{"id":2985,"date":"2017-04-08T16:54:39","date_gmt":"2017-04-08T15:54:39","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=2985"},"modified":"2017-04-08T16:54:39","modified_gmt":"2017-04-08T15:54:39","slug":"dubernet-jules-1875-1959","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2017\/04\/08\/dubernet-jules-1875-1959\/","title":{"rendered":"Dubernet, Jules (1875-1959)"},"content":{"rendered":"<p>Le t\u00e9moin<br \/>\nJean Jules Dubernet est n\u00e9 le 15 mai 1875 \u00e0 Lucmau (Gironde), commune de 600 habitants de la Lande bazadaise. Issu d\u2019une famille de cultivateurs, il est devenu sabotier. Service militaire \u00e0 Antibes dans les chasseurs \u00e0 pied, de 1896 \u00e0 1899. Caporal. Mari\u00e9 en 1903, un fils en 1908. Sabotier, il tient le registre des sabots vendus de 1904 \u00e0 1957. Sacristain, il tient le registre des enterrements et autres offices de 1906 \u00e0 1957. Il semble que le couple r\u00e9coltait la gemme des pins : c\u2019est mentionn\u00e9 dans sa correspondance de guerre, le transport des lourds f\u00fbts n\u2019\u00e9tant pas, \u00e9crit-il, le travail d\u2019une femme. Il commence la guerre au 360e RIT \u00e0 Nevers, fait un court s\u00e9jour en Artois, revient \u00e0 Nevers pour l\u2019instruction des r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s et des bleus. En septembre 1916, au 64e RIT, il part pour le front : Verdun, l\u2019Argonne, Montdidier et la poursuite \u00ab du boche qui file \u00e0 toute allure \u00bb. Sergent le 18 avril 1918.<br \/>\nDe retour dans son village, il reprend ses activit\u00e9s du temps de paix. Il meurt le 30 ao\u00fbt 1959.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moignage<br \/>\nest compos\u00e9 de plusieurs \u00e9l\u00e9ments : un journal dont les notes sont tr\u00e8s laconiques, compl\u00e9t\u00e9es de d\u00e9tails su ses activit\u00e9s de caporal d\u2019ordinaire ; neuf photographies de groupes ; 200 cartes postales repr\u00e9sentant les villes et villages o\u00f9 il est pass\u00e9. Orthographe plut\u00f4t bonne.<br \/>\nIl est \u00e9dit\u00e9 par l\u2019historien Jean-Bernard Marquette dans <em>Les Cahiers du Bazadais<\/em>, n\u00b0 192-193, mars-juin 2016, num\u00e9ro double enti\u00e8rement consacr\u00e9 \u00e0 Jules Dubernet, 142 pages. Transcription compl\u00e8te du carnet, reproduction des photos et de plusieurs cartes postales (images et textes au dos). Croquis des secteurs. Lexique. Pr\u00e9face g\u00e9n\u00e9rale de R\u00e9my Cazals sur \u00ab Les t\u00e9moins de la Grande Guerre \u00bb. Introduction de J.-B. Marquette \u00ab Sur les traces de Jules Dubernet \u00bb. Postface de synth\u00e8se \u00ab A la rencontre d\u2019un caporal de la territoriale \u00bb par J.-B. Marquette.<\/p>\n<p>Contenu<br \/>\nAyant quatre ans de plus que Louis Barthas, Jules Dubernet est rest\u00e9 dans la territoriale. Ses notes nous renseignent d\u2019abord sur les travaux vari\u00e9s effectu\u00e9s un peu en arri\u00e8re, mais parfois en premi\u00e8re ligne. Au d\u00e9p\u00f4t, il signale les vaccinations et les \u00e9pid\u00e9mies. Comme c\u2019est souvent le cas, il est tr\u00e8s sensible aux rapports avec le \u00ab pays \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire sa r\u00e9gion natale. Il se r\u00e9jouit de rencontrer des camarades girondins, de parler son patois, de recevoir des colis de nourriture : poulet et poularde, civet, boudin, jambon, confit\u2026 Les palombes et le vin de Bordeaux sont bienvenus. Et encore les miques, les merveilles. Cela permet d\u2019am\u00e9liorer l\u2019ordinaire, de restaurer la convivialit\u00e9, d\u2019\u00e9chapper au froid, \u00e0 l\u2019humidit\u00e9, \u00e0 la boue de ces contr\u00e9es nordiques. Il a toujours pr\u00e9sent \u00e0 l\u2019esprit le calendrier des f\u00eates et des foires de sa petite patrie. Son t\u00e9moignage confirme aussi ce qui ressort de <em>500 T\u00e9moins de la Grande Guerre<\/em>, le fait que Jules n\u2019est pas devenu une brute, l\u2019existence de l\u2019amour pour son \u00e9pouse et son fils, avec les conseils habituels de bien travailler \u00e0 l\u2019\u00e9cole.<br \/>\nSacristain, Jules est \u00e9videmment un bon catholique, mais il ne parle gu\u00e8re de religion ou de pratique, en dehors de son int\u00e9r\u00eat pour Jeanne d\u2019Arc. Il ne parle pas non plus de d\u00e9fendre la patrie. Le 11 novembre 1918, il d\u00e9crit les localit\u00e9s travers\u00e9es, et ajoute : \u00ab Le dernier coup de canon a \u00e9t\u00e9 tir\u00e9 \u00e0 11 heures. \u00bb Rien de plus.<br \/>\nEn cherchant bien, on peut cependant trouver quelques br\u00e8ves remarques \u00e9clairantes :<br \/>\n&#8211; 29 d\u00e9cembre 1914 : \u00ab Ce que nous avons \u00e0 d\u00e9sirer, c\u2019est que cette nouvelle ann\u00e9e nous apporte la victoire au plut\u00f4t, \u00e0 seule fin de pouvoir vivre en paix et revenir aupr\u00e8s de ceux qui nous sont chers. \u00bb Mais, le 31 d\u00e9cembre 1917 : \u00ab Demain \u00e9tant le premier jour de l\u2019ann\u00e9e nous allons le passer encore bien \u00e9loign\u00e9s l\u2019un de l\u2019autre. Il faut tout de m\u00eame vivre dans l\u2019espoir que cette ann\u00e9e nous apportera la paix et que l\u2019an prochain nous le passerons ensemble. \u00bb. Dans la premi\u00e8re phrase, il attend la victoire ; dans la deuxi\u00e8me, la paix.<br \/>\n&#8211; 17 f\u00e9vrier 1916, \u00e0 propos d\u2019un appel \u00e0 volontaires pour aller au front : \u00ab Une fois qu\u2019ils y seront all\u00e9s une fois ils ne seront plus volontaires. \u00bb<br \/>\n&#8211; 10 avril 1917, \u00e0 propos de ceux qui vont monter : \u00ab Cela ne les fait pas bien s\u00fbr rigoler. \u00bb<br \/>\n&#8211; 8 octobre 1918 : \u00ab Hier je suis all\u00e9 avec des poilus emmener 14 prisonniers boches que les zouaves ont pris hier \u00e0 midi \u00e0 Berry-au-Bac. Je t\u2019assure qu\u2019ils \u00e9taient contents car la guerre est finie pour eux. \u00bb<br \/>\nR\u00e9my Cazals, avril 2017<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le t\u00e9moin Jean Jules Dubernet est n\u00e9 le 15 mai 1875 \u00e0 Lucmau (Gironde), commune de 600 habitants de la Lande bazadaise. Issu d\u2019une famille de cultivateurs, il est devenu sabotier. 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