{"id":4256,"date":"2022-03-20T14:02:24","date_gmt":"2022-03-20T13:02:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4256"},"modified":"2022-03-20T14:02:24","modified_gmt":"2022-03-20T13:02:24","slug":"raffard-louis-1893-1961","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2022\/03\/20\/raffard-louis-1893-1961\/","title":{"rendered":"Raffard, Louis (1893 \u2013 1961)"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>1. Le t\u00e9moin<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Louis Raffard (1893 \u2013 1961), n\u00e9 \u00e0 P\u00e9lussin (Loire), se destine \u00e0 la pr\u00eatrise et vient d\u2019entrer au grand s\u00e9minaire de Francheville (Rh\u00f4ne) lorsque la guerre se d\u00e9clenche. Il est mobilis\u00e9 au 99<sup>e<\/sup> RI dans lequel il sert jusqu\u2019\u00e0 sa lib\u00e9ration en septembre 1919. En 1915, il devient t\u00e9l\u00e9phoniste. Gaz\u00e9 et \u00e9vacu\u00e9 en octobre 1918, il est en convalescence \u00e0 Lyon \u00e0 l\u2019Armistice. Il est ensuite ordonn\u00e9 pr\u00eatre en 1923 et l\u2019h\u00e9mipl\u00e9gie interrompt son minist\u00e8re, alors qu\u2019il \u00e9tait cur\u00e9 de P\u00e9lussin (1945 -1954). Il d\u00e9c\u00e8de en 1961.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>2. Le t\u00e9moignage<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019association \u00ab&nbsp;Visages de notre Pilat&nbsp;\u00bb&nbsp;(42410 P\u00e9lussin) a publi\u00e9 en 2014 \u00ab&nbsp;Mes souvenirs de guerre 1914 \u2013 1919&nbsp;\u00bb, <em>M\u00e9moires d\u2019un petit soldat<\/em>, de Louis Raffard (236 pages). L\u2019auteur signale qu\u2019il a retranscrit des notes griffonn\u00e9es au jour le jour&nbsp;; elles ont \u00e9t\u00e9 rassembl\u00e9es lors de moments de loisir au s\u00e9minaire de Francheville, o\u00f9 il a achev\u00e9 sa formation de pr\u00eatre, de 1920 \u00e0 1922. Le manuscrit original se compose d\u2019un tome 1 (192 pages), avec le r\u00e9cit des faits v\u00e9cus, organis\u00e9 de mani\u00e8re chronologique, et illustr\u00e9 de photographies et de cartes d\u00e9coup\u00e9es. Un tome 2 (127 pages) contient des remarques post\u00e9rieures, ainsi que des emprunts \u00e0 d\u2019autres auteurs, \u00e0 des coupures de presse ou des chansons&nbsp;; cette partie est la moins int\u00e9ressante. Dans la restitution, Marcel Boyer (<em>Visages de notre Pilat<\/em>) signale avoir concentr\u00e9 tout ce qui concernait la guerre, et \u00e9limin\u00e9 ce qui ressortait du domaine purement religieux. Chaque chapitre, organis\u00e9 chronologiquement, pr\u00e9sente d\u2019abord les notes du tome 1 puis des extraits du tome 2.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>3. Analyse<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avec ses consignations remises au propre apr\u00e8s-guerre, Louis Raffard veut pouvoir se relire&nbsp; <em>\u00ab&nbsp;au d\u00e9clin de sa vie<\/em>&nbsp;\u00bb et communiquer aux siens ce que fut son existence pendant le conflit. L\u2019auteur, qui combat dans les principales batailles de la guerre (Champagne, Verdun, Chemin des Dames, Mont Kemmel et Reims en 1918\u2026), produit un r\u00e9cit factuel assez riche. Au d\u00e9but des carnets, il mentionne une tr\u00eave de No\u00ebl aux dimensions assez importantes, dans le secteur de Fay (Somme). Elle commence par des drapeaux blancs dans la tranch\u00e9e allemande, et des deux c\u00f4t\u00e9s on monte sur le parapet (25 d\u00e9cembre 1914, p. 23)&nbsp;: \u00ab<em>Trois boches et trois fran\u00e7ais s\u2019\u00e9changent des journaux. L\u2019un de mes camarades, Marcel, instituteur antipatriote, parle \u00e0 un officier allemand en ces termes&nbsp;: \u00ab&nbsp;<\/em>Ce n\u2019est pas honteux de se tuer ainsi, ne ferait-on pas mieux de s\u2019embrasser comme des fr\u00e8res&nbsp;?<em>&nbsp;\u00bb&nbsp; \u00ab&nbsp;<\/em>Oui&nbsp;!<em>&nbsp;\u00bb r\u00e9pond l\u2019officier allemand, \u00ab&nbsp;<\/em>mais c\u2019est la guerre<em>&nbsp;\u00bb. Tableau extraordinaire qui se reproduisit chaque jour et chaque nuit pendant huit jours. Une nuit un Boche est m\u00eame venu nous aider \u00e0 mettre des fils de fer devant nos lignes. <\/em>[Un Lorrain&nbsp;? Un Alsacien&nbsp;?]<em> En travaillant, il sifflait la Marseillaise. Dans toutes ces relations avec l\u2019ennemi, il est \u00e0 remarquer la grande part prise par <\/em>les<em> officiers eux-m\u00eames (\u2026)\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Les combats<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Assez rapidement nomm\u00e9 t\u00e9l\u00e9phoniste, l\u2019auteur participe \u00e0 l\u2019assaut en premi\u00e8re ligne en Champagne (septembre 1915), et il signale \u00e0 deux reprises les <em>zigouilleurs<\/em> de deuxi\u00e8me ligne, charg\u00e9s du \u00ab&nbsp;<em>triste travail de tout tuer<\/em>.&nbsp;\u00bb&nbsp;(p. 47 et 48) Il insiste sur le fait que les nettoyeurs ne font pas quartier, mais chargeant devant, il ne les a pas vus \u00e0 l\u2019\u0153uvre. Il signale aussi, de mani\u00e8re contradictoire, que sa division aurait fait 9000 prisonniers. L\u2019auteur d\u00e9crit au ras du sol les combats de son unit\u00e9, avec l\u2019\u00e9pisode de la conqu\u00eate du Fort de la Malmaison (octobre 1917), avec le spectacle effrayant des cadavres allemands au cours de la progression, l\u2019urgence et la violence de l\u2019intervention sur les flancs du mont Kemmel, dans une sape \u00ab&nbsp;cosmopolite&nbsp;\u00bb m\u00e9lang\u00e9e avec des Anglais, et d\u2019o\u00f9 ils \u00e9chappent de justesse \u00e0 l\u2019encerclement (18 au 22 avril 1918). L\u2019ann\u00e9e 1918 voit aussi des engagements tr\u00e8s durs pr\u00e8s de Reims \u00e0 la cote 240 (juin) et \u00e0 Somme-Py sur la ligne de 1915 (octobre). On citera le d\u00e9but de l\u2019assaut vers la tranch\u00e9e du Chat \u00e0 la Malmaison (23 octobre 1917) pour illustrer les mentions de l\u2019auteur&nbsp; (p. 150)&nbsp;: \u00ab<em>&nbsp;5 h 15 L\u2019attaque se d\u00e9clenche&nbsp;; quelques minutes apr\u00e8s le flot des prisonniers arrivent jusqu\u2019\u00e0 nous&nbsp;: beaucoup de jeunes Boches. L\u2019un d\u2019eux, du 56 RI, est tout br\u00fbl\u00e9 par nos gaz ou nos liquides enflamm\u00e9s, ce n\u2019est qu\u2019une plaie&nbsp;; ils sont maigres et nous font piti\u00e9. J\u2019ai presque les larmes aux yeux. O\u00f9 sont donc les coupables v\u00e9ritables de cette atroce boucherie de chair humaine&nbsp;?&nbsp;<\/em>\u00bb Au fil du r\u00e9cit, on retrouve des \u00e9l\u00e9ments communs \u00e0 d\u2019autres carnets, comme l\u2019impatience devant la dur\u00e9e du conflit en 1915 (p. 40), les histoires que l\u2019on raconte \u00e0 Verdun au sujet de gendarmes jet\u00e9s dans la Meuse (p. 77), ainsi que la soif de troph\u00e9es, que ce soit dans des sapes allemandes conquises en 1917 ou \u00e0 Montigny-les-Metz en d\u00e9cembre 1918&nbsp;: (p. 207)&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Exp\u00e9dition au magasin du XVIe Corps allemand \u00e0 Montigny&nbsp;: chasse aux t\u00e9l\u00e9phones et aux souvenirs, casques, sacs, bidons. Je me monte&nbsp;! H\u00e9las, la crise des transports nous oblige \u00e0 diminuer nos prises.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><em>Sensibilit\u00e9 et sociabilit\u00e9 catholique<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Louis Raffard est s\u00e9minariste, ce qui le met dans un entre-deux par rapport \u00e0 ses camarades, mais il n\u2019est pas b\u00e9gueule et appr\u00e9cie leur compagnie et leurs lazzis. Il a aussi une sociabilit\u00e9 \u00e0 lui, faite d\u2019une relation privil\u00e9gi\u00e9e avec les aum\u00f4niers et pr\u00eatres qu\u2019il a l\u2019occasion de rencontrer. \u00c0 l\u2019\u00e9tape, son \u00e9tat lui permet souvent d\u2019avoir un abri enviable \u00e0 la cure ou des petits plats de la part de la vieille femme qui s\u2019occupe du presbyt\u00e8re. Un passage int\u00e9ressant montre que son origine n\u2019est pas ignor\u00e9e par sa hi\u00e9rarchie (p. 24) (26 d\u00e9cembre 1914 &#8211; Somme)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Vers 10 h, dans la nuit, je m\u2019entends appeler et l\u2019on me dit d\u2019aller de suite au lieutenant Besset. Je me mets en route (\u2026) J\u2019arrive \u00e0 leur poste. Le lieutenant me dit&nbsp;: \u00ab<\/em>&nbsp;Vous \u00eates bien cur\u00e9&nbsp;? Non, lui-dis-je, je ne suis que s\u00e9minariste. \u00c7a ne fait rien, vous allez aller avec les brancardiers pour faire une pri\u00e8re sur les camarades du 205 que l\u2019on va enterrer. Oui mon lieutenant.&nbsp;<em>\u00bb Un infirmier me m\u00e8ne sur le bled vers un groupe de cadavres. Les brancardiers faisaient la fosse. (\u2026) Quand ils eurent termin\u00e9 la triste besogne, je viens pr\u00e8s de ces morts et l\u00e0 j\u2019ai r\u00e9cit\u00e9 le <\/em>De Profondis<em>, en ajoutant&nbsp;: \u00ab&nbsp;<\/em>Nous allons dire ensemble un<em> Notre P\u00e8re et <\/em>un<em> Je vous salue Marie, <\/em>pour eux.<em>&nbsp;\u00bb Et tous ensembles, t\u00eates nues, nous r\u00e9cit\u00e2mes cette pri\u00e8re. Cette invitation du lieutenant m\u2019a surpris, il \u00e9tait sans religion.&nbsp;\u00bb<\/em> L\u2019auteur sert lors des messes, et mentionne \u00e0 plusieurs reprises quelques retours \u00e0 Dieu, surtout avant la bataille, mais aussi des d\u00e9ceptions comme en 1919&nbsp;: (p. 216) \u00ab&nbsp;<em>Touchante procession \u00e0 Aulnois. (\u2026) Admirable foi de ces gens de Lorraine&nbsp;; soldats fran\u00e7ais indiff\u00e9rents, triste contraste.<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L. Raffard est impressionn\u00e9 et admiratif devant la personnalit\u00e9 de Charles Thellier de Poncheville, son aum\u00f4nier \u00e0 la 28<sup>e<\/sup> DI, qui a par ailleurs laiss\u00e9 un r\u00e9cit de guerre connu (\u00ab&nbsp;<em>Dix mois \u00e0 Verdun, un aum\u00f4nier militaire en premi\u00e8re ligne<\/em>, 1920&nbsp;\u00bb, mention dans N. Cru). Lui-m\u00eame, dans son r\u00e9cit de Verdun (Ravin de la Mort, rel\u00e8ve du \u00ab&nbsp;<em>jeudi Saint au vendredi Saint<\/em>&nbsp;\u00bb [fin avril 1916]), fait un long parall\u00e8le entre le Chemin de Croix et sa dure progression sous le bombardement (p. 82)&nbsp;: \u00ab<em>L\u2019homme est seul ici comme l\u2019exil\u00e9, seul avec sa croix, et s\u2019il tombe, nulle V\u00e9ronique n\u2019essuiera son front souill\u00e9 de boue (\u2026).<\/em>&nbsp;\u00bb Il relate aussi des \u00e9v\u00e9nements restitu\u00e9s \u00e0 travers le prisme de sa foi, et il en tire des \u00e9l\u00e9ments \u00e9difiants, comme par exemple la description, \u00e0 Verdun, de la mort chr\u00e9tienne du lieutenant De Malezieux, qui, ayant eu une jambe et un bras coup\u00e9 par un 77, <em>\u00ab&nbsp;v\u00e9cut plus d\u2019une heure dans ce lamentable \u00e9tat&nbsp;<\/em>\u00bb (p. 91) \u00ab&nbsp;<em>A un pr\u00eatre-brancardier qui lui disait<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;Priez mon capitaine&nbsp;\u00bb, <em>il r\u00e9pondit<\/em> \u00ab&nbsp;C\u2019est fait mon ami&nbsp;\u00bb. <em>Ce pr\u00eatre l\u2019administre et, avant de mourir, le lieutenant dit au pr\u00eatre-soldat qui l\u2019assistait comme une m\u00e8re assisterait son enfant<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;Laissez-moi vous embrasser, mon ami, pour tous ceux que j\u2019aime. Oh&nbsp;! Que je suis heureux de mourir dans les bras d\u2019un pr\u00eatre&nbsp;\u00bb.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un autre domaine, L. Raffard \u00e9voque, en juillet 1917, l\u2019\u00e9glise de Commenchon (Aisne), seul b\u00e2timent du village \u00e0 \u00eatre rest\u00e9 debout (p. 146)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Quelle ne fut pas ma surprise en voyant dans un coin de l\u2019\u00e9glise un d\u00e9p\u00f4t d\u2019objets les plus divers, tableaux, statues, souvenirs de famille de toutes sortes, aumoni\u00e8re de premi\u00e8re communion, lampe, poup\u00e9e, pendule, livres. Devant ces objets \u00e9tait une inscription en fran\u00e7ais et en allemand sur une bande de calicot clou\u00e9es au mur <\/em>\u00ab&nbsp;Victimes innocentes de la guerre, nous d\u00e9posons ces objets sous la protection du Dieu tout-puissant et de la tr\u00e8s-Sainte Vierge avec la conviction qu\u2019en ce saint lieu les autorit\u00e9s allemandes les respecteront&nbsp;\u00bb\u2026 <em>Et une bonne femme, \u00e0 qui je demandais quelques histoires du pays me disait<\/em>&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;Si l\u2019on avait su qu\u2019ils respectent l\u2019\u00e9glise, on y aurait bien d\u00e9pos\u00e9 d\u2019autres affaires.&nbsp;\u00bb <em>Les pauvres gens n\u2019avaient plus rien, que leurs yeux pour pleurer.&nbsp;\u00bb <\/em>La religion est aussi l\u2019occasion d\u2019une sociabilit\u00e9 de la c\u00e9l\u00e9bration, qui permet de retrouver une chaleur collective, comme par exemple avec la mention du No\u00ebl 1917 (p. 157)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>D\u00e8s 23 heures, avec Rampal, nous nous rendons \u00e0 l\u2019\u00e9glise o\u00f9 d\u00e9j\u00e0 arrivaient des civils et surtout de nombreux poilus. (\u2026) Un groupe de soldats nous arr\u00eate et ils nous disent tous&nbsp;: \u00ab&nbsp;<\/em>Nous venons chanter Minuit Chr\u00e9tien. C\u2019est parfait, <em>leur dis-je<\/em>, mettez-vous dans ces bancs et aux refrains populaires des vieux No\u00ebls, je compte sur vos voix pour entra\u00eener tout le monde.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><em>Description de la Lorraine lib\u00e9r\u00e9e<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur fait avec son unit\u00e9 un assez long s\u00e9jour \u00e0 Metz et dans ses environs, passant de nombreuses soir\u00e9es agr\u00e9ables \u00ab\u00a0\u00e0 la cure\u00a0\u00bb, et avec quelques remarques sur les r\u00e9gions nouvellement lib\u00e9r\u00e9es. Ainsi d\u2019enfants (p. 202)\u00a0: \u00ab<em>En sortant, nous causons aux enfants du village avec qui nous nous amusons \u00e0 lancer des fus\u00e9es. L\u2019un de ces petits gar\u00e7ons nous traite de Boches car nous pronon\u00e7ons Metz \u00e0 l\u2019Allemande. Ce sont de vrais <\/em>gones<em> de France.<\/em>\u00a0\u00bb La description de Metz est int\u00e9ressante (p. 202)\u00a0\u00a0 <em>\u00ab\u00a0Nous traversons le nouveau Metz, le Metz boche\u00a0: grandes maisons carr\u00e9es couleur caf\u00e9 au lait, froides, mornes, align\u00e9es comme une compagnie \u00e0 la parade\u00a0; le caporalisme prussien dans l\u2019architecture, c\u2019est cela. Sur notre passage, souvent les rideaux se soul\u00e8vent, des regards sournois embusqu\u00e9s derri\u00e8re les in\u00e9vitables lunettes d\u2019or, d\u00e9visagent nos troupes joyeuses. Nous remarquons, non sans surprise, qu\u2019eux aussi, ces boches implant\u00e9s en terre fran\u00e7aise, ont pavois\u00e9 \u00e0 nos trois couleurs, <\/em>crainte du vainqueur<em>.<\/em>\u00a0\u00bbEnfin \u2013 et derni\u00e8re mention pour ce riche t\u00e9moignage &#8211; avant d\u2019\u00e9voquer son retour \u00e0 Lyon, L. Raffard mentionne (p. 215, avril 1919) son s\u00e9jour dans le village de Lemoncourt (Moselle), dont la population comprenait \u00ab\u00a0<em>environ 200 Russes gard\u00e9s par 30 Fran\u00e7ais<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Vincent Suard (mars 2022)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Louis Raffard (1893 \u2013 1961), n\u00e9 \u00e0 P\u00e9lussin (Loire), se destine \u00e0 la pr\u00eatrise et vient d\u2019entrer au grand s\u00e9minaire de Francheville (Rh\u00f4ne) lorsque la guerre se d\u00e9clenche. Il est mobilis\u00e9 au 99e RI dans lequel il sert jusqu\u2019\u00e0 sa lib\u00e9ration en septembre 1919. En 1915, il devient t\u00e9l\u00e9phoniste. Gaz\u00e9 et \u00e9vacu\u00e9 &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2022\/03\/20\/raffard-louis-1893-1961\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Raffard, Louis (1893 \u2013 1961)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[202,1212,3,10,1195],"tags":[1210,1213,1214],"class_list":["post-4256","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-202","category-99e-ri-unite","category-carnet","category-combattant-infanterie","category-memoires","tag-99e-ri","tag-carnet","tag-religieux"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4256","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4256"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4256\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4257,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4256\/revisions\/4257"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4256"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4256"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4256"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}