{"id":3110,"date":"2018-07-26T16:06:04","date_gmt":"2018-07-26T15:06:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=3110"},"modified":"2018-07-26T16:06:04","modified_gmt":"2018-07-26T15:06:04","slug":"bartels-hans-boike-1886-1955-et-bartels-maurice-1910-1972","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2018\/07\/26\/bartels-hans-boike-1886-1955-et-bartels-maurice-1910-1972\/","title":{"rendered":"Bartels, Hans Boike (1886-1955) et Bartels, Maurice (1910-1972)"},"content":{"rendered":"<p>Conserv\u00e9e aux Archives des Hautes-Pyr\u00e9n\u00e9es (cote 9 R 87), la fiche individuelle de l\u2019intern\u00e9 Hans Boike Bartels (enregistr\u00e9 sous l\u2019identit\u00e9 Hans Bernard Wilhelm Bartels) donne les indications suivantes : n\u00e9 le 27 septembre 1886 \u00e0 Oldenbourg en Basse-Saxe, il est allemand ; mari\u00e9 \u00e0 une Fran\u00e7aise et p\u00e8re d\u2019un enfant de quatre ans, au moment o\u00f9 \u00e9clate la Premi\u00e8re Guerre mondiale, il vit \u00e0 Paris. Cet employ\u00e9 de banque est alors conduit \u00e0 Garaison. Au rang des observations, on note : \u00ab seul \u00e0 la colonie, femme et enfant \u00e0 Herblay (S. &amp; Oise) \u00bb.<br \/>\nLa fiche de Maurice Bartels, n\u00e9 le 26 avril 1910 \u00e0 Paris, indique qu\u2019il est arriv\u00e9 au camp en provenance de la capitale, le 17 juillet 1917, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de sept ans. Il semble que Hans Boike Bartels ait r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 la garde de son fils, apr\u00e8s avoir fait le choix de retourner en Allemagne. Refusant de l\u2019y suivre, sa femme demande le divorce. Elle \u00e9crit dans une lettre : \u00ab on \u00e9pouse un homme, pas sa nationalit\u00e9 \u00bb. Une autre lettre adress\u00e9e par la belle-m\u00e8re de H. B. Bartels renseigne, elle aussi, sur les profondes d\u00e9chirures que cause la guerre. L\u2019histoire des Bartels est particuli\u00e8rement int\u00e9ressante du point de vue des couples et des familles mixtes.<br \/>\nLes informations qui suivent sont emprunt\u00e9es au t\u00e9moignage d\u00e9taill\u00e9 que nous a fait parvenir en mai 2018 Bernt Bartels, le demi-fr\u00e8re de Maurice, de 27 ans son cadet. Il est possible d\u2019en consulter la version int\u00e9grale allemande sur le site \u00ab Nomadenerbt\u00fcmer. Garaison, ein Internierungslager in den Pyren\u00e4en \u00bb [Patrimoines nomades. Garaison, un camp d\u2019internement dans les Pyr\u00e9n\u00e9es], dont l\u2019un des principaux objectifs est de retrouver des descendants de prisonniers \u00e0 Garaison et d\u2019en collecter les souvenirs : https:\/\/blogs.univ-tlse2.fr\/garaison\/temoignages\/zeugenschaften\/bernt-bartels\/<\/p>\n<p>Voici ce que nous apprend le t\u00e9moignage de Bernt Bartels.<br \/>\nLes registres de la paroisse \u00e9vang\u00e9lique St. Anna \u00e0 Gro\u00dfenmeer pr\u00e8s d\u2019Oldenbourg en Basse-Saxe attestent la pr\u00e9sence des Bartels sur ce territoire depuis quatre cents ans : ils exploitent une ferme. Hans Boike Bartels est le plus jeune d\u2019une fratrie de six fr\u00e8res et une s\u0153ur.<br \/>\nRenvoy\u00e9 de l\u2019\u00e9cole en raison de son appartenance \u00e0 la confr\u00e9rie Camera Obscura, il rejoint l\u2019un de ses fr\u00e8res \u00e0 Londres et y travaille comme apprenti dans les bureaux de la Deutsche Bank. Il fait la rencontre d\u2019une Fran\u00e7aise, L\u00e9ona Jonchery, qui devient sa premi\u00e8re femme. Le couple s\u2019installe dans la banlieue de Paris. Le second \u00e9poux de la m\u00e8re de sa femme, M. Briel, procure un emploi dans son l\u2019\u00e9tablissement bancaire \u00e0 Hans Boike Bartels. De l\u2019union de L\u00e9ona Jonchery et Hans Boike Bartels na\u00eet Maurice le 26 avril 1910.<br \/>\n\u00c0 la d\u00e9claration de guerre, Hans Boike Bartels est intern\u00e9 au camp de Garaison o\u00f9 il passera \u00ab 54 mois \u00bb, soit 4 ans et demi. La guerre aura eu raison de son mariage avec L\u00e9ona Jonchery qui meurt, victime d\u2019un accident, peu apr\u00e8s la fin de la guerre. Hans Boike Bartels sera n\u00e9anmoins soutenu, y compris financi\u00e8rement, pendant toute la dur\u00e9e de la guerre par les \u00e9poux Briel et ses belles-s\u0153urs, avec qui il restera en contact jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9c\u00e8s, au milieu des ann\u00e9es 1950.<br \/>\nQuand il quitte le camp pour l\u2019Allemagne, le 15 ao\u00fbt 1918, Hans Boike Bartels emporte avec lui plusieurs petites pi\u00e8ces de marqueteries figurant la vie \u00e0 Garaison. Elles semblent avoir \u00e9t\u00e9 perdues au cours d\u2019un d\u00e9m\u00e9nagement, mais Bernt Bartels se souvient notamment d\u2019une miniature de la sentinelle du camp, en pantalon rouge, ba\u00efonnette au canon, l\u00e9gend\u00e9e \u00ab L\u2019\u00c9tat, c\u2019est moi. \u00bb<br \/>\nAlbert Schweitzer, d\u00e9tenu \u00e0 Garaison avec son \u00e9pouse de novembre 1917 \u00e0 f\u00e9vrier 1918, traite la jaunisse de Hans Boike Bartels avec les moyens \u00e0 sa disposition, \u00e0 savoir du cognac. Ce d\u00e9tail bouffon amusa par la suite nombre des amis du malade. Parmi eux, des hommes qu\u2019il avait rencontr\u00e9s au camp et qu\u2019il ne perdit pas de vue, en particulier Franz Meier, Johnny B\u00fcchs, Peter Weber, Hinrich Geerken et J\u00fcrgen Toedter.<br \/>\n\u00c0 son retour en Allemagne, Hans Boike Bartels et son \u00ab moutard fran\u00e7ais \u00bb, ainsi que le d\u00e9signaient ses fr\u00e8res, furent assez mal accueillis : en plus de toute le reste, Hans Boike Bartels doit faire face \u00e0 la d\u00e9fiance et la duret\u00e9 de ses proches, mais il n\u2019est pas du genre se laisser abattre et rebondit.<br \/>\nIl tente de soigner la tuberculose qu\u2019il a ramen\u00e9e de Garaison dans un sanatorium de Leysin en Suisse. Il rencontre celle qui, faisant fi des pr\u00e9jug\u00e9s, devient sa seconde \u00e9pouse et la m\u00e8re de leur fils Bernt Adrien Bartels. Le couple vit \u00e0 Cologne.<br \/>\nMaurice Bartels para\u00eet appr\u00e9cier cette jeune belle-m\u00e8re qu\u2019il appelle \u00ab Maman \u00bb. Pour autant, il pr\u00e9f\u00e8re retourner en France grandir aupr\u00e8s de ses grands-parents. Les Briels et les Bartels se rendent mutuellement visite. \u00c9cartel\u00e9 entre ses deux cultures, Maurice est toutefois un gar\u00e7on instable. Ses grands-parents lui l\u00e8guent leur maison d\u2019Herblay au 10 boulevard Joffre, un ancien relais de poste, pour au moins lui assurer un g\u00eete.<br \/>\nDurant la Seconde Guerre mondiale, Maurice (29) combat aux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. Il fait l\u2019exp\u00e9rience d\u2019\u00eatre prisonnier militaire en Allemagne. On le retrouve plus tard \u00e0 Saigon, o\u00f9 il est employ\u00e9 par la compagnie Air France. Apr\u00e8s la bataille de Di\u1ec7n Bi\u00ean Phu en 1954, il rentre en Europe, dans un triste \u00e9tat et d\u00e9sargent\u00e9. Son p\u00e8re le rapatrie \u00e0 Cologne, afin de le remettre sur pied. Maurice retourne ensuite \u00e0 Paris et ne donne gu\u00e8re de nouvelles : il \u00e9crit avoir \u00ab \u00e9norm\u00e9ment \u00e0 faire \u00bb, sans qu\u2019on sache quoi.<br \/>\nHans Boike Bartels meurt en juillet 1955 des suites d\u2019une mauvaise bronchite. Peu de temps avant son d\u00e9c\u00e8s, ayant appris que la maison du boulevard Joffre est vendue aux ench\u00e8res, il \u00e9crit \u00e0 son fils en lui proposant de se porter acqu\u00e9reur. Maurice ne viendra pas aux obs\u00e8ques et invoque des affaires d\u00e9licates qui l\u2019emp\u00eachent de quitter Paris. Il renonce \u00e0 tout droit de succession sur la propri\u00e9t\u00e9 terrienne des Bartels \u00e0 Oldenburg, leur unique bien \u00e9pargn\u00e9 par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Il ne souhaite conserver que la collection de timbres de son p\u00e8re. Sa famille allemande n\u2019entendra plus jamais parler de lui.<br \/>\nDans les ann\u00e9es 1970, son demi-fr\u00e8re Bernt Bartels m\u00e8ne l\u2019enqu\u00eate dans le 17\u00e8me arrondissement de Paris, o\u00f9 Maurice est n\u00e9. Il apprend son d\u00e9c\u00e8s \u00e0 l\u2019h\u00f4pital L\u00e9opold Bellan le 10 ao\u00fbt 1972. La responsable du personnel de la compagnie d\u2019assurance pour laquelle travaillait Maurice Bartels lui confie son dossier. Il se rend \u00e0 son dernier domicile. Maurice avait soigneusement cach\u00e9 \u00e0 son voisin qu\u2019il \u00e9tait \u00e0 demi-allemand et s\u2019\u00e9tait invent\u00e9 de lointains \u00ab parents au Danemark \u00bb.<br \/>\nHilda Inderwildi, Marie Bugelnig, juillet 2018<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conserv\u00e9e aux Archives des Hautes-Pyr\u00e9n\u00e9es (cote 9 R 87), la fiche individuelle de l\u2019intern\u00e9 Hans Boike Bartels (enregistr\u00e9 sous l\u2019identit\u00e9 Hans Bernard Wilhelm Bartels) donne les indications suivantes : n\u00e9 le 27 septembre 1886 \u00e0 Oldenbourg en Basse-Saxe, il est allemand ; mari\u00e9 \u00e0 une Fran\u00e7aise et p\u00e8re d\u2019un enfant de quatre ans, au moment &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2018\/07\/26\/bartels-hans-boike-1886-1955-et-bartels-maurice-1910-1972\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Bartels, Hans Boike (1886-1955) et Bartels, Maurice (1910-1972)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12,104,21],"tags":[],"class_list":["post-3110","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-civil","category-non-publie","category-souvenirs"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3110","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3110"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3110\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3110"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3110"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3110"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}