{"id":3579,"date":"2021-07-12T15:08:19","date_gmt":"2021-07-12T14:08:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=3579"},"modified":"2021-07-13T14:52:04","modified_gmt":"2021-07-13T13:52:04","slug":"germaine-paruit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2021\/07\/12\/germaine-paruit\/","title":{"rendered":"Paruit, Germaine (1900-1990)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-normal-font-size\"><em>14 ans en 1914, journal d\u2019une adolescente<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">1. Le t\u00e9moin<strong> <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Germaine Paruit (1900 \u2013 1990) grandit avec sa s\u0153ur Suzanne dans une famille de petite bourgeoisie commer\u00e7ante, ses parents tiennent \u00e0 Sedan (Ardennes) un magasin de vaisselle \u2013 porcelaine \u2013 cadeaux. Ceux-ci maintiennent leur activit\u00e9 commerciale pendant l\u2019occupation allemande, et en d\u00e9cembre 1917 les deux jeunes filles sont \u00e9vacu\u00e9es par la Suisse vers la France non-occup\u00e9e. Les deux s\u0153urs terminent la guerre chez une tante \u00e0 Dompaire (Vosges) en Lorraine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">2. Le t\u00e9moignage <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Germaine Paruit a tenu un journal durant toute la guerre et sa famille n\u2019en a pris connaissance qu\u2019\u00e0 son d\u00e9c\u00e8s&nbsp;; sa fille, Colette Lubin-Pasquier, en a retranscrit les quatre cahiers qui formaient le manuscrit d\u2019origine. Jean-Michel Pasquier, un des petits-enfants de Germaine, et possesseur actuel du manuscrit, ainsi que sa s\u0153ur et leurs enfants, ont d\u00e9cid\u00e9 de le porter \u00e0 la connaissance du public. Il a fait partie d\u2019une exposition \u00e0 Sedan, et d\u2019une publication int\u00e9grale et permanente sur internet (<em><a href=\"https:\/\/14ansen1914.wordpress.com\/\">14ansen1914.wordpress.com<\/a><\/em>). Le texte, assez cons\u00e9quent, pr\u00e9sente quelques lacunes, des pages ayant \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9es&nbsp;: il s\u2019agit probablement d\u2019autocensure [entretien t\u00e9l\u00e9phonique avec J.-M. Pasquier, avril 2021]. Quelques photographies d\u2019\u00e9poque en possession de la famille ont \u00e9t\u00e9 intercal\u00e9es dans la publication.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">3. Analyse <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Le journal de Germaine Paruit est un document riche, minutieux, il restitue bien l\u2019ambiance de l\u2019occupation, avec les p\u00e9nuries, les r\u00e9quisitions, les diff\u00e9rentes brimades subies par la population civile, l\u2019\u00e9volution du conflit tel qu\u2019il peut \u00eatre per\u00e7u par les occup\u00e9s, et globalement les inqui\u00e9tudes et les espoirs d\u2019une jeune sedanaise. Celle-ci poss\u00e8de un beau niveau d\u2019expression \u00e9crite, et sa chronique de l\u2019occupation est anim\u00e9e par un patriotisme constant (\u00ab&nbsp;<em>ces sales boches<\/em>&nbsp;\u00bb, quand dans son r\u00e9cit elle s\u2019emporte). L\u2019auteure d\u00e9crit pr\u00e9cis\u00e9ment les \u00e9v\u00e9nements journaliers, elle utilise le communiqu\u00e9, la presse (elle n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 recopier de tr\u00e8s longs articles) et les conversations familiales. Le magasin de ses parents est aussi un lieu privil\u00e9gi\u00e9 pour le recueil de toute sorte d\u2019informations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">\u00c0 la fin du mois d\u2019ao\u00fbt 1914, le p\u00e8re reste pour garder le magasin tandis que Germaine, sa s\u0153ur a\u00een\u00e9e Suzanne, et d\u2019autres femmes de la famille fuient devant l\u2019avance allemande. Elles sont rattrap\u00e9es \u00e0 Reims et retournent rapidement dans Sedan occup\u00e9. Le magasin intact peut rouvrir, mais le p\u00e8re est \u00e0 plusieurs reprises d\u00e9sign\u00e9 comme otage. C\u2019est d\u2019octobre \u00e0 d\u00e9cembre 1914, comme souvent chez les diaristes nordistes occup\u00e9s, que les canards sont les plus nombreux et les plus \u00ab&nbsp;relay\u00e9s&nbsp;\u00bb; et comme dans beaucoup de ces autres t\u00e9moignages, Germaine montre assez vite qu\u2019elle n\u2019est pas dupe(23 septembre 1914)&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00ab<em>On dit que Guillaume, en raison de la mort de ses trois fils (deux \u00e0 la guerre, un de maladie), a demand\u00e9 la paix \u00e0 la France (\u2026). Il est probable qu\u2019il n\u2019y a rien de vrai.<\/em>&nbsp;\u00bb Le monde des informations ext\u00e9rieures n\u2019est pas totalement clos, car la jeune fille cite parfois <em>le Matin<\/em>, ou d\u00e9crit longuement en janvier 1915 les <em>Horreurs de Dinant<\/em> (ao\u00fbt 1914), avec des sources \u00e9videmment proscrites en zone occup\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">L\u2019ann\u00e9e 1915 est assez lacunaire dans le r\u00e9cit, mais on peut trouver quelques mentions int\u00e9ressantes. Ainsi le terme boche, en janvier 1915, est un \u00ab&nbsp;gros mot&nbsp;\u00bb et doit \u00eatre \u00e0 ce titre interdit aux jeunes filles&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>le cur\u00e9 (\u2026) est en col\u00e8re quand il entend qu\u2019on les appelle \u00ab&nbsp;Boches&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Prussiens&nbsp;\u00bb&nbsp;\u00bb. Il a dit \u00e0 M. Devin qu\u2019il y a quelque temps, <\/em>[que]<em> nous l\u2019avions dit quand il a pass\u00e9 dans le jardin \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de nous.<\/em>&nbsp;\u00bb. Dans l\u2019affaire de la crise des prisonniers allemands envoy\u00e9s au Maroc, en f\u00e9vrier 1915, Germaine retranscrit le discours du commandant de la Place, qui justifie aux otages les mesures de r\u00e9torsion. La sc\u00e8ne lui a probablement \u00e9t\u00e9 racont\u00e9e par son p\u00e8re&nbsp;: (16 f\u00e9vrier 1915) <em>\u00ab&nbsp;Messieurs, voil\u00e0 ce qui se passe au Maroc. Nos officiers prisonniers sont envoy\u00e9s au Maroc et l\u00e0, sous l\u2019ordre des noirs, des noirs, ils travaillent tout nu, tout nu. C\u2019est une injure faite \u00e0 l\u2019arm\u00e9e allemande et nous avons droit aux repr\u00e9sailles.<\/em> [\u00ab&nbsp;Quelle b\u00eatise. Et puis ils ne m\u00e9ritent que \u00e7a&nbsp;!&nbsp;\u00bb]. <em>Mais comme la population s\u2019est toujours montr\u00e9e bonne pour nos soldats<\/em> [\u00ab&nbsp;parlons-en&nbsp;!&nbsp;\u00bb]<em>, nous n\u2019userons pas de nos droits.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Le magasin-maison familiale est, semble-t-il, d\u2019assez grande taille, et de nombreux soldats allemands y sont souvent log\u00e9s en 1916 et 1917. Germaine se plaint du bruit qu\u2019ils font, des serrures du grenier qu\u2019ils croch\u00e8tent&nbsp;: \u00ab<em>ils vont encore aller partout (\u2026) de vrais cambrioleurs<\/em>&nbsp;\u00bb. Un incident, en janvier 1916, se produit pour la troisi\u00e8me fois&nbsp;: des soldats, sans ordre, disent acheter de la porcelaine de prix en promettant de payer, le r\u00e9p\u00e9tant plusieurs fois, puis, une fois la marchandise emball\u00e9e, sortent un bon de r\u00e9quisition. <em>\u00ab&nbsp;Maman s\u2019habille vivement pour aller avec eux \u00e0 la commandanture, papa est oblig\u00e9 de se mettre en travers de la porte pour les obliger \u00e0 attendre. (\u2026) les soldats se sauvent, les parents r\u00e9ussissent \u00e0 les faire arr\u00eater par deux officiers qui passaient par l\u00e0 (&#8230;)<\/em> Puis chez le commandant&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>L\u00e0, ils sont vivement sermonn\u00e9s par Alexander (Maman le devine \u00e0 son ton et \u00e0 l\u2019attitude penaude des deux hommes).<\/em>&nbsp;\u00bb Il reste que ce chef veut baisser les prix de la facture, la faire payer en bon de ville\u2026 Cet incident peut illustrer ce qu\u2019est ce r\u00e9gime d\u2019occupation l\u00e9onin, qui repose en g\u00e9n\u00e9ral sur un semblant de l\u00e9galit\u00e9, mais r\u00e9vocable \u00e0 tout moment, selon les circonstances. Une autre mention peut compl\u00e9ter ce tableau d\u2019ambiance, avec les r\u00e9quisitions \u00ab&nbsp;abusives&nbsp;\u00bb&nbsp;: (avril 1916) \u00ab&nbsp;<em>deux chauffeurs d\u2019automobile sont venus aujourd\u2019hui r\u00e9quisitionner, et ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s impolis. Comme nous n\u2019avions pas ce qu\u2019ils voulaient, ils ont regard\u00e9 partout, ouvert toutes les armoires, maman avait beau se f\u00e2cher, leur demander s\u2019ils \u00e9taient charg\u00e9s de perquisitionner, ils continuaient toujours en riant. (\u2026) J\u2019ai regard\u00e9 bien pendant \u00bc d\u2019heure dans la rue pour appeler un officier, aucun ne passait par malheur. Peut-\u00eatre ne leur aurait-il rien dit, ils paraissent plus polis, mais au fond, ils ne le sont pas plus que ces deux sales types, quand on n\u2019est pas de leur avis.<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Germaine \u00e9voque la piti\u00e9 que lui inspire le spectacle des prisonniers, \u00e0 cause de leur aspect fam\u00e9lique&nbsp;: ce sont des Russes, qui \u00ab&nbsp;<em>ne cessent de nous regarder, esp\u00e9rant que nous leur apportons quelque chose. (\u2026) ils ont l\u2019air bien malheureux.<\/em>&nbsp;\u00bb, ou des civils fran\u00e7ais, d\u00e9port\u00e9s dans les Ardennes pour le travail forc\u00e9. Elle mentionne des fleurs port\u00e9es au cimeti\u00e8re&nbsp;: (septembre 1916) \u00ab<em>&nbsp;Il y a 55 Russes enterr\u00e9s et beaucoup de prisonniers civils du nord (Wattrelos, Roubaix\u2026).&nbsp;<\/em>\u00bb Son t\u00e9moignage direct est pr\u00e9cis pour la description du passage \u00e0 Sedan des prisonniers roumains en janvier 1917. Lorsque passent ces captifs sous-aliment\u00e9s, les habitants essaient de leur lancer du pain ou du biscuit, \u00ab<em>Ils se pr\u00e9cipitent tous en rompant les rangs, les Allemands crient, maman a les mains \u00e9gratign\u00e9es par tous ceux qui se sont ainsi lanc\u00e9s comme des b\u00eates qui n\u2019ont pas mang\u00e9 depuis quelques jours, sur une proie. (\u2026) c\u2019est un d\u00e9sordre \u00e9pouvantable, ils se pr\u00e9cipitent sur tout ce qu\u2019on leur donne. (\u2026) Les Allemands tapent \u00e0 coup de crosse er de b\u00e2tons sur les pauvres Roumains qui hurlent de douleur. Les soldats qui passent s\u2019en m\u00ealent \u00e9galement. Les officier prennent ces malheureux au collet, et les envoient rouler par terre en riant d\u2019un air sarcastique. On ne se poss\u00e8de plus d\u2019indignation d\u2019un pareil traitement. (\u2026) heureusement que les Allemands ne nous ont pas trop bouscul\u00e9s, sans cela nous n\u2019aurions certainement pas pu nous contenir, on bouillonnait. Les gens \u00e9taient p\u00e2les, les yeux hagards, les traits contract\u00e9s, beaucoup de femmes pleuraient. On pensait aux n\u00f4tres. Ceux qui ont un mari, leur fils ou leur parent prisonnier se demandaient avec terreur s\u2019ils n\u2019\u00e9taient pas ainsi trait\u00e9s. Si c\u2019est cela, de la civilisation, qu\u2019est-ce donc que la barbarie&nbsp;?<\/em>&nbsp;\u00bb L\u2019alimentation est insuffisante, toute la famille maigrit, mais le \u00ab&nbsp;ravitaillement am\u00e9ricain&nbsp;\u00bb et la proximit\u00e9 relative de la campagne permettent d\u2019endurer ces temps difficiles&nbsp;: (9 juin 1916) <em>\u00ab&nbsp;Il devient de plus en plus difficile de manger. Nous ne mangeons plus que du riz. Nous qui ne l\u2019aimions pas&nbsp;! Le pain est mauvais, indigeste.&nbsp;<\/em>\u00bb. La jeune fille vit dans un foyer familial o\u00f9 les relations semblent harmonieuses, et son journal est aussi celui de la vie quotidienne d\u2019une jeune fille sans histoires. Des \u00ab&nbsp;trains d\u2019\u00e9migr\u00e9s&nbsp;\u00bb sont r\u00e9guli\u00e8rement form\u00e9s pour transf\u00e9rer des civils vers la France non-occup\u00e9e. Le p\u00e8re n\u2019a pas le droit de partir, la m\u00e8re veut rester pour l\u2019aider \u00e0 \u00e9viter le pillage, et Germaine et Suzanne h\u00e9sitent, mais le travail forc\u00e9 aux champs commence \u00e0 les menacer s\u00e9rieusement, et leur m\u00e8re les inscrit en juin 1917. La description minutieuse des conditions et r\u00e8glements de transfert (copie int\u00e9grale des documents), ainsi que de son d\u00e9roulement, de la composition des malles \u00e0 l\u2019accueil en Suisse, forme un document utile pour l\u2019histoire de ce type de transfert.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Apr\u00e8s le passage par la Suisse, les deux jeunes femmes passent un mois \u00e0 Montbrison, o\u00f9 elles doivent attendre la d\u00e9cision des autorit\u00e9s militaires, car elles veulent habiter chez une tante \u00e0 Dompaire (Vosges), dans la zone des arm\u00e9es. Germaine mentionne la rigueur spartiate de l\u2019h\u00e9bergement \u00e0 l\u2019institution \u00ab&nbsp;<em>La protection de la jeune fille<\/em>&nbsp;\u00bb, mais elle relativise aussi (d\u00e9cembre 1917)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Dans les autres cantonnements, (\u2026) ils sont m\u00e9lang\u00e9s avec des gens de toute sorte qui insultent ceux qui ont des chapeaux. Tandis qu\u2019ici, nous ne sommes pas mal sous ce rapport, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 cela.<\/em>&nbsp;\u00bb Le discriminant \u00ab&nbsp;chapeau&nbsp;\u00bb est ici notable, et elle d\u00e9crit une distribution de v\u00eatements gratuits (21 d\u00e9cembre)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>De tous les gens qui sont l\u00e0, il n\u2019y a que nous qui avons des chapeaux. Les gens nous regardent comme des b\u00eates curieuses.\u00bb.<\/em> Aussi le 4 janvier 1918, lorsqu\u2019elles retournent \u00e0 la distribution \u2013 \u00e0 laquelle elles ont droit \u2013 \u00ab&nbsp;<em>nous y allons toutes les deux en cheveux pour avoir l\u2019air plus mis\u00e9rable.&nbsp;<\/em>\u00bb Le reste de la guerre se passe sans histoires \u00e0 Dompaire, chez leur tante, et en mars 1918, Germaine mentionne qu\u2019elle a repris 11 kilos. La description de la journ\u00e9e du 11 novembre, minutieuse et color\u00e9e, est de grande qualit\u00e9, et le journal s\u2019interrompt en d\u00e9cembre, sans que les s\u0153urs aient encore pu regagner Sedan. On conclura l\u2019\u00e9vocation de ce riche t\u00e9moignage avec un passage qui illustre la pr\u00e9cision de sa narration&nbsp;; elle d\u00e9crit, le 12 ao\u00fbt 1918 \u00e0 Dompaire, l\u2019arr\u00eat de camions transportant des soldats am\u00e9ricains de couleur, il est probable qu\u2019elle n\u2019a jamais vu auparavant de troupes de tirailleurs africains&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>J\u2019\u00e9tais \u00e0 la salle \u00e0 manger quand j\u2019entends passer beaucoup de camions. Je regarde par la fen\u00eatre et je vois des gros camions pleins de noirs am\u00e9ricains. Ils nous font signe bonjour, nous leur r\u00e9pondons, ils rient et envoient des baisers. Il y a une longue file d\u2019autos qui avancent, quand tout-\u00e0 coup elles s\u2019arr\u00eatent. L\u2019une d\u2019elle stationne juste devant la maison, les autres un peu plus loin. Il y en a de tout \u00e0 fait noirs, comme du charbon, d\u2019autres couleur chocolat, des bronz\u00e9s. Mais ils sont vraiment dr\u00f4les avec leurs yeux blancs et leurs grosses dents si blanches dans leurs figures noires. Beaucoup descendent de leur camion, il y a des officiers avec des bottes et bien habill\u00e9s, noirs aussi. (\u2026) Toute la population est en branle, tout le monde d\u00e9valise les jardins pour leur donner des fleurs, ils sont si contents&nbsp;! Et piquent les roses et autres fleurs \u00e0 leur boutonni\u00e8re, beaucoup chargent des gamins de remplir leurs bidons avec de l\u2019eau. Ils restent l\u00e0 quelque temps, puis d\u00e9marrent, nous leur faisons au revoir, ils r\u00e9pondent avec de grands gestes, l\u2019un d\u2019eux dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;au revoir&nbsp;\u00bb, nous leur crions&nbsp;: \u00ab&nbsp;good bye&nbsp;\u00bb, et ils r\u00e9pondent ravis&nbsp;: \u00ab&nbsp;good bye&nbsp;!&nbsp;\u00bb.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\"><em>Vincent Suard juin 2021<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>14 ans en 1914, journal d\u2019une adolescente 1. Le t\u00e9moin Germaine Paruit (1900 \u2013 1990) grandit avec sa s\u0153ur Suzanne dans une famille de petite bourgeoisie commer\u00e7ante, ses parents tiennent \u00e0 Sedan (Ardennes) un magasin de vaisselle \u2013 porcelaine \u2013 cadeaux. 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