{"id":3085,"date":"2018-04-02T09:38:17","date_gmt":"2018-04-02T08:38:17","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=3085"},"modified":"2018-04-02T09:38:17","modified_gmt":"2018-04-02T08:38:17","slug":"labbe-albert-1893","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2018\/04\/02\/labbe-albert-1893\/","title":{"rendered":"Labb\u00e9, Albert (1893-?)"},"content":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin<br \/>\nAlbert Labb\u00e9 est n\u00e9 \u00e0 Pas-en-Artois (Pas-de-Calais) en 1893, ses parents tenaient avant 1914 un caf\u00e9-cin\u00e9ma. Il est incorpor\u00e9 \u00e0 vingt ans au 43e RI de Lille en octobre 1913. Engag\u00e9 dans les combats sur la Meuse (Saint-G\u00e9rard) le 23 ao\u00fbt 1914, il participe ensuite \u00e0 la bataille de la Marne \u00e0 Esternay. Il est bless\u00e9 d\u2019un \u00e9clat \u00e0 la t\u00eate le premier jour de l\u2019offensive de Champagne, \u00e0 Beaus\u00e9jour le 16 f\u00e9vrier 1915. Soign\u00e9 \u00e0 Arcachon jusqu\u2019en avril, il est peut-\u00eatre  r\u00e9form\u00e9 ou class\u00e9 auxiliaire apr\u00e8s cette p\u00e9riode.<br \/>\n2. Le t\u00e9moignage<br \/>\nLe carnet d\u2019Albert Labb\u00e9, qui va du 2 ao\u00fbt 1914 au 17 mars 1915, est un r\u00e9cit succinct des \u00e9v\u00e9nements qu\u2019il vit, avec en g\u00e9n\u00e9ral deux ou trois lignes par jour, et un peu plus lors des journ\u00e9es d\u2019engagement, comme par exemple celle du 16 f\u00e9vrier 1915. Le document, entrecoup\u00e9 de coupures de presse, se termine par une chanson recopi\u00e9e et les adresses de quelques camarades. L\u2019emploi du terme boche d\u00e8s le 14 ao\u00fbt 1914, et des erreurs de dates (jours de novembre dat\u00e9s d\u2019octobre), font penser \u00e0 la reprise d\u2019un document original, peut-\u00eatre r\u00e9alis\u00e9e lors de la convalescence.<br \/>\nCe carnet, num\u00e9ris\u00e9 par les Archives d\u00e9partementales du Pas-de-Calais, est disponible sur Internet  (\u00ab Albert Labb\u00e9 Wikisource \u00bb). La mise \u00e0 disposition du public de ce t\u00e9moignage, r\u00e9sulte d\u2019abord de la campagne de collecte de documents venant de particuliers, r\u00e9alis\u00e9e par les diff\u00e9rentes Archives D\u00e9partementales et par le programme Europeana 14-18. Dans une d\u00e9marche \u00ab Open Data \u00bb, un accord entre les Archives D\u00e9partementales des Alpes-Maritimes (AD 06) et la biblioth\u00e8que num\u00e9rique collaborative Wikisource, accord \u00e9largi ensuite aux AD 37 et AD 62, a permis de mettre \u00e0 la disposition de volontaires transcripteurs des manuscrits num\u00e9ris\u00e9s, pour r\u00e9alisation et mise en ligne d\u2019une version typographi\u00e9e. La version d\u00e9finitive doit \u00eatre certifi\u00e9e par deux contributeurs, mais surtout, pour chaque page, l\u2019onglet \u00ab source \u00bb permet de v\u00e9rifier avec l\u2019archive originale.  Si les AD ne garantissent pas le r\u00e9sultat final (en terme de fid\u00e9lit\u00e9 absolue), le protocole permet un r\u00e9sultat assez satisfaisant, et surtout de porter \u00e0 la connaissance du public des documents qui sinon dormiraient dans les rayonnages (conversation avec A. Lestiennes, Webmestre \u00e9ditorial aux AD du Pas-de-Calais, janvier 2018).<br \/>\n3\tAnalyse<br \/>\nAlbert Labb\u00e9 mentionne, en date du 11 ao\u00fbt 1914, sept morts du fait de la chaleur &#8211; ce qui fait beaucoup &#8211; et de nombreux malades, ce qui est plus plausible. L\u2019auteur consacre une vingtaine de lignes au combat du 23 ao\u00fbt entre Dinant et Givet, et c\u2019est une impression de confusion qui domine: (23 ao\u00fbt pdf 17 \u2013 18) \u00ab on re\u00e7oit l\u2019ordre de battre en retraite mais un obus tombe juste sur un caisson ; qui explose ; des officiers crient sauve-qui-peut, c\u2019est la d\u00e9route; comme des maladroits au lieu de suivre le capitaine on traverse le champs de bataille d\u2019un bout a [sic + suite pour orthographe \u2013 syntaxe] l\u2019autre et apr\u00e8s avoir couru 7 k dans les r\u00e9coltes au milieu du feu des mitraillieuses et des obus un g\u00e9n\u00e9ral nous fait d\u00e9ployer sur une cr\u00eate ; ne voulant pas tirer devant nous ; puisque nos camarades arrivent ; j\u2019ai laisser mon sac comme tout le monde pour reprendre ma course. \u00bb Mention est faite ensuite du combat d\u2019arr\u00eat du 30 ao\u00fbt (bataille de Guise), A. Labb\u00e9 en revendique la victoire, avec beaucoup de pertes pour les Allemands. La mention du 6 septembre (bataille de la Marne) signale l\u2019impr\u00e9paration des Allemands et l\u2019avanc\u00e9e des Fran\u00e7ais. Le 7 septembre : (pdf 25-26)  \u00ab A sept heures du matin apr\u00e8s avoir fait le jus ont reprend ses positions. A 5 heures on avance et on arrive \u00e0 Esternay. Les allemands ont allign\u00e9s leurs tu\u00e9s dans les prairies, de tous c\u00f4t\u00e9s, ont fait une grande partie de la croix rouge b\u00f4che prisonni\u00e8re et on soigne de nombreux bless\u00e9s, qui n\u2019ont pas arriver a se sauver. Dans ce pays un officier b\u00f4che, apr\u00e8s avoir abuser d\u2019une fillette, il lui a cass\u00e9 le bras et sa m\u00e8re demandait secours au major du 43e. Ils ont tu\u00e9 2 civils dans les prairies.\u00bb La poursuite prend fin \u00e0 Reims, o\u00f9 ils sont acclam\u00e9s par la foule, \u00ab vin, bi\u00e8re, on nous donne chocolat, gateaux et m\u00eame des portemonaies garnis. \u00bb. Les durs combats de septembre et octobre sont \u00e9voqu\u00e9s succinctement, devant les forts de Reims puis dans le secteur de Pontavert. Le 15 octobre, le carnet fait \u00e9tat d\u2019un stratag\u00e8me allemand, compliqu\u00e9 dans son application, si l\u2019on suit la source en termes de v\u00e9racit\u00e9 : \u00abL\u2019attaque [fran\u00e7aise] rat\u00e9e, le soir, quelques bless\u00e9s arrivent \u00e0 repasser le pont, ceux qui demandaient des secours furent achever par les patrouilles allemandes qui venaient pr\u00e8s de nous crier \u00ab feu par salves \u00bb, ce qui nous obliger de tirer sur eux ; le lendemain, la cr\u00eate \u00e9tait recouverte de nos cadavres fran\u00e7ais qui sont rest\u00e9s l\u00e0 durant deux mois devant nos yeux. \u00bb Mention est faite d\u2019une parade d\u2019ex\u00e9cution le 20 octobre, puis en novembre d\u2019une prise de contact avec des Allemands (\u00e9change de journaux et d\u2019une bo\u00eete de cigares), la fraternisation ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9e par \u00ab le lieutenant Robert qui a chant\u00e9 un air allemand que les b\u00f4ches ont applaudi \u00bb (pdf 51). Le 5 d\u00e9cembre, avec l\u2019arriv\u00e9e de la classe 1914, la Saint-Nicolas est f\u00eat\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 2 heures du matin. Le 43e est en ligne en Champagne devant le fortin de Beaus\u00e9jour d\u00e8s d\u00e9cembre 1914, et, avec des conditions m\u00e9t\u00e9orologiques difficiles, les combats sont \u00e2pres d\u00e8s avant la grande offensive fran\u00e7aise du 16 f\u00e9vrier 1915.<br \/>\nUn passage int\u00e9ressant du r\u00e9cit r\u00e9side dans la description de l\u2019attaque \u00e0 l\u2019occasion de laquelle il a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 : 16 f\u00e9vrier, 10 heures \u00ab Toute la compagnie franchit le parapet a la ba\u00efonette avec fanion rouge pour l\u2019artillerie. Plus un piquet, plus de fil de fer, une panique chez les b\u00f4ches qui se sauvent avec leurs mitraillieuses. Pas un de nous est blesser . Arriver dans la tranch\u00e9e b\u00f4ches, on s\u2019empare d\u2019un th\u00e9l\u00e9phone, le lieutenant Givet casse une mitrailleuse (avant de se replier). On voit des \u00e9quipements b\u00f4ches partout de Ceux qui ne se sont pas enfui sont prisonnier. On les pique avec la ba\u00efonette pour les faire regagner nos lignes. Ils se trainent a genoux, offrant leurs montres, bo\u00eetes d\u2019allumettes, etc., etc. (\u2026). On avance toujours en chantant, les b\u00f4ches se sauvent, nous voici presque \u00e0 la 3e tranch\u00e9e, on se retourne, on aper\u00e7oit qu\u2019il y a des b\u00f4ches a gauche qui nous tirent dans le dos. On demande du renfort, rien ne vient. Le renfort b\u00f4che, la garde imp\u00e9riale arrive, on tire a bout portant, plusieurs tu\u00e9s dans notre c\u00f4t\u00e9. On \u00e9conomise nos cartouches. La pouss\u00e9e devient terrible, on revient sur ses pas, apr\u00e8s avoir vider 2 \u00e9quipements (celui de Martin tu\u00e9 \u00e0 mon c\u00f4t\u00e9.). Les b\u00f4ches lancent des grenades, c\u2019est alors que j\u2019en ai re\u00e7u un \u00e9clat sur la t\u00eate. A moiti\u00e9 assommer, je me suis r\u00e9fugier dans une sappe. \u00bb A. Labb\u00e9 r\u00e9ussit \u00e0 regagner l\u2019arri\u00e8re vers 13 heures, et cl\u00f4t son r\u00e9cit en signalant que les restes de sa compagnie, faute de renfort, ont d\u00fb aussi regagner le soir les lignes de d\u00e9part. Evacu\u00e9, il arrive \u00e0 Arcachon le 20 f\u00e9vrier, mention qui termine son r\u00e9cit.<\/p>\n<p>Vincent Suard,\t\tmars 2018<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Albert Labb\u00e9 est n\u00e9 \u00e0 Pas-en-Artois (Pas-de-Calais) en 1893, ses parents tenaient avant 1914 un caf\u00e9-cin\u00e9ma. Il est incorpor\u00e9 \u00e0 vingt ans au 43e RI de Lille en octobre 1913. 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