{"id":3397,"date":"2021-02-07T19:20:36","date_gmt":"2021-02-07T18:20:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=3397"},"modified":"2025-12-30T18:26:57","modified_gmt":"2025-12-30T17:26:57","slug":"bier-charles-1898-1977","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2021\/02\/07\/bier-charles-1898-1977\/","title":{"rendered":"Bier, Charles (1898-1977)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-normal-font-size\">1. Le t\u00e9moin<br>Charles Bier, 19 ans, domicili\u00e9 \u00e0 Saint-Epvre, au sud-ouest de Metz en Moselle est boulanger quand sa classe (1918), est appel\u00e9e \u00e0 rejoindre le front. Il doit rev\u00eatir l\u2019uniforme feldgrau et d\u00e9sormais se pr\u00e9nommer Karl. Au foyer, sa m\u00e8re et son beau-p\u00e8re (il est orphelin de p\u00e8re) semblent l\u2019avoir \u00e9lev\u00e9 dans un milieu francophile. Il parle fran\u00e7ais couramment, a une culture litt\u00e9raire (il cite Barr\u00e8s ou D\u00e9roul\u00e8de), politique et \u00e9voque \u00e0 plusieurs reprises les strat\u00e9gies des lorrains de c\u0153ur pour maintenir la culture fran\u00e7aise, y compris en c\u00e9l\u00e9brant les anciennes f\u00eates \u00e0 Nancy, rest\u00e9e fran\u00e7aise. Il a une s\u0153ur et deux fr\u00e8res, Gaston, qui mourra dans ses bras le 1er d\u00e9cembre 1918 de maladie contract\u00e9e en forteresse suite \u00e0 une tentative de d\u00e9sertion, et Antoine, qui reviendra \u00e9galement du front apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 \u00ab port\u00e9 disparu en service command\u00e9 sur le front anglais \u00bb. Il fait ses classes au 137e IR d\u2019Haguenau et au 166e IR de Bitche mais c\u2019est au sein du 462e qu\u2019il est enr\u00e9giment\u00e9 avec la fonction de mitrailleur. Apr\u00e8s-guerre, il reprend son m\u00e9tier de boulanger-p\u00e2tissier \u00e0 Metz, se marie en 1931 et de cette union naitront trois enfants.<br><br>2. Le t\u00e9moignage<br>Amoros, Nadine, <em>Entre les lignes. &amp; En qu\u00eate d\u2019Isabelle. Charles, alsacien-lorrain, 1914-1918<\/em>, chez l\u2019auteure, 2019, 189 pages.<br>Au seuil d\u2019octobre 1917, Karl rejoint le front dans le secteur de Cheppy en Argonne. Il est mis en r\u00e9serve un peu plus au nord, dans le secteur Saint-Juvin, Champigneulles, Grandpr\u00e9, mais, n\u2019ayant pu emp\u00eacher un vol de cochon alors qu\u2019il est de garde, se retrouve dans une section disciplinaire qui le renvoie au front dans le secteur de Verdun. \u00ab Et l\u00e0, commen\u00e7a la vraie guerre avec toutes ses cruaut\u00e9s. En mettant cette fois, fin \u00e0 mes r\u00eaves de jeunesse par la vision du spectacle qui s\u2019offrait \u00e0 mes yeux. Ce grouillement de soldats, entrant et sortant de ces casemates souterraines, attendant avec impatience la rel\u00e8ve dans un d\u00e9sordre inextricable, avec leur visage ravag\u00e9 et leur uniforme saccag\u00e9. Une vision douloureuse de cadavres non identifi\u00e9s, ou d\u2019autres, debout comme des mannequins en vitrine ; barricad\u00e9s pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9 dans ces barbel\u00e9s infranchissables. Ces sentinelles accroupies, grelottant de froid avec tout leur fourbi sur l\u2019\u00e9paule, les pieds dans la boue, momifi\u00e9s de stupeur \u00bb (p. 26). Devant Verdun, \u00e0 No\u00ebl 1917, sous le feu, il subit la violence et le surr\u00e9alisme du front, son stahlhelm travers\u00e9 par un \u00e9clat, le commotionnant l\u00e9g\u00e8rement. Puis dans la m\u00eame page, il rapporte la pancarte fran\u00e7aise \u00e9crite en allemand demandant une tr\u00eave de No\u00ebl : \u00ab La surprise fut bien accueillie par les Allemands \u00bb dit-il, avant de d\u00e9crire rapidement son application : \u00ab Les ordres durent donn\u00e9s afin de se replier sur les arri\u00e8res-tranch\u00e9es pour mieux participer \u00e0 ces \u00e9v\u00e8nements. Des petits feux furent allum\u00e9s pour bien sp\u00e9cifier l\u2019accord. Il y eut dans certains endroits des \u00e9changes amicaux, des ramassages de bless\u00e9s de part et d\u2019autre et pas un seul coup de fusil ne fut tir\u00e9 \u00bb (p. 29). Il fait preuve de bravoure, sauvant un temps son lieutenant sous le feu, parvenant \u00e9galement \u00e0 livrer un message au commandement. Mi-f\u00e9vrier 18, il est bless\u00e9 l\u00e9g\u00e8rement et intoxiqu\u00e9 par des gaz. Renvoy\u00e9 du front pour une infirmerie \u00e0 Laon, il est nomm\u00e9 ordonnance de l\u2019oberleutnant puis capitaine Langberger, un Lorrain. Il est alors embusqu\u00e9 dans les troupes d\u2019occupation (terme cit\u00e9 \u00e0 deux reprises pages 79 et 94). Il va s\u2019\u00e9vertuer alors \u00e0 att\u00e9nuer le sort de la population, dont il cherche le contact en mettant en avant sa qualit\u00e9 de soldat lorrain arguant volontiers de son pacifisme. Il dit de la perception des envahis \u00e0 son \u00e9gard : \u00ab Disons que cette population me r\u00e9servait un bon accueil quand je me permettais de lui d\u00e9voiler mon temp\u00e9rament avec l\u2019accent de chez nous. (&#8230;) C\u2019est parmi ces villageois que se d\u00e9velopp\u00e8rent mes capacit\u00e9s de soldat pacifique&#8230; \u00bb (p. 22). Il va d\u2019ailleurs jusqu\u2019\u00e0 d\u00e9tourner de la nourriture \u00e0 leur profit. A Laon, rencontre houleusement (elle le soufflette !) Isabelle, jeune veuve de guerre avec laquelle il va nouer une amiti\u00e9 croissante. La majeure partie de son r\u00e9cit se situant \u00e0 Laon, il en d\u00e9crit quelque peu la vie quotidienne. Fin f\u00e9vrier 18, il est pris dans le bombardement par avions de la gare qui co\u00fbte \u00e0 l\u2019arm\u00e9e allemande \u00ab au moins 25 tu\u00e9s, des disparus, un grand nombre de bless\u00e9s et deux trains avec leur contenu, c\u2019est un d\u00e9sastre \u00bb (p. 88). Au cours d\u2019une permission d\u2019ailleurs, il subit \u00e0 quelques kilom\u00e8tres de Sedan un mitraillage dans un autre train qui le ram\u00e8ne \u00e0 Metz, op\u00e9ration occasionnant des morts et des bless\u00e9s ; \u00ab &#8230; une fois de plus, je parvins \u00e0 passer entre les mailles de la mort \u00bb (p. 97). Le 28 mars 1918, les Allemands ayant d\u00e9clench\u00e9 l\u2019op\u00e9ration Michael, et raclant les fonds de tiroir comme il le lit dans un communiqu\u00e9 \u00ab affich\u00e9 aux pancartes de la Kommandantur \u00bb, Karl pense retourner au feu mais Landberger parvient \u00e0 nouveau \u00e0 l\u2019embusquer en lui confiant une mission d\u2019accompagnement sanitaire \u00ab au fin fond de la Prusse \u00bb, dans un camp de prisonnier de Gros-Strehlitz en Sil\u00e9sie. Au retour, il retrouve toutefois un temps le front d\u2019Argonne (avril-mai) puis participe \u00e0 la bataille du Bois de Belleau (juin) dans laquelle il est fait prisonnier par les soldats fran\u00e7ais, puis imm\u00e9diatement lib\u00e9r\u00e9 par une contre-attaque. A l\u2019issue d\u2019une seconde permission, il revient \u00e0 Laon dans un train \u00ab entre toutes sortes de soldats allemands qui, eux aussi, ne chantaient plus de belles chansons patriotiques \u00bb (p. 160 et 161). Il y retrouve Isabelle qui le travestit en civil, change son identit\u00e9 et lui fait m\u00eame rouvrir une boulangerie laonnaise en d\u00e9sh\u00e9rence. Craignant toutefois d\u2019\u00eatre d\u00e9masqu\u00e9, il reprend toutefois l\u2019uniforme vert-de-gris et quitte Laon le 8 octobre 1918, 5 jours avant sa lib\u00e9ration par les troupes fran\u00e7aises. Retourn\u00e9 au front, il assiste \u00e0 la confusion d\u2019une fin de guerre d\u00e9litante et d\u00e9crit \u00ab \u00e0 quelques lieues de Chauny \u00bb : \u00ab Ce fut catastrophique par l\u00e0. Des soldats allemands disparurent, d\u2019autres firent sauter leurs mitrailleuses \u00e0 coups de pioches et de grenades \u00e0 main. Un jour, des soldats de ma section se d\u00e9cid\u00e8rent \u00e0 se rendre, mais n\u2019y parviendront pas, car nous fumes bombard\u00e9s. Sous ces bombardements nous ferons m\u00eame plusieurs prisonniers fran\u00e7ais, sans le vouloir pendant que les murs s&rsquo;\u00e9croulaient sur nous, \u00e0 nous faire perdre la raison. Fran\u00e7ais et Allemands finirent par s&rsquo;enfuir apr\u00e8s un v\u00e9ritable adieu amical, o\u00f9 chacun retrouvera sa tranch\u00e9e. \u00bb (pp. 153 et 154).<br><br>Ins\u00e9rant quelques chapitres dans les souvenirs de Charles, Nadine Amoros, sa petite-fille, fait \u00e9tat de ses recherches en 2019 pour identifier Isabelle, avec laquelle le musketier semble \u00ab avoir continu\u00e9 \u00e0 \u00e9changer par correspondance tout au long de leur vie \u00bb. Elle est morte deux ann\u00e9es apr\u00e8s lui.<br><br>3. Analyse<br>L&rsquo;auteur, Mosellan \u00ab Malgr\u00e9-nous \u00bb de la Grande Guerre nous donne \u00e0 lire un livre de souvenirs simplement \u00e9crit et relativement singulier. Enr\u00f4l\u00e9 tardivement dans ce qu\u2019il qualifie \u00ab d\u2019arm\u00e9e d\u2019invasion \u00bb (p. 139), il d\u00e9crit une ann\u00e9e d\u2019un conflit qu\u2019il tente d\u2019\u00e9viter sans parvenir, comme son compatriote Eug\u00e8ne Lambert, \u00e0 s\u2019\u00e9loigner du front qui le rattrapera \u00e9pisodiquement. Il parvient tant bien que mal \u00e0 faire son devoir entre le marteau de la suspicion du commandement, qui enqu\u00eate sur ses sentiments patriotiques du fait des \u00e9vasions tent\u00e9es ou r\u00e9ussies de ses fr\u00e8res (voir son interrogatoire pages 36 \u00e0 40), et l\u2019enclume d\u2019une guerre contre les fran\u00e7ais dont il dit \u00e0 plusieurs reprises s\u2019\u00eatre retenu de tuer. Plus encore, au cours de sa bataille du bois de Belleau, il d\u00e9crit dans le chaos : \u00ab &#8230; il nous fallut \u00e0 nouveau partir pour rejoindre une vaste grotte \u00e0 proximit\u00e9 du lieu. Durant trois jours, un sorte de vision de terreur nous accabla sans distinction, o\u00f9 il ne put \u00eatre question de boire ou de manger quoi que ce soit \u00bb. Suit une vision dantesque des conditions de vie souterraine d\u2019une \u00ab garnison \u00bb surcharg\u00e9e, narration \u00e0 l\u2019issue de laquelle il conclut : \u00ab La positon n\u2019\u00e9tant plus tenable il fallait sortir. Alors, durant une courte interruption des combats, je laissai nos prisonniers fran\u00e7ais prendre le large vers l\u2019arri\u00e8re \u00bb pp. 143 et 144). Dans ce parcours contraint, il parvient \u00e0 s\u2019embusquer \u00e0 Laon et noue avec la population civile des relations occupants\/occup\u00e9s qu\u2019il temp\u00e8re en permanence par sa qualit\u00e9 d\u2019alsacien-lorrain. Et, cas relativement rare dans la litt\u00e9rature testimoniale de ces Reichlander sous l\u2019uniforme allemand, il met en avant l\u2019amiti\u00e9 profonde qu\u2019il noue avec Isabelle, jeune veuve de 2 ans son a\u00een\u00e9e. C\u2019est cette histoire intime qui nourrit la qu\u00eate de sa petite-fille pour parvenir \u00e0 identifier la jeune femme, qu\u2019elle maintiendra toutefois anonyme. C\u2019est \u00e9galement le cas pour Charles dont le patronyme n\u2019est pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9 et nous remercions l\u2019auteure pour nous avoir permis d\u2019attribuer ce t\u00e9moignage \u00e9crit par Charles quelques d\u00e9cennies plus tard. Il d\u00e9livre sa d\u00e9marche d\u2019\u00e9criture, situ\u00e9e entre 1965 et 1970, en incipit : \u00ab J\u2019ai voulu transmettre ma version de cette p\u00e9riode telle que je l\u2019ai v\u00e9cue. Tout particuli\u00e8rement en pensant \u00e0 tous ces militaires incorpor\u00e9s par le destin dans les rangs germaniques, disons \u00ab malgr\u00e9 eux \u00bb (&#8230;) Je raconte \u00e0 la fois, les \u00e9tapes de cette guerre, notre quotidien de soldat, et aussi des secrets plus personnels \u00bb. Il revient d\u2019ailleurs sur cette initiative \u00e0 la fin de son r\u00e9cit en disant : \u00ab Il faudra que mes nombreux amis me pardonnent d\u2019aborder de telles r\u00e9v\u00e9lations qui touchent tant de secrets personnels. J\u2019ai pris mes responsabilit\u00e9s dans ce que j\u2019ai cit\u00e9 en d\u00e9tail et dont j\u2019atteste la valeur d\u2019authentique r\u00e9alit\u00e9 \u00bb. Il est \u00e9vident que les souvenirs de Charles ont un double but politique ; d\u00e9montrer son pacifisme et s\u2019inscrire dans le paradigme des enr\u00f4l\u00e9s de force alsaciens-lorrains qui ont gard\u00e9 leurs sentiments francophiles malgr\u00e9 44 ans d\u2019annexion. Charles s\u2019en explique ouvertement ou de mani\u00e8re plus subliminale. Lors de sa visite \u00e0 la femme de son capitaine protecteur, le messin Landberger, celle-ci lui demande : \u00ab Mon mari est-il bien vu par la population ? \u00bb. Plus loin, il d\u00e9crit Metz o\u00f9 les habitants \u00ab parlaient en sourdine le fran\u00e7ais ou le patois r\u00e9gional \u00bb. Il fera toutefois une concession au militarisme \u00e0 l\u2019issue de la c\u00e9r\u00e9monie fun\u00e8bre des victimes du bombardement de la gare de Laon : \u00ab Le garde \u00e0 vous et la pr\u00e9sentation des armes furent si impeccables que cela me r\u00e9concilia avec la discipline \u00bb (p. 88).<br><br>L\u2019ouvrage est bien publi\u00e9 et seules quelques impr\u00e9cisions dans la transcription du r\u00e9cit ou la toponymie ont \u00e9t\u00e9 relev\u00e9es. Un site a \u00e9t\u00e9 d\u00e9di\u00e9 au t\u00e9moin, visible ici <a href=\"https:\/\/charles-entreleslignes.com\">https:\/\/charles-entreleslignes.com<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\"><em>Yann Prouillet, f\u00e9vrier 2021<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moinCharles Bier, 19 ans, domicili\u00e9 \u00e0 Saint-Epvre, au sud-ouest de Metz en Moselle est boulanger quand sa classe (1918), est appel\u00e9e \u00e0 rejoindre le front. Il doit rev\u00eatir l\u2019uniforme feldgrau et d\u00e9sormais se pr\u00e9nommer Karl. Au foyer, sa m\u00e8re et son beau-p\u00e8re (il est orphelin de p\u00e8re) semblent l\u2019avoir \u00e9lev\u00e9 dans un milieu &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2021\/02\/07\/bier-charles-1898-1977\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Bier, Charles (1898-1977)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":5003,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[202,58,10,21],"tags":[],"class_list":["post-3397","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-202","category-armee-allemande","category-combattant-infanterie","category-souvenirs"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3397","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3397"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3397\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5004,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3397\/revisions\/5004"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5003"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3397"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3397"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3397"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}