{"id":2974,"date":"2017-03-09T11:37:09","date_gmt":"2017-03-09T10:37:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=2974"},"modified":"2017-03-10T11:43:45","modified_gmt":"2017-03-10T10:43:45","slug":"lugand-fernand-1888-1950-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2017\/03\/09\/lugand-fernand-1888-1950-2\/","title":{"rendered":"Lugand, Fernand (1888-1950)"},"content":{"rendered":"<p>1.\tLe t\u00e9moin<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/Lugand.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/Lugand-e1489056017412-175x300.jpg\" alt=\"\" width=\"175\" height=\"300\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-2975\" srcset=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/Lugand-e1489056017412-175x300.jpg 175w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/Lugand-e1489056017412-597x1024.jpg 597w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/Lugand-e1489056017412.jpeg 945w\" sizes=\"auto, (max-width: 175px) 100vw, 175px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Fernand Lugand est n\u00e9 le 28 janvier 1888 \u00e0 Saint-Germain-de-Joux dans l\u2019Ain. Il est le cinqui\u00e8me enfant d\u2019Ennemond Alfred-Fran\u00e7ois Lugand, pr\u00e9pos\u00e9 aux douanes (lequel mourra le 25 janvier 1917), et de Marie-Eug\u00e9nie Burdet, modiste et lapidaire. Il fait son service militaire \u00e0 Remiremont (Vosges) du 10 octobre 1909 au 24 septembre 1911, puis se marie avec Marie-Antoinette Ballivet, diamantaire. Le couple s\u2019installe \u00e0 Lajoux (Jura), o\u00f9 il est affect\u00e9 comme pr\u00e9pos\u00e9 aux \u00e9critures \u00e0 la capitainerie des douanes. Le 28 juillet 1914, il est mobilis\u00e9 au 13\u00e8me Bataillon de Chasseurs alpins de Chamb\u00e9ry et part occuper le col de la Faucille, \u00e0 la fronti\u00e8re suisse. De fait, il ne rejoindra pas imm\u00e9diatement la ligne de feu : \u00ab \u2026J\u2019avais un peu honte de rester chez moi, mais l\u2019ordre \u00e9tait formel, les douaniers devaient rester \u00e0 leur poste d\u2019apr\u00e8s les plans de mobilisation \u00bb (page 45). Il a m\u00eame le temps de conna\u00eetre la naissance, le 8 mars 1915, de sa premi\u00e8re fille, Ren\u00e9e (qui mourra d\u2019une angine pernicieuse en 1929, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 15 ans). Le 3 mai suivant, il int\u00e8gre le 13\u00e8me BCA comme chasseur de 2\u00e8me classe et rejoint finalement le front des Vosges le 24 juin. M\u00eame si son bapt\u00eame du feu, \u00e0 Sondernach, date du 10 juillet, 1915, il reste dans un premier temps relativement \u00e0 l\u2019arri\u00e8re des points chauds, aid\u00e9 en cela par son grade de caporal-fourrier, qui lui permet de rester au pied des champs de bataille en pleines batailles d\u2019une ann\u00e9e 1915, celles des \u00ab Grands orages \u00bb sur les Vosges. Il finit par participer aux combats du HWK, (d\u00e9cembre 1915 &#8211; janvier 1916) puis du Linge (avril 1916), jusqu\u2019\u00e0 sa tr\u00e8s grave blessure par balle, le 24, puisqu\u2019il perdra l\u2019usage d\u2019un bras. Sa guerre est donc termin\u00e9e et apr\u00e8s op\u00e9rations et convalescence, il est finalement renvoy\u00e9 dans ses foyers le 27 f\u00e9vrier 1917. Il reprend alors ses fonctions dans les Douanes \u00e0 la capitainerie de Ch\u00e2tillon-de-Michaille (Ain). Sa seconde fille, Andr\u00e9e, na\u00eet le 21 novembre 1918. Il perd son \u00e9pouse de tuberculose en 1922 et se remarie avec Emma Michel, fille d\u2019un h\u00f4telier. Il poursuit sa carri\u00e8re jusqu\u2019\u00e0 sa retraite en 1949, apr\u00e8s avoir eu une action manifeste dans la R\u00e9sistance. Fernand Lugand meurt le 13 octobre 1950 \u00e0 Cognin (Savoie), emport\u00e9 par une attaque c\u00e9r\u00e9brale.<\/p>\n<p>2.\tLe t\u00e9moignage<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/Lugandcouverture.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/Lugandcouverture-197x300.jpg\" alt=\"\" width=\"197\" height=\"300\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-2976\" srcset=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/Lugandcouverture-197x300.jpg 197w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/Lugandcouverture-673x1024.jpg 673w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2017\/03\/Lugandcouverture.jpeg 827w\" sizes=\"auto, (max-width: 197px) 100vw, 197px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Lugand, Fernand, Les carnets de guerre d\u2019un \u00ab poilu \u00bb savoyard. (M\u00e9moires et souvenirs de Fernand Lugand). Ouvrage pr\u00e9sent\u00e9 par Xavier Charvet. Pr\u00e9face du Professeur Jean-Jacques Becker, Montm\u00e9lian, La Fontaine de Silo\u00e9, collection Les carnets de vie, 2000, 154 pages.<\/p>\n<p>3.\tAnalyse<br \/>\nXavier Charvet, qui biographie tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment le parcours de l\u2019auteur, indique que celui aurait \u00e9crit ses m\u00e9moires \u00e0 l\u2019h\u00f4tel de Savoie \u00e0 Chamb\u00e9ry \u00e0 l\u2019hiver 1934-1935. Car en effet, certainement bas\u00e9 sur un carnet de guerre, l\u2019ouvrage, qui retrace 10 mois de guerre dans les Hautes-Vosges, forme en fait une succession de tableaux chronologiques, parfois didactiques (\u00ab qu\u2019est-ce que ma cagna ? \u00bb page 74) voire justificatifs (\u00ab le feu des tentations \u00bb, page 115, o\u00f9 il tente de se disculper d\u2019un non-amour !) mais en forme de transmission orale \u00e0 sa seconde fille Andr\u00e9e, \u00e0 laquelle il s\u2019adresse nomm\u00e9ment (comme page 77 o\u00f9 il dit \u00ab Laisse-moi te raconter une petite histoire \u00bb. Fernand Lugand s\u2019en explique en forme d\u2019introduction : \u00ab J\u2019\u00e9cris ceci, afin que tu saches ce que ton p\u00e8re a pu voir et endurer pendant les longs jours de malheurs de 1914 \u00e0 1918. \u00bb (page 43) et reviens sur sa d\u00e9marche dans l\u2019ultime chapitre : \u00ab A mes descendants \u00bb : \u00ab J\u2019ai \u00e9crit ce qui pr\u00e9c\u00e8de sans pr\u00e9tention aucune et sans recherche litt\u00e9raire, tous simplement pour que tu connaisses mes diverses p\u00e9rip\u00e9ties qui ont marqu\u00e9 ma vie pendant cette p\u00e9riode tourment\u00e9e\u2026 \u00bb. Toutefois, celle-ci a 13 ans lorsque Lugand prend la plume pour son r\u00e9cit et il est donc vraisemblable qu\u2019il l\u2019a \u00e9dulcor\u00e9 d\u2019une v\u00e9rit\u00e9 trop crue. Il tient \u00e0 plusieurs reprises \u00e0 d\u00e9montrer qu\u2019il fut un bon soldat (voir page 124), ce que nous croyons volontiers quand Lugand dit sa d\u00e9cision de ne pas tuer au fusil, (il se dit bon tireur) un allemand occup\u00e9 \u00e0 creuser un trou \u00e0 la pioche : \u00ab Je me dis qu\u2019il serait l\u00e2che de tuer ainsi un homme qui peut-\u00eatre travaille \u00e0 ce trou pour donner une s\u00e9pulture \u00e0 un camarade. Je rel\u00e8ve mon arme, la d\u00e9pose \u00e0 mes pieds et ma conscience me dit : \u00ab\u00a0Tu as bien fait\u00a0\u00bb \u00bb (page 59). Sur le r\u00f4le moral fondamental de la correspondance, il dit : \u00ab \u2026 les lettres sont au moral ce que le ravitaillement en vivres est au corps \u00bb. A plusieurs reprises, il donne des \u00e9l\u00e9ments sur la mort (page 62), y compris par pulv\u00e9risation (page 93), et l\u2019inhumation des camarades. Il r\u00e9fl\u00e9chit \u00e0 sa propre mort en dormant dans un \u2026 cercueil (page 71) et s\u2019interroge sur la r\u00e9sistance de l\u2019Homme aux conditions climatiques de la guerre dans les Vosges : \u00ab \u2026 Comment le corps humain peut-il offrir pareille r\u00e9sistance \u00e0 tous ces \u00e9l\u00e9ments ? \u00bb. Enfin, sa blessure renseigne sur les conditions sanitaires d\u2019extraction du champ de bataille et d\u2019\u00e9vacuation d\u2019un bless\u00e9 depuis la ligne de feu, ce, jusqu\u2019\u00e0 sa d\u00e9mobilisation, avec une anecdote d\u2019int\u00e9r\u00eat lorsqu\u2019il se r\u00e9veille d\u2019op\u00e9ration chirurgicale : \u00ab Je passe la main droite autour de mon cou o\u00f9 je trouve suspendue la balle qui m\u2019a \u00e9t\u00e9 extraite du flanc. Je l\u2019ai pieusement conserv\u00e9e, rang\u00e9e dans la bo\u00eete qui contient ma m\u00e9daille militaire \u00bb (page 130).<br \/>\nL\u2019ouvrage, bien \u00e9dit\u00e9, est enrichi d\u2019un avant-dire de Xavier Charvet sur la famille, longue lign\u00e9e de douaniers, les lieux, terres de montagnes (Savoie, Jura, Vosges) qui forment la ligne commune de ce t\u00e9moignage, et sur la d\u00e9marche de publication. Le livre produit \u00e9galement des cartes, photos du soldat, reproductions d\u2019un ordre de Serret (66\u00e8me D.I.) et d\u2019une page du cahier de Lugand, d\u2019une g\u00e9n\u00e9alogie et d\u2019une bibliographie sommaire.<\/p>\n<p>Yann Prouillet &#8211; mars 2017<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Fernand Lugand est n\u00e9 le 28 janvier 1888 \u00e0 Saint-Germain-de-Joux dans l\u2019Ain. 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