{"id":320,"date":"2010-12-10T21:42:13","date_gmt":"2010-12-10T20:42:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=320"},"modified":"2021-09-12T19:26:37","modified_gmt":"2021-09-12T18:26:37","slug":"320","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2010\/12\/10\/320\/","title":{"rendered":"Michel, Andr\u00e9 (1892-1981)"},"content":{"rendered":"<p><strong> 1. <\/strong><strong>Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p>N\u00e9 le 21 f\u00e9vrier 1892. Appartient \u00e0 la classe 12. Son p\u00e8re est officier sup\u00e9rieur d\u2019active et commande la mobilisation \u00e0 Aurillac. Catholique. Part \u00e0 la guerre avec le grade de sergent au 139<sup>e<\/sup> RI de cette m\u00eame ville et y commande une demi-section de r\u00e9servistes. Bless\u00e9 une premi\u00e8re fois le 25 ao\u00fbt 1914 dans les combats du bois Bazien (Vosges). Nomm\u00e9 lieutenant en 1915. Sera bless\u00e9 une seconde fois \u00e0 Verdun en 1917. Deviendra ing\u00e9nieur apr\u00e8s la guerre. Mobilis\u00e9 \u00e0 nouveau comme officier d\u2019un r\u00e9giment de cavalerie en 1940.<\/p>\n<p><strong>2.<\/strong> <strong>Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p><em>Journal de Campagne d\u2019Andr\u00e9 Michel, 1914, <\/em>Kom\u00e9dit, 2008, 79 p. Avant propos de Raymond Riquier (pp 7-17). Pr\u00e9sentation par son fils, G\u00e9rard Michel (p 19-24). Photographies non l\u00e9gend\u00e9es. Croquis de l\u2019auteur pour illustrer certaines phases de combats (pp 60-74 et 76). Itin\u00e9raire de l\u2019auteur du 9 au 25 ao\u00fbt 1914 (p 25).<\/p>\n<p>Ce journal de campagne, \u00e9crit sur un cahier et accompagn\u00e9 de notes prises au jour le jour, a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 par le fils de l\u2019auteur, apr\u00e8s sa mort survenue en 1981. Il couvre une p\u00e9riode s\u2019\u00e9tendant du 1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt au 25 ao\u00fbt 1914 et \u00e9voque la p\u00e9riode de mobilisation \u00e0 Aurillac et les combats de la bataille des fronti\u00e8res dans le secteur des Vosges. Le journal semble avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 en 1914 au cours d\u2019une p\u00e9riode de convalescence occasionn\u00e9e par une premi\u00e8re blessure, d\u2019apr\u00e8s les dires de l\u2019auteur, pour ses parents. Le cahier est accompagn\u00e9 d\u2019un document \u00e9crit sur cinq pages et reproduit en annexe (La 1<sup>\u00e8re<\/sup> compagnie \u00e0 Bruderdorf, 20 ao\u00fbt 1914, combat de Sarrebourg, pp 75-79). Les t\u00eates de chapitre de la publication respectent celles du cahier. Le chapitre \u00ab&nbsp;La campagne&nbsp;\u00bb est particuli\u00e8rement riche en \u00e9vocations des nombreuses d\u00e9fections de la troupe en ce tout d\u00e9but guerre.<\/p>\n<p><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong><strong>La mobilisation<\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong>1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt&nbsp;: Apprend l\u2019ordre de mobilisation. \u00ab&nbsp;A la maison tout le monde est calme et r\u00e9sign\u00e9.&nbsp;\u00bb (p 28)<\/p>\n<p>3 ao\u00fbt&nbsp;: \u00ab&nbsp;Du quartier j\u2019ai vu partir et arriver quelques trains de r\u00e9servistes. C\u2019est un spectacle bien r\u00e9confortant car ils ont tous l\u2019air bien enthousiastes et ils chantent.&nbsp;\u00bb (p 30)<\/p>\n<p><strong>Le transport<\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong>8 ao\u00fbt&nbsp;: \u00ab&nbsp;Nous passons \u00e0 Clermont, Rion (sic), Moulins. A Paray-le-Monial des jeunes filles nous mettent \u00e0 tous sur la poitrine de petits insignes du Sacr\u00e9-C\u0153ur et tout le monde les garde. Qu\u2019il nous prot\u00e8ge, nous et la France&nbsp;!&nbsp;\u00bb (p 33)<\/p>\n<p>9 ao\u00fbt&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pendant le voyage, un d\u00e9nomm\u00e9 D. de la 2<sup>e<\/sup> section est devenu fou. Il est l\u00e0 sur le quai, faisant des signes de croix, des pri\u00e8res&nbsp;; les m\u00e9decins ont de la peine \u00e0 l\u2019approcher.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p><strong>La campagne<\/strong><\/p>\n<p><strong> <\/strong>11 ao\u00fbt&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le soir, quand j\u2019\u00e9tais couch\u00e9 il s\u2019est pass\u00e9 un incident. Les officiers du 1<sup>er<\/sup> Bon d\u00eenaient \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une fen\u00eatre ouverte devant laquelle il y avait beaucoup d\u2019hommes qui entendent tout \u00e0 coup le commandant R. d\u00e9clarer \u00ab&nbsp;Apr\u00e8s tout, il faut qu\u2019ils marchent ou qu\u2019ils cr\u00e8vent.&nbsp;\u00bb Le C<sup>ne<\/sup> B. se l\u00e8ve et d\u00e9clare au C<sup>t <\/sup>que ce qu\u2019il dit l\u00e0 est indigne et d\u00e9goutant. Pendant ce temps les hommes crient \u00ab&nbsp;Assassin, assassin.&nbsp;\u00bb&nbsp;\u00bb (p 37)<\/p>\n<p>13 ao\u00fbt&nbsp;: \u00ab&nbsp;Sur la route passent des hommes du 17<sup>e<\/sup> d\u2019Infanterie et du 17<sup>e<\/sup> Chasseurs \u00e0 pied qui nous racontent que la veille ils ont essay\u00e9 de d\u00e9loger les Allemands de leurs tranch\u00e9es du c\u00f4t\u00e9 de Badonviller et de Baccarat&nbsp;; certaines compagnies ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9cim\u00e9es par le feu de l\u2019ennemi&nbsp;; ils ont peur des ba\u00efonnettes, para\u00eet-il.&nbsp;\u00bb (p 39)<\/p>\n<p>14 ao\u00fbt&nbsp;: \u00ab Pas mal d\u2019hommes sont effray\u00e9s entre autre le L<sup>t<\/sup> L. qui perd la t\u00eate au point de ne plus savoir quelle formation on prend sous le feu de l\u2019artillerie.&nbsp;\u00bb (p 40)<\/p>\n<p>20 ao\u00fbt&nbsp;: \u00ab&nbsp;Quelques minutes apr\u00e8s le C<sup>ne<\/sup> R. me dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Sergent Michel, allez donc derri\u00e8re cette maison G [indiqu\u00e9e comme telle sur un croquis] et ramenez les hommes qui se cachent derri\u00e8re.&nbsp;\u00bb J\u2019y vais donc et renvoie quelques hommes entre autre le caporal D. qui claque des dents et me dit qu\u2019il ira quand on commencera \u00e0 tirer&nbsp;; il ne se d\u00e9cide \u00e0 y aller que quand j\u2019ai arm\u00e9 mon fusil et que je lui ai plac\u00e9 ma ba\u00efonnette sur la poitrine.&nbsp;\u00bb (p 62)<\/p>\n<p>Abandon de mat\u00e9riel sous l\u2019effet de la panique&nbsp;: \u00ab&nbsp; En chemin, je trouve une caisse de cartouches de mitrailleuse abandonn\u00e9e l\u00e0. Je la ramasse et l\u2019emporte. C\u2019est lourd en effet mais on n\u2019abandonne pas ainsi 600 cartouches. En arrivant au bois un mitrailleur me la reprend.&nbsp;\u00bb (p 63)<\/p>\n<p>21 ao\u00fbt&nbsp;: \u00ab&nbsp; Mais au premier coup les hommes ont tiqu\u00e9 et voyant quelques hommes de la section voisine qui se d\u00e9filent en arri\u00e8re ils ont bien envie d\u2019en faire autant je bondis \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de la section et j\u2019arme mon fusil mena\u00e7ant de br\u00fbler la cervelle au premier qui partira (\u2026) Malheureusement&nbsp; on nous donne l\u2019ordre de nous d\u00e9ployer en tirailleurs et les hommes \u00e9chelonn\u00e9s alors sur une grande largeur \u00e9chappent \u00e0 ma surveillance et je les vois qui un \u00e0 un se d\u00e9filent en arri\u00e8re sans que je puisse les arr\u00eater par les cris.&nbsp;\u00bb (pp 65-66)<\/p>\n<p>J.F. Jagielski, d\u00e9cembre 2010<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin N\u00e9 le 21 f\u00e9vrier 1892. Appartient \u00e0 la classe 12. Son p\u00e8re est officier sup\u00e9rieur d\u2019active et commande la mobilisation \u00e0 Aurillac. Catholique. Part \u00e0 la guerre avec le grade de sergent au 139e RI de cette m\u00eame ville et y commande une demi-section de r\u00e9servistes. 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