{"id":3340,"date":"2020-12-16T11:50:00","date_gmt":"2020-12-16T10:50:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=3340"},"modified":"2021-07-13T15:01:00","modified_gmt":"2021-07-13T14:01:00","slug":"plond-louis-1885-1916","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2020\/12\/16\/plond-louis-1885-1916\/","title":{"rendered":"Plond, Louis (1885-1916)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-normal-font-size\">1. Le t\u00e9moin<br>Louis Plond, originaire de Nogent-en-Bassigny (Haute-Marne), exerce au moment de la mobilisation la profession de coutelier. Mari\u00e9 \u00e0 Marthe en 1912, il a eu un fils, Raymond, en 1913. Il sert au 309e RI, r\u00e9giment de r\u00e9serve de Chaumont, et son th\u00e9\u00e2tre d\u2019affectation concerne le front de la r\u00e9gion de Baccarat-Badonviller (Meurthe et Moselle). Les r\u00e9giments changent r\u00e9guli\u00e8rement de th\u00e9\u00e2tre d\u2019op\u00e9ration durant le conflit, mais ce n\u2019est pas le cas du 309e RI de l\u2019auteur, qui reste dans ce secteur de transition entre plaine lorraine et moyenne montagne des Vosges, de septembre 1914 \u00e0 sa dissolution en juin 1916. L\u2019auteur est tu\u00e9 lors de l\u2019attaque allemande du Col de la Chapelotte en avril 1916.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">2. Le t\u00e9moignage<br>Bernard Plond, petit-fils de Louis, a fait para\u00eetre aux \u00c9ditions Dominique Gu\u00e9niot Mon grand-p\u00e8re, Louis Plond, Correspondance priv\u00e9e, 2 ao\u00fbt 1914 \u2013 27 avril 1916 (un Haut-Marnais dans la Grande Guerre), Langres, 2007, 223 pages. Le transcripteur, professeur d\u2019histoire-g\u00e9ographie, avait d\u00e9couvert en 1977 dans la maison familiale 197 lettres de son grand-p\u00e8re adress\u00e9es \u00e0 sa femme et il en a restitu\u00e9, une fois retrait\u00e9, les \u00e9l\u00e9ments essentiels. L\u2019organisation de l\u2019ouvrage est originale : l\u2019auteur a divis\u00e9 le livre en huit chapitres th\u00e9matiques (faits de guerre, conditions de vie, relations avec les autres militaires, etc.) avec \u00e0 chaque fois une partie \u00ab transcription \u00bb (pages en gris), puis une partie \u00ab commentaire \u00bb (pages en blanc). Les parties \u00ab transcriptions \u00bb sont compos\u00e9es d\u2019extraits litt\u00e9raux de lettres de 3 \u00e0 10 lignes environs, et sont class\u00e9es par ordre chronologique, et les parties \u00ab commentaire \u00bb donnent les explications et les appr\u00e9ciations du metteur en texte. L\u2019auteur remercie en page de garde les auteurs de \u00ab La Chapelotte 1914\u20131918 \u00bb, parmi lesquels Yann Prouillet.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">3. Analyse<br>Le choix original de pr\u00e9sentation d\u2019extraits de courriers de Louis Plond pr\u00e9sente l\u2019avantage de donner imm\u00e9diatement \u00e0 la lecture les \u00e9l\u00e9ments les plus int\u00e9ressants, en les synth\u00e9tisant par th\u00e8mes. Les inconv\u00e9nients de ce choix sont de deux sortes : la partie \u00ab commentaire \u00bb des extraits, d\u2019abord, m\u00eame si elle est s\u00e9rieusement men\u00e9e, d\u00e9bouche parfois sur de la paraphrase, c\u2019est-\u00e0-dire une simple reformulation des sources sans apport ext\u00e9rieur suffisant ; en revanche, cette partie est tout \u00e0 fait adapt\u00e9e, par son souci p\u00e9dagogique, \u00e0 un lectorat non-sp\u00e9cialiste, qui est naturellement le public cibl\u00e9. D\u2019autre part, le probl\u00e8me pos\u00e9 par la partie transcription est que, n\u2019ayant pas la totalit\u00e9 du corpus, et ne pouvant donc pas juger des proportions et \u00e9quilibres, on ne peut savoir si un extrait est repr\u00e9sentatif d\u2019une attitude sur un temps long ou s\u2019il est anecdotique. L\u2019auteur anticipe toutefois cette critique en apportant parfois des commentaires bienvenus d\u2019ordre statistique, comme par exemple : \u00ab6 mentions de la censure sur 197 lettres. \u00bb<br>Dans la logique des deux premiers chapitres (\u00ab Faits de guerre \u00bb et \u00ab Conditions de vie \u00bb), le petit-fils souligne avec honn\u00eatet\u00e9 que le t\u00e9moignage n\u2019apporte rien qui ne soit d\u00e9j\u00e0 connu. En effet, c\u2019est l\u2019illustration classique d\u2019une relation \u00e9pistolaire, non d\u00e9nu\u00e9e d\u2019int\u00e9r\u00eat, d\u2019un poilu \u00e0 sa femme, pour lui raconter ce qu\u2019il vit en ligne ou au repos. Les  combats sont sporadiques mais violents (19 avril 1915, p. 28) \u00ab [nuit d\u2019alerte \u2013 petit matin] Nous les attendons encore. Remarque bien, je ne les demande pas, mais l\u2019ordre est donn\u00e9 de r\u00e9sister jusqu\u2019\u00e0 la mort. C\u2019est bien beau les paroles ! Nous avons de bonnes tranch\u00e9es, mais on n\u2019est pas \u00e0 l\u2019abri des balles. Ne te tourmente pas pour cela. Je ne devrais pas te parler de ces choses- l\u00e0. \u00bb L. Plond semble, s\u2019il d\u00e9teste les Allemands, qu\u2019il nomme toujours les \u00ab Boches \u00bb (avec majuscule et guillemets), ne pas envier le sort de ses connaissances de Nogent partis avec le 109e RI sur des th\u00e9\u00e2tres d\u2019op\u00e9ration plus expos\u00e9s, et il dit plusieurs fois se faire une raison (mai 1915, p. 32) : \u00ab Nous ne sommes pas heureux, mais ce n\u2019est rien \u00e0 comparer \u00e0 ceux du Nord [offensive d\u2019Artois] \u00bb ou ao\u00fbt 1915, p. 37 : \u00ab On trime, quoique j\u2019aime mieux trimer au travail que d\u2019\u00eatre en r\u00e9giment d\u2019attaque. \u00bb Il a des remarques pittoresques sur l\u2019\u00e9volution de l\u2019\u00e9quipement ; ainsi en d\u00e9cembre 1914 il signale qu\u2019ils vont toucher des salopettes bleues pour mettre sur leurs pantalons rouges. Le casque Adrian est peu go\u00fbt\u00e9 \u00e0 ses d\u00e9buts (octobre 1915, p. 39) : \u00ab On nous distribue des casques \u00e0 la place des k\u00e9pis. Ca la fout mal ; on a tout du \u00ab Boche \u00bb avec \u00e7a ! \u00bb. Et la perception du couteau de tranch\u00e9e n\u2019\u00e9voque pas de  \u00ab brutalisation \u00bb particuli\u00e8re des mentalit\u00e9s (septembre 1915, p. 37) : \u00ab On nous a distribu\u00e9 une nouvelle arme. Juge un peu si c\u2019est moi qui pourrait me servir de cela : un couteau de boucher pour l\u2019assaut des tranch\u00e9es ! En effet, il ne faut point de prisonniers, il faut achever les bless\u00e9s ! On \u00ab zigouille \u00bb tout ! Tu parles d\u2019une sauvagerie ! Quand ils les ont distribu\u00e9s, on en voulait point. Il pourra rester longtemps dans la musette. \u00bb<br>Les relations entre les \u00e9poux sont bonnes mais sans effusions particuli\u00e8res ; malgr\u00e9 l\u2019interdiction, ils arrivent \u00e0 se voir une fois \u00e0 Baccarat, aupr\u00e8s d\u2019une logeuse qui loue clandestinement des chambres et en vingt mois, ils se seront vus au total \u00e0 trois reprises, dont une fois ill\u00e9galement. L\u2019auteur mentionne la nostalgie qu\u2019il a de son petit gar\u00e7on, et le regret de ne pouvoir le voir grandir (p. 184) \u00ab Voil\u00e0 notre petit Raymond en culotte. C\u2019est au moment o\u00f9 il aura \u00e9t\u00e9 le plus amusant que j\u2019en aurai \u00e9t\u00e9 priv\u00e9. Je suis bien en mal ! \u00bb On peut aussi citer une mention tr\u00e8s intime (apparition des r\u00e8gles de l\u2019\u00e9pouse apr\u00e8s une permission), qui nous renseigne sur les mentalit\u00e9s: la permission pousse-t-elle \u00e0 engendrer ou au contraire, faut-il l\u2019\u00e9viter ? (octobre 1915, p. 180) : \u00ab Je suis content de la bonne nouvelle que tu m\u2019apprends pour le \u00ab d\u00e9barquement \u00bb. Je ne m\u2019en faisais pas car je savais bien ne pas avoir fait de b\u00eatises. Ce n\u2019est pas le moment.\u00bb Dans un tout autre domaine, l\u2019auteur et beaucoup de ses camarades, employ\u00e9s en temps de paix dans des coutelleries, tentent de se faire affecter \u00e0 l\u2019arri\u00e8re dans des usines m\u00e9tallurgiques, mais leur manque de sp\u00e9cialisation les fait constamment refouler (p. 172), \u00ab Dans ma compagnie, 25 avaient demand\u00e9, mais personne n\u2019a \u00e9t\u00e9 pris. \u00bb. Lorsque finalement un d\u2019eux r\u00e9ussit \u00e0 se faire d\u00e9tacher, cela d\u00e9clenche un sentiment de d\u00e9sarroi, (\u00ab pour nous, \u00e7a fait dr\u00f4le, il faut rester \u00bb p. 175), de jalousie ou de distanciation ironique, qui passe ici par la grivoiserie (p. 99) : \u00ab Le Louis Voilqu\u00e9 a \u00e9crit. Il est heureux \u00e0 Paris. Il est chauffeur de four. Mais le four n\u2019est pas encore mont\u00e9. Il dit que les \u00ab mouqu\u00e8res \u00bb ne manquent pas et que les types m\u00e8nent la belle vie avec. Enfin, en attendant de pouvoir chauffer son four, il pourra toujours chauffer les poules.\u00bb Le moral de Louis Plond, sur la dur\u00e9e globale de son engagement, n\u2019est pas bon et cette tendance s\u2019aggrave en 1916. Bien qu\u2019il soit conscient, on l\u2019a vu, de ne pas \u00eatre dans un secteur d\u2019offensive (Artois, Champagne ou Verdun), l\u2019auteur dit souvent souffrir des dangers de la premi\u00e8re ligne, des dures conditions m\u00e9t\u00e9orologiques ou des travaux \u00e9reintants dans les bois \u00e0 l\u2019arri\u00e8re. Ce cafard semble attis\u00e9 par le fait que son unit\u00e9 reste vingt mois dans le m\u00eame secteur difficile, qui n\u2019en en rien un \u00abfilon \u00bb. Quelques extraits peuvent t\u00e9moigner de ces humeurs moroses :<br>Mai 1915 \u00ab je dirais qu\u2019on en a plein le dos. \u00bb<br>Octobre 1915  \u00ab c\u2019est bien malheureux de souffrir pendant 15 mois, de se faire d\u00e9gringoler de la sorte pour n\u2019aboutir \u00e0 aucun r\u00e9sultat. \u00bb<br>Avril 1916 \u00ab j\u2019en ai par-dessus la t\u00eate. Je n\u2019ai plus de courage. \u00bb<br>Avril 1916 \u00ab on s\u2019use un peu tous les jours. On est fatigu\u00e9 de cette terrible guerre. \u00bb <br>Ce type d\u2019\u00e9num\u00e9ration accentue \u00e9videment l\u2019aspect sombre du t\u00e9moignage, il y a aussi quelques bonnes journ\u00e9es, mais c\u2019est le d\u00e9couragement qui domine, par exemple en mars 1916, un mois avant d\u2019\u00eatre tu\u00e9 (p. 84) : \u00ab On n\u2019a jamais autant trim\u00e9 que pendant ces treize jours qu\u2019on vient de tirer. Tous, nous pr\u00e9f\u00e9rons \u00eatre aux tranch\u00e9es. En plus, on n\u2019est pas bien nourris.\u00bb et il ajoute le surlendemain \u00abJe viens de passer \u00e0 la paie : 11 jours \u00e0 0.25, c\u2019est bien maigre pour les journ\u00e9es comme on en fait. \u00bb<br>En d\u00e9finitive, l\u2019aspect le plus int\u00e9ressant du livre repose peut-\u00eatre dans le r\u00e9sultat de la d\u00e9marche du petit-fils Bernard Plond : celle-ci n\u2019est pas simplement historique ou m\u00e9morielle, elle a aussi valeur de th\u00e9rapie pour le pr\u00e9sent ; au tout d\u00e9but du livre, apr\u00e8s le d\u00e9part de la grand-m\u00e8re en maison de retraite, il d\u00e9crit la d\u00e9couverte des lettres dans une \u00ab grande chambre nuptiale condamn\u00e9e \u00bb, rest\u00e9e intacte et inoccup\u00e9e depuis 61 ans: il se rend compte alors d\u2019un malaise diffus, qui a toujours exist\u00e9 dans son enfance, et du fait que sa grand-m\u00e8re ne lui a jamais parl\u00e9 de Louis. Il fait le lien avec sa perception d\u2019une femme marqu\u00e9e \u00e0 vie et qui n\u2019est jamais parvenue \u00e0 surmonter le deuil ; il la d\u00e9crit comme une personne d\u00e9pressive qui tenait des propos r\u00e9p\u00e9titifs (p. 13) \u00ab j\u2019ai \u00e9t\u00e9 veuve \u00e0 26 ans ! \u00bb ou \u00ab Pour ce que c\u2019est que la vie ! \u00bb. En fin de volume, B. Plond rend alors hommage \u00e0 son grand-p\u00e8re qu\u2019il a d\u00e9couvert, t\u00e9moigne du respect qu\u2019il a pour son itin\u00e9raire \u00ab d\u2019endurance et de souffrance \u00bb, mais surtout prend conscience d\u2019une situation qu\u2019il a v\u00e9cue enfant sans la comprendre, une angoisse, une souffrance ininterrompue bas\u00e9e sur le non-dit : il a pu \u00ab saisir un fait-majeur de sa propre existence.\u00bb et il termine son livre en soulignant pour lui le r\u00e9sultat de sa d\u00e9marche (p. 218): \u00ab Aujourd\u2019hui, je crois pouvoir affirmer que cette angoisse a fait place \u00e0 une relative s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 car elle a pris le visage de l\u2019absent. (\u2026) Au moins, vu sous cet angle, ma pr\u00e9sente d\u00e9marche n\u2019aura pas \u00e9t\u00e9 inutile. Il aura fallu deux g\u00e9n\u00e9rations et 90 ann\u00e9es pour \u00ab apurer les comptes \u00bb avec la Grande Guerre ! \u00bb<br><br><em>Vincent Suard, d\u00e9cembre 2020<\/em><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moinLouis Plond, originaire de Nogent-en-Bassigny (Haute-Marne), exerce au moment de la mobilisation la profession de coutelier. Mari\u00e9 \u00e0 Marthe en 1912, il a eu un fils, Raymond, en 1913. 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