{"id":3039,"date":"2017-09-13T10:47:16","date_gmt":"2017-09-13T09:47:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=3039"},"modified":"2017-09-13T10:47:16","modified_gmt":"2017-09-13T09:47:16","slug":"laffitte-jules","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2017\/09\/13\/laffitte-jules\/","title":{"rendered":"Laffitte, Jules"},"content":{"rendered":"<p>Originaire d\u2019Aigues-Vives (Ari\u00e8ge, canton de Mirepoix). Son p\u00e8re, S\u00e9v\u00e9rien, est un propri\u00e9taire ais\u00e9, maire de la commune. Jules a un bon niveau scolaire. Intern\u00e9 en Suisse de 1915 \u00e0 1917, il entreprend des \u00e9tudes de droit.<br \/>\nEn ao\u00fbt 1914, Jules faisait son service militaire au 80e RI ; il obtient le grade de sergent. Les documents conserv\u00e9s par la famille sont principalement des lettres de Jules, de S\u00e9v\u00e9rien, et de diverses personnes, notamment des lettres de condol\u00e9ances aux parents dans la p\u00e9riode o\u00f9 on le croit mort. Comme la plupart des combattants, Jules accorde une grande importance au courrier qui maintient les relations avec la famille. Les colis sont \u00e9galement les bienvenus.<\/p>\n<p>Au front<br \/>\nLe 2 ao\u00fbt 1914 : \u00ab Hier j\u2019\u00e9tais de garde \u00e0 la Brigade et j\u2019ai su un des premiers que la mobilisation \u00e9tait d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e ; vous pouvez penser que cette nouvelle ne m\u2019a pas rendu joyeux, bien au contraire ; enfin, que voulez-vous, il faut avoir du courage et si on doit partir il faut avoir l\u2019espoir de revenir ; n\u2019ayez pas de chagrin car tout le monde ne reste pas sur les champs de bataille. \u00bb Lors de la marche en avant apr\u00e8s la Marne, il est plein de sentiments de vengeance contre les Allemands qui ont pill\u00e9 les villages ; il songe aussi \u00e0 venger son oncle tu\u00e9 en 1870. Il r\u00e9percute la rumeur selon laquelle, avant 1914, les Allemands avaient achet\u00e9 des creutes de l\u2019Aisne, et les avaient fortifi\u00e9es en vue de la guerre (18 octobre 1914).<br \/>\nIl demande l\u2019envoi d\u2019une \u00ab paire de pantalons bleus, comme ceux des charpentiers, pour mettre sur les rouges \u00bb (moins pour \u00e9viter d\u2019\u00eatre visible que parce que les rouges sont en loques, 25 novembre 1914). Il se plaint de \u00ab toujours marcher et dormir peu \u00bb et du froid de fin novembre.<\/p>\n<p>La blessure<br \/>\nLe 3 d\u00e9cembre 1914, il est gravement bless\u00e9 pr\u00e8s d\u2019Ypres et laiss\u00e9 pour mort sur le terrain. Une balle lui a travers\u00e9 la bouche d\u2019une joue \u00e0 l\u2019autre et\u00a0a atteint le syst\u00e8me auditif. Il est ramass\u00e9 par les Allemands qui avancent, et soign\u00e9 \u00e0 Tourcoing, puis \u00e0 Lille. Un de ses camarades \u00e9crit qu\u2019il l\u2019a vu tomber, et la famille le croit mort. Elle re\u00e7oit des lettres de condol\u00e9ances patriotiques : \u00ab Votre fils a eu la plus belle mort qu\u2019un soldat puisse r\u00eaver : il est tomb\u00e9 mortellement frapp\u00e9 par une balle au front en combattant pour son pays. Puisse cette pens\u00e9e adoucir votre peine. \u00bb Une autre, cependant, remarque que l\u2019annonce n\u2019est pas officielle : \u00ab Du courage, il n\u2019est peut-\u00eatre pas mort. \u00bb<br \/>\nEn effet, apr\u00e8s plusieurs semaines, un avis de la Croix Rouge arrive, puis c\u2019est une lettre de Jules lui-m\u00eame. Il est prisonnier au camp de G\u00f6ttingen jusqu\u2019en mai 1915. Il \u00e9crit \u00e0 ses parents que le colis de ravitaillement qu\u2019ils lui ont envoy\u00e9 l\u2019a sauv\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: left;\">En Suisse<br \/>\nDans le cadre d\u2019accords franco-allemands (voir la notice Gueugnier), il est \u00e9vacu\u00e9 d\u2019Allemagne et intern\u00e9 en Suisse, pr\u00e8s de Montreux, jusqu\u2019en juillet 1917. L\u00e0, \u00ab les pics recouverts de neige \u00bb lui rappellent \u00ab la pittoresque silhouette des Pyr\u00e9n\u00e9es \u00bb ; il croit voir\u00a0\u00a0les montagnes du Saint-Barth\u00e9l\u00e9my. Il pleut, il fait froid, mais : \u00ab Quand on a un bon g\u00eete, sans fissures aux parois, une nourriture confortable assur\u00e9e, on ne doit pas redouter les intemp\u00e9ries qui peuvent s\u2019abattre sur le pays \u00bb (30 septembre 1916).<br \/>\nVenant de l&rsquo;\u00e9tranger, la correspondance de Jules avec ses parents est \u00e9troitement surveill\u00e9e, comme le montrent, dans le fonds familial, les enveloppes ouvertes par la censure. Mais il peut lire la presse de son \u00ab pays \u00bb (13 janvier 1917) : \u00ab Dans une demi-heure, je descendrai au Foyer des Intern\u00e9s o\u00f9 je vais prendre, de temps en temps, des nouvelles du pays, <em>La D\u00e9p\u00eache<\/em>, \u00e9dition de l\u2019Ari\u00e8ge, y \u00e9tant exp\u00e9di\u00e9e directement de Toulouse. \u00bb<br \/>\nSes parents, ais\u00e9s, peuvent se payer le voyage de Suisse, et ils viennent le voir une fois. Cependant, la s\u00e9paration p\u00e8se. Jules \u00e9voque avec nostalgie les f\u00eates de No\u00ebl en famille et la foire de Saint-Maurice (7 octobre 1916).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Retour en France<br \/>\nIl peut revenir en France en juillet 1917. Il est toujours militaire et il doit accomplir certaines t\u00e2ches \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, dans l\u2019auxiliaire. Il n\u2019appr\u00e9cie pas et souhaite \u00eatre purement et simplement r\u00e9form\u00e9 : \u00ab Il valait bien mieux que je reste en Suisse \u00bb (4 octobre 1917). Il doit garder des prisonniers allemands : \u00ab Les Boches sont tr\u00e8s humbles, ils n\u2019ont pas l\u2019air dominateur que poss\u00e9daient mes anciens gardiens ; je trouve un peu dr\u00f4le de les commander apr\u00e8s avoir v\u00e9cu sous leur joug \u00bb (18 d\u00e9cembre 1917).<br \/>\nPour se faire r\u00e9former, il cherche un piston : \u00ab Que papa parle s\u00e9rieusement \u00e0 P\u00e9doya pour qu\u2019il arrive \u00e0 un r\u00e9sultat le plus t\u00f4t possible. Il faut le remuer car lui ne s\u2019est pas g\u00ean\u00e9 pour pousser papa \u00e0 lui donner le maximum de voix, par cons\u00e9quent il doit se montrer un peu reconnaissant \u00bb (16 d\u00e9cembre 1917).<br \/>\nR\u00e9my Cazals, septembre 2017<br \/>\nNotes :<br \/>\nGustave P\u00e9doya (1838-1938), g\u00e9n\u00e9ral de division, d\u00e9put\u00e9 radical de l\u2019Ari\u00e8ge de 1909 \u00e0 1919.<br \/>\nLorsque Nathalie Deh\u00e9vora a consult\u00e9 le fonds Laffitte pour son m\u00e9moire de ma\u00eetrise <em>Quatre combattants de 14-18 <\/em>(Universit\u00e9 de Toulouse Le Mirail, 2005), il \u00e9tait conserv\u00e9 par la famille. A-t-il \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9 aux Archives de l\u2019Ari\u00e8ge dans le cadre de la Grande Collecte ? Si une r\u00e9ponse est donn\u00e9e \u00e0 cette question, elle sera ajout\u00e9e \u00e0 cette notice ; on aimerait aussi conna\u00eetre les dates de naissance et de d\u00e9c\u00e8s de Jules Laffitte, ainsi que sa profession.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Originaire d\u2019Aigues-Vives (Ari\u00e8ge, canton de Mirepoix). Son p\u00e8re, S\u00e9v\u00e9rien, est un propri\u00e9taire ais\u00e9, maire de la commune. Jules a un bon niveau scolaire. Intern\u00e9 en Suisse de 1915 \u00e0 1917, il entreprend des \u00e9tudes de droit. En ao\u00fbt 1914, Jules faisait son service militaire au 80e RI ; il obtient le grade de sergent. 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