{"id":300,"date":"2010-11-23T22:35:02","date_gmt":"2010-11-23T21:35:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=300"},"modified":"2021-09-12T19:25:22","modified_gmt":"2021-09-12T18:25:22","slug":"olivier-gaston-1884-1915","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2010\/11\/23\/olivier-gaston-1884-1915\/","title":{"rendered":"Olivier, Gaston (1884-1915)"},"content":{"rendered":"<p><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p>Son petit-fils, Alain Chaupin, a retrouv\u00e9 les lettres qui constituent le t\u00e9moignage. Il a compos\u00e9 un livre appartenant \u00e0 la cat\u00e9gorie des r\u00e9alisations de pi\u00e9t\u00e9 familiale,&nbsp;intitul\u00e9 <em>Afin de ne jamais oublier, Vie et mort d\u2019un poilu h\u00e9ro\u00efquement ordinaire, Gaston Olivier, soldat au 274<sup>e<\/sup> RI<\/em>. Le sp\u00e9cialiste de l\u2019histoire de ce r\u00e9giment, St\u00e9phan Agosto, en a \u00e9crit la pr\u00e9face. Les \u00e9ditions Anovi l\u2019ont publi\u00e9 en 2008. C\u2019est de cet ouvrage que sont tir\u00e9s les renseignements biographiques.<\/p>\n<p>Gaston Olivier est n\u00e9 le 26 mai 1884 \u00e0 Wambrechies (Nord). Ses parents, catholiques, sont dits journaliers, mais la photo de la famille (nombreuse) reproduite p. 12 montre une certaine aisance, et Gaston lui-m\u00eame va devenir sous-directeur \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 rouennaise d\u2019engrais et de produits chimiques \u00e0 Petit-Quevilly en 1913. Il est alors mari\u00e9 et p\u00e8re de deux gar\u00e7ons&nbsp;; une fille allait na\u00eetre en 1914. Gaston Olivier part d\u00e8s les premiers jours d\u2019ao\u00fbt 1914 comme simple soldat au 274<sup>e<\/sup> RI. Sa mort, le 14 janvier 1915, est provoqu\u00e9e par l\u2019\u00e9clatement du mortier de tranch\u00e9e dont il est devenu le serveur.<\/p>\n<p><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p>Il est constitu\u00e9 d\u2019un carnet bri\u00e8vement tenu du 10 ao\u00fbt au 13 octobre 1914 et des lettres \u00e9crites \u00e0 sa femme et \u00e0 ses enfants. L\u2019orthographe en a \u00e9t\u00e9 respect\u00e9e&nbsp;; elle est plut\u00f4t bonne. Quelques rares erreurs de transcription sont imm\u00e9diatement identifiables. Le t\u00e9moignage est accompagn\u00e9 de notes historiques sur la vie avant 1914, la mobilisation, la marche des r\u00e9giments, de textes officiels et autres qui n\u2019\u00e9taient sans doute pas indispensables. Le t\u00e9moignage lui-m\u00eame est int\u00e9ressant.<\/p>\n<p><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019introduction nous donne, sur cinq pages, les extraits les plus significatifs du t\u00e9moignage, ce qui peut faire gagner du temps \u00e0 l\u2019historien qui veut l\u2019utiliser, mais ce serait alors au d\u00e9triment de la lecture int\u00e9grale. Gaston Olivier, simple soldat d\u2019infanterie, d\u00e9crit les marches terribles lors de la retraite en ao\u00fbt, les spectacles horribles, la vie sous la pluie, le froid, les brimades de certains chefs qui \u00ab&nbsp;seraient excellents pour commander les arm\u00e9es de Guillaume&nbsp;\u00bb. Notons deux passages remarquables&nbsp;: la description d\u2019une fraternisation \u00e0 No\u00ebl (lettre du 26 d\u00e9cembre 1914)&nbsp;; l\u2019aveu \u00e0 sa femme, le 30 d\u00e9cembre seulement, que ses souffrances insupportables l\u2019avaient presque conduit au suicide quatre mois auparavant&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je puis te le dire, le 26 ao\u00fbt, pendant la nuit, nous marchions dans un bois, par une nuit noire comme \u00e7a depuis deux jours, je souffrais tellement des pieds de partout, que dans un moment de fi\u00e8vre, sans doute, j\u2019ai mis une cartouche dans mon fusil et par un hasard tout \u00e0 fait heureux, je n\u2019avais pas fait 100 m\u00e8tres de plus, en pensant \u00e0 vous tous \u00e0 mes chers gosses, et j\u2019allais me faire sauter la t\u00eate quand enfin on s\u2019est arr\u00eat\u00e9. Nous sommes tous tomb\u00e9s, morts de fatigue, de soif, de sommeil, de mal et nous avons dormi l\u00e0 sans faire un pas de plus, o\u00f9 nous \u00e9tions.&nbsp;\u00bb Sur son carnet personnel, il avait not\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Plus grande souffrance de ma vie (mes enfants m\u2019emp\u00eachent de me d\u00e9truire).&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>Il \u00e9crit toujours \u00e0 sa femme que la fin de la guerre est pour bient\u00f4t, par \u00e9puisement des Boches et victoires des Russes. Le dit-il pour rassurer son \u00e9pouse ou y croit-il s\u00e9rieusement&nbsp;? On a l\u2019impression qu\u2019il a du mal \u00e0 imaginer que la guerre puisse durer au-del\u00e0 de mars 1915. Lui-m\u00eame r\u00e9siste en disant qu\u2019il \u00e9vite de penser, mais, en m\u00eame temps, il avoue (23-24 octobre)&nbsp;: \u00ab&nbsp;Si j\u2019avais su j\u2019aurais fait cinq gosses.&nbsp;\u00bb Il t\u00e9moigne aussi de son angoisse devant le sort de ses parents rest\u00e9s \u00e0 Lille, et dans l\u2019attente de nouvelles de son beau-fr\u00e8re port\u00e9 disparu. Il r\u00e9p\u00e8te ses conseils&nbsp;: ne pas payer le loyer, ne pas payer les imp\u00f4ts. Il s\u2019inqui\u00e8te en apprenant que les femmes de Rouen et de Quevilly se font consoler par les Anglais. Et on d\u00e9couvrirait ici et l\u00e0 des allusions sexuelles \u00e9tonnantes.<\/p>\n<p>R\u00e9my Cazals, novembre 2010<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Son petit-fils, Alain Chaupin, a retrouv\u00e9 les lettres qui constituent le t\u00e9moignage. Il a compos\u00e9 un livre appartenant \u00e0 la cat\u00e9gorie des r\u00e9alisations de pi\u00e9t\u00e9 familiale,&nbsp;intitul\u00e9 Afin de ne jamais oublier, Vie et mort d\u2019un poilu h\u00e9ro\u00efquement ordinaire, Gaston Olivier, soldat au 274e RI. Le sp\u00e9cialiste de l\u2019histoire de ce r\u00e9giment, St\u00e9phan &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2010\/11\/23\/olivier-gaston-1884-1915\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Olivier, Gaston (1884-1915)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[103,191,10,6],"tags":[813,812,632,413],"class_list":["post-300","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-103","category-274e-ri","category-combattant-infanterie","category-correspondance-unique","tag-brimades","tag-marche","tag-sexe","tag-suicide"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/300","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=300"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/300\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3856,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/300\/revisions\/3856"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=300"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=300"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=300"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}