{"id":3136,"date":"2018-12-20T20:35:16","date_gmt":"2018-12-20T19:35:16","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=3136"},"modified":"2018-12-20T20:36:10","modified_gmt":"2018-12-20T19:36:10","slug":"duffy-francis-1871-1932","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2018\/12\/20\/duffy-francis-1871-1932\/","title":{"rendered":"Duffy, Francis (1871-1932)"},"content":{"rendered":"<p>Pendant la Grande Guerre, ce pr\u00eatre catholique canadien a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;aum\u00f4nier du 69e r\u00e9giment d&rsquo;infanterie de la Garde Nationale de New York, compos\u00e9e majoritairement d&rsquo;immigrants irlandais. Il est l&rsquo;eccl\u00e9siastique le plus d\u00e9cor\u00e9 dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;arm\u00e9e am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p>N\u00e9 en 1871 au Canada, dans l&rsquo;Ontario, Francis Duffy \u00e9migre \u00e0 New York. Ordonn\u00e9 pr\u00eatre en 1896, il enseigne la \u00ab\u00a0psychologie philosophique\u00a0\u00bb au s\u00e9minaire de Yonkers et \u00e9dite la <em>New York Review<\/em>, que l&rsquo;archev\u00eaque de New York r\u00e9ussit \u00e0 faire interdire en raison de son contenu jug\u00e9 trop \u00ab\u00a0moderniste\u00a0\u00bb. Nomm\u00e9 dans une paroisse r\u00e9cemment cr\u00e9\u00e9e dans le Bronx, Francis Duffy devient \u00e9galement aum\u00f4nier militaire, ce qui lui vaut d&rsquo;accompagner les troupes am\u00e9ricaines lors de la guerre hispano-am\u00e9ricaine de 1898 \u00e0 Cuba.<\/p>\n<p>Quand le 69e r\u00e9giment de New York est envoy\u00e9 en France, en 1917, Francis Duffy accompagne les hommes dont il a la charge spirituelle. Apr\u00e8s la p\u00e9riode d&rsquo;entra\u00eenement militaire, pendant laquelle il c\u00e9l\u00e8bre de nombreux mariages, il d\u00e9barque \u00e0 Brest avec son r\u00e9giment le 12 novembre. Le r\u00e9giment rejoint les Vosges puis les secteurs de Lun\u00e9ville et de Baccarat, en Meurthe-et-Moselle. Viendront ensuite la bataille de l&rsquo;Ourcq, l&rsquo;offensive de Saint-Mihiel, la bataille de l&rsquo;Argonne puis l&rsquo;occupation en Allemagne. Francis Duffy ne se contente pas d&rsquo;assurer les services religieux et de veiller au moral des troupes, il accompagne \u00e9galement les brancardiers au c\u0153ur m\u00eame des combats. Le lieutenant-colonel Donovan consid\u00e8re que le r\u00f4le de Francis Duffy d\u00e9passe celui d&rsquo;un simple aum\u00f4nier. Il est m\u00eame question de lui attribuer le poste de commandement du r\u00e9giment.<\/p>\n<p>Les m\u00e9moires de guerre de Francis Duffy regorgent d&rsquo;informations pr\u00e9cises sur les localit\u00e9s fran\u00e7aises o\u00f9 stationne le 69e r\u00e9giment et de commentaires sur la population civile. On y suit la vie quotidienne du r\u00e9giment, avec pour fil conducteur l&rsquo;esprit irlandais qui unit ces fils et petit-fils d&rsquo;\u00e9migr\u00e9s de la verte Erin. L&rsquo;ouvrage remplit \u00e0 la fois les fonctions d&rsquo;histoire r\u00e9gimentaire et de r\u00e9cit personnel. Cette double orientation s&rsquo;explique par la gen\u00e8se du livre. Francis Duffy a en fait repris le manuscrit de son ami, le po\u00e8te Joyce Kilmer, converti au catholicisme, qui avait entam\u00e9 la r\u00e9daction de l&rsquo;histoire du r\u00e9giment avant d&rsquo;\u00eatre tu\u00e9 en 1918 au cours de la bataille de l&rsquo;Ourcq. Duffy avait au d\u00e9part l&rsquo;intention de continuer dans la veine du manuscrit de Kilmer, mais on l&rsquo;avait incit\u00e9 \u00e0 y relater \u00e9galement ses propres souvenirs. Comme de nombreux autres m\u00e9moires d&rsquo;aum\u00f4niers, l&rsquo;ouvrage de Patrick Duffy est un t\u00e9moignage tr\u00e8s document\u00e9 qui se distingue par la qualit\u00e9 de son \u00e9criture.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la guerre, il prend en charge la paroisse de Holy Cross, \u00e0 New York, et y restera jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort en 1932.<\/p>\n<p>Extraits :<\/p>\n<p>Dimanche 17 mars 1918<\/p>\n<p>Nous n&rsquo;avions pas de cath\u00e9drale pour notre messe de la Saint Patrick mais le lieutenant Austin Lawrence a demand\u00e9 aux m\u00e9decins Jim McCormack et George Daly de me trouver un coin dans les arbres o\u00f9 ma soutane blanche ne risquerait pas d&rsquo;\u00eatre rep\u00e9r\u00e9e. Les hommes qui en avaient l&rsquo;autorisation se gliss\u00e8rent hors des tranch\u00e9es pour assister \u00e0 l&rsquo;office.<br \/>\nPlus tard dans la matin\u00e9e, j&rsquo;ai \u00e9galement c\u00e9l\u00e9br\u00e9 une messe en arri\u00e8re, au camp New York, pour le 2nd bataillon. L\u00e0 aussi nous \u00e9tions dissimul\u00e9s par de jeunes bouleaux sur un terrain en pente. Les hommes n&rsquo;ont pas boug\u00e9 quand le clairon a retenti pour signaler un a\u00e9roplane ennemi. Je leur ai d\u00e9crit les anciennes f\u00eates de la Saint Patrick en leur disant que nous \u00e9tions mieux ici. Les dirigeants de notre pays nous avaient appel\u00e9s pour que nous nous battions au nom de la libert\u00e9 et du droit des petites nations. Nous combattons pour cette noble cause au nom de notre pays et de l&rsquo;humanit\u00e9 toute enti\u00e8re, sans oublier le cher petit pays d&rsquo;o\u00f9 venaient tant d&rsquo;entre nous et que nous aimions tous.<\/p>\n<p>(&#8230;)<br \/>\nApr\u00e8s la bataille \/ For\u00eat de F\u00e8re &#8211; Ao\u00fbt 1918<br \/>\nEn une seule bataille, presque la moiti\u00e9 de nos forces a disparu. Cinquante-neuf officiers et mille trois cents hommes ont \u00e9t\u00e9 mis hors de combat. Parmi ceux-ci, treize officiers et deux cents hommes sont morts. Les bless\u00e9s graves sont nombreux. Mais en d\u00e9pit de ces pertes, de la douleur qu&rsquo;elles occasionnent et des maladies, les hommes sont \u00e9tonnement enthousiastes. Ils ont obtenu ce qui compte le plus pour un soldat : la victoire. Et ils savent maintenant que les adversaires qui ont d\u00fb se replier faisaient partie de la c\u00e9l\u00e8bre Garde Prussienne, la fine fleur de la machine de guerre allemande. Le 69e a de nouveau \u00e9t\u00e9 \u00e0 la hauteur de sa r\u00e9putation.<br \/>\nJe suis all\u00e9 interroger les survivants pour la chronique que j&rsquo;\u00e9cris sur le r\u00e9giment. Je peux avouer, tandis que je r\u00e9\u00e9cris ces chapitres, que j&rsquo;ai d\u00fb attendre des mois pour obtenir des informations d\u00e9taill\u00e9es aupr\u00e8s des bless\u00e9s. Au lendemain de la bataille, ceux qui \u00e9taient le plus en mesure de me livrer le r\u00e9cit des \u00e9v\u00e9nements \u00e9taient allong\u00e9s sur des lits d&rsquo;h\u00f4pitaux, souffrant atrocement, mais toujours anim\u00e9s du courage et de la d\u00e9votion de leur race, attendant avec impatience le jour o\u00f9 ils pourraient reprendre leur dangereux poste au sein de leur cher r\u00e9giment. Ce sont les v\u00e9ritables h\u00e9ros de la guerre. Il est facile de s&rsquo;engager sur le coup de l&rsquo;\u00e9motion mais l&rsquo;heure de v\u00e9rit\u00e9 sonne quand, apr\u00e8s avoir fait face \u00e0 la perspective d&rsquo;une mort brutale et avoir endur\u00e9 des douleurs sans nom, le combattant insiste, malgr\u00e9 les offres de service all\u00e9g\u00e9 que lui proposent des officiers pr\u00e9venants, pour reprendre sa place en ligne aupr\u00e8s de ses camarades. Et maintenant que la guerre est termin\u00e9e, rien ne me remue autant le sang que l&rsquo;arrogance mesquine de certains majors qui rejetaient les requ\u00eates de ces hommes souhaitant endosser \u00e0 nouveau l&rsquo;uniforme (dont beaucoup avaient \u00e9t\u00e9 bless\u00e9s plusieurs fois).<\/p>\n<p>Francis Grembert, d\u00e9cembre 2018<\/p>\n<p><em>Father Duffy&rsquo;s Story<\/em>, Francis Duffy et Joyce Kilmer, George H. Doran Company, New York, 1919<br \/>\n<em>Duffy&rsquo;s War: Fr. Francis Duffy, Wild Bill Donovan, and the Irish Fighting 69th in World War I<\/em>. Stephen L. Harris, Potomac Books, Washington, 2006<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pendant la Grande Guerre, ce pr\u00eatre catholique canadien a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;aum\u00f4nier du 69e r\u00e9giment d&rsquo;infanterie de la Garde Nationale de New York, compos\u00e9e majoritairement d&rsquo;immigrants irlandais. 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