{"id":3076,"date":"2018-02-05T10:57:57","date_gmt":"2018-02-05T09:57:57","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=3076"},"modified":"2018-02-05T10:57:57","modified_gmt":"2018-02-05T09:57:57","slug":"buchs-johannes-franz-1878-1963","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2018\/02\/05\/buchs-johannes-franz-1878-1963\/","title":{"rendered":"B\u00fcchs, Johannes-Franz (1878-1963)"},"content":{"rendered":"<p>De nationalit\u00e9 allemande, le sculpteur Johnny B\u00fcchs vit \u00e0 Paris depuis pr\u00e8s de vingt ans, quand \u00e9clate la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Cet amoureux de Montparnasse et de la cit\u00e9 des arts conna\u00eet alors, avec sa femme Jeanne (elle aussi allemande) et ses deux fils, le sort de prisonniers civils. \u00c9vacu\u00e9s de la Dordogne, ils arrivent au camp de Garaison par Monl\u00e9on-Magnoac (Hautes-Pyr\u00e9n\u00e9es) en 1915. Le passage du sculpteur dans cet ancien couvent reconverti en camp d\u2019internement est attach\u00e9 \u00e0 l\u2019image d\u2019une statue de faune pa\u00efen, \u00e9rig\u00e9e sur la fontaine de la grande cour de l\u2019appel (cour des Apostoliques) et consid\u00e9r\u00e9e comme un blasph\u00e8me par les eccl\u00e9siastiques vivant encore \u00e0 Garaison. En janvier 1917, traumatis\u00e9 et malade, Johnny B\u00fcchs est transf\u00e9r\u00e9 en Suisse, dans un camp d\u2019internement sanitaire. Une fois gu\u00e9ri, le sculpteur recommence tout de z\u00e9ro dans le canton d\u2019Argovie o\u00f9 il peut acqu\u00e9rir d\u00e8s 1926 un vaste atelier.<\/p>\n<p>Le Fonds des P\u00e8res de Garaison conserv\u00e9 aux Archives dioc\u00e9saines de Tarbes et Lourdes comporte d\u2019int\u00e9ressantes photographies en rapport avec Johnny B\u00fcchs et ses \u0153uvres.<br \/>\nC\u2019est le descendant d\u2019un cod\u00e9tenu ami du sculpteur qui nous a transmis l\u2019oraison fun\u00e8bre de l\u2019artiste, prononc\u00e9e par le pr\u00eatre Arnold Helbling le 5 janvier 1963. Gr\u00e2ce \u00e0 ce document traduit et retranscrit ci-dessous, il est possible de reconstituer certains pans de l\u2019histoire du sculpteur, avant et apr\u00e8s l\u2019internement \u00e0 Garaison. Il nous a \u00e9galement transmis des photos d\u2019\u0153uvres de B\u00fcchs, dont l\u2019une figure la t\u00eate de Maurice Bartels.<br \/>\nNota : N\u00e9 le 26 avril 1910 \u00e0 Paris, Maurice Bartels est le fils d\u2019un employ\u00e9 de banque, li\u00e9 d\u2019amiti\u00e9 avec Johnny B\u00fcchs. Il arrive au camp \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 7 ans, le 17 juillet 1917, il y rejoint son p\u00e8re pr\u00e9sent \u00e0 Garaison depuis 1914.<\/p>\n<p>Aux Archives d\u00e9partementales des Hautes-Pyr\u00e9n\u00e9es, la r\u00e9f\u00e9rence du dossier de Johnny B\u00fcchs est 9_R_152.<\/p>\n<p>Une notice biographique est en cours de r\u00e9daction pour le dictionnaire-anthologie <em>Le Sud-Ouest de la France et les Pyr\u00e9n\u00e9es dans la m\u00e9moire des pays de langue allemande au XXe si\u00e8cle <\/em>(Le P\u00e9r\u00e9grinateur, 2018).<\/p>\n<p>Hilda Inderwildi, f\u00e9vrier 2018<\/p>\n<p>\u00ab Mes chers fr\u00e8res et s\u0153urs unis par le deuil,<\/p>\n<p>Il a plu \u00e0 notre Seigneur qui r\u00e9git la vie et la mort de rappeler aupr\u00e8s de lui pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9 Johannes Franz B\u00fcchs, d\u00e9nomm\u00e9 Johnny B\u00fcchs, sculpteur acad\u00e9mique, domicili\u00e9 dans la Sch\u00f6nenwerderstrasse en la ville d\u2019Aarau.<br \/>\nIl est mort au terme d\u2019une vie longue et bien remplie, pleine de rebondissements, \u00e0 un \u00e2ge v\u00e9n\u00e9rable, un peu plus de 84 ans.<\/p>\n<p>Johnny est n\u00e9 le 26 septembre 1878 \u00e0 Dresde, alors capitale du royaume de Saxe et protectrice des arts. C\u2019est l\u00e0 que s\u2019\u00e9veilla son go\u00fbt pour l\u2019art au contact des splendides \u00e9difices baroques et rococo de la ville et des c\u00e9l\u00e8bres chefs-d\u2019\u0153uvre de la Dresdener Galerie. Sa forte inclination \u00e0 saisir personnages et objets sur le mode plastique l\u2019orienta naturellement vers la sculpture et le poussa \u00e0 entreprendre des \u00e9tudes aux Beaux-Arts de Dresde, qu\u2019il poursuivit \u00e0 Munich, ville des muses et vers\u00e9e dans les arts, r\u00e9sidence du roi de Bavi\u00e8re.<\/p>\n<p>Sa formation termin\u00e9e, il se rendit \u00e0 Paris, cette m\u00e9tropole cosmopolite, o\u00f9 il tint son atelier durant dix-huit ans comme artiste ind\u00e9pendant ; il sut s\u2019y imposer dans le d\u00e9bat stimulant avec maints autres artistes plasticiens, il s\u2019y vit confier de belles r\u00e9alisations, valorisantes, et il put y d\u00e9velopper toutes les promesses de son talent. Ces ann\u00e9es \u00e0 Paris devaient demeurer les meilleures de sa vie. Il y acquit une ma\u00eetrise remarquable et reconnue comme telle. Puis, la Premi\u00e8re Guerre mondiale \u00e9clata soudainement. Avan\u00e7ant \u00e0 toute allure, les arm\u00e9es allemandes menac\u00e8rent bient\u00f4t Paris. Ressortissant allemand, Johnny connut dans son pays d\u2019accueil le sort de prisonnier civil. Apr\u00e8s la bienheureuse \u00e9claircie des ann\u00e9es d\u2019avant-guerre, son \u00e2me \u00e9prise de paix eut du mal \u00e0 supporter cette p\u00e9riode d\u2019\u00e9pouvantable tonnerre martial. Il dut abandonner ciseau et marteau, et il tomba malade. C\u2019est \u00e0 la faveur d\u2019un \u00e9change de prisonniers que ce patient arriva ensuite en Suisse \u00e0 Schinznach-Bad qui accueillait un camp d\u2019internement. Mais il n\u2019avait eu d\u2019autre choix que laisser derri\u00e8re lui, en France, toutes ses \u0153uvres datant de cette p\u00e9riode de cr\u00e9ation si f\u00e9conde. Cela lui fit mal, comme s\u2019il s\u2019\u00e9tait agi d\u2019une partie de lui. Ainsi ses \u0153uvres, innocentes victimes de la guerre, furent-elles d\u00e9truites ou tomb\u00e8rent dans l\u2019oubli. Il \u00e9tait donc n\u00e9cessaire de repartir de z\u00e9ro, et dans de toutes autres conditions. Apr\u00e8s sa gu\u00e9rison, Johnny alla s\u2019installer \u00e0 Niederlenz o\u00f9 il put reprendre la sculpture au bout de longues ann\u00e9es de maturation psychique.<\/p>\n<p>[\u2026]<\/p>\n<p>Je ne saurais pas dire grand-chose de la vie priv\u00e9e de Johnny B\u00fcchs. Il s\u2019\u00e9tait jadis mari\u00e9 \u00e0 Berlin et avait fond\u00e9 une famille. De son union naquirent deux fils, Ren\u00e9 et Marc, qui vivent tous deux en Am\u00e9rique. Ce fut une immense joie pour ce vieux grand-p\u00e8re souffrant d\u2019un tr\u00e8s fort asthme de pouvoir peu avant No\u00ebl faire la connaissance de son petit-fils et sa femme, ainsi que de son arri\u00e8re-petite-fille, et de les recevoir dans son foyer. Il en avait toujours r\u00eav\u00e9. Eux \u00e9taient venus en Europe depuis Oakland en Californie, sp\u00e9cialement pour rendre visite \u00e0 leur cher grand-p\u00e8re et arri\u00e8re-grand-p\u00e8re. Cela devait \u00eatre son ultime grande joie ici-bas. Car au second jour de la nouvelle ann\u00e9e, une insuffisance cardiaque eut raison de cette vielle \u00e2me fatigu\u00e9e. \u00bb<\/p>\n<p>Extrait de l\u2019oraison fun\u00e8bre de Johnny B\u00fcchs par le pr\u00eatre Arnold Helbling (5. 1. 1963)<br \/>\nTraduction in\u00e9dite par Hilda Inderwildi<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De nationalit\u00e9 allemande, le sculpteur Johnny B\u00fcchs vit \u00e0 Paris depuis pr\u00e8s de vingt ans, quand \u00e9clate la Premi\u00e8re Guerre mondiale. 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