{"id":3144,"date":"2018-12-20T21:00:13","date_gmt":"2018-12-20T20:00:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=3144"},"modified":"2018-12-20T21:00:13","modified_gmt":"2018-12-20T20:00:13","slug":"blunden-edmund-1896-1974","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2018\/12\/20\/blunden-edmund-1896-1974\/","title":{"rendered":"Blunden, Edmund (1896-1974)"},"content":{"rendered":"<p><em>La Grande Guerre en demi-teintes. M\u00e9moires d\u2019un po\u00e8te anglais. Artois, Somme, Flandres (1916-1918), <\/em>par Edmund Blunden<br \/>\nTraduit de l\u2019anglais par Francis Grembert<br \/>\nEditions Maurice Nadeau<br \/>\nPrix public : 25\u20ac<\/p>\n<p>Le livre<br \/>\n<em>Undertones of war <\/em>est un classique anglais de la Grande Guerre. Salu\u00e9 comme le meilleur r\u00e9cit de son genre, ce texte a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 \u00e0 Londres en 1928. Le voici enfin traduit pour la premi\u00e8re fois en fran\u00e7ais. Le po\u00e8te Edmund Blunden y relate son exp\u00e9rience d\u00e9vastatrice de la guerre de tranch\u00e9es en France et en Belgique. Il prend part aux batailles meurtri\u00e8res de la Somme, Ypres et Passchendaele, o\u00f9 il d\u00e9crit cette derni\u00e8re comme \u201cle massacre, non seulement des soldats mais aussi de leur foi et de leurs espoirs\u201d. Dans une \u00e9criture po\u00e9tique mais sans emphase, il raconte la t\u00e9nacit\u00e9, l\u2019h\u00e9ro\u00efsme et le d\u00e9sespoir des hommes de son bataillon. Ce texte est enrichi de 31 po\u00e8mes de l\u2019auteur compos\u00e9s sur le front. Edmund Blunden a \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9 six fois pour le prix Nobel de litt\u00e9rature.<\/p>\n<p>\u00c0 propos de l\u2019auteur<br \/>\nEdmund Blunden (1896-1974) est un po\u00e8te, auteur et critique anglais. Il a \u00e9t\u00e9 professeur de po\u00e9sie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Oxford. Pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale, il a \u00e9t\u00e9 sous-lieutenant au Royal Sussex Regiment jusqu\u2019\u00e0 la fin de la guerre. Enr\u00f4l\u00e9 \u00e0 dix-neuf ans, il a particip\u00e9 \u00e0 de lourdes offensives \u00e0 Ypres et sur la Somme. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cor\u00e9 de la Military Cross.<br \/>\nContact presse : Laure de Lestrange : 01 46 34 30 42 \/ editions.mauricenadeau@orange.fr<\/p>\n<p>Extraits de critiques parues :<\/p>\n<p>Aux id\u00e9ologies fig\u00e9es de la Grande Guerre, le livre d&rsquo;Edmund Blunden oppose une attention sid\u00e9rante aux paysages d\u00e9vast\u00e9s et une empathie exemplaire pour toute forme de vie atteinte par la destruction.<br \/>\n(&#8230;)<br \/>\nEdmund Blunden ne g\u00e9n\u00e9ralise pas, n\u2019explique rien. Le peu de v\u00e9rit\u00e9 atteignable par sa rem\u00e9moration ne semble susceptible d\u2019appara\u00eetre qu\u2019\u00e0 travers l\u2019exposition de singularit\u00e9s. Si elle comporte un enjeu r\u00e9f\u00e9rentiel direct, l\u2019accumulation des d\u00e9tails concrets procure une \u00e9motion intense, d\u00e9clenche la narration chez son auteur en m\u00eame temps que le recueillement chez son lecteur.<br \/>\n(Pierre Benetti dans <em>En Attendant Nadeau<\/em>)<\/p>\n<p>Il ose \u00e9crire dans la chute d&rsquo;un chapitre :\u00ab Mais malgr\u00e9 tout, ce monde \u00e9tait beau \u00bb ; et cette pens\u00e9e d&rsquo;un survivant des combats de Beaumont-Hamel, d&rsquo;un rescap\u00e9 du pi\u00e8ge de la Redoute des Souabes, d&rsquo;un revenant de l&rsquo;enfer de Thiepval, seul un po\u00e8te pouvait oser l&rsquo;\u00e9crire.<br \/>\n(Pierre Assouline dans <em>La R\u00e9publique des livres<\/em>)<\/p>\n<p>Ces m\u00e9moires sont d&rsquo;une pr\u00e9cision absolument d\u00e9mente, au taillis pr\u00e8s, \u00e0 la minute pr\u00e8s parfois.<br \/>\n(Manou Farine &#8211; France-Culture &#8211; La compagnie des po\u00e8tes)<\/p>\n<p>Extraits de la pr\u00e9face (Francis Grembert) :<\/p>\n<p>In\u00e9dit en fran\u00e7ais, <em>La Grande Guerre en demi-teintes <\/em>compte au rang des classiques du t\u00e9moignage britannique de 14-18. Tout comme les ouvrages de Siegfried Sassoon, Robert Graves, Wilfred Owen et Vera Brittain, il n&rsquo;a cess\u00e9 d&rsquo;\u00eatre r\u00e9\u00e9dit\u00e9 depuis sa parution en 1928. Ces m\u00e9moires sont \u00e0 bien des \u00e9gards atypiques. La Grande Guerre en demi-teintes se d\u00e9marque par son rejet du sensationnalisme et une d\u00e9marche qui refuse tout didactisme. Dans cette chronique douce-am\u00e8re, l\u2019auteur a d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment choisi l\u2019euph\u00e9misme pour retracer son parcours de combattant. Qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0long po\u00e8me en prose\u00a0\u00bb \u00e0 sa sortie, l&rsquo;ouvrage surprend par ses partis-pris, sur la forme comme sur le fond. <em>La Grande Guerre en demi-teintes <\/em>proc\u00e8de par la juxtaposition d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments disparates, reflets fid\u00e8les de la r\u00e9alit\u00e9. L&rsquo;ironie qui s&rsquo;en d\u00e9gage n&rsquo;est jamais complaisante. La premi\u00e8re phrase du livre &#8211; \u00ab\u00a0Je n&rsquo;\u00e9tais pas impatient d&rsquo;y aller.\u00a0\u00bb &#8211; r\u00e9sume bien le ton choisi pour \u00e9voquer la guerre.<br \/>\nLa d\u00e9nonciation de la guerre n&rsquo;est pas son propos, du moins n&rsquo;est-elle pas explicite. L&rsquo;auteur pr\u00e9f\u00e8re nous faire entrer sans commentaires superflus dans la routine de la vie des tranch\u00e9es, avec ses codes, ses bizarreries et son quota de morts dans les duels d\u2019artillerie quotidiens. Observateur scrupuleux des paysages, il s\u2019impr\u00e8gne des vergers, des marais et des maisons de Festubert et de Richebourg, des vall\u00e9es d\u00e9vast\u00e9es de la Somme et du bourbier de Passchendaele pour les restituer avec une surprenante profusion de d\u00e9tails. L\u2019art subtil d&rsquo;Edmund Blunden consiste \u00e0 allier les descriptions pr\u00e9cises de villages et d&rsquo;am\u00e9nagements militaires \u00e0 un d\u00e9tachement ironique permanent. Un des grands m\u00e9rites de l&rsquo;ouvrage est de nous montrer que le th\u00e9\u00e2tre des op\u00e9rations militaires n&rsquo;est pas un vaste ensemble uniforme. Le combattant vit dans un secteur et non un autre. Il \u00e9volue dans des configurations de tranch\u00e9es, de boyaux et d&rsquo;abris \u00e0 chaque fois diff\u00e9rentes. Ce paysage temporaire est la r\u00e9f\u00e9rence unique du combattant, dont la survie d\u00e9pend de sa capacit\u00e9 \u00e0 s&rsquo;adapter \u00e0 un environnement hostile.<br \/>\n<em>La Grande Guerre en demi-teintes <\/em>est aussi, et peut-\u00eatre avant tout, un livre d&rsquo;une \u00e9criture dont la richesse n&rsquo;est que rarement attest\u00e9e dans les m\u00e9moires de combattants. On y go\u00fbte une langue g\u00e9n\u00e9reuse, inventive, \u00e0 la syntaxe m\u00e9andreuse et hardie, qui n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 puiser sans vergogne dans le riche pass\u00e9 des lettres britanniques. Shakespeare, Byron, Tennyson, Keats sont convoqu\u00e9s parmi d&rsquo;autres. La r\u00e9ponse \u00e0 la guerre est la litt\u00e9rature, semble nous dire Edmund Blunden. En recourant \u00e0 un style complexe, nourri d&rsquo;\u00e9chos anciens, il affirme la persistance d&rsquo;un h\u00e9ritage litt\u00e9raire que la barbarie des tranch\u00e9es n&rsquo;a pas r\u00e9ussi \u00e0 balayer.<br \/>\n(&#8230;) Cette volont\u00e9 quasi obsessionnelle du mot juste pour dire l&rsquo;indicible est ce qui fait l&rsquo;originalit\u00e9 de ces m\u00e9moires, m\u00e9lange subtil de topographie militaire, d&rsquo;instants de camaraderie, de combats sauvages, d&rsquo;absurdit\u00e9s administratives et d&rsquo;\u00e9rudition. L&rsquo;objectif est clairement de rendre compte de la complexit\u00e9 de la r\u00e9alit\u00e9 combattante et de dire la r\u00e9silience des troupes. On se perd parfois dans ses longues phrases, agr\u00e9ment\u00e9es de chausse-trappes, de bizarreries et de ruptures en tous genres, mais cet \u00e9garement est porteur de sens : la guerre est multiple et tentaculaire, elle glisse entre les mains, mais il faut tenter de la dire.<br \/>\n<em>La Grande Guerre en demi-teintes <\/em>regorge de noms de camarades, qui associ\u00e9s aux lieux, personnalisent le r\u00e9cit. Les Doogan, Penruddock, Kapp, Cassels et autres Clifford ponctuent le r\u00e9cit et donnent lieu, au d\u00e9tour d&rsquo;une phrase, \u00e0 de petites notations qui en disent autant qu&rsquo;un long portrait. Quand l&rsquo;un d&rsquo;eux meurt, Blunden ne s&rsquo;attarde pas, par pudeur, par volont\u00e9 aussi de ne pas tomber dans un pathos facile. Les \u00ab\u00a0excellents compagnons\u00a0\u00bb et les \u00ab\u00a0parfaits amis\u00a0\u00bb suffisent amplement \u00e0 dire la force du lien, et le cas \u00e9ch\u00e9ant la douleur de la perte. (&#8230;)<br \/>\nTout au long de sa vie, Edmund Blunden, reviendra r\u00e9guli\u00e8rement sur la guerre, dans ses po\u00e8mes comme dans ses essais. Il sera nomm\u00e9 au poste de conseiller litt\u00e9raire aupr\u00e8s de la Commission des S\u00e9pultures de Guerre et publiera des \u00ab\u00a0po\u00e8tes de tranch\u00e9es\u00a0\u00bb tels que Wilfred Owen et Ivor Gurney. Siegfried Sassoon affirmait que de tous les \u00e9crivains-combattants, il \u00e9tait sans conteste celui que son exp\u00e9rience combattante avait le plus obs\u00e9d\u00e9. Il n\u2019a jamais cach\u00e9 que la guerre le hantait et que le passage du temps n\u2019y faisait rien. Peut-\u00eatre n\u2019a-t-il jamais vraiment compris pourquoi il avait surv\u00e9cu. Son jeune \u00e2ge explique aussi la force de l&rsquo;impact qu&rsquo;a exerc\u00e9 la guerre sur lui. Il a tout juste 19 ans quand il arrive en France. Surnomm\u00e9 Le Lapin par ses camarades, en raison de sa vivacit\u00e9, il poss\u00e8de une force int\u00e9rieure que ne laisse pas supposer ce sobriquet. La M\u00e9daille Militaire obtenue pour bravoure dans la Somme sera d&rsquo;ailleurs pass\u00e9e sous silence dans La guerre en demi-teintes. Blunden n\u2019est jamais sorti de la guerre. Les fant\u00f4mes du pass\u00e9 l&rsquo;ont accompagn\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort. La culpabilit\u00e9 de s&rsquo;en \u00eatre sorti tandis que bon nombre de ses camarades avaient laiss\u00e9 leur vie dans la boue continentale est une constante dans sa vie et son \u0153uvre.<br \/>\nAuteur typiquement britannique, grand amateur de soir\u00e9es au pub et de matchs de cricket, Edmund Blunden a b\u00e2ti une \u0153uvre de premier plan, essentiellement ax\u00e9e sur la po\u00e9sie, la critique litt\u00e9raire et les biographies. Professeur \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Tokyo pendant les ann\u00e9es 20 et \u00e0 Hong Kong pendant les ann\u00e9es 50, chroniqueur au <em>Times Literary Supplement<\/em>, ce Britannique si attach\u00e9 \u00e0 la culture de son pays a toujours fait preuve d&rsquo;un grand souci d&rsquo;universalit\u00e9. Quand en 1958, il publie une anthologie de po\u00e8tes de la Grande Guerre, ce n\u2019est pas pour exploiter un filon mais bien pour dire que quarante ans apr\u00e8s l&rsquo;Armistice, avec une autre guerre mondiale venue s\u2019intercaler au passage, ce qui s\u2019est pass\u00e9 entre 1914 et 1918 reste la matrice, myst\u00e9rieuse et incontournable, \u00e0 partir de laquelle s&rsquo;est construite sa vie d&rsquo;homme et d&rsquo;\u00e9crivain.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Grande Guerre en demi-teintes. M\u00e9moires d\u2019un po\u00e8te anglais. 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