateur, sans les d\u00e9crire ainsi par le d\u00e9tail. Quelques tableaux sont toutefois signifiants (pages 97 ou 104). L\u2019auteur relate plusieurs permissions, sans toutefois, r\u00e8gle commune aux t\u00e9moins, en d\u00e9crire le contenu. Toutefois, cet ouvrage est \u00e9clairant sur la mentalit\u00e9 ouvri\u00e8re dans le conflit. Comme nombre de soldats, sa guerre est un spectacle impressionnant : il rencontre Poincar\u00e9 d\u00e8s son arriv\u00e9e au front (p. 70), sa marraine de guerre (31 octobre 1916) (p. 184), voit un g\u00e9n\u00e9ral (Bablon) chercher des poux (p. 134), un noble (Vilatte de Peufayot) recevant un colis (\u00ab <em>un oreiller pneumatique, un petit r\u00e9chaud, du parfum, etc<\/em>\u2026 \u00bb) (p. 108) et m\u00eame la mer pour la premi\u00e8re fois (p. 181).  Si l&rsquo;ouvrage apporte techniquement peu d&rsquo;informations sur le r\u00f4le sp\u00e9cifique de sapeur-t\u00e9l\u00e9phoniste r\u00e9gimentaire, le t\u00e9moignage reste informatif et tout \u00e0 fait utile dans une bibliographie testimoniale tr\u00e8s t\u00e9nue pour ce r\u00e9giment lorrain.<\/p>\n<p>Yann Prouillet, f\u00e9vrier 2017<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Lucien Artis na\u00eet le 23 mars 1895 \u00e0 Marbache (Meurthe-et-Moselle). Deuxi\u00e8me fils des trois enfants de Lucie et Joseph Artis, dont les professions ne sont pas connues, il vient manifestement d\u2019un milieu ouvrier. Il catholique tr\u00e8s pratiquant. Apr\u00e8s des \u00e9tudes sommaires, il dit, dans une petite introduction pour ses enfants \u00e0 ses &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2017\/02\/22\/artis-lucien-1895-1985\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Artis, Lucien (1895-1985)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1024,202,3,10,1],"tags":[1023],"class_list":["post-2936","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-160e-ri","category-202","category-carnet","category-combattant-infanterie","category-uncategorized","tag-sapeur-telephoniste"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2936","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2936"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2936\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2936"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2936"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2936"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}