{"id":337,"date":"2011-01-09T23:29:44","date_gmt":"2011-01-09T22:29:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=337"},"modified":"2021-09-12T19:29:20","modified_gmt":"2021-09-12T18:29:20","slug":"rene-christian-froge-1880-1958","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2011\/01\/09\/rene-christian-froge-1880-1958\/","title":{"rendered":"Christian-Frog\u00e9, Ren\u00e9 (1880-1958)"},"content":{"rendered":"<p><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n<p>Christian Pierre Ren\u00e9 Frog\u00e9, dit Christian-Frog\u00e9 est n\u00e9 le 17 avril 1880 \u00e0 Vernoil-le-Fourrier dans le Maine-et-Loire. Apr\u00e8s une carri\u00e8re litt\u00e9raire d\u00e9but\u00e9e d\u00e8s 1908 dans la po\u00e9sie, il multiplie les publications et fait partie avant guerre du cercle des Loups. Le 19 mai 1911, il d\u00e9fraie la chronique \u00e0 cause d\u2019une \u00e9chauffour\u00e9e avec Gabriel Tristan-Franconi (qui mourra dans la Somme le 23 juillet 1918) lors d&rsquo;une r\u00e9union litt\u00e9raire (\u00ab\u00a0<em>Hurle-aux-Loups<\/em> \u00bb). La Grande Guerre lui offre la possibilit\u00e9 de t\u00e9moigner de son parcours militaire. Membre fondateur en f\u00e9vrier 1919, et secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Association des Ecrivains combattants, il dirige ainsi plusieurs publications dont \u00ab\u00a0<em>La Grande Guerre, v\u00e9cue, racont\u00e9e, illustr\u00e9e par les combattants<\/em> \u00bb chez Quillet en 1922. Apr\u00e8s guerre, il prend le parti de son fr\u00e8re, l&rsquo;intendant-adjoint Georges Frog\u00e9, accus\u00e9 d&rsquo;espionnage \u00e0 Belfort, en janvier 1933. Il meurt en 1958.<\/p>\n<p>Norton-Cru pr\u00e9cise son parcours de guerre. Mobilis\u00e9 le 3 ao\u00fbt 1914 comme caporal au 43<sup>e<\/sup> colonial, il arrive au front le 10 et passe sergent d\u00e8s le 7 septembre. Bless\u00e9 le 27 \u00e0 Chuignolles, dans la Somme, il est \u00e9vacu\u00e9 pendant 3 moi. Il revient au front avec le grade de sous-lieutenant le 11 mars 1915. Bless\u00e9 le 27 septembre pr\u00e8s de Souchez, il est attach\u00e9 au cabinet du Ministre de la Guerre mais, bien qu\u2019inapte au service arm\u00e9, retourne \u00ab\u00a0<em>au front<\/em> \u00bb, \u00e0 l\u2019\u00e9tat-major du 1<sup>er<\/sup> corps colonial le 3 novembre 1916. Intoxiqu\u00e9 par les gaz, il quitte cette fois-ci d\u00e9finitivement le front pour la Section d\u2019Information du Minist\u00e8re de la Guerre avec le grade de capitaine.<\/p>\n<p><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n<p>Christian-Frog\u00e9, R. <em>Morhange et les marsouins en Lorraine<\/em>, Nancy, Berger-Levrault, 1916, 220 pages<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Christian-Frog\u00e9.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-338\" src=\"http:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Christian-Frog\u00e9-188x300.jpg\" alt=\"\" width=\"188\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Christian-Frog\u00e9-188x300.jpg 188w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Christian-Frog\u00e9-643x1024.jpg 643w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2011\/01\/Christian-Frog\u00e9.jpg 909w\" sizes=\"auto, (max-width: 188px) 100vw, 188px\" \/><\/a><\/p>\n<p>L&rsquo;auteur, caporal \u00e0 la 14<sup>e<\/sup> compagnie de 43<sup>e<\/sup> RI Colonial (les Marsouins) du 20<sup>e<\/sup> corps d\u2019arm\u00e9e, cr\u00e9\u00e9 le 2 ao\u00fbt 1914, raconte ses impressions de guerre durant la p\u00e9riode 11 ao\u00fbt au 25 septembre 1914. Ce 20<sup>\u00e8me<\/sup> Corps est celui, h\u00e9ro\u00efque, de la d\u00e9fense du Grand Couronn\u00e9 et de la bataille de Morhange. Ainsi, nous allons pouvoir cheminer avec l&rsquo;auteur quand il parcours le front tant dans les combats que dans les cantonnements et suivre pas \u00e0 pas les petits et les grands \u00e9v\u00e8nements dont il est le t\u00e9moin direct ou indirect. Parti de Nancy le 11 ao\u00fbt, il va gagner La\u00eetre-sur-Amance, au nord et se trouver en r\u00e9serve de Corps et \u00ab\u00a0<em>renvoy\u00e9 de brigade en brigade <\/em>\u00bb avant de passer la fronti\u00e8re pour le village de Chicourt, en terre Lorraine annex\u00e9e. La bataille de Morhange fait rage mais nos marsouins ne sont pas \u00e0 l&rsquo;honneur. Mal engag\u00e9e la bataille de Morhange se fera pour la 14<sup>e<\/sup> compagnie au sud de cette commune, aux alentours d&rsquo;Oron et de Ch\u00e2teau-Br\u00e9hain. Malheureusement, la position devient tr\u00e8s vite intenable et les troupes sont hach\u00e9es sous la mitraille. Elles doivent tenir trois heures, elles en tiendront six ! Mais sous le nombre, les marsouins plient et le 20<sup>e<\/sup> Corps retraite. Ce qui reste des unit\u00e9s repasse la fronti\u00e8re et laisse derri\u00e8re elle son charnier et ses bless\u00e9s. Reform\u00e9 vers Saint-Nicolas-de-Port, la fin du mois d&rsquo;ao\u00fbt va consacrer les marsouins \u00e0 compl\u00e9ter le rempart que les Fran\u00e7ais opposent \u00e0 l&rsquo;investissement de Nancy par les troupes allemandes. Le 28 ao\u00fbt, la compagnie de Christian-Frog\u00e9 se trouve en r\u00e9serve d&rsquo;artillerie qui doit elle-m\u00eame \u00ab <em>tenir jusqu&rsquo;\u00e0 la mort, mais barrer \u00e0 l&rsquo;ennemi la route de Lun\u00e9ville \u00e0 Nancy<\/em> \u00bb pr\u00e8s de la colline de Friscaty, adoss\u00e9e \u00e0 la tragique for\u00eat de Vitrimont. En effet, dans ce bois vont se concentrer les foudres de l&rsquo;artillerie ennemie qui va occasionner aux d\u00e9fenseurs de lourdes pertes. D\u00e9but septembre, la bataille se poursuit vers Saint-Nicolas-de-Port et Varang\u00e9ville et se sont toujours d&rsquo;hom\u00e9riques combats d&rsquo;artilleries de tous calibres mais petit \u00e0 petit, cette fois, l&rsquo;ennemi rebrousse, Lun\u00e9ville est repris et le Grand Couronn\u00e9 est d\u00e9finitivement d\u00e9gag\u00e9. La besogne h\u00e9ro\u00efque accomplie, le 20<sup>e<\/sup> Corps est relev\u00e9 15 septembre de ses positions o\u00f9 il a laiss\u00e9 tant des siens. Il descend sur Toul pour s&#8217;embarquer pour gagner Rouvrel (au sud d&rsquo;Amiens) et se trouver engager, d\u00e8s le 25 et apr\u00e8s une marche de nuit de 45 kilom\u00e8tres, \u00e0 Chuignolles (\u00e0 l\u2019ouest de P\u00e9ronne) o\u00f9 la bataille fait rage. C&rsquo;est l\u00e0 que Christian-Frog\u00e9 termine la courte anthologie.<\/p>\n<p><strong><em><span style=\"text-decoration: underline;\">Commentaires sur l&rsquo;ouvrage<\/span><\/em><\/strong> :<\/p>\n<p>Un journal de guerre tr\u00e8s personnel, empli de tableaux successifs tour \u00e0 tour po\u00e9tiques ou tragiques. Par les yeux de l&rsquo;auteur se r\u00e9v\u00e8lent donc de multiples facettes des combats d&rsquo;ao\u00fbt\/septembre 1914 en Lorraine \u2013 l\u2019ouvrage n\u2019est pas victime de la censure toponymique \u2013 et sa vision fournit au lecteur outre quelques renseignements historiques de nombreuses anecdotes ou sc\u00e9nettes qui rendent cet ouvrage vivant mais d\u2019une historicit\u00e9 douteuse, relev\u00e9e \u00e0 juste titre par Norton Cru. Bien entendu, de nombreuses exactions ennemies, toujours vues par procuration, comme ce hussard mutil\u00e9, nez et oreilles coup\u00e9es (page 92) ou ces enfants masquant les Allemands (page 93) sont aussi pr\u00e9sentes que l\u2019espionnite (page 22) restent attach\u00e9es aux ouvrages publi\u00e9s pendant le conflit. Quelques visions de combats de jour (page 61) ou d\u2019une marche de nuit (pages 179 \u00e0 187) fournissent quelques belles lignes descriptives.<\/p>\n<p>Sources biographiques compl\u00e9mentaires<\/p>\n<p>Ouvrages de R\u00e9ne Christian-Frog\u00e9<\/p>\n<p><em>Morhange et les Marsouins en Lorraine<\/em>. Berger-Levrault, 1916, 220 pages.<\/p>\n<p><em>Sous les rafales<\/em>. Eug\u00e8ne Figui\u00e8re, 1916.<\/p>\n<p><em>Les Diables Noirs. De Maricourt \u00e0 Souchez. Souvenirs des batailles d&rsquo;Artois<\/em>. Berger-Levrault, 1917. (Ouvrage annonc\u00e9 mais jamais publi\u00e9 selon\u00a0une communication de Jean-Louis Pailh\u00e8s (Service d&rsquo;information des biblioth\u00e9caires \u00e0 distance (SINDBAD), D\u00e9partement de recherche bibliographique de la Biblioth\u00e8que nationale de France) \u00e0 monsieur Alain Chaupin, que nous remercions pour cette pr\u00e9cision).<\/p>\n<p><em>Les captifs<\/em>. Berger-Levrault, 1918, 207 pages.<\/p>\n<p><em>La g\u00e9henne<\/em>. (Extrait de l&rsquo;ouvrage \u00ab\u00a0<em>Les Captifs<\/em>\u00ab\u00a0). Berger-Levrault, 1920, 31 pages.<\/p>\n<p><em>La Grande Guerre, v\u00e9cue, racont\u00e9e, illustr\u00e9e par les combattants<\/em>. (Deux tomes). Quillet, 1922, 259 pages.<\/p>\n<p><em>Les croix de guerre<\/em>. Librairie de France, 1936, 246 pages.<\/p>\n<p>Autres ouvrages de R\u00e9ne Christian-Frog\u00e9<\/p>\n<p>Trois fresques, Angers, Andr\u00e9 Bruel, 1924. 32 pages. ?Ces trois fresques sont constitu\u00e9s par trois po\u00e8mes sur des th\u00e8mes antiques : Les Jardins de Magdeleine, H\u00e9liogabale, La mort du Sphinx, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s d&rsquo;un po\u00e8me de l&rsquo;auteur en hommage \u00e0 son Anjou natal.<\/p>\n<p><em>Au Jardin des Roses mourantes<\/em>, Sansot, 1908, 177 pages.<\/p>\n<p><em>L&rsquo;affaire Frog\u00e9<\/em>, Nouvelles Editions Latines, 1919, 332 pages.<\/p>\n<p>Yann Prouillet, 9 janvier 2011<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Christian Pierre Ren\u00e9 Frog\u00e9, dit Christian-Frog\u00e9 est n\u00e9 le 17 avril 1880 \u00e0 Vernoil-le-Fourrier dans le Maine-et-Loire. Apr\u00e8s une carri\u00e8re litt\u00e9raire d\u00e9but\u00e9e d\u00e8s 1908 dans la po\u00e9sie, il multiplie les publications et fait partie avant guerre du cercle des Loups. 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