{"id":3586,"date":"2021-07-12T15:21:31","date_gmt":"2021-07-12T14:21:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=3586"},"modified":"2021-07-15T16:00:49","modified_gmt":"2021-07-15T15:00:49","slug":"riondet-pierre-1866-1942","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2021\/07\/12\/riondet-pierre-1866-1942\/","title":{"rendered":"Riondet, Pierre (1866 \u2013 1942)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-normal-font-size\"><em>De l\u2019Artois aux Flandres 1914 Souvenirs d\u2019un officier du 158<\/em><sup><em>e<\/em><\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">1. Le t\u00e9moin <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Pierre Riondet (1866 \u2013 1942) est un officier de carri\u00e8re venu du rang, pass\u00e9 par l\u2019\u00e9cole de Saint-Maixent, il a servi dans la Gendarmerie. Capitaine dans la Garde R\u00e9publicaine quand arrive la guerre, il assure d\u2019abord des missions de protocole, puis de service d\u2019ordre et de place \u00e0 Paris. Il prend ensuite un commandement au 158<sup>e<\/sup> RI, en Artois (octobre 1914) et en Flandres (novembre 1914)&nbsp;; bless\u00e9, et par ailleurs de sant\u00e9 fragile, le commandant Riondet revient au front pour l\u2019offensive de mai 1915, mais il est r\u00e9-\u00e9vacu\u00e9 en juillet 1915 et d\u00e8s lors il exercera des missions diverses \u00e0 Paris jusqu\u2019\u00e0 l\u2019Armistice. Pass\u00e9 hors-cadre, et jusqu\u2019\u00e0 1936, il a \u00e9t\u00e9 adjoint au commandant militaire du S\u00e9nat, offrant aux s\u00e9nateurs ses talents de polyglotte, pour des traductions vari\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">2. Le t\u00e9moignage <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">\u00ab&nbsp;<em>De l\u2019Artois aux Flandres 1914&nbsp;\u00bb, Souvenirs d\u2019un officier du 158<\/em><sup><em>e<\/em><\/sup>, de Pierre Riondet, a paru aux \u00e9ditions Bernard Giovanangeli en 2012, (138 pages). Claude Vigoureux, auteur par ailleurs d\u2019ouvrages historiques, connaissait depuis longtemps l\u2019existence de ce manuscrit, \u00e9crit par un cousin de son grand-p\u00e8re maternel. Il l\u2019a retranscrit, annot\u00e9 et pr\u00e9sent\u00e9, avec un dossier biographique et deux photographies. Il indique qu\u2019il est vraisemblable que P. Riondet destinait ces pages \u00e0 la publication, car il avait d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 des articles \u00e0 diff\u00e9rentes revues (avec autorisation de C. Vigoureux pour les citations).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">3. Analyse <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">La p\u00e9riode couverte par les souvenirs du commandant Riondet repr\u00e9sente environ quatre mois, de la fin juillet 1914 \u00e0 la fin de novembre. C\u2019est d\u2019abord un capitaine de la Garde R\u00e9publicaine de 48 ans qui assure \u00e0 la mobilisation des t\u00e2ches diverses, comme la surveillance de l\u2019embarquement des mobilis\u00e9s, le signalement et l\u2019enqu\u00eate sur des individus suspects (espionnage), ou le transfert des prisonniers de la prison de Fresnes lorsque les Allemands approchent de Paris\u2026 Un des deux principaux int\u00e9r\u00eats de l\u2019ouvrage (l\u2019autre \u00e9tant la description de la bataille d\u2019Ypres) r\u00e9side dans la relation de l\u2019embarquement des soldats \u00e0 la gare de \u00ab&nbsp;Saint-Germain-Ceinture&nbsp;\u00bb &nbsp;(Saint-Germain-en-Laye-Grande-Ceinture) \u00e0 l\u2019ouest de Paris, il supervise le d\u00e9part des trains pendant la premi\u00e8re quinzaine d\u2019ao\u00fbt 1914; sa relation du d\u00e9part fait \u00e9tat d\u2019un grand calme de la foule, de bonne volont\u00e9 sans effusions extr\u00eames&nbsp;: le r\u00e9cit est-il r\u00e9dig\u00e9 ici pour lui-m\u00eame&nbsp;? Pour un projet de publication&nbsp;? (p. 31) \u00ab&nbsp;<em>\u00c0 l\u2019heure des trains, je passais au milieu de cette foule pour pr\u00e9venir&nbsp;; adieux silencieux, pas un cri, pas une larme&nbsp;; pas d\u2019exaltation non plus&nbsp;: chacun s\u2019en allait, suivant docilement les indications (\u2026). Ceux qui restaient, m\u00e8res, jeunes femmes, grands-parents survivants de 70, restaient sans protester en dehors de la gare, s\u2019approchaient des barri\u00e8res et regardaient sans mot dire, agitant leur mouchoir dans un dernier adieu au moment du d\u00e9part du train, et s\u2019en allaient la t\u00eate haute, quand il avait disparu, quelques-unes essuyant furtivement une larme dont elles avaient souvent l\u2019air d\u2019\u00eatre honteuses\u2026&nbsp;<\/em>\u00bb L\u2019auteur \u00e9voque aussi le passage des trains de r\u00e9fugi\u00e9s italiens, qui voyagent parfois dans de dures conditions (wagons \u00e0 d\u00e9couvert)&nbsp;; d\u00e9but septembre, c\u2019est le spectacle des trains de r\u00e9fugi\u00e9s et leur \u00ab&nbsp;<em>d\u00e9fil\u00e9 lamentable&nbsp;<\/em>\u00bb dans Paris, ou le choc de la vision des premiers trains de bless\u00e9s&nbsp;; il est d\u2019ailleurs charg\u00e9 d\u2019emp\u00eacher les bless\u00e9s l\u00e9gers d\u2019entrer dans Paris, o\u00f9 \u00ab&nbsp;<em>d\u2019aucuns, para\u00eet-il, s\u2019\u00e9taient perdus&nbsp;\u00bb<\/em> (p.43).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Volontaire pour le front, il prend le commandement d\u2019un bataillon du 158<sup>e<\/sup> RI en Artois en octobre 1914 (il est promu commandant \u00e0 cette occasion)&nbsp;; il d\u00e9crit une unit\u00e9 tr\u00e8s \u00e9prouv\u00e9e par les combats qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 sa venue, et son \u00e9vocation de Mazingarbe et Vermelles est courte mais pr\u00e9cise, d\u00e9crivant les lignes qui passent devant les habitations de mineurs (p. 59)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Tous ces corons avaient \u00e9t\u00e9 occup\u00e9s un moment par les Allemands, puis repris par nous. Tout y \u00e9tait dans un d\u00e9sordre inexprimable&nbsp;; les murs avaient \u00e9t\u00e9 perc\u00e9s et l\u2019on passait de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre, \u00e0 l\u2019abri des rues et, relativement, des coups.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">Le second int\u00e9r\u00eat de l\u2019ouvrage r\u00e9side dans la description de la Premi\u00e8re Bataille d\u2019Ypres \u00e0 laquelle l\u2019auteur a particip\u00e9, lors de la pouss\u00e9e allemande de fin octobre-novembre 1914. L\u2019auteur d\u00e9crit au ras du sol les violents affrontements, sans r\u00e9pit et avec des effectifs fondants, entre combats en rase-campagne et d\u00e9but de la guerre de position. Ses fonctions \u00e0 la t\u00eate d\u2019un bataillon lui permettent d\u2019avoir une bonne vue des op\u00e9rations, et de les restituer clairement pour le lecteur. Le r\u00e9cit est tendu, haletant. Ainsi dans un passage, l\u2019auteur, \u00e9puis\u00e9, doit prendre un moment de sommeil&nbsp;; il est r\u00e9veill\u00e9 par un lieutenant qui lui apprend que le colonel Houssement, commandant le r\u00e9giment, (4 novembre, p. 95)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>venait d\u2019\u00eatre tu\u00e9 au bord d\u2019une tranch\u00e9e de premi\u00e8re ligne, et que je prenais d\u00e8s lors le commandement du r\u00e9giment.&nbsp;Je ne compris pas tout d\u2019abord, mais peu \u00e0 peu, la r\u00e9alit\u00e9 se pr\u00e9senta \u00e0 moi. J\u2019\u00e9tais atterr\u00e9 et navr\u00e9\u2026 Il n\u2019y avait pas quinze jours que j\u2019\u00e9tais au front et je me voyais chef, responsable de tout un r\u00e9giment, en plein combat, sur une position importante qu\u2019il fallait conserver \u00e0 tout prix. Je ne pense pas que jamais officier ne se soit trouv\u00e9 en situation plus tragique.<\/em>&nbsp;\u00bb Bien que de \u00ab&nbsp;culture gendarmerie\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire peu entra\u00een\u00e9 \u00e0 la direction du combat d\u2019infanterie, il semble s\u2019en sortir \u00e0 peu pr\u00e8s bien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">L\u2019auteur d\u00e9crit \u00e0 un autre moment une tranch\u00e9e pilonn\u00e9e, dont les effectifs fondent, et que les occupants rescap\u00e9s demandent \u00e0 \u00e9vacuer&nbsp;: il refuse et trouve p\u00e9niblement deux sections de renfort qu\u2019il envoie, (p. 100) \u00ab<em>&nbsp;L\u2019une de ces sections perdit 15 hommes pour faire 100 m\u00e8tres environ, en rampant, tellement la cr\u00eate \u00e9tait balay\u00e9e par les balles.&nbsp;<\/em>\u00bb En effet, si t\u00e9nues soient les altitudes, vers Wijtschate ou Messine, la Flandre n\u2019est pas plate et chacun cherche \u00e0 surplomber l\u2019ennemi. Le r\u00e9giment qui tient sa gauche c\u00e8de, \u00ab<em>&nbsp;Les Allemands se lanc\u00e8rent \u00e0 la ba\u00efonnette sur cette partie de la position et, au moment o\u00f9 ils arrivaient \u00e0 la tranch\u00e9e, les occupants jet\u00e8rent leurs armes et se rendirent. Un capitaine de la barricade tua d\u2019un coup de feu l\u2019officier qui se rendait avec ses hommes\u2026 Les Allemands commenc\u00e8rent \u00e0 se rabattre sur nous.<\/em>&nbsp;\u00bb La situation finit par \u00eatre r\u00e9tablie au terme d\u2019un dur combat.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">La nuit venant, il re\u00e7oit en soutien une compagnie de territoriaux&nbsp;: \u00ab<em>Elle \u00e9tait command\u00e9e par un ancien officier d\u00e9missionnaire qui me parut \u00e9trange&nbsp;; il devint fou, en effet, le lendemain. Je lui expliquai ce que j\u2019attendais mais je ne parvins pas \u00e0 me faire comprendre.&nbsp;<\/em>\u00bb Le lendemain, dans le brouillard, sur une ligne \u00e0 peu pr\u00e8s r\u00e9tablie, il re\u00e7oit, avec des renforts, un ordre d\u2019attaque du C.A., ses hommes \u00e9puis\u00e9s \u00ab&nbsp;<em>devant se mettre en marche vers l\u2019avant d\u00e8s qu\u2019ils seraient atteints par les \u00e9l\u00e9ments de troupe d\u2019attaque, pour servir de guide.&nbsp;<\/em>\u00bb Sceptique, \u00e0 cause l\u2019\u00e9tat d\u2019usure de ses hommes, il pr\u00e9voit l\u2019\u00e9chec in\u00e9luctable qui ne manque pas de se produire. (p. 105) \u00ab<em>Cet ordre me parut singulier, mais je n\u2019eus pas le temps de r\u00e9fl\u00e9chir longtemps (\u2026) Le m\u00eame ordre, du reste, contenait autre chose&nbsp;: il pr\u00e9venait que l\u2019artillerie avait re\u00e7u l\u2019ordre de tirer et la cavalerie de charger sur les hommes que l\u2019on verrait quitter les lignes de combat pour se porter en arri\u00e8re. C\u2019\u00e9tait probablement la capitulation des M\u00e9ridionaux, la veille, qui avait inspir\u00e9 le chef qui avait donn\u00e9 de tels ordres&nbsp;; (\u2026) Le chef, du reste, qui avait donn\u00e9 cet ordre, et celui qui l\u2019avait r\u00e9dig\u00e9, furent relev\u00e9s de leur commandement quelques jours plus tard.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">\u00c0 la mi-novembre, il est \u00e0 Saint-\u00c9loi, au sud-ouest d\u2019Ypres, et il \u00e9voque la totalit\u00e9 du front septentrional dont il per\u00e7oit la r\u00e9alit\u00e9\u00a0: (p.113) \u00ab\u00a0<em>Pendant que nous dinions et bavardions, les propri\u00e9taires de la maison faisaient en commun et \u00e0 haute voix la pri\u00e8re du soir dans une pi\u00e8ce voisine. Une pri\u00e8re en flamand, longue et recueillie\u00a0: grands-parents et petits-enfants, ma\u00eetres et domestiques. (\u2026) Je passai une partie de la nuit dehors, \u00e0 \u00e9couter cette canonnade, \u00e0 regarder les \u00e9clairs \u00e0 l\u2019horizon, \u00e0 \u00e9couter le ronflement et le fracas des tr\u00e8s gros obus que les Allemands envoyaient sur Ypres, du nord-ouest et du sud-est. Toute la nuit, depuis l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 de l\u2019horizon du c\u00f4t\u00e9 de la mer, jusque vers le sud, vers La Bass\u00e9e et Lens, je sentais le sol trembler sous moi sans arr\u00eat, comme en un mouvement sismique continu. Jusque-l\u00e0, je n\u2019avais jamais entendu que les canons proches de moi\u00a0; \u00e0 la distance o\u00f9 je me trouvais, j\u2019entendais ceux de toute la ligne\u00a0: c\u2019\u00e9tait grandiose et terrifiant\u2026<\/em>\u00a0\u00bb Dans des combats ult\u00e9rieurs de novembre, faisant toujours fonction de commandant du 158<sup>e<\/sup>, il tente, en courant, de rallier des hommes qui gagnent l\u2019arri\u00e8re sans ordres, tombe dans un foss\u00e9 \u00e0 cause de \u00ab\u00a0<em>la nuit \u00e9paisse\u00a0\u00bb<\/em> et se d\u00e9met gravement l\u2019\u00e9paule. Il finit par devoir \u00eatre \u00e9vacu\u00e9 et c\u2019est \u00e0 ce moment que s\u2019interrompent ces carnets, ponctuels, mais document\u00e9s et \u00e9vocateurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\"><em>Vincent Suard juin 2021<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De l\u2019Artois aux Flandres 1914 Souvenirs d\u2019un officier du 158e 1. Le t\u00e9moin Pierre Riondet (1866 \u2013 1942) est un officier de carri\u00e8re venu du rang, pass\u00e9 par l\u2019\u00e9cole de Saint-Maixent, il a servi dans la Gendarmerie. 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