{"id":3420,"date":"2021-02-14T12:09:02","date_gmt":"2021-02-14T11:09:02","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=3420"},"modified":"2021-07-12T15:43:29","modified_gmt":"2021-07-12T14:43:29","slug":"arnaud-rene-1893-1981","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2021\/02\/14\/arnaud-rene-1893-1981\/","title":{"rendered":"Arnaud, Ren\u00e9 (1893-1981)"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/ReneArnaud_TragedieBouffe.jpeg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/ReneArnaud_TragedieBouffe-761x1024.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3447\" width=\"223\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/ReneArnaud_TragedieBouffe-761x1024.jpeg 761w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/ReneArnaud_TragedieBouffe-223x300.jpeg 223w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/ReneArnaud_TragedieBouffe-768x1033.jpeg 768w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/ReneArnaud_TragedieBouffe-1141x1536.jpeg 1141w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/ReneArnaud_TragedieBouffe-1522x2048.jpeg 1522w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/ReneArnaud_TragedieBouffe.jpeg 1672w\" sizes=\"auto, (max-width: 223px) 100vw, 223px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\">1. Le t\u00e9moin<br>Ren\u00e9 Jacques Andr\u00e9 Arnaud est n\u00e9 le 2 juillet 1893 \u00e0 La Rochelle (Charente-Maritime). Il dit \u00eatre entr\u00e9 au lyc\u00e9e de Rochefort en sixi\u00e8me \u00e0 l\u2019\u00e2ge de dix ans. C\u2019est son p\u00e8re qui choisit pour lui la langue anglaise : \u00ab <em>Ce jour-l\u00e0, sans s\u2019en douter, mon p\u00e8re avait orient\u00e9 toute ma destin\u00e9e \u00bb, ce qui pr\u00e9cipitera la fin heureuse de sa guerre. Il aura certainement une scolarit\u00e9 brillante puisqu\u2019il est normalien et entre en guerre en septembre 1914 \u00e0 Vannes, obtenant le grade de sous-lieutenant en trois mois. Dans son t\u00e9moignage, peu avant le Chemin des Dames, il se classe comme \u00ab homme de gauche<\/em> \u00bb. Il meurt \u00e0 Paris le 15 janvier 1981. <br><br>2. Le t\u00e9moignage et analyse<br>Ren\u00e9 Arnaud annonce d\u00e8s le titre l\u2019angle sous lequel il va d\u00e9livrer son t\u00e9moignage. Son r\u00e9cit, \u00e9crit au d\u00e9but des ann\u00e9es 60, est alors un m\u00e9lange de souvenirs et de r\u00e9flexions, souvent opportunes, avec pour fil conducteur la d\u00e9monstration de l\u2019absurdit\u00e9 de la guerre et de ceux qui la font, des militaires de carri\u00e8re ou des civils sous l\u2019uniforme, y compris r\u00e9servistes. Ce biais rend son t\u00e9moignage r\u00e9fl\u00e9chi, en forme de r\u00e9cit chronologique mais surtout concentr\u00e9 sur des grandes phases v\u00e9cues dans trois r\u00e9giments ; le 337<sup>e<\/sup>, 6<sup>e<\/sup> bataillon (Fontenay-le-Comte), (janvier 1915 &#8211; juin 1916), le 293e (La Roche-sur-Yon) (juin 1917 &#8211; novembre 1917) et quelques mois au 208<sup>e<\/sup> RI (Saint-Omer) (d\u00e9cembre 1917 \u00e0 son changement d\u2019affectation, en juillet 1918).<br>Avec son ami Guiganton, ils entrent en guerre \u00ab <em>pleins d\u2019ardeur et d\u2019enthousiasme. Notre seule crainte avait \u00e9t\u00e9 que la guerre se fin\u00eet trop vite, avant m\u00eame notre arriv\u00e9e au front : quelle humiliation e\u00fbt \u00e9t\u00e9 la n\u00f4tre, de rester en dehors de la grande aventure de notre g\u00e9n\u00e9ration ! Et puis la flamme de la guerre attirera toujours les gars qui ont 20 ans<\/em> \u00bb (p. 8). Il reviendra d\u2019ailleurs mi-1916 avec plus de lucidit\u00e9 sur ces premiers sentiments : \u00ab <em>Bien qu\u2019une grosse marmite allemande v\u00eent toutes les deux minutes s\u2019\u00e9craser \u00e0 droite dans les bois, j\u2019eus quelque envie pour ces<\/em> \u00ab embusqu\u00e9s \u00bb <em>&#8211; qu\u2019en m\u00eame temps je m\u00e9prisais -, et qui faisaient la guerre avec un minimum de risques, alors que l\u2019encha\u00eenement des causes et des effets avait fait de moi, petit intellectuel ch\u00e9tif d\u2019avant-guerre, un lieutenant d\u2019infanterie, c\u2019est-\u00e0-dire pratiquement un homme condamn\u00e9 \u00e0 mort, sauf gr\u00e2ce exceptionnelle. Et je ricanai en me rappelant qu\u2019en 1914 je n\u2019avais qu\u2019une peur : que la guerre ne fin\u00eet trop vite et que je n\u2019eusse pas le temps d\u2019y prendre part<\/em> \u00bb (p. 88). Il reviendra page 204 sur cette expression en disant : \u00ab <em>Un condamn\u00e9 \u00e0 mort en sursis c\u00e9l\u00e8bre-t-il son anniversaire ? <\/em>\u00bb Sa rencontre avec celui qu\u2019il qualifie de \u00ab <em>mon premier colonel <\/em>\u00bb est lucide : \u00ab <em>Si le colonel prenait son absinthe biquotidienne, si, coiff\u00e9 d\u2019un k\u00e9pi \u00e0 manchon bleu, il \u00e9voquait les grandes man\u0153uvres, c\u2019est que la guerre n\u2019\u00e9tait au fond pour lui qu\u2019une continuation de la vie de garnison, \u00e0 peine modifi\u00e9e. Qu\u2019il y e\u00fbt cette fois de vraies balles dans les fusils et de vrais obus dans les canons, il n\u2019en avait cure : car il ne mettait jamais les pieds en premi\u00e8re ligne et ne d\u00e9passait gu\u00e8re vers l\u2019avant son poste de commandement<\/em> \u00bb (p. 13). Poursuivant ses tableaux, s\u2019affranchissant parfois de la chronologie, en janvier 1916, assez familier avec son capitaine, qui le surnomme \u00ab <em>Noisette<\/em> \u00bb, il relate comment il obtient sa premi\u00e8re d\u00e9coration : \u00ab <em>Vous chercherez avec mon secr\u00e9taire dans le Bulletin des Arm\u00e9es un motif de citation \u00e0 l\u2019ordre du r\u00e9giment ! C\u2019est ainsi que je re\u00e7us la Croix de guerre et ma premi\u00e8re \u00e9toile. Apr\u00e8s avoir r\u00eav\u00e9 d\u2019\u00eatre d\u00e9cor\u00e9 sur le front des troupes, quelle d\u00e9rision ! J\u2019eus du moins la pudeur, en r\u00e9digeant moi-m\u00eame mon motif inspir\u00e9 du Bulletin, d\u2019\u00e9viter la grandiloquence ordinaire, les<\/em> \u00ab N\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9&#8230; \u00bb <em>ou les<\/em> \u00ab N\u2019a pas craint&#8230; \u00bb <em>et de me r\u00e9f\u00e9rer simplement \u00e0 mon bapt\u00eame du feu o\u00f9 j\u2019avais le sentiment d\u2019avoir fait honn\u00eatement mon m\u00e9tier<\/em> \u00bb (p. 19). Bapt\u00eame du feu qu\u2019il avoue d\u2019ailleurs avoir re\u00e7u tardivement, pr\u00e9cisant : \u00ab <em>Ce n\u2019est qu\u2019un mois et demi apr\u00e8s mon arriv\u00e9e au front, le 28 f\u00e9vrier, que je re\u00e7us en premi\u00e8re ligne le bapt\u00eame du feu<\/em> \u00bb. Il n\u2019est pas tr\u00e8s \u00e9mu de son premier mort (P. 34) mais dit plus loin (p. 36) sur son inhumation, c\u00e9r\u00e9monialis\u00e9e \u00ab <em>Mais on n\u2019enfouit pas ce corps comme celui d\u2019un chien<\/em> \u00bb : \u00ab <em>Bien que la religion me f\u00fbt devenue assez \u00e9trang\u00e8re, je fus profond\u00e9ment remu\u00e9 par ce modeste effort de spiritualit\u00e9 au milieu des brutales r\u00e9alit\u00e9s de la guerre<\/em> \u00bb. En effet, cette mort le renvoie \u00e0 la sienne : \u00ab <em>Et j\u2019\u00e9tais si plein de vie qu\u2019il m\u2019\u00e9tait impossible de m\u2019imaginer comme lui, couch\u00e9 sur un brancard, avec cet air distant qu\u2019ont les morts. D\u2019ailleurs n\u2019\u00e9tait-il pas inscrit que j\u2019en reviendrais ?<\/em> \u00bb. (Il revient plus tard sur ce sentiment d\u2019en sortir, alors qu\u2019il subit un pilonnage \u00e0 Verdun \u00ab <em>Alors que la mort me fr\u00f4lait \u00e0 chaque minute, je sentais en moi la volont\u00e9, la certitude de vivre<\/em> \u00bb (p. 117) (&#8230;) \u00ab <em>Je vis donc emporter ce cadavre sans y voir pour moi aucun pr\u00e9sage<\/em> \u00bb mais il est bien plus ambigu quand il poursuit : \u00ab <em>Ces images \u00e9veillaient alors en moi obscur\u00e9ment je ne savais quel plaisir : c\u2019est beaucoup plus tard que je devais d\u00e9couvrir que ce plaisir \u00e9tait d\u2019ordre sensuel et qu\u2019il y a un lien myst\u00e9rieux entre la mort et la volupt\u00e9<\/em> \u00bb (pp. 34-35). Il revient la page suivante \u00e0 cette notion dans un tout autre domaine : \u00ab <em>Nous couchions dans les caves, dont les murs \u00e9taient abondamment illustr\u00e9s de pages d\u00e9coup\u00e9es dans la Vie Parisienne, sarabande de petites femmes montrant leurs cuisses demi gain\u00e9es de soie : nous n\u2019avions pas attendu les Am\u00e9ricains pour orner nos chambres de<\/em> \u00ab\u00a0pin-up\u00a0\u00bb\u00bb (p. 36). <br>Sur la notion de h\u00e9ros, il en a une d\u00e9finition r\u00e9aliste : \u00ab <em>Le h\u00e9ros v\u00e9ritable \u00e0 la guerre, ce n\u2019est pas l\u2019officier \u00e0 qui il est facile d\u2019oublier le danger qu\u2019il a la volont\u00e9 de faire son m\u00e9tier, ce n\u2019est pas le technicien &#8211; mitrailleur, artilleur, signaleur &#8211; qui lui aussi peut ignorer les p\u00e9rils s\u2019il se concentre sur le fonctionnement de sa technique ; le h\u00e9ros, c\u2019est le simple soldat sans sp\u00e9cialit\u00e9 qui n\u2019a qu\u2019un fusil en main pour se distraire de l\u2019id\u00e9e de la mort<\/em> \u00bb. (pp. 39 et 40).<br>Afin d\u2019attester du surr\u00e9alisme et du tragique de la guerre, Ren\u00e9 Arnaud multiplie les anecdotes telle celle de ces guetteurs tirant sur des oiseaux migrateurs pour s\u2019amuser, entrainant un effet domino de fusillade, puis d\u2019artillerie et causant finalement 7 morts dus \u00e0 cette fausse alerte, ou ce lieutenant d\u2019artillerie chauff\u00e9 par l\u2019alcool qui fait tirer au canon sans motif, entra\u00eenant lui aussi une riposte mortelle (p. 44). <br>Il n\u2019est pas toutefois herm\u00e9tique au bourrage de cr\u00e2ne, notamment sur le ramassage des bless\u00e9s, n\u2019y voyant qu\u2019espionnage et tra\u00eetrise, tel en juin 16, ce : \u00ab <em>Souvent, \u00e0 ce que l\u2019on nous avait dit, des combattants ennemis s\u2019approchaient sous le couvert de la Croix-Rouge, dissimulant dans leur brancard une mitrailleuse<\/em> \u00bb (p. 135). Mais il fait c\u00f4toyer ce sentiment avec l\u2019horreur des corps en d\u00e9composition, qu\u2019\u00ab il nous fallait pourtant regarder en face \u00bb et de conclure ; \u00ab <em>Et nous n\u2019avions qu\u2019une pens\u00e9e fugitive pour les proches de ces<\/em> \u00ab disparus \u00bb, <em>qui fussent devenus fous \u00e0 voir ce que la guerre avait fait de leur fils, de leur mari ou de leur amant<\/em> \u00bb (p. 49). Il poursuit encore : \u00ab <em>Et puis, en rentrant de la ronde, on secouait ces fun\u00e8bres pens\u00e9es, on se jetait sur la mangeaille avec un app\u00e9tit de jeune loup comme dans ces repas de famille qui suivent les enterrements \u00e0 la campagne. La vie reprenait le dessus, on b\u00e2frait, on buvait, on savourait un verre de fine, on fumait un cigare et on ne pensait plus \u00e0 nos cadavres jusqu\u2019\u00e0 ce que la prochaine ronde rem\u00eet sous nos yeux ce<\/em> \u00ab je ne sais quoi qui n\u2019a de nom dans aucune langue \u00bb (pp. 49, 50).<br>Le 6e chapitre est un tableau de sa vision de l\u2019arm\u00e9e anglaise, bien \u00e9quip\u00e9e, et \u00e0 l\u2019 \u00ab<em> odeur de merisier et de tabac sucr\u00e9<\/em> \u00bb. <br>Pr\u00e8s de cent pages sont consacr\u00e9es au front de Verdun. Elles montrent, par l\u2019ambiance et l\u2019anecdote, l\u2019hom\u00e9rique de cette phase. Sur l\u2019abn\u00e9gation du soldat qui \u00ab <em>y tient <\/em>\u00bb, il dit : \u00ab <em>On nous disait de tenir : y avait-il tant de m\u00e9rite \u00e0 ne pas bouger de sa tranch\u00e9e o\u00f9 on \u00e9tait bloqu\u00e9, et \u00e0 y attendre passivement la fin du pilonnage, dans l\u2019incapacit\u00e9 physique d\u2019agir ?<\/em> \u00bb (p. 117) Devant cette d\u00e9bauche d\u2019obus, dont il dit : \u00ab <em>tous les obus ne tuent pas \u2013 il y en a m\u00eame fort peu qui tuent. Mais il en tombait tellement cette fois-ci que quelques-uns frappaient juste <\/em>\u00bb, il se r\u00e9volte pourtant : \u00ab <em>A la fin, c\u2019en \u00e9tait trop. Le spectacle de ces paquets de chair fragile qui attendaient la mort sous un d\u00e9luge de fer et de feu me r\u00e9volta. En cette minute je ne pensai \u00e0 la Providence que pour la nier ou la maudire. Morand, mon ordonnance, l\u2019avait dit dans son simple langage<\/em> : \u00ab Est-ce que le Bon Dieu devrait tol\u00e9rer des choses pareilles ? I doit pu gu\u00e8re s\u2019occuper de nous \u00e0 c\u2019t\u2019heure ! \u00bb. <em>Oui, le ciel \u00e9tait vide. Il n\u2019y avait point de dogme du p\u00e9ch\u00e9 qui p\u00fbt donner un sens \u00e0 un pareil massacre<\/em> \u00bb. Devant tant de mort et de souffrance ; \u00ab <em>Cette longue s\u00e9rie d\u2019\u00e9motions excessives avait fini par tuer en moi l\u2019\u00e9motion elle-m\u00eame<\/em> \u00bb (pp. 118-119). Car la mort tombe du ciel, impersonnelle, anonyme : \u00ab <em>Je remarque tout \u00e0 coup un grand corps qui marche l\u00e0, vers la droite, je vise, j\u2019ai l\u2019intuition du tireur qui tient l\u00e0 son but, j\u2019appuie sur la d\u00e9tente et, tandis que le recul me secoue l\u2019\u00e9paule, le grand corps dispara\u00eet. Je me demanderai plus tard si c\u2019est ma balle ou la balle d\u2019un autre qui l\u2019a atteint ou s\u2019il s\u2019est simplement jet\u00e9 \u00e0 terre devant la fusillade trop intense. C\u2019est en tout cas le seul Allemand que je crus avoir <\/em>\u00ab\u00a0descendu\u00a0\u00bb <em>en trois ans et demi de campagne, et sans en \u00eatre s\u00fbr <\/em>\u00bb (pp. 122-123). La rel\u00e8ve arrive : \u00ab <em>tous les survivants eurent un sursaut de joie ; ils allaient en sortir<\/em> \u00bb. Mais le capitaine envisage de laisser les morts \u00e0 leur sort. Suit un tableau saisissant d\u2019assainissement du champ de bataille (p. 140). A Verdun, revenu dans la s\u00e9curit\u00e9 relative de la ville, succ\u00e9dant \u00e0 10 jours d\u2019enfer dans le secteur de Thiaumont, il constate qu\u2019une trentaine d\u2019hommes sur 130 sont redescendus ; il les d\u00e9crit : \u00ab <em>La plupart n\u2019ont ni sac, ni ceinturon, certains n\u2019ont m\u00eame plus leur fusil. Ils s\u2019en vont furtifs, en d\u00e9sordre, comme s\u2019ils avaient fui la bataille. Leurs yeux sont encore fi\u00e9vreux dans leur visage noirci par la barbe, le h\u00e2le et la crasse. Ces h\u00e9ros ne font gu\u00e8re figure de h\u00e9ros<\/em> \u00bb (p. 143). Il en tire un bilan d\u00e9cal\u00e9 devant le communiqu\u00e9 : \u00ab Y n\u2019parlent pas d\u2019nos pertes \u00bb, <em>grommelle un homme. Mais il est le seul \u00e0 grogner. Les autres ont aux yeux une petite flemme d\u2019orgueil<\/em> : \u00ab \u00c7a, c\u2019est nous ! \u00bb <em>L\u2019\u00eatre humain tire sa fiert\u00e9 de ses pires souffrances<\/em> \u00bb (p. 144). Les pertes au 237<sup>e<\/sup> RI ont \u00e9t\u00e9 si importantes qu\u2019il est fondu avec le 293<sup>e<\/sup> \u00ab <em>que nous n\u2019aimions point<\/em> \u00bb dit-il, bouleversant totalement l\u2019unit\u00e9, et de fait sa coh\u00e9sion (p. 147). Apr\u00e8s quelques jours de repos, le r\u00e9giment reconstitu\u00e9 est renvoy\u00e9 dans l\u2019enfer avec la mission de reprendre Thiaumont. Il dit : \u00ab <em>Chacun pensait :<\/em> \u00ab\u00a0On en revient une fois, pas deux !\u00a0\u00bb \u00bb (p. 148). Et Arnaud de constater la recrudescence des consultants du m\u00e9decin aide-major, soldats comme officiers qui en font autant ! (p. 150). Dans ceux qui y retournent, il d\u00e9crit les bless\u00e9s l\u00e9gers filant vers l\u2019arri\u00e8re apr\u00e8s s\u2019\u00eatre lestement d\u00e9s\u00e9quip\u00e9s et dit : \u00ab <em>On e\u00fbt dit qu\u2019ils avaient \u00e9tudi\u00e9 le manuel du parfait \u00e9vacu\u00e9 <\/em>\u00bb ! (p. 156). Plus loin, il fait le calcul lucide et surr\u00e9aliste \u00ab <em>que pour faire un prisonnier on d\u00e9pensait 300 000 francs (&#8230;) [79 829 927,88 \u20ac ndlr] pour un prisonnier, \u00ab cela mettait cher le gramme de Boche<\/em> \u00bb ! (p. 170).<br>Il participe ensuite au 16 avril 1917, et est t\u00e9moin des mutineries ; \u00ab <em>nous n\u2019en croyions pas nos oreilles<\/em> \u00bb (p. 175) en avan\u00e7ant qu\u2019elles n\u2019ont pas concern\u00e9 son r\u00e9giment, expliquant que \u00ab <em>par temp\u00e9rament et par tradition le Vend\u00e9en est docile et respectueux de ses chefs<\/em> \u00bb (p. 176). Il en impute la cause aux officiers cultivant l\u2019in\u00e9galit\u00e9 et, arguant qu\u2019il connait ses hommes, caviarde aupr\u00e8s de ses troupes la \u00ab litt\u00e9rature \u00bb ampoul\u00e9e \u00e9manant du GQG, mais pas celle venant de P\u00e9tain. Il rapporte ensuite l\u2019\u00e9pisode de La Marseillaise chant\u00e9e par Marie Delna le 19 juillet suivant qui temp\u00e9ra un peu pour le g\u00e9n\u00e9ral Des Valli\u00e8res la loyaut\u00e9 de sa division (151<sup>e<\/sup>). <br>Au d\u00e9but de d\u00e9cembre 1917, Ren\u00e9 Arnaud, qui a \u00e9t\u00e9 promu capitaine \u00e0 24 ans au mois d\u2019aout pr\u00e9c\u00e9dent, se trouve affect\u00e9 \u00e0 un nouveau r\u00e9giment suite \u00e0 la dissolution, en novembre, du 293, mais sans citer celui, \u00ab de r\u00e9serve du Nord \u00bb qui l\u2019accueille. Il int\u00e8gre une unit\u00e9 qui porte la fourrag\u00e8re aux couleurs verte et rouge de la Croix de guerre. Au passage, il dit ce qu\u2019il pense de ces fourrag\u00e8res, notamment en les rapportant \u00e0 la sortie de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale ! Mais il avance : \u00ab <em>Un r\u00e9giment dissous, c\u2019\u00e9tait un r\u00e9giment suspect : si on nous avait supprim\u00e9s, c\u2019est sans doute que nous ne valions pas grand-chose, peut-\u00eatre m\u00eame que nous avions mis la crosse en l\u2019air<\/em> \u00bb (p. 182). S\u2019il ne cite pas son nouveau et ultime r\u00e9giment, c\u2019est qu\u2019il n\u2019a pas dig\u00e9r\u00e9 cette affectation. Mal re\u00e7u par ce qui appara\u00eet \u00eatre le 208<sup>e<\/sup> RI de Saint-Omer, il dit : \u00ab <em>En outre, je tombais dans un r\u00e9giment o\u00f9 l\u2019atmosph\u00e8re \u00e9tait assez d\u00e9plaisant<\/em>e \u00bb et \u00ab <em>\u00e9tait ce qu\u2019on appelle vulgairement un panier de crabes <\/em>\u00bb tel qu\u2019il acquiert un manifold pour se garantir contre les mauvais coups ! (pp. 184-185). En mars ou avril suivant, ayant r\u00e9pondu \u00e0 une demande d\u2019officiers connaissant l\u2019anglais, il est affect\u00e9 au d\u00e9but de juillet 1918 \u00e0 l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine comme \u00ab <em>officier informateur<\/em> \u00bb. Il en d\u00e9duit : \u00ab <em>Je fus comme \u00e9bloui par cette nouvelle. En une seconde, j\u2019eus le sentiment que la guerre \u00e9tait finie pour moi, que je survivrais, et je fus d\u2019un coup d\u00e9livr\u00e9 de cette sourde angoisse qui pesait sur moi depuis trois ans et demi, de cette hantise de la mort qui m\u2019avait obs\u00e9d\u00e9 comme elle obs\u00e8de les vieillards en bouchant leur avenir<\/em> \u00bb. Plus loin, il ajoute : \u00ab <em>J\u2019avais le sentiment d\u2019\u00eatre invuln\u00e9rable<\/em> \u00bb mais sans que cela gomme son impression d\u2019abandonner ses hommes (pp. 204 \u00e0 206). Son t\u00e9moignage s\u2019arr\u00eate sur sa \u00ab <em>profonde reconnaissance \u00e0 ceux qui sont ainsi venus in extremis faire pencher en notre faveur le plateau de la balance <\/em>\u00bb. (p. 208). S\u2019ensuit un appendice final de 73 pages, inutile et comportant quelques erreurs, intitul\u00e9 \u00ab <em>petite histoire de la Grande Guerre<\/em> \u00bb <br> <br>Est-il un bon t\u00e9moin ? Fin mai 1916, alors qu\u2019il monte \u00e0 Verdun, il se souvient avoir vu au bord de la route, entre Vaub\u00e9court et Rembercourt-aux-Pots, \u00ab <em>des tombes de deux soldats tu\u00e9s ici m\u00eame le 8 septembre 1914 : R\u00e9my Bourleux, soldat au 37<sup>e<\/sup> de ligne ; Constant Thomas, soldat au 79<sup>e<\/sup> de ligne <\/em>\u00bb (p. 83). Recherches effectu\u00e9es, ces deux soldats n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s et les deux r\u00e9giments cit\u00e9s ne combattaient pas \u00e0 cet endroit \u00e0 la date pr\u00e9cis\u00e9e mais en Meurthe-et-Moselle. Mais il est plus pr\u00e9cis quand il \u00e9voque la mort de l\u2019Etreusien Ren\u00e9 Breucq BREUCQ Ren\u00e9, 05-10-1884 &#8211; Visionneuse &#8211; M\u00e9moire des Hommes (defense.gouv.fr), effectivement tu\u00e9 le 20 juillet 1918 au combat de Neuilly-Saint-Front (p. 207). <br><br><em>Renseignements compl\u00e9mentaires relev\u00e9s dans l\u2019ouvrage<\/em> :<br>(Vap signifie \u00ab\u00a0voir aussi page\u00a0\u00bb)<br><br>Page 93 : L\u2019absinthe et comment on la consomme<br>                Vue de volontaires am\u00e9ricains conduisant des ambulances Ford de la Croix Rouge \u00ab <em>qui s\u2019\u00e9taient jet\u00e9s dans la guerre d\u00e8s 1915 comme dans une gigantesque partie de base-ball<\/em> \u00bb<br>19 : Comment il re\u00e7oit sa Croix de guerre en se l\u2019attribuant lui-m\u00eame.<br>25 : Colonel reprenant th\u00e9\u00e2tralement son poste juch\u00e9 sur un lorry<br>28 : Vue d\u2019un d\u00e9serteur allemand polonais<br>29 : G\u00e9n\u00e9ral enfreignant la consigne de l\u2019interdiction de porter le passe-montagne<br>33 : Bruit de l\u2019obus (vap 63, 97, 104, 105 et 116)<br>34 : Po\u00eales \u00ab <em>emprunt\u00e9s<\/em> \u00bb au village voisin<br>35 : Vue du ch\u00e2teau de B\u00e9court, pr\u00e8s de La Boisselle<br>34 : Pas \u00e9mu de son premier mort, mais \u00e9mu plus loin (p. 36) de la spiritualit\u00e9<br>37 : Re\u00e7ois tardivement son bapt\u00eame du feu, le 28 f\u00e9vrier <br>     : Hallucination du guetteur<br>38 : Odeur poivr\u00e9e de la poudre<br>44 : Coup de foudre d\u2019amiti\u00e9 entre deux hommes \u00ab <em>sans qu\u2019aucun \u00e9l\u00e9ment trouble vienne s\u2019y m\u00ealer<\/em> \u00bb<br>48 : Cigarette, seul recours contre l\u2019odeur des cadavres<br>51 : Bruit du train<br>53 : \u00ab <em>Le vin est pour eux chose plus sacr\u00e9e que le pain<\/em> \u00bb<br>55 : \u00ab <em>Heureux le b\u0153uf qui ne sait pas qu\u2019on le m\u00eame \u00e0 l\u2019abattoir <\/em>\u00bb<br>59 : \u00ab <em>Sentiers <\/em>\u00ab\u00a0canadiens\u00a0\u00bb <em>faits de petit rondins joints o\u00f9 couraient deux rails de bois qui fixaient le tout<\/em> \u00bb<br>      Rats et odeurs de rat crev\u00e9<br>      Vue \u00ab pittoresque \u00bb d\u2019un capitaine de marsouins \u00ab <em>\u00e0 l\u2019allure d\u2019alcoolique<\/em> \u00bb<br>61 : Touche l\u2019Adrian, \u00ab<em> que nous essay\u00e2mes en nous esclaffant, comme si c\u2019eut \u00e9t\u00e9 une coiffure de carnaval<\/em> \u00bb<br>66 : Propos d\u00e9faitistes de Vend\u00e9ens parlant de la d\u00e9fense de la Champagne pouilleuse : \u00ab <em>Si tieu fi d\u2019garce de Boches veulent garder ce fi d\u2019putain d\u2019pays, y a qu\u2019\u00e0 l\u2019leur laisser : \u00e7a sera pas une perte ! Oll\u00e9 pas la peine de s\u2019faire tuer pour \u00e7a !<\/em> \u00bb. (vap 80 sur le 15\u00e8me Corps)<br>67 : Po\u00eale improvis\u00e9 fait d\u2019un vieux bidon de lait et de tuyaux de goutti\u00e8re<br>68 : Jambe momifi\u00e9e par le gel<br>     : Diff\u00e9rence entre active et r\u00e9serve : \u00ab <em>je suis un r\u00e9serviste, un soldat d\u2019occasion !<\/em> \u00bb (vap 94)<br>71 : Interrogatoire comique de prisonnier allemand qui pense retourner dans sa tranch\u00e9e apr\u00e8s<br>73 : Sur le 17e RI, le r\u00e9giment du midi crosse en l\u2019air et la chanson r\u00e9volutionnaire de Mont\u00e9hus<br>76 : Ce qu\u2019on trouve dans un bazar militaire<br>82 : 10 minutes de pause toutes les 50 mn de marche<br>     : Mai 1916, vue de deux tombes du 8 septembre 14 mais non confirm\u00e9es par les recherches<br>84 : Vue de la Voie Sacr\u00e9e interdite aux colonnes d\u2019infanterie, ordre contourn\u00e9 par coterie<br>85 : Rumeur des gendarmes pendus \u00e0 Verdun<br>86 : Haine, m\u00e9pris et envie contre les officiers d\u2019\u00e9tat-major<br>     : Camions orn\u00e9s de la Semeuse <br>     : Sur les Vend\u00e9ens et les Midis<br>87 : \u00ab \u00ab\u00a0Embusqu\u00e9\u00a0\u00bb <em>s\u2019\u00e9crivait d\u00e9sormais avec un A, l\u2019A cousu au col des automobilistes<\/em> \u00bb<br>90 : \u00ab <em>Le vrai front commence au dernier gendarme<\/em> \u00bb<br>     : Vue de la citadelle de Verdun, son ambiance, son aspect d\u2019\u00ab <em>entrepont d\u2019un paquebot plein d\u2019\u00e9migrants<\/em> \u00bb (vap 95 comment on en sort)<br>94 : Sur le drapeau et son utilisation : \u00ab<em> le drapeau \u00e9tait un embusqu\u00e9 et la guerre \u00e9tait sans panache<\/em> \u00bb<br>      : Odeur de sueur et de vinasse flottant dans les casemates<br>96 : Sur la veulerie d\u2019un homme qui a peur, s<em>on sentimen<\/em>t devant cet homme<br>105 : Sur la mort survenue aux feuill\u00e9es, accident qu\u2019une citation aurait heureusement transform\u00e9 en mort glorieuse<br>111 : All\u00e8gue que \u00ab <em>le<\/em> \u00ab\u00a0syst\u00e8me D\u00a0\u00bb <em>n\u2019est pas traduisible en allemand<\/em> \u00bb<br>112 : Couleur des fus\u00e9es fran\u00e7aises et allemandes<br>116 : Bruit des obus<br>122 : Stahlhelm \u00ab <em>en forme de cloche \u00e0 melon<\/em> \u00bb<br>       : Odeur alliac\u00e9e (de l\u2019ail) de la poudre <br>123 : Re\u00e7oit une balle dans son casque, lui ayant fait sauter le cimier<br>124 : Accident de grenade F1 \u00e0 douille en carton (vap 129 et 136)<br>133 : Regarde passer les \u00ab bouteilles noires \u00bb, des obus<br>134 : Capitaine d\u00e9prim\u00e9, \u00ab<em> l\u2019alcool ne le soutenait plus<\/em> \u00bb<br>135 : Grenade gr\u00e9sillante<br>136 : Sentiment d\u2019\u00eatre sourd et pense \u00e0 la \u00ab <em>fine blessure<\/em> \u00bb<br>137 : Bless\u00e9s dont il remarque \u00ab <em>leur soumission passive au destin<\/em> \u00bb<br>140 : Odeur f\u00e9tide d\u2019une corv\u00e9e montante<br>145 : Officier de l\u2019arri\u00e8re, escadron divisionnaire, semblant sortir d\u2019une premi\u00e8re page de <em>La Vie Parisienne<\/em><br>146 : Pense avoir perdu sa jeunesse \u00e0 Verdun<br>155 : Vider sa vessie en cas de balle au ventre<br>173 : Pillage d\u2019une cave de Champagne<br>174 : Notion du bien et du mal flout\u00e9e par la guerre<br>       : Sur le vin : \u00ab <em>Chacun sait que le soldat fran\u00e7ais croit avoir des droits sur toute bouteille de vin qui est \u00e0 sa port\u00e9e<\/em> \u00bb<br>182 : Fourrag\u00e8re rouge et verte (Croix de guerre), cit\u00e9e \u00e0 l\u2019ordre de l\u2019Arm\u00e9e deux fois, Jaune (M\u00e9daille militaire) cit\u00e9e 4 fois, Rouge (L\u00e9gion d\u2019Honneur) cit\u00e9e 6 fois<br>189 : Vue d\u2019une f\u00eate sportive<br>212 : Affiche de la mobilisation g\u00e9n\u00e9rale toujours pr\u00e9sente sur un mur parisien en 1964.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Yann Prouillet &#8211; f\u00e9vrier 2021<br><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moinRen\u00e9 Jacques Andr\u00e9 Arnaud est n\u00e9 le 2 juillet 1893 \u00e0 La Rochelle (Charente-Maritime). Il dit \u00eatre entr\u00e9 au lyc\u00e9e de Rochefort en sixi\u00e8me \u00e0 l\u2019\u00e2ge de dix ans. C\u2019est son p\u00e8re qui choisit pour lui la langue anglaise : \u00ab Ce jour-l\u00e0, sans s\u2019en douter, mon p\u00e8re avait orient\u00e9 toute ma destin\u00e9e &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2021\/02\/14\/arnaud-rene-1893-1981\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Arnaud, Ren\u00e9 (1893-1981)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":10,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[99,849,1154,1153,10,15,21],"tags":[],"class_list":["post-3420","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-1946-1965","category-208e-ri","category-293e-ri","category-337e-ri-unite","category-combattant-infanterie","category-officier-infanterie","category-souvenirs"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3420","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/10"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=3420"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3420\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3601,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/3420\/revisions\/3601"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=3420"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=3420"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=3420"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}