{"id":3004,"date":"2017-06-01T09:21:51","date_gmt":"2017-06-01T08:21:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=3004"},"modified":"2017-06-01T09:21:51","modified_gmt":"2017-06-01T08:21:51","slug":"germain-rene-1895-1985","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2017\/06\/01\/germain-rene-1895-1985\/","title":{"rendered":"Germain, Ren\u00e9 (1895-1985)"},"content":{"rendered":"<p>1 Le t\u00e9moin<br \/>\nRen\u00e9 Germain est originaire d\u2019une famille de la petite bourgeoisie de Thonon (Haute-Savoie). Classe 15, il est affect\u00e9 au 5e r\u00e9giment d\u2019infanterie coloniale et monte en ligne en Argonne en juillet 1915. Nomm\u00e9 caporal, il prend part \u00e0 l\u2019offensive de Champagne du 25 septembre \u00e0 Souain ; pass\u00e9 sergent, il est en secteur dans l\u2019Oise jusque mai 1916 ; bless\u00e9 par un \u00e9clat, il est  hospitalis\u00e9 jusqu\u2019en juillet. En convalescence, il se porte candidat pour un peloton d\u2019\u00e9l\u00e8ves-aspirants et est form\u00e9 \u00e0 Joinville-le-Pont jusqu\u2019\u00e0 f\u00e9vrier 1917. Apr\u00e8s un temps o\u00f9 il est lui-m\u00eame  instructeur, il est mut\u00e9 au r\u00e9giment d\u2019infanterie coloniale du Maroc (RICM) en juin 1917 au Chemin des Dames. Il participe comme sous-lieutenant chef de section \u00e0 l\u2019attaque de la Malmaison en octobre 1917 et il combat en mars et avril 1918 lors de l\u2019offensive allemande ; \u00e9vacu\u00e9 pour grippe, il revient au front le 18 ao\u00fbt 1918. Arriv\u00e9 en Alsace, il va ensuite occuper Mayence. Radi\u00e9 des cadres en septembre 1919, sa carri\u00e8re civile transforme ensuite, nous dit son petit-fils, le \u00ab jeune fonctionnaire provincial en un inspecteur des imp\u00f4ts parisien particuli\u00e8rement redout\u00e9\u00bb.<br \/>\n2 Le t\u00e9moignage<br \/>\nL\u2019\u00e9dition des carnets (Ren\u00e9 Germain, <em>Il revint immortel de la Grande Bataille<\/em>, Editions Italiques, 2007, 311 pages) emprunte son titre \u00e0 la traduction de la devise du RICM, \u00ab <em>Recedit Immortalis Certamine Magno <\/em>\u00bb. Pascal Besnier, petit-fils de l\u2019auteur, a retranscrit un manuscrit d\u2019origine de 500 pages, r\u00e9dig\u00e9 dans les ann\u00e9es 20 ou 30, et assur\u00e9 la pr\u00e9face ; il y pr\u00e9sente les carnets comme relevant \u00e0 la fois du r\u00e9cit (emploi du pass\u00e9 simple) et du journal, avec un grand souci d\u2019exactitude pour les dates et les lieux. Des fac-simil\u00e9s de pages du manuscrit accompagnent chaque t\u00eate de chapitre, et des cartes, photographies ou croquis compl\u00e8tent l\u2019\u00e9dition.<br \/>\n3 Analyse<br \/>\nPascal Besnier craint que les \u00e9crits de son grand-p\u00e8re ne soient qualifi\u00e9s de \u00ab r\u00e9cits militaristes \u00bb, alors que d\u2019apr\u00e8s lui Ren\u00e9 Germain a \u00ab certainement autant aim\u00e9 l\u2019arm\u00e9e qu\u2019il a d\u00e9test\u00e9 la guerre \u00bb. En effet la teneur du r\u00e9cit est celle de la volont\u00e9, de l\u2019enthousiasme parfois, et souvent de l\u2019insouciance lorsqu\u2019il revient au repos. L\u2019auteur aime \u00ab l\u2019aventure \u00bb et la vie militaire et on peut penser que l\u2019\u00e9motion qu\u2019il \u00e9voque en refermant une derni\u00e8re fois sa cantine d\u2019officier en 1919 n\u2019est pas qu\u2019une reconstruction nostalgique li\u00e9e au temps qui a pass\u00e9. Si R. Germain \u00e9prouve une r\u00e9elle motivation patriotique, il faut souligner aussi le caract\u00e8re sp\u00e9cifique de la \u00ab coloniale \u00bb, et plus particuli\u00e8rement de son r\u00e9giment d\u2019infanterie coloniale du Maroc, dans lequel la culture d\u2019active reste tr\u00e8s forte malgr\u00e9 l\u2019usure des cadres : c\u2019est une unit\u00e9 d\u2019\u00e9lite employ\u00e9e pour les coups durs, et dans laquelle l\u2019entra\u00eenement est \u00e0 la pointe (accompagnement de chars, canon de 37 d\u2019infanterie pour r\u00e9duire les mitrailleuses\u2026). L\u2019auteur \u00e9voque certains soldats difficiles, au casier judiciaire charg\u00e9, quelques sous-officiers d\u2019active alcooliques mais semble-t-il efficaces, et des chefs de bataillon dont le pragmatisme dans l\u2019action le s\u00e9duit. Pour autant R. Germain ne cache rien de la duret\u00e9 de la guerre, de l\u2019angoisse sous le bombardement, du doute qui na\u00eet de la peur, et de la lassitude des ann\u00e9es 1918 et 1919. Son r\u00e9cit est \u00e0 la fois factuel et r\u00e9aliste (la pr\u00e9face le qualifie de \u00ab naturaliste \u00bb), et sa narration de l\u2019action au niveau de sa section est extr\u00eamement prenante : dans l\u2019assaut de l\u2019offensive de Champagne ou celui de la Malmaison en octobre 1917, on pense \u00e0 J. T\u00e9zenas du Moncel ou \u00e0 C. Delvert, avec une pinc\u00e9e de B. Cendrars pour l\u2019\u00e9vocation de certains combattants, mi-titi, mi-apaches.<br \/>\nApr\u00e8s une convalescence li\u00e9e \u00e0 une blessure, sa formation d\u2019aspirant et son emploi comme instructeur, il y a presque un an qu\u2019il a quitt\u00e9 le front lorsqu\u2019il arrive, \u00ab tout joyeux \u00e0 l\u2019id\u00e9e de ces nouvelles aventures \u00bb (p. 124), au Chemin des Dames en juin 1917, dans un secteur encore tr\u00e8s actif ; il \u00e9voque la guerre de \u00ab coups de mains \u00bb, et effleure la question des \u00e9v\u00e9nements de mai-juin, mais sans y faire allusion directement. Les d\u00e9sertions au RICM ou la mutinerie au bataillon de Somalis (juillet) de la division ne sont pas \u00e9voqu\u00e9es (voir Denis Rolland, la base de donn\u00e9es du CRID 14-18, ou le r\u00e9cit d\u2019Henri Brandela dans la <em>Lettre du Chemin des Dames<\/em>, 2014) ; l\u2019auteur \u00e9voque une ambiance tr\u00e8s tendue lorsque sa compagnie n\u2019est pas relev\u00e9e comme promis (20 juin 1917, p. 143) : \u00ab Je renonce \u00e0 d\u00e9crire l\u2019\u00e9tat de mes poilus : des fauves en cage, hurlant des impr\u00e9cations : Ah les salauds, Ah les vaches ! V\u2019l\u00e0 deux mois qu\u2019y sont au repos, et faut qu\u2019on reste l\u00e0 ? Moi j\u2019fous le camp tout seul ! \u00bb L\u2019auteur \u00e9voque ensuite \u00ab ces r\u00e9giments, peu nombreux il est vrai, qui oubli\u00e8rent leur devoir au point qu\u2019il fallut les ramener \u00e0 l\u2019arri\u00e8re et les reformer enti\u00e8rement ! \u00bb et il conclut \u00ab Et je me dis que peut-\u00eatre, ce jour-l\u00e0, nous n\u2019\u00e9tions pas pass\u00e9 loin du pire\u2026 \u00bb De plus, en ao\u00fbt, il va faire du maintien de l\u2019ordre parmi les permissionnaires \u00e0 la gare r\u00e9gulatrice de Survilliers, \u00ab on avait d\u00e9cid\u00e9 de faire donner la police par des poilus du front, les gendarmes n\u2019ayant plus aucune autorit\u00e9 \u00bb (p. 149), et il \u00e9voque les issues gard\u00e9es militairement et les mitrailleuses braqu\u00e9es sur les diff\u00e9rentes sorties de la gare (p. 150). Par ailleurs, en octobre 1917, son bataillon est d\u00e9sign\u00e9 pour assister \u00e0 une ex\u00e9cution capitale, et il conclut son r\u00e9cit (p. 173) : \u00ab le condamn\u00e9 \u00e9tait certainement un mis\u00e9rable, mais cette ex\u00e9cution \u00e9tait hideuse et restera pour moi un des plus mauvais souvenirs de la guerre. \u00bb<br \/>\nC\u2019est ce m\u00eame mois que le RICM participe \u00e0 l\u2019offensive sur le Fort de la Malmaison. L\u2019auteur d\u00e9crit une attaque limit\u00e9e mais tr\u00e8s soigneusement pr\u00e9par\u00e9e, il juge que ce fut une bataille de mat\u00e9riel (artillerie sur p\u00e9niche et sur rail, chars, lance-flamme\u2026) et une bataille math\u00e9matique \u00ab o\u00f9 chaque homme connaissait son r\u00f4le et le chemin qu\u2019il devait parcourir \u00e0 deux m\u00e8tres pr\u00e8s \u00bb (p. 169). L\u2019\u00e9vocation de l\u2019op\u00e9ration (p. 174 \u00e0 p. 190) forme un r\u00e9cit remarquable : elle est d\u00e9crite au ras du sol, \u00e9voquant le ressenti int\u00e9rieur de l\u2019auteur, de la peur avec tremblement convulsif \u00e0 l\u2019\u00e9nergie galvanisante. Le lecteur est saisi par l\u2019\u00e9vocation du pilonnage allemand des hommes mass\u00e9s dans un parall\u00e8le de d\u00e9part, la description de l\u2019assaut et l\u2019\u00e9vocation de la r\u00e9duction d\u2019Allemands refusant de se rendre et r\u00e9fugi\u00e9s dans des abris b\u00e9tonn\u00e9s (p. 185) : \u00ab J\u2019y envoie un de mes lance-flammes qui, d\u2019un jet de feu, massacre tous les occupants \u00bb ou (autre chambre souterraine) \u00ab Je me penche au-dessus de l\u2019orifice mais un coup de feu venu d\u2019en bas me salue en me fr\u00f4lant la joue. Tant pis pour eux ! Je fais venir un lance-flamme et un jet de feu s\u2019engouffre dans le puits. Des hurlements affreux sortent de l\u00e0-dessous \u00bb : on sort h\u00e9b\u00e9t\u00e9 d\u2019un tel d\u00e9ferlement de violence.<br \/>\nEn mai 1918, c\u2019est avec la grippe espagnole que son unit\u00e9 doit contenir la pouss\u00e9e allemande sur Compi\u00e8gne : \u00ab Les infirmiers passaient leur temps \u00e0 faire des ventouses en 1\u00e8re ligne, et c\u2019\u00e9tait vraiment un curieux spectacle de voir les mitrailleurs faire le guet \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de leur terribles engins, le visage cireux et des verres \u00e0 ventouse sur le dos ! \u00bb (p. 233). Il est lui-m\u00eame \u00e9vacu\u00e9 vers l\u2019int\u00e9rieur et hospitalis\u00e9 \u00e0 Agen : il s\u2019y sent mal \u00e0 l\u2019aise, \u00ab J\u2019\u00e9tais parmi les embusqu\u00e9s \u00bb, et a de fr\u00e9quentes altercations dans les rues et les caf\u00e9s d\u2019Agen avec ces \u00ab messieurs \u00bb (p. 240) : \u00ab Je faisais des allusions blessantes d\u2019une douce voix qu\u2019on aurait entendue \u00e0 2 kilom\u00e8tres, et les civils prenaient mon parti. \u00bb Evacu\u00e9 sur Toulouse, R. Germain y rencontre une jeune femme avec qui il se lie et il semble d\u00e8s lors beaucoup moins enthousiaste \u00e0 l\u2019id\u00e9e de r\u00e9int\u00e9grer son unit\u00e9 d\u2019\u00e9lite (p. 242) : \u00ab avant mon d\u00e9part, je posais ma candidature pour une affectation dans l\u2019artillerie, \u00e0 la demande de celle que je consid\u00e9rais d\u00e9j\u00e0 comme ma fianc\u00e9e, mais cette demande fut rejet\u00e9e en raison de la p\u00e9nurie de cadres dans l\u2019infanterie coloniale. \u00bb La fin des combats est tr\u00e8s meurtri\u00e8re, les Allemands ayant fortifi\u00e9 les d\u00e9fil\u00e9s d\u2019Argonne, et R. Germain l\u2019\u00e9voque avec une attaque de \u00ab la fin \u00bb au RICM (20 octobre 1918, p. 264) : \u00ab on distribua des vivres l\u00e9gers aux hommes soudain crisp\u00e9s, dont l\u2019angoisse visible \u00e9tait augment\u00e9e par la certitude que la fin de la guerre approchait, et par la pens\u00e9e qu\u2019il serait vraiment stupide de se faire tuer pour ce bois fangeux apr\u00e8s 4 ans de souffrances. \u00bb Log\u00e9 ensuite \u00e0 Mayence, l\u2019auteur participe \u00e0 l\u2019occupation de la Rh\u00e9nanie en 1919 ; il \u00e9voque des civils terroris\u00e9s au d\u00e9part car &#8211; lui dit un interlocuteur &#8211; \u00ab toute la ville redoute votre arriv\u00e9e, car on dit que le RICM est un r\u00e9giment de coloniaux f\u00e9roces qui vont piller et br\u00fbler les maisons \u00bb (p. 278). Si l\u2019auteur est critique par rapport \u00e0 son h\u00f4te \u00ab Monsieur Baumgarten avait le type du Boche pure race : t\u00eate carr\u00e9e, cheveux ras\u00e9s courts, il me d\u00e9plut tout de suite \u00bb et insiste sur la revanche que les Fran\u00e7ais ont \u00e0 prendre \u00ab nous nous \u00e9tions donn\u00e9s le mot de ne pas nous g\u00eaner \u00bb, il finit par avoir piti\u00e9 de ses h\u00f4tes affam\u00e9s et par les aider \u00ab on a beau \u00eatre chez les Boches, on poss\u00e8de encore un c\u0153ur \u00bb (p. 279). Il est toutefois critique envers les femmes : \u00ab A mes yeux, et \u00e0 part quelques exceptions, les femmes allemandes n\u2019avaient aucune s\u00e9duction : lourdes et sans aucun chic, elles \u00e9taient d\u2019ailleurs tr\u00e8s sensibles aux cadeaux de nature gastronomique ! Les soldats le savaient bien et \u00ab Schokolade \u00bb \u00e9tait le mot de passe qui ouvrait bien des c\u0153urs \u00bb (p. 280). Il \u00e9voque aussi des violences : \u00ab Je crois m\u00eame qu\u2019il fut question de quelques viols au sujet desquels les victimes eurent la \u00ab sagesse \u00bb de ne pas insister \u00bb (p. 286). Une visite \u00e0 Mannheim, ville non-occup\u00e9e par les Fran\u00e7ais, et  imprudemment faite en uniforme, manque de se terminer mal pour lui p. 291 : \u00ab j\u2019\u00e9tais en liaison constante avec le maire de Mannheim (\u2026) quand nous voul\u00fbmes repartir, il fut impossible de faire d\u00e9marrer l\u2019auto, dont le moteur avait \u00e9t\u00e9 sabot\u00e9. Nous d\u00fbmes rentrer \u00e0 pied, et les habitants m\u2019injuriaient \u00e0 mon passage (\u2026) nous acc\u00e9l\u00e9r\u00e2mes l\u2019allure, suivis par une foule grossissante qui m\u2019envoyait des noms d\u2019oiseaux. \u00bb<br \/>\nLa tension est remont\u00e9e brutalement en juin 1919, lorsque les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s allemands ren\u00e2clent \u00e0 signer le trait\u00e9 de Versailles \u00ab l\u2019activit\u00e9 du secteur \u00e9tait incroyable, et toutes les unit\u00e9s se mettaient en place pour la reprise de l\u2019offensive, on ne voyait partout que canons et munitions en mouvement (\u2026)  Si l\u2019Allemagne ne signait pas la paix \u00e0 l\u2019heure dite, la guerre reprendrait et nous serions \u00e0 Francfort 2 heures plus tard : les soldats ne cachaient pas leur joie et leurs yeux brillaient de convoitise. Je crois que les hostilit\u00e9s auraient repris, les Boches en auraient vu de dures ! \u00bb L\u2019annonce de la signature transforme l\u2019\u00e9tat d\u2019alerte en retraite aux flambeaux. (p. 287).<br \/>\nLe manuscrit de Ren\u00e9 Germain, long de 500 pages \u00e9crites d\u2019une belle \u00e9criture ronde sans aucune rature, est probablement le fruit d\u2019un travail de r\u00e9\u00e9laboration et de mise au propre d\u2019un premier ensemble sur lequel nous ne savons rien. Nous reste donc ici un r\u00e9cit de type \u00ab guerrier \u00bb, un t\u00e9moignage \u00e9nergique qui n\u2019exclut pas la nuance et qui peut t\u00e9moigner, sans perdre de vue la sp\u00e9cificit\u00e9 de son unit\u00e9 coloniale, d\u2019une exp\u00e9rience originale de la Grande Guerre.<br \/>\nVincent Suard   mai 2017<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 Le t\u00e9moin Ren\u00e9 Germain est originaire d\u2019une famille de la petite bourgeoisie de Thonon (Haute-Savoie). 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