{"id":3480,"date":"2021-02-26T17:20:10","date_gmt":"2021-02-26T16:20:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=3480"},"modified":"2021-07-12T15:42:10","modified_gmt":"2021-07-12T14:42:10","slug":"gerard-louis-charles-18-19","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2021\/02\/26\/gerard-louis-charles-18-19\/","title":{"rendered":"G\u00e9rard, Louis-Charles (18..-19..)"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Gerard-Louis-Charles.bmp\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Gerard-Louis-Charles.bmp\" alt=\"\" class=\"wp-image-3491\" width=\"136\" height=\"216\" srcset=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Gerard-Louis-Charles.bmp 311w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Gerard-Louis-Charles-189x300.jpg 189w\" sizes=\"auto, (max-width: 136px) 100vw, 136px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\">1. Le t\u00e9moin<br>Nous n\u2019avons pas recueilli d\u2019information biographique \u00e0 propos de Louis-Charles G\u00e9rard qui indique \u00e0 la fin de son \u0153uvre l\u2019avoir r\u00e9dig\u00e9e \u00e0 Roches-les-Blamont, dans le Doubs, en 1932. Il annonce \u00e9galement un autre r\u00e9cit en pr\u00e9paration intitul\u00e9 <em>L\u2019\u00e9pave<\/em>, lequel ne semble pas toutefois avoir \u00e9t\u00e9 publi\u00e9.<br><br>2. Le t\u00e9moignage<br>G\u00e9rard, Louis-Charles, <em>Les dessous de la gloire<\/em>, Besan\u00e7on, imprimerie Jacques et Demontrond, 1932, 248 pages.<br>L\u00e9on Giraud est incorpor\u00e9 pour sa p\u00e9riode militaire le 9 octobre &#8211; semble-t-il &#8211; 1912 au 81<sup>e<\/sup> bataillon de chasseurs \u00e0 pied de Montab\u00e9lard. Il va y apprendre le m\u00e9tier au cours d\u2019une longue vie de caserne, faite de services et de menus tracas ; un milieu o\u00f9 il va gagner le respect de ses camarades ainsi que le galon de caporal. Les bruits de guerre rapprochant le bataillon de la fronti\u00e8re, c\u2019est dans les Vosges qu\u2019il prend sa place \u00ab <em>assign\u00e9e sur la ligne Messimy<\/em> \u00bb (p. 202). Apr\u00e8s le bapt\u00eame du feu en Alsace, le caporal Giraud est lui-aussi fauch\u00e9 par l\u2019implacable destin\u00e9e de chair \u00e0 canon quelque part dans la Champagne Pouilleuse, \u00e0 proximit\u00e9 d\u2019une ferme de la Folie.<br><br>3. Analyse<br>L\u2019auteur place son h\u00e9ros dans le 81<sup>e<\/sup> BCP de Montab\u00e9lard. Cette commune comme cette unit\u00e9 n\u2019existent pas, les BCP \u00e0 la mobilisation \u00ab s\u2019arr\u00eatant \u00bb au num\u00e9ro 71. Son t\u00e9moignage ne correspond pas non plus au 55<sup>e<\/sup> BCP de Montb\u00e9liard, dont le parcours n\u2019est pas commun avec celui d\u00e9crit dans l\u2019ouvrage de G\u00e9rard. Car l\u2019auteur a bien fait ses classes, et vraisemblablement la Grande Guerre, dans les chasseurs \u00e0 pied. Son caporal Giraud y d\u00e9crit fid\u00e8lement, et longuement, la vie de caserne, son microcosme et son jargon, son argot, y d\u00e9veloppant quelques sc\u00e8nes typiques d\u2019int\u00e9r\u00eat pour l\u2019historien. Il d\u00e9crit la mobilisation en caserne (d\u00e9roulement, vocabulaire, etc.) (p. 70) et glose sur la discipline : \u00ab <em>Il est \u00e9crit dans le R\u00e8glement : Le sup\u00e9rieur doit obtenir de l\u2019inf\u00e9rieur une ob\u00e9issance enti\u00e8re et une soumission de tous les instants. Tous les actes de la vie militaire tendent \u00e0 asseoir cette opinion pr\u00e9sent\u00e9e sous forme d\u2019axiome. Tous les esprits sont atteints de cette psychose particuli\u00e8re, d\u2019o\u00f9 na\u00eet l\u2019aveugle soumission<\/em> \u00bb (p. 86). Il d\u00e9crit une marche-man\u0153uvre sous la pluie : \u00ab <em>Aux fen\u00eatres, des gens \u00e9tonn\u00e9s regardaient passer le morne d\u00e9fil\u00e9 des soldats courb\u00e9s sous la rafale, les fusils crosse en l\u2019aire, comme on le fait aux enterrements. Et vraiment cela ressemblait \u00e0 un enterrement : choses, b\u00eates et gens semblaient plong\u00e9s dans un deuil cruel<\/em> \u00bb (p. 89) ou une s\u00e9ance d\u2019escrime \u00e0 la ba\u00efonnette (p. 121). Son tableau (p. 195) de la lecture de la presse allemande par les officiers afin de galvaniser les soldats est certainement chose vue. Il est \u00e9galement opportun dans sa r\u00e9flexion sur la guerre qui m\u00e9lange les origines sociales : \u00ab <em>Cela me fait plaisir de constater que, si la guerre arrive, nous y seront tous, sans distinction de fortune<\/em> \u00bb. (p. 205). Il y revient plus loin (pp. 210-211), et dit, en septembre 1914 : \u00ab <em>Tout d\u2019abord, j\u2019ai perdu encore l\u00e0 une autre illusion, j\u2019avais cru \u00e0 la sinc\u00e9rit\u00e9 de cet \u00e9lan qui nous portait tous indistinctement \u00e0 un commun sacrifice ; sous l\u2019uniforme qui nous rendait fr\u00e8res \u00e9gaux, j\u2019avais con\u00e7u le fol espoir d\u2019une mentalit\u00e9 nouvelle enfant\u00e9e par le danger pressant ; je voyais dans ce g\u00e9n\u00e9reux geste d\u2019union sacr\u00e9e, appara\u00eetre les bases d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 meilleure, qui allait se tremper dans le creuset de la souffrance et cimenter dans le sang, l\u2019\u00e9ternel monument d\u2019une fraternit\u00e9 effective<\/em> \u00bb. Il d\u00e9couvre les PCDF et les embusqu\u00e9s.<br><br>Vient la guerre. L\u2019\u00e9preuve du feu pass\u00e9e, il dit en septembre 1914 \u00ab <em>Je me demande par quel miracle je suis encore en vie !<\/em> \u00bb (p. 210). Puis il d\u00e9crit sa vision des soldats apr\u00e8s quelques semaines de guerre : \u00ab <em>Tous ces combattants n\u2019offraient plus rien de la physionomie habituelle des soldats du temps de paix. Des uniformes salis et d\u00e9chir\u00e9s, des faces osseuses et tann\u00e9es, sur lesquelles une barbe d\u2019un mois appliquait un cachet crapuleux, des gestes brusques, des voix rauques, des yeux durs o\u00f9 brillait une flamme inqui\u00e9tante, c\u2019\u00e9tait, en quelques traits, ce qu\u2019offrait la vue des survivants de ce premier mois de campagne !<\/em> \u00bb (p. 214). Il termine sa campagne quelques jours plus tard, adoss\u00e9 \u00e0 la margelle d\u2019un puits, une art\u00e8re f\u00e9morale coup\u00e9e, pleurant \u00ab <em>sur sa jeunesse sacrifi\u00e9e, sur ses deux derni\u00e8res et inutiles ann\u00e9es qu\u2019on avait vol\u00e9es \u00e0 son affection filiale, sur les petites m\u00e9chancet\u00e9 qu\u2019il avait support\u00e9es, sur la cruaut\u00e9 criminelle des hommes qui d\u00e9cha\u00eenent la guerre, sur la b\u00eatise de ceux qui la font, sur le n\u00e9ant de ce qu\u2019elle repr\u00e9sente<\/em> \u00bb (p. 243-244). <br><br>D\u2019id\u00e9aliste, G\u00e9rard, dans un ultime chapitre appel\u00e9 \u00ab <em>Remords<\/em> \u00bb, adresse, la guerre termin\u00e9e, un pamphlet pacifiste aux anciens combattants : \u00ab <em>Il faut bien l\u2019avouer, on ne nous a pas consult\u00e9s pour r\u00e9diger les trait\u00e9s, moutons nous \u00e9tions, moutons nous sommes rest\u00e9s, sous la houlette de nos bergers, nous n\u2019avons pas eu le courage d\u2019\u00e9lever la voix. Nous nous sommes laiss\u00e9s canaliser dans nos foyers, par petites paquets, et, sit\u00f4t repris par l\u2019\u00e9go\u00efsme, nous nous sommes vautr\u00e9s dans l\u2019indiff\u00e9rence, dans la l\u00e2chet\u00e9 ! On nous a jet\u00e9, comme \u00e0 des enfants, des hochets, des rubans qui flattaient notre fatuit\u00e9. Pour \u00e9touffer nos scrupules, on a agit\u00e9 sous nos yeux, les spectres d\u2019un danger pu\u00e9ril. Nous n\u2019avons pas su r\u00e9sister,<\/em> \u00ab \u00f4 corruption de l\u2019argent ! \u00bb,<em> \u00e0 l\u2019app\u00e2t des mis\u00e9rables primes qu\u2019on nous offrait&#8230;, que votre sang avait pay\u00e9es&#8230;, et comme des mercenaires, nous avons empoch\u00e9 nos trente deniers ! Nous avons ferm\u00e9 les yeux, nous n\u2019avons pas voulu d\u00e9masquer les gens de la coulisse<\/em> \u00ab  (p. 245-246). <br><br>D\u00e8s lors, malgr\u00e9 que la classification de cet ouvrage soit de l\u2019ordre du roman, la guerre ne concernant que les pages 201 \u00e0 244, Les dessous de la gloire constitue un bon t\u00e9moignage anonymis\u00e9 du dressage d\u2019un chasseur \u00e0 pied.<br><br>Parcours de guerre : Ao\u00fbt 1914, d\u00e9part de la caserne (fictive) de Ban-sur-Meurthe (201) \u2013 Vall\u00e9es de la Plaine et du Rabodeau (Vosges) (203) \u2013 d\u00e9but septembre : Mirecourt, Neufch\u00e2teau, Chaumont, Bologne, vall\u00e9e de la Marne (214) \u2013 Saint-Dizier (219) \u2013 Montier-en-Der (220) \u2013 Champagne Pouilleuse (221) \u2013 d\u00e9but de la bataille de la Marne (227) \u2013 Ferme de la Folie (231).<br><br>Autres informations relev\u00e9es<br>Page 13 : Hussards surnomm\u00e9s \u00ab <em>trotte-secs<\/em> \u00bb<br>15 : Il cire les sabots de son cheval pour l\u2019occasion<br>22 : Essai des chaussures \u00e0 l\u2019incorporation<br>23 : Pliage du paquetage<br>90 : Bienfait du chant sur le cafard de la marche<br>101 : Cigarettes Maryland et Londr\u00e8s et courses de rallye-paper : \u00ab <em>Le jour de la course, deux cyclistes, charg\u00e9s de musettes bourr\u00e9es de papier d\u00e9chir\u00e9 menu, partaient de grand matin semer par monts et par vaux ces papillons marquant la piste que devaient suivre les coureurs<\/em>&#8230; \u00bb.<br>128 : Pose de la bande molleti\u00e8re<br>129 : Vue du \u00ab<em> triste camp de Valdahon<\/em> \u00bb<br>132 : Recevoir l\u2019ours = recevoir la solde<br>166 : Anciens cassant la visi\u00e8re des k\u00e9pis des bleus<br>168 : Affect\u00e9 au 21<sup>e<\/sup> corps, parcours de Montab\u00e9lard \u00e0 Ban-sur-Meurthe<br>195 : Lecture de la presse allemande par les officiers afin de galvaniser les soldats : \u00ab <em>N\u2019oubliez pas que, s\u2019il y a des Allemands intelligents, c\u2019est que les Fran\u00e7ais ont occup\u00e9 vingt ans l\u2019Allemagne<\/em> \u00bb<br>215 : terribles taureaux pour territoriaux<br>216 :<em> Le brutal<\/em> = le canon<br>229 : Description de la marche \u00ab <em>en tiroir<\/em> \u00bb<br>221 : Vision d\u2019exode<br>231 : Stratag\u00e8mes pour \u00e9tancher la soif : \u00ab &#8230; <em>on ramassa des balles boches, dont la chemise de nickel \u00e9clat\u00e9e permit d\u2019extraire le plomb, esp\u00e9rant que le froid du m\u00e9tal parviendrait \u00e0 ramener un peu de salive ; on m\u00e2cha des aiguilles de pin, mais le soulagement \u00e9tait de si courte dur\u00e9e qu\u2019on y renon\u00e7a bient\u00f4t. Des hommes souhait\u00e8rent d\u2019attraper la bienheureuse balle qui mettrait fin \u00e0 leur supplice<\/em> \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:14px\">Yann Prouillet, f\u00e9vrier 2021<br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moinNous n\u2019avons pas recueilli d\u2019information biographique \u00e0 propos de Louis-Charles G\u00e9rard qui indique \u00e0 la fin de son \u0153uvre l\u2019avoir r\u00e9dig\u00e9e \u00e0 Roches-les-Blamont, dans le Doubs, en 1932. Il annonce \u00e9galement un autre r\u00e9cit en pr\u00e9paration intitul\u00e9 L\u2019\u00e9pave, lequel ne semble pas toutefois avoir \u00e9t\u00e9 publi\u00e9. 2. 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