{"id":3565,"date":"2021-05-24T16:34:01","date_gmt":"2021-05-24T15:34:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=3565"},"modified":"2021-05-24T16:34:02","modified_gmt":"2021-05-24T15:34:02","slug":"ciumbrudean-dumitru-1890-1985","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2021\/05\/24\/ciumbrudean-dumitru-1890-1985\/","title":{"rendered":"Ciumbrudean, Dumitru (1890-1985)"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Dumitru_Ciumbrudean2.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Dumitru_Ciumbrudean2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3564\" width=\"423\" height=\"336\" srcset=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Dumitru_Ciumbrudean2.jpg 835w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Dumitru_Ciumbrudean2-300x238.jpg 300w, https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Dumitru_Ciumbrudean2-768x610.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 423px) 100vw, 423px\" \/><\/a><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\"><strong>Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Dumitru Ciumbrudean est n\u00e9 \u00e0 Alba Iulia en Transylvanie, Empire austro-hongrois, dans une famille de paysans roumains pauvres. Il apprit le m\u00e9tier de barbier et travailla comme tel dans plusieurs villes de Transylvanie. Entre 1908 et 1911, il v\u00e9cut \u00e0 Budapest, puis il fut incorpor\u00e9 au 50<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d\u2019infanterie \u00e0 Alba Iulia, o\u00f9 il se sp\u00e9cialisa dans les transmissions t\u00e9l\u00e9phoniques et dans le domaine sanitaire et obtint le grade de caporal. Au moment o\u00f9 il devait \u00eatre lib\u00e9r\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e, a commenc\u00e9 la Premi\u00e8re Guerre mondiale et il a \u00e9t\u00e9 forc\u00e9 de rester et de participer aux batailles de l\u2019arm\u00e9e austro-hongroise sur les fronts de Galicie, puis de l\u2019Isonzo. Il fut bless\u00e9 et il perdit trois doigts de sa main droite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Attir\u00e9 par les id\u00e9es socialistes, il devint membre du Parti socialiste de Transylvanie en 1907 alors qu\u2019il faisait partie de l\u2019Empire austro-hongrois. \u00c0 ce titre, il \u00e9tait not\u00e9 comme un participant actif dans la lutte pour le rattachement de la Transylvanie \u00e0 la Roumanie, un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9sign\u00e9 dans l\u2019historiographie roumaine comme la Grande Union. Apr\u00e8s la guerre, il travailla comme barbier \u00e0 Alba Iulia, Bucarest et Cluj entre 1921 et 1944 En 1921, il participa \u00e0 la formation du Parti communiste de Roumanie, et fut arr\u00eat\u00e9 pour cela.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Toujours suivi par les services secrets roumains, il se marie et a deux enfants: un gar\u00e7on Tiberiu, une fille qu\u2019il appelle Lenina, et c\u2019est un scandale. La presse nationale \u00e9crivit \u00e0 ce sujet qu\u2019il faudrait \u00ab&nbsp;forcer le p\u00e8re mis\u00e9rable \u00e0 changer d\u2019urgence le nom de l\u2019enfant&nbsp;\u00bb. En 1944-1947, il a \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9 dans la cr\u00e9ation d\u2019organisations communistes et syndicales de travailleurs \u00e0 Alba Iulia. En 1948, il a dirig\u00e9 l\u2019activit\u00e9 culturelle du comt\u00e9 d\u2019Alba Iulia. Entre 1949 et 1956, il a \u00e9t\u00e9 directeur du Mus\u00e9e d\u2019histoire de cette m\u00eame ville, puis il a pris sa retraite. Il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 15 avril 1985. (Les informations sur la biographie de Dumitru Ciumbrudean sont synth\u00e9tis\u00e9es de Marius Rotar, \u00ab&nbsp;Communistes albaiuliens jusqu\u2019au 23 ao\u00fbt 1944. Le cas d\u2019une ville de province&nbsp;\u00bb, dans la revue <em>Terra Sebus<\/em>, n\u00b0 10\/2018).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Le t\u00e9moignage: Caporal Dumitru Ciumbrudean, <em>1914-1918, Journal de Guerre<\/em>, Maison d&rsquo;\u00e9dition politique, Bucarest, 1969, 376 pages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">En g\u00e9n\u00e9ral, l\u2019historiographie roumaine exploitait et citait peu les \u00e9crits des soldats qui ont combattu dans l\u2019arm\u00e9e austro-hongroise, parce que l\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9tait centr\u00e9 sur les journaux intimes des soldats qui avaient combattu dans l\u2019arm\u00e9e roumaine et avaient contribu\u00e9 \u00e0 la naissance de la Grande Roumanie. Dans les t\u00e9moignages des anciens combattants de l\u2019arm\u00e9e austro-hongroise, seuls les \u00e9v\u00e9nements de la fin de la guerre et leur implication dans la lutte pour l\u2019union de la Transylvanie avec la Roumanie \u00e9taient d\u2019int\u00e9r\u00eat. Le Centenaire de la Premi\u00e8re Guerre mondiale a connu un peu le m\u00eame silence et c\u2019est le m\u00e9rite de l\u2019Universit\u00e9 Babes-Bolyai et de l\u2019Institut d\u2019Histoire \u00ab\u00a0George Baritiu\u00a0\u00bb \u00e0 Cluj qui ont r\u00e9\u00e9dit\u00e9 ou mis dans le circuit scientifique les t\u00e9moignages de Roumains ou de Hongrois dans l\u2019arm\u00e9e austro-hongroise.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">L\u2019\u0153uvre de Dumitru Ciumbrudean est une exception dans le sens indiqu\u00e9 ci-dessus, et c\u2019est parce que l\u2019auteur avait \u00e9t\u00e9 un membre important du mouvement socialiste et communiste. Le livre a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 un an apr\u00e8s que la Roumanie communiste avait c\u00e9l\u00e9br\u00e9 le 50<sup>e<\/sup> anniversaire de la Grande Union de 1918, \u00e0 la Maison d\u2019\u00e9dition politique, la maison d\u2019\u00e9dition du Parti communiste roumain. Mais Dumitru Ciumbrudean avait \u00e9galement publi\u00e9 des extraits de son journal sous la forme d\u2019une s\u00e9rie de 250 \u00e9pisodes dans le journal \u00ab&nbsp;Nouvelle Roumanie&nbsp;\u00bb \u00e0 Cluj en 1936-1937. Un destin \u00e9trange a fait que dans les deux moments de la publication de 1937 et de 1969 ses fragments de journal n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement rendus, et la pr\u00e9face de l\u2019\u0153uvre est intens\u00e9ment politis\u00e9e, soulignant pour les lecteurs les aspects qu\u2019il fallait comprendre: les soldats regardaient avec admiration le monde russe et sa r\u00e9volution&nbsp;; le socialisme et le communisme \u00e9taient contre la guerre imp\u00e9rialiste et capitaliste. D\u2019une part, le journal \u00ab&nbsp;Nouvelle Roumanie&nbsp;\u00bb avait censur\u00e9 les r\u00e9f\u00e9rences des soldats \u00e0 la r\u00e9volution russe et \u00e0 L\u00e9nine, puis la censure communiste avait fonctionn\u00e9 avec la m\u00eame mesure, coupant certains passages qui n\u2019\u00e9taient pas d\u2019accord sur le mouvement socialiste et ses dirigeants. Son journal est actuellement dans les archives du Mus\u00e9e National de l\u2019Unit\u00e9 d\u2019Alba Iulia. Sa notori\u00e9t\u00e9 en tant que communiste le met tr\u00e8s probablement dans une zone d\u2019ombre apr\u00e8s la chute du communisme et son journal n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9dit\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion du Centenaire de la Grande Guerre comme cela a \u00e9t\u00e9 fait pour d\u2019autres \u0153uvres d\u2019anciens combattants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\"><strong>Analyse du livre<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Le journal du caporal Ciumbrudean Dumitru contient ses notes pendant 1619 jours, du 28 juin 1914 au 1<sup>er<\/sup> d\u00e9cembre 1918. Dans son avant-propos, Ciumbrudean avertit le lecteur que \u00ab&nbsp;mes notes sont souvent des v\u00e9rit\u00e9s cruelles, comme l\u2019\u00e9taient les gens dans les vagues de secousse morale et physique, perdant parfois leur sang-froid du jugement humain. Pas de tendance ou un grain de passion que je n\u2019ai marqu\u00e9 dans mon carnet. Je le pensais pour moi, sans penser qu\u2019il verrait la lumi\u00e8re de l\u2019imprim\u00e9. Mon but est que mes sentiments soient connus des autres, en particulier ceux qui n\u2019ont pas pr\u00eat\u00e9 attention au cauchemar mondial; pour conna\u00eetre les affaires de la guerre, \u00e0 ceux qui n\u2019avaient aucune id\u00e9e de la fa\u00e7on dont les jours amers se sont \u00e9coul\u00e9s entre la vie et la mort de millions d\u2019\u00eatres envoy\u00e9s \u00e0 l\u2019abattoir&nbsp;\u00bb (p.34).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Au-del\u00e0 de ce qu\u2019il d\u00e9clare au d\u00e9part, le journal de Ciumbrudean regorge de ses convictions socialistes et nationalistes. Ses souvenirs sont \u00e9crits avec une coloration pacifiste selon la d\u00e9claration du mouvement socialiste europ\u00e9en qui avait \u00e0 cette \u00e9poque appel\u00e9 \u00e0 la \u00ab&nbsp;Guerre \u00e0 la Guerre&nbsp;\u00bb. Ensuite, l\u2019autre note est celle du nationalisme roumain qui milite pour l\u2019union de tous les Roumains sous l\u2019\u00e9gide de la Roumanie. Comme tous les Roumains de Transylvanie contraints de se battre pour une cause qui n\u2019est pas la leur, Ciumbrudean ne participe pas avec enthousiasme \u00e0 la guerre et veut la paix, mais aussi la d\u00e9sint\u00e9gration de l\u2019empire. \u00ab&nbsp;Nous n\u2019avons pas de droits, pas de pays \u00e0 combattre. Vous, mon enfant, vous ne devez pas mourir pour la stupidit\u00e9 des dirigeants de l\u2019empire.&nbsp;\u00bb Il enseigne une le\u00e7on sur la fa\u00e7on de se comporter sur le front, une le\u00e7on qu\u2019il donne en d\u00e9crivant l\u2019attitude de tous les soldats enr\u00f4l\u00e9s presque par la force dans l&rsquo;\u00ab arm\u00e9e sans \u00e2me \u00bb comme il appelle l\u2019arm\u00e9e de l\u2019empire austro-hongrois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Le journal commence par la description de l\u2019atmosph\u00e8re de Budapest le 28 juin 1914, apr\u00e8s l\u2019annonce de l\u2019assassinat de l\u2019archiduc Fran\u00e7ois-Ferdinand. Ciumbrudean est t\u00e9moin des manifestations guerri\u00e8res des citadins qui descendent dans la rue et crient : \u00ab \u00c0 bas la Serbie ! Mort \u00e0 la Serbie !&nbsp;\u00bb Suivent des chansons guerri\u00e8res et nationales hongroises. Il est forc\u00e9 de retourner \u00e0 Alba Iulia et le 2 ao\u00fbt est mobilis\u00e9 au 50<sup>e<\/sup> R\u00e9giment, compagnie 12. Le 15 ao\u00fbt, le r\u00e9giment part pour le front. Sur la paroi du wagon, il est \u00e9crit: pour six chevaux ou 40 personnes&#8230; Destination du front galicien. Sur le chemin tous les soldats murmurent: Galicie, Galicie, br\u00fbler votre feu!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Le 27 ao\u00fbt 1914, le caporal conna\u00eet le bapt\u00eame du feu : \u00ab&nbsp;Ah je ne vois plus. Un brouillard de peur joue dans mes yeux, mais mon arme fonctionne. Je me tords pour tirer plus vite. Nettoie ceux qui veulent me tuer. Je tire, je tire, je tire&#8230; Nous tirons car nous devons tirer &#8230; Pour l\u2019id\u00e9al et l\u2019humanit\u00e9, plus de guerre, ne tirez plus&nbsp;\u00bb, note Ciumbrudean. Le 16 janvier 1915, un professeur hongrois, un Roumain et un volontaire polonais parlent de litt\u00e9rature sur les grands po\u00e8tes, et un soldat illettr\u00e9 demande : \u00ab Mais ces gens, c\u00e9l\u00e8bres comme vous le dites, n\u2019ont rien \u00e9crit sur la paix ? \u00c0 cette question, tout le monde se regarde et se ferme.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Le 27 septembre 1915, apr\u00e8s plus d\u2019un an de guerre, en permission, il quitte sa maison. Dans la rue, \u00e9crit-il, tout le monde regarde mes d\u00e9corations et m\u2019interroge \u00e0 leur sujet : \u00ab Je souris et je leur dis que je ne suis pas un h\u00e9ros et que les h\u00e9ros meurent. \u00bb Il retourne au front et se bat \u00e0 nouveau en Galicie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Encore une fois son journal enregistre l\u2019absurdit\u00e9 de la guerre. Le 23 janvier 1916, il note une discussion dans le m\u00eame esprit contestataire : \u00ab Je crache sur ton art ! \u00bb, dit encore un soldat qui assiste \u00e0 une discussion sur L\u00e9onard de Vinci, Le Titien, Van Dyck, etc., \u00ab Si vous ne pouviez pas arr\u00eater la guerre pour sauver l\u2019art. Il fallait apprendre aux gens \u00e0 ne pas faire la guerre !&nbsp;\u00bb leur dit le m\u00eame soldat en col\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">En juin 1916, son r\u00e9giment est transf\u00e9r\u00e9 sur le front italien. De l\u00e0, il apprend que la Roumanie a d\u00e9clar\u00e9 la guerre aux Puissances Centrales, les soldats de nationalit\u00e9 roumaine sont un peu confus. Qu\u2019est-ce qu\u2019ils font ici ? Les dirigeants leur donnent des rations plus importantes et des cigarettes pour renforcer leur attachement \u00e0 l\u2019arm\u00e9e imp\u00e9riale, mais le mal est d\u00e9j\u00e0 fait: le combat n\u2019est plus le leur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">En 1917, le caporal Ciumbrudean d\u00e9crit les violents combats men\u00e9s sur le front italien, mais aussi la situation de plus en plus difficile des Roumains en Transylvanie, familles affam\u00e9es et pers\u00e9cut\u00e9es. Les soldats parlent de plus en plus des bolcheviks et de L\u00e9nine, et sur leurs l\u00e8vres l\u2019adage est: \u00ab&nbsp;laisser combattre les rois entre eux&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Dans la ville o\u00f9 il y a trois ans les gens criaient : \u00ab&nbsp;Nous voulons la guerre ! Vive la guerre ! Mort \u00e0 la Serbie !&nbsp;\u00bb, il chuchote: Nous voulons la paix! On n\u2019a plus besoin de guerre ! \u00e9crit avec ironie Ciumbrudean le 5 janvier 1918 dans son journal lors de son passage \u00e0 travers Budapest apr\u00e8s un cong\u00e9 militaire. En juillet, il a subi une blessure \u00e0 la main et a \u00e9t\u00e9 hospitalis\u00e9 \u00e0 Belgrade o\u00f9 il s\u00e9journa jusqu\u2019au 18 septembre, date \u00e0 laquelle il fut transf\u00e9r\u00e9 en Hongrie, puis a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 inapte \u00e0 la guerre. L\u2019armistice le trouve \u00e0 Alba Iulia, o\u00f9 il est de nouveau impliqu\u00e9 dans le mouvement socialiste et participe le 1er d\u00e9cembre 1918 \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e Nationale des Roumains qui ont vot\u00e9 pour unir la Transylvanie \u00e0 la Roumanie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Le journal de Dumitru Ciumbrudean, c\u2019est le journal d\u2019un socialiste, il a \u00e9videmment une port\u00e9e politique, mais c\u2019est aussi le journal d\u2019un pacifiste, d\u2019un homme qui condamne la guerre. Il conclut le r\u00e9cit de son exp\u00e9rience personnelle de participation \u00e0 la Grande Guerre: \u00abJ&rsquo;ai connu des nations et des coutumes. J&rsquo;ai appris \u00e0 conna\u00eetre l&rsquo;\u00e2me humaine. J&rsquo;ai vu des milliers de morts et de bless\u00e9s. Tout cela m&rsquo;a terriblement secou\u00e9, car maintenant je ne peux plus regarder un animal mort sans me faire mal. J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 plusieurs fois et de la main droite je suis devenu invalide de guerre. Combien j&rsquo;ai travers\u00e9! Pourquoi avons-nous \u00e9t\u00e9 incit\u00e9s? Qui a sem\u00e9 la haine dans les \u00e2mes de la foule? Pourquoi avons-nous \u00e9t\u00e9 aveugl\u00e9ment pouss\u00e9s \u00e0 tuer? Sur la ruine du vieux monde, j&rsquo;ai r\u00eav\u00e9 d&rsquo;un autre monde apr\u00e8s tant de souffrances et de mis\u00e8res. Nous qui avons v\u00e9cu la guerre ne devrions pas \u00eatre accus\u00e9s de la ha\u00efr. Au nom de la paix, je condamne la guerre et je veux rendre hommage \u00e0 travers mes notes \u00e0 tous ceux qui se sont r\u00e9volt\u00e9s contre elle. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\"><em>Dorin Stanescu, mai 2021<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le t\u00e9moin Dumitru Ciumbrudean est n\u00e9 \u00e0 Alba Iulia en Transylvanie, Empire austro-hongrois, dans une famille de paysans roumains pauvres. 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