{"id":3257,"date":"2020-08-12T10:20:19","date_gmt":"2020-08-12T09:20:19","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=3257"},"modified":"2020-09-12T09:43:28","modified_gmt":"2020-09-12T08:43:28","slug":"rolland-maria-dates-en-recherche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2020\/08\/12\/rolland-maria-dates-en-recherche\/","title":{"rendered":"Rolland, Maria (1866-1945)"},"content":{"rendered":"<p>N\u00e9e \u00e0 Bassoues (Gers) le 16 novembre 1866. Fille de cultivateurs, elle-m\u00eame doit g\u00e9rer la ferme de Pichet \u00e0 Bassoues apr\u00e8s la mort de son mari Jean-Marie Cabos en 1899 et pendant le service militaire de son fils et la guerre, de 1913 \u00e0 1919. Le fonds Fris Cabos (voir ce nom) contient 51 lettres adress\u00e9es par la veuve Cabos \u00e0 son fils (16 en 1913-1914 ; 35 en 1916-1919).<br \/>\nPendant le service militaire, les lettres de Maria t\u00e9moignent de la dure s\u00e9paration et de tentatives de faire pistonner le jeune Fris incorpor\u00e9 le 9 octobre 1913. Le 17 octobre, Maria dit \u00eatre tr\u00e8s abattue, le matin, quand elle ne le trouve pas dans sa chambre. \u00ab Mon c\u0153ur se ferme \u00e0 te savoir si loin. \u00bb \u00ab Conserve-toi bien, ne te prive pas du boire et du manger, pour le reste fais attention. \u00bb \u00ab Nous avons commenc\u00e9 \u00e0 semer aujourd\u2019hui. \u00bb Le 2 novembre : \u00ab Me laisser sans nouvelles me donne un chagrin mortel aussi je te demande comme gr\u00e2ce de m\u2019\u00e9crire toutes les semaines, je n\u2019ai que \u00e7a pour me consoler. \u00bb Elle lui donne le conseil de se faire placer dans un bureau : \u00ab Arrange-toi et vois ce que tu as \u00e0 faire pour \u00eatre tranquille car tu ne veux pas t\u2019en faire une carri\u00e8re. \u00bb \u00ab T\u00e2che moyen d\u2019\u00eatre bien avec tes chefs. \u00bb Le 14 novembre : \u00ab T\u00e2che de trouver des camarades s\u00e9rieux et honn\u00eates. \u00bb \u00ab Fais bien attention de garder ta sant\u00e9, tu sais que l\u00e0 tu es au milieu des p\u00e9rils, garde les conseils de ta m\u00e8re qui craint toujours. \u00bb Plusieurs lettres \u00e9voquent des recommandations qui pourraient se faire de capitaine \u00e0 capitaine pour qu\u2019il obtienne une place d\u2019ordonnance d\u2019un officier \u00e0 Foix. Le 12 janvier 1914, Maria a encore rencontr\u00e9 un monsieur qui se propose de pistonner son fils. \u00ab Je lui ai dit de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 toi, il m\u2019a dit que s\u2019il y avait moyen il le ferait mais je peux te dire que je suis lasse d\u2019entendre ces vouloir faire pour toi et qui n\u2019aboutissent \u00e0 rien. \u00bb<br \/>\nL\u2019autre th\u00e8me est celui des travaux \u00e0 la ferme, les semailles, la vente du poulain. Le 18 janvier 1914, dans une des rares lettres conserv\u00e9es de Fris \u00e0 sa m\u00e8re, celui-ci demande : \u00ab Avez-vous vendu les veaux \u00e0 la foire ? \u00bb Il pr\u00e9cise qu\u2019il y a 40 cm de neige et une \u00e9pid\u00e9mie d\u2019oreillons \u00e0 Foix. M\u00eame mauvais temps dans le Gers o\u00f9 (lettre de Maria du 23 janvier) le froid et la neige bloquent la circulation ; les boulangers n\u2019ont ni bois, ni farine. \u00ab Pour nous, nous n\u2019avons pas trop souffert, nous avions l\u2019avance. \u00bb Les chevaux ne peuvent pas marcher \u00e0 cause surtout de la glace. La foire a \u00e9t\u00e9 manqu\u00e9e, les maquignons ne sont pas venus.<br \/>\nLe 4 f\u00e9vrier, Maria annonce que sa s\u0153ur Caroline (voir ce nom) a tu\u00e9 le cochon et a envoy\u00e9 un colis au jeune soldat. Et le 20 f\u00e9vrier, Maria envoie elle-m\u00eame un colis contenant \u00ab du filet de cochon, de la saucisse, un peu de dessert ; ta tante y joint un poulet et des g\u00e2teaux ; amusez-vous bien et ne vous faites pas punir \u00bb.<br \/>\nPendant la guerre, s\u2019ajoute l\u2019angoisse devant les dangers courus par son fils. \u00ab Maudite guerre \u00bb, \u00e9crit-elle le 7 octobre 1917. Et, le 18 octobre, elle regrette que \u00ab Dieu, pourtant si grand, ne veuille pas mettre fin \u00e0 tant de malheurs \u00bb. \u00ab Pardonne-moi de t\u2019avoir caus\u00e9 de la peine et n\u2019avoir pas su cacher la mienne au moment de nous s\u00e9parer [apr\u00e8s une permission] ; tu le comprends bien que c\u2019est malgr\u00e9 moi, que depuis si longtemps vivre s\u00e9par\u00e9s, et traverser une \u00e9poque si triste que je ne puis en ces moments plus me retenir. Dieu aura sans doute piti\u00e9 de nous pour que nous puissions nous retrouver ensemble pour ne plus nous quitter. \u00bb Et encore, le 2 avril 1918 : \u00ab Les journaux annoncent partout un carnage terrible. Dieu aura-t-il piti\u00e9 de nous ? \u00bb<br \/>\nLa guerre finie, le 29 d\u00e9cembre, elle \u00e9crit : \u00ab Je crois bien que tu trouves \u00e9trange de coucher dans de bons lits au lieu de la paille surtout encore pendant l\u2019hiver ; il serait \u00e0 d\u00e9sirer que vous puissiez passer ces quelques mois de froid aussi bien soign\u00e9s. \u00bb \u00ab Voil\u00e0 d\u00e9j\u00e0 4 ans que nous faisons les m\u00eames souhaits, et toujours si \u00e9loign\u00e9s. L\u2019ann\u00e9e 1919 nous apportera-t-elle la joie de nous souhaiter bonne ann\u00e9e de vive voix, Dieu le sait. \u00bb Le 18 janvier : \u00ab J\u2019ai pri\u00e9 pour les soldats et que Dieu mette fin \u00e0 notre s\u00e9paration. Dans ta lettre tu me dis \u00eatre all\u00e9 passer une demi-journ\u00e9e \u00e0 Paris, que je regrette de ne t\u2019avoir dit assez t\u00f4t d\u2019aller visiter l\u2019\u00e9glise de Montmartre consacr\u00e9e au Sacr\u00e9-C\u0153ur, le remercier de vous avoir prot\u00e9g\u00e9s pendant la guerre, c\u2019\u00e9tait un v\u0153u qu\u2019on a fait et ceux qui y ont \u00e9t\u00e9 inscrits ont \u00e9t\u00e9 prot\u00e9g\u00e9s jusqu\u2019ici. Si tu as l\u2019occasion d\u2019y revenir, va accomplir ton v\u0153u, tu n\u2019auras pas besoin d\u2019y revenir, c\u2019est ce que l\u2019on m\u2019a conseill\u00e9 de te dire. \u00bb<br \/>\nLe 28 janvier 1919 : \u00ab J\u2019ai \u00e0 t\u2019annoncer que nous avons fait faire un peu d\u2019eau de vie et je t\u2019assure qu\u2019il faut en avoir besoin car on est loin d\u2019avoir les avantages que lorsqu\u2019on faisait distiller chez soi. Il y a deux chaudi\u00e8res \u00e0 Bassoues sous la place. Nous avons mis le vin ensemble avec ta tante mais nous avons eu la malchance de rencontrer un distillateur qui a agi de la faiblesse des femmes pour nous frauder. Enfin nous avons un peu d\u2019eau de vie pour ton retour. \u00bb<br \/>\nLe 7 juillet : \u00ab La r\u00e9colte est ravag\u00e9e. Hier soir dimanche un orage s\u2019est d\u00e9chain\u00e9 sur notre contr\u00e9e et a tout emport\u00e9, vin, bl\u00e9. Les vignes \u00e9taient superbes, maintenant tout est fauch\u00e9. Les premi\u00e8res gr\u00eales qui sont tomb\u00e9es \u00e9taient grosses comme des \u0153ufs ; elles \u00e9taient clairsem\u00e9es mais de suite la terre en a \u00e9t\u00e9 recouverte ; alors il y en avait de toutes. Il y a longtemps qu\u2019on n\u2019avait pas vu choses pareilles. Malheur \u00e0 ceux qui l\u2019\u00e9prouvent. Je t\u2019assure que j\u2019ai pass\u00e9 un bien mauvais moment. J\u2019avais le b\u00e9tail dehors, et toute seule pour le faire rentrer. Dieu m\u2019a favoris\u00e9e, j\u2019\u00e9tais dans l\u2019\u00e9table. Ta tante a \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9e cette fois. \u00bb<br \/>\nR\u00e9my Cazals, ao\u00fbt 2020<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>N\u00e9e \u00e0 Bassoues (Gers) le 16 novembre 1866. Fille de cultivateurs, elle-m\u00eame doit g\u00e9rer la ferme de Pichet \u00e0 Bassoues apr\u00e8s la mort de son mari Jean-Marie Cabos en 1899 et pendant le service militaire de son fils et la guerre, de 1913 \u00e0 1919. 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