{"id":3184,"date":"2019-06-19T10:31:33","date_gmt":"2019-06-19T09:31:33","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=3184"},"modified":"2021-07-13T15:11:15","modified_gmt":"2021-07-13T14:11:15","slug":"ghys-albert-1889","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2019\/06\/19\/ghys-albert-1889\/","title":{"rendered":"Ghys, Albert (1889-1964)"},"content":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin<br \/>\nAlbert Ghys, n\u00e9 en 1889, est originaire de la r\u00e9gion de Saint-Amand (Nord). Il est mobilis\u00e9 en ao\u00fbt 1914 au 127e RI de Valenciennes o\u00f9 il fait presque toute la guerre. Il est de ces nordistes qui, du 23 ao\u00fbt au 4 septembre 1914, rejoignent l\u2019arri\u00e8re en embarquant au Havre (transport \u00ab Le Tamatave \u00bb, d\u00e9barquement La Rochelle). Il reste au Camp de La Courtine (Creuse) de septembre \u00e0 mars 1915. En ligne dans la Wo\u00ebvre, la Marne et \u00e0 Verdun (mars 1916), il est dans la Somme en septembre 1916. Bless\u00e9 lors de l\u2019offensive du 16 avril 1917, il semble (fiche matricule manquante, il est probablement sergent) qu\u2019il rejoint en ao\u00fbt et qu\u2019il finit le conflit au 260e RI. Lorsqu\u2019il \u00e9tait vaguemestre \u00e0 La Courtine en 1915, il avait fait la connaissance de Marie-Louise Jolly, demoiselle des Postes: ils se marient en 1918.<br \/>\n2. Le t\u00e9moignage<br \/>\nLe journal de marche d\u2019Albert Ghys, non publi\u00e9, est un document de trente pages A 4, recopi\u00e9es et comment\u00e9es par son fils Jean Ghys, c\u2019est la retranscription de feuillets de carnets d\u00e9chir\u00e9s, le plus souvent \u00e9crits au crayon. La version d\u00e9finitive a \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9e par un petit-fils. L\u2019exemplaire, reli\u00e9 et plastifi\u00e9, contient aussi (p.32) la lettre d\u2019une institutrice d\u00e9butante \u00e0 Beuvrages (Nord). Les trois derni\u00e8res pages reproduisent des clich\u00e9s d\u2019illustration, il s\u2019agit de photographies ext\u00e9rieures aux carnets,  (album Yves Troadec, clich\u00e9s expos\u00e9s aux A. D. des C\u00f4tes d\u2019Armor en 1998 et 2014). Le journal est aussi disponible sur le site Chtimiste (n\u00b0 113), sans les annexes.<br \/>\n3. Analyse<br \/>\nLes mentions sur le journal sont br\u00e8ves, elles racontent le quotidien de la tranch\u00e9e, les nouvelles d\u2019un fr\u00e8re prisonnier, des anecdotes sur un front relativement calme pour lui en 1915 (bon ou mauvais d\u00eener, une patrouille, un a\u00e9ro\u2026), comme par exemple dans le secteur de Berry-au-Bac le 6 juillet 1915 (p.11): \u00abAvons un d\u00e9serteur boche. Il para\u00eet que beaucoup voudraient se rendre, mais ont peur qu\u2019on leur tire dessus. Leur avons port\u00e9 des journaux fran\u00e7ais et une lettre leur expliquant, en fran\u00e7ais et en allemand, qu\u2019ils peuvent se rendre sans danger.\u00bb  L\u00e9g\u00e8rement bless\u00e9 \u00e0 Verdun, il peut rester en arri\u00e8re, mais est plus expos\u00e9 dans la Somme. Il d\u00e9crit l\u2019attaque du 25 septembre 1916 devant Combles (p. 21) \u00abNous avan\u00e7ons par vague (\u2026)  Nous faisons pas mal de prisonniers et avan\u00e7ons de 1500 m\u00e8tres. Un prisonnier me montre toutes ses photos les yeux hagards. Je prends piti\u00e9, mais R. Faokent prend son r\u00e9volver et l\u2019abat au moment o\u00f9 ce prisonnier allait peut-\u00eatre encore nous donner le coup de gr\u00e2ce.\u00bb En octobre 1916, dans la Marne, il raconte qu\u2019au moment de partir en permission, il pr\u00e9pare quelques souvenirs ramass\u00e9s \u00e0 l\u2019occasion des derni\u00e8res attaques, mais (p.21) \u00ab pan, d\u00e8s que j\u2019ai le dos tourn\u00e9, on me chipe une belle carabine. \u00bb On sait que les officiers pouvaient ramener des troph\u00e9es dans leurs cantines, mais on se demande comment des soldats pouvaient faire passer des armes si voyantes, notamment au passage aux gares r\u00e9gulatrices de permissionnaires. D\u2019autre part, la passion de l\u2019artisanat de tranch\u00e9e a des cons\u00e9quences harassantes dans les marches (p. 22): \u00ab Et moi qui ai Azor qui ressemble \u00e0 un ballot de plomb, mes culots d\u2019obus et bagues, c\u2019est du lourd ! J\u2019aurais bien envie de tout plaquer. \u00bb<br \/>\nPour 1917 et 1918, il n\u2019y a plus qu\u2019une suite de dates et de lieux, soit A. Ghys a mis fin \u00e0 ses notations, soit son copiste a, lui aussi, r\u00e9sum\u00e9 \u00e0 l\u2019extr\u00eame le journal. L\u2019\u00e9l\u00e9ment int\u00e9ressant de cette ann\u00e9e 1917 r\u00e9side dans la retranscription de quatre lettres qui terminent le document, et qui racontent en d\u00e9tail sa participation \u00e0 l\u2019attaque du 16 avril, sa blessure et son \u00e9vacuation, il semble que pour lui ce soit \u00ab la bonne blessure \u00bb (p. 25, lettre du 19 avril 1917) : \u00ab Me voil\u00e0 content, heureux, tranquille. \u00bb<br \/>\nEn annexe, une lettre d\u2019une jeune institutrice, sign\u00e9e H. ( ?) Delaporte, sans rapport avec le journal pr\u00e9c\u00e9dent, raconte ses deux ans \u00e0 Beuvrages (Nord) en zone occup\u00e9e. Elle relate ses conditions d\u2019enseignement difficiles, l\u2019autorit\u00e9 allemande d\u00e9cidant d\u2019occuper l\u2019\u00e9cole pour en faire un lazaret pour chevaux : ils  sont relog\u00e9s dans un ancien d\u00e9bit de boisson v\u00e9tuste, glacial, et sans cour de r\u00e9cr\u00e9ation ni de cabinets ; (p. 33) \u00ab Pas d\u2019abri les jours de pluie. On reste dans la classe. Des passants, des soldats s\u2019arr\u00eatent pour regarder comment fonctionne une \u00e9cole fran\u00e7aise. Nous continuons \u00e0 leur faire voir que nous savons attendre d\u2019\u00eatre d\u00e9livr\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<p>Vincent Suard\t\tjuin 2019<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Albert Ghys, n\u00e9 en 1889, est originaire de la r\u00e9gion de Saint-Amand (Nord). Il est mobilis\u00e9 en ao\u00fbt 1914 au 127e RI de Valenciennes o\u00f9 il fait presque toute la guerre. 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