{"id":3107,"date":"2018-07-12T10:32:02","date_gmt":"2018-07-12T09:32:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=3107"},"modified":"2018-07-12T10:32:35","modified_gmt":"2018-07-12T09:32:35","slug":"staquet-fourne-roger-1886-1968","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2018\/07\/12\/staquet-fourne-roger-1886-1968\/","title":{"rendered":"Staquet-Fourn\u00e9, Roger (1886-1968)"},"content":{"rendered":"<p>1.\tLe t\u00e9moin<br \/>\nRoger Staquet, ancien \u00e9l\u00e8ve de l\u2019Institut Catholique d\u2019Arts et M\u00e9tiers, est au moment de la mobilisation ing\u00e9nieur \u00e0 Loos (faubourg de Lille) dans la grande usine textile Thiriez. Mar\u00e9chal des Logis au 29\u00e8me R\u00e9giment d\u2019artillerie, il est promu sous-lieutenant en 1915 et lieutenant en 1917. Son unit\u00e9 combat dans diff\u00e9rents secteurs du front pendant le conflit, notamment en Flandre en 1914, en Artois en 1915, dans l\u2019Aisne et \u00e0 Verdun en 1917. Il est mut\u00e9 au 235\u00e8me R\u00e9giment d\u2019Artillerie en avril 1917 et l\u2019ann\u00e9e 1918 le voit davantage dans des missions de liaison avec l\u2019Etat-Major de sa division, au sein de l\u2019A.D. 165 (Artillerie divisionnaire de la 165\u00e8me D.I.). D\u00e9mobilis\u00e9 en Allemagne en avril 1919, il reprend imm\u00e9diatement son travail \u00e0 l\u2019usine de Loos-lez-Lille.<br \/>\n2.\tLe t\u00e9moignage<br \/>\nLe <em>Carnet de route 1914-1918 de Roger Staquet-Fourn\u00e9 <\/em>(Editions Boduonia, Marcq-en-Baroeul, 2011, 467 pages) a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 mis en forme dactylographi\u00e9e, \u00e0 partir des carnets manuscrits, dans les ann\u00e9es soixante-dix , par le fils de l\u2019auteur, Roger Staquet-Tamisier; la version pr\u00e9sent\u00e9e ici est la publication, sous forme int\u00e9grale, de ce travail minutieux par son petit-fils Roger Staquet-Solheid, avec un accompagnement de clich\u00e9s photographiques originaux et de documents divers (reproductions du carnet manuscrit, croquis, menus\u2026). Les carnets courent du 2 ao\u00fbt 1914 au 7 avril 1919.<br \/>\n3.\tAnalyse<br \/>\nR. Staquet est un homme pos\u00e9, qui s\u2019exprime avec pr\u00e9cision. Son propos est souvent g\u00e9ographique, m\u00e9t\u00e9orologique, et ses notes d\u00e9crivent son emploi du temps et sa sociabilit\u00e9, au front comme dans ses relations avec l\u2019arri\u00e8re. Il insiste peu par contre sur sa vie int\u00e9rieure, ou sur ses motivations politiques et patriotiques.<br \/>\na.\tEn op\u00e9ration<br \/>\nLe t\u00e9moignage est d\u2019abord utile pour d\u00e9crire les op\u00e9rations d\u2019ao\u00fbt \u00e0 octobre 1914, dans le Pas-de-Calais et dans la Somme, dans une guerre tr\u00e8s mobile qui ne se fige qu\u2019au moment de la Course \u00e0 la mer. Si la batterie de R. Staquet s\u2019en sort, \u00e0 ses dires,  tr\u00e8s honorablement, ce n\u2019est pas le cas de toutes les troupes qu\u2019il rencontre; il critique en septembre des territoriaux d\u00e9braill\u00e9s, ivres et pilleurs, accompagn\u00e9s de leurs femmes (12\u00e8me R.I.T.), et signale le 9 octobre que des dragons repoussent d\u2019autres territoriaux \u00e0 coups de lance dans les tranch\u00e9es, en les mena\u00e7ant de leurs revolvers (Hannescamps). Les troupes indig\u00e8nes ne trouvent pas davantage gr\u00e2ce \u00e0 ses yeux (p. 55, 15 octobre 1914) \u00ab C\u2019\u00e9tait un bon pays o\u00f9 nous \u00e9tions bien install\u00e9s et assez bien re\u00e7us, quoique les troupes marocaines l\u2019aient compl\u00e8tement mis \u00e0 sac et aient inond\u00e9 de poux tous les cantonnements. De leur moralit\u00e9, je n\u2019en parle pas, c\u2019\u00e9tait ignoble. Il logeait surtout ici des goumiers. \u00bb La description du front belge, tenu pendant 9 mois \u00ab \u00e0 la c\u00f4te \u00bb, avec les batteries install\u00e9es \u00e0 Nieuport-Bains et \u00e0 Coxyde, est une des parties les plus int\u00e9ressantes du t\u00e9moignage. Les positions sont install\u00e9es dans les jardins des villas, souvent non encore pill\u00e9es, avec piano et \u00e9quipement de plage. Les batteries appuient l\u2019infanterie qui m\u00e8ne des combats tr\u00e8s durs, mais les positions install\u00e9es dans des r\u00e9sidences estivales donnent une impression curieuse, o\u00f9 l\u2019enfer serait temp\u00e9r\u00e9 d\u2019un peu de paradis. L\u2019ampleur des combats diminue en 1915, et en g\u00e9n\u00e9ral le service laisse des loisirs qu\u2019il faut occuper  (p. 124, juillet 1915.) : \u00ab Quand on est de repos, promenade \u00e0 l\u2019\u00e9chelon, \u00e0 Coxyde et \u00e0 La Panne, o\u00f9 l\u2019on va chercher des livres, ayant beaucoup de temps \u00e0 perdre. \u00bb Mais il trouve que ce sont les artilleurs belges qui manquent de s\u00e9rieux, (p. 125, juillet 1915) : \u00ab J\u2019ai vu des officiers venir de la Panne en auto vers cinq heures, tirer vingt coups et repartir dix minutes apr\u00e8s en auto, achever l\u2019ap\u00e9ritif. \u00bb  Malgr\u00e9 la contre-batterie, r\u00e9elle, le sort des artilleurs est donc ici moins dur, non seulement que celui des fusiliers-marins ou zouaves de l\u2019Yser, mais aussi que celui des servants de batteries d\u2019artillerie en Champagne ou en Argonne \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque.<br \/>\nEn Artois, il \u00e9voque sa participation \u00e0 l\u2019offensive du 25 septembre 1915, \u00e9tant \u00e0 la droite des Anglais, qui attaquent Loos-en-Gohelle. De sa place d\u2019observateur (secteur Bully-Grenay), il voit surtout du brouillard, des gaz et de la fum\u00e9e et ne peut v\u00e9rifier l\u2019effet des tirs. Mis \u00e0 part ces jours de combats violents, et les p\u00e9riodes meurtri\u00e8res de contre-batterie, les jours de beau temps, lorsque l\u2019aviation allemande d\u2019observation travaille avec efficacit\u00e9, la vie en secteur est supportable car les batteries tirent peu au quotidien (p. 156, octobre 1916 ) : \u00ab la vie continue assez calme. On tire peu. Comme on prend un jour de service sur deux \u00e0 la batterie, on n\u2019est pas malheureux. Je fais de bonnes balades \u00e0 cheval avec Gontier dans les environs. \u00bb. Le 235\u00e8me R.A. o\u00f9 il a \u00e9t\u00e9 mut\u00e9 appuie dans l\u2019Aisne l\u2019offensive du 16 avril 1917 vers Cormicy, mais (p. 319) \u00ab on apprend par la liaison que c\u2019est un \u00e9chec \u00e0 peu pr\u00e8s complet. Les fantassins ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s \u00e9prouv\u00e9s par des mitrailleuses rest\u00e9es dans le Mont Sapigneul et \u00e0 la cote 108, et qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9masqu\u00e9es \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019infanterie. \u00bb R. Staquet participe aussi aux violents combats qui reprennent \u00e0 Verdun \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 1917, et c\u2019est l\u2019occasion de l\u2019une de ses rares mentions critiques, li\u00e9e \u00e0 un sentiment d\u2019indignation devant des injustices r\u00e9p\u00e9t\u00e9es (p. 354, Verdun, Ravin de la Dame ) : \u00ab On a du reste l\u2019impression qu\u2019ici, comme pendant toutes les grandes attaques, les grands chefs, les premiers ou les derniers, se foutent totalement des poilus. (\u2026) Qu\u2019importe que Jacques Bonhomme se fasse tuer si les \u00e9tats-majors sup\u00e9rieurs sont \u00e0 six ou sept m\u00e8tres sous terre et confortablement install\u00e9s. \u00bb<br \/>\nb.\tCommuniquer avec les \u00ab pays envahis \u00bb<br \/>\nLes proches de R. Staquet sont rest\u00e9s en zone occup\u00e9e, il n\u2019a pas de nouvelles de sa femme Henriette et de sa m\u00e8re, et il apprend la naissance de son fils juste avant l\u2019interruption du courrier (octobre 1914). On le voit de mani\u00e8re r\u00e9currente se d\u00e9mener pour obtenir des nouvelles, jusqu\u2019\u00e0 la mesure g\u00e9n\u00e9rale permettant la correspondance avec la r\u00e9gion occup\u00e9e, (p. 220, 25 mai 1916) \u00ab On nous a avis\u00e9 hier officiellement de la possibilit\u00e9 de correspondre avec les pays envahis. Une carte tous les deux mois : vingt mots \u00e0 la fois. Quelle joie ! Je vais enfin pouvoir correspondre avec mes chers miens rest\u00e9s l\u00e0-bas. \u00bb Ses relations, son \u00ab r\u00e9seau \u00bb, lui permettent toutefois d\u2019avoir parfois des lettres plus compl\u00e8tes que les cartes officielles. Sa famille de Lille essaie sans succ\u00e8s de se faire rapatrier, puis finit par se r\u00e9fugier en Belgique, dans un couvent pr\u00e8s de Bruxelles. Les communications, un peu moins difficiles, peuvent avoir des effets pervers (22 juin 1918, p. 415) : \u00ab le 24 au soir, lettre d\u2019E. Taquet avec une carte de maman o\u00f9 elle me r\u00e9clame d\u2019urgence de l\u2019argent et me traite d\u2019\u00e9go\u00efste ( \u2026) La carte de maman me porte un gros coup ; apr\u00e8s 4 ans de bataille, de lutte et d\u2019isolement, il est p\u00e9nible de recevoir de tels messages !!! \u00bb Il en est durablement retourn\u00e9,  et toutes les tentatives pour faire passer de l\u2019argent \u00e9chouent. La situation s\u2019apaise d\u00e9but juillet, ce qui montre que les relations \u00e9pistolaires \u00ab d\u00e9tourn\u00e9es \u00bb, avec la zone occup\u00e9e, finissent par relativement bien fonctionner (15 jours seulement entre deux courriers), 8 juillet 1918 p. 418, \u00ab Re\u00e7u hier une lettre d\u2019Aim\u00e9 Taquet contenant deux photographies (\u2026) Elles \u00e9taient accompagn\u00e9es d\u2019un mot \u00e9crit de la main d\u2019Henriette, plus consolant et plus rassurant que la derni\u00e8re carte de maman. \u00bb.<br \/>\nc.\tUn membre de la bourgeoisie catholique<br \/>\nR. Staquet a des relations suivies avec sa famille au sens large, des nordistes habitants ou r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 B\u00e9thune, Montreuil (62) ou Tours, et il attache une grande importance \u00e0 la sociabilit\u00e9 avec ses camarades, anciens de son \u00e9cole d\u2019ing\u00e9nieur, l\u2019I.C.A.M. (Facult\u00e9s catholiques). C\u2019est aussi un catholique \u00e0 la pratique assidue, et son journal est rythm\u00e9 par la mention des nombreuses messes auxquelles il prend part, sans paradoxalement pour autant donner l\u2019impression qu\u2019il est particuli\u00e8rement aust\u00e8re ou d\u00e9vot (sociabilit\u00e9 militaire \u00ab normale \u00bb, avec nombreux repas festifs). Il \u00e9voque peu son intimit\u00e9 spirituelle, sauf par exemple en Flandre, \u00e0 propos d\u2019un ami r\u00e9cemment tu\u00e9 (janvier 1915) : \u00ab La Sainte Vierge m\u2019a prot\u00e9g\u00e9 jusqu\u2019ici, et j\u2019esp\u00e8re qu\u2019elle ne m\u2019abandonnera pas. Je n\u2019ai jamais oubli\u00e9 de la prier matin et soir depuis le d\u00e9but de la guerre (\u2026).\u00bb L\u2019auteur est un \u00ab p\u00e9nitent fr\u00e9quent \u00bb (Guillaume Cuchet), c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il se confesse souvent, plusieurs fois par exemple en janvier 1916; il sert aussi la messe \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du front (p. 390, 25 d\u00e9cembre 1917) : \u00ab comme d\u2019habitude, je sers la messe \u00bb. Sa pi\u00e9t\u00e9 n\u2019est pas  partag\u00e9e par la troupe, dans un  r\u00e9giment \u00e0 recrutement septentrional (9 avril 1915) : \u00ab Tous les officiers, commandant en t\u00eate, communient. Je me suis confess\u00e9 et ai communi\u00e9 \u00e9galement. Par contre, on a beaucoup de mal \u00e0 d\u00e9cider les sous-officiers et quelques hommes \u00e0 venir assister \u00e0 la messe ; Ils consid\u00e8rent cela comme un service command\u00e9 par le commandant Leclerc. \u00bb<br \/>\nd.\tLa lib\u00e9ration<br \/>\nL\u2019auteur obtient une permission d\u00e8s le 13 novembre 1918 et se pr\u00e9cipite \u00e0 Lille, il est choqu\u00e9 par l\u2019\u00e9tat des rares habitants encore pr\u00e9sents, (p. 433, 14 novembre 1918) \u00ab Quel tableau que la figure des gens qui nous re\u00e7oivent ! Jaunis, \u00e9maci\u00e9s ! On voit qu\u2019ils ont souffert terriblement pendant quatre ans ! \u00bb Il r\u00e9ussit ensuite \u00e0 gagner Bruxelles qui vient d\u2019\u00eatre \u00e9vacu\u00e9e par l\u2019ennemi et o\u00f9 errent plus de trois mille \u00e9vacu\u00e9s civils emmen\u00e9s par les Allemands (p. 434) : \u00ab Manifestation en mon honneur sur la place de la gare du Midi. Plus de trois cents femmes veulent m\u2019embrasser, de nombreux hommes viennent me serrer la main. Je suis le premier officier fran\u00e7ais arrivant \u00e0 Bruxelles. \u00bb Il finit enfin par rejoindre les siens, sa femme et son fils de 4 ans qu\u2019il n\u2019a encore jamais vu (p. 435) : \u00ab Henriette a souffert mais se remet peu \u00e0 peu, car les gens de Belgique sont moins priv\u00e9s que dans le Nord. (\u2026) On parle longuement de tout le monde, de ces quatre ann\u00e9es de mis\u00e8res et de souffrances. \u00bb<br \/>\ne\tOccupation de l\u2019Allemagne en Rh\u00e9nanie<br \/>\nL\u2019auteur fait partie des troupes occupantes, et s\u2019il appr\u00e9cie les paysages, les villes et le vin local, il n\u2019en est pas moins tr\u00e8s critique \u00e0 l\u2019\u00e9gard des Allemands:<br \/>\n7 d\u00e9cembre 1918: altercation avec le patron d\u2019un \u00e9tablissement: \u00ab nous n\u2019avons pas comme les v\u00f4tres l\u2019habitude de piller et voler \u00bb<br \/>\n8 d\u00e9cembre : \u00ab les lits \u00e0 l\u2019Allemande sont r\u00e9ellement d\u00e9sagr\u00e9ables. \u00bb<br \/>\n9 d\u00e9cembre : \u00ab Les gens ne sont pas sympathiques \u00bb<br \/>\n13 d\u00e9cembre : \u00ab on rencontre peu de jolies femmes dans Mayence et les v\u00eatements sont d\u2019une tonalit\u00e9 bien viennoise. Les mobiliers aux \u00e9talages sont lourds et affreux. (\u2026) Dans les magasins de chaussures, on ne voit rien, sauf des souliers \u00e0 semelle de bois et des sandales. Au march\u00e9, quelques l\u00e9gumes. Sans avoir \u00e9t\u00e9 aussi affam\u00e9e qu\u2019on l\u2019a dit, la population a d\u00fb souffrir. \u00bb<br \/>\nR. Staquet, en voie de d\u00e9mobilisation, doit non sans \u00e9motion restituer sa jument aux \u00e9chelons (p. 459) : \u00ab Je reverse cette pauvre H\u00e9lice au D.R.K. \u00e0 Gonsenheim. Elle sera certainement bien moins heureuse l\u00e0-bas qu\u2019avec Gaudefroy. Pauvre b\u00eate, cela fait mal apr\u00e8s deux ans de se quitter ainsi. Que va-t-elle devenir ? Surtout qu\u2019elle est difficile, qu\u2019elle mord\u2026 \u00bb Revenu \u00e0 Lille, il cl\u00f4t ses carnets en se tournant \u00e9nergiquement vers l\u2019avenir (7 avril 1919, p. 463) : \u00ab Je rentre \u00e0 l\u2019usine \u00e0 six heures et demie et reprends mon ancien service. La guerre est termin\u00e9e. Cela fait quatre ans et huit mois que je suis parti. Je termine ici mon journal de route. A l\u2019usine, certaines parties remarchent ; il y a beaucoup de travail, il ne faut pas en promettre, mais en mettre. \u00bb<br \/>\nVincent Suard,\t\tjuin 2018<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Roger Staquet, ancien \u00e9l\u00e8ve de l\u2019Institut Catholique d\u2019Arts et M\u00e9tiers, est au moment de la mobilisation ing\u00e9nieur \u00e0 Loos (faubourg de Lille) dans la grande usine textile Thiriez. Mar\u00e9chal des Logis au 29\u00e8me R\u00e9giment d\u2019artillerie, il est promu sous-lieutenant en 1915 et lieutenant en 1917. 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