{"id":4260,"date":"2022-03-20T14:11:50","date_gmt":"2022-03-20T13:11:50","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4260"},"modified":"2022-03-20T14:11:51","modified_gmt":"2022-03-20T13:11:51","slug":"paret-lucien-1884-1914","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2022\/03\/20\/paret-lucien-1884-1914\/","title":{"rendered":"Paret, Lucien (1884 \u2013 1914)"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>1. Les t\u00e9moins<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Lucien Paret (1884 \u2013 1914), viticulteur, est n\u00e9 \u00e0 Saint-Pierre-de-B\u0153uf (Loire). Il a \u00e9pous\u00e9 en 1913 Octavie Guigal (1889 \u2013 1982), originaire de Limony (Ard\u00e8che). \u00c9tant de \u00ab&nbsp;premier jour&nbsp;\u00bb de mobilisation, il est imm\u00e9diatement incorpor\u00e9 \u00e0 Saint-\u00c9tienne au 358<sup>e<\/sup> RI. Rapidement transport\u00e9 vers l\u2019Est avec son unit\u00e9, il est tu\u00e9 le 24 ao\u00fbt au col de Sainte-Marie-aux-Mines (Haut-Rhin).<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>2. Le t\u00e9moignage<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019association \u00ab&nbsp;<em>Visages de notre Pilat<\/em>&nbsp;\u00bb (42410 P\u00e9lussin) a publi\u00e9 en 2009 un ouvrage de Jacques Perreton&nbsp;: \u00ab&nbsp;Feuilles mortes\u00bb, <em>courriers de guerre de Lucien et Octavie Paret de Saint-Pierre-de-B\u0153uf<\/em>, 123 pages. L\u2019ouvrage a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 par le petit-fils des protagonistes, en s\u2019aidant des quelques sources accessibles. La majorit\u00e9 des courriers disponibles, une dizaine de lettres, est reproduite dans le volume, avec quelques documents officiels.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>3. Analyse<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019apport de ce petit livre attachant est limit\u00e9 sur le plan du t\u00e9moignage direct, car Lucien Paret est tu\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t, et de ce fait, le nombre de lettres est tr\u00e8s r\u00e9duit. Il s\u2019agit plut\u00f4t ici du t\u00e9moignage d\u2019un petit-fils, tr\u00e8s attach\u00e9 au souvenir de sa grand-m\u00e8re, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e \u00e0 93 ans en 1982, et en introduction, Louis Challet signale que l\u2019auteur avait d\u2019abord destin\u00e9 ce travail \u00e0 sa seule famille. Le propos est anim\u00e9 par la volont\u00e9 de faire conna\u00eetre les anciens aux petits-enfants, avec une \u00e9vocation de la vie familiale et agricole dans le Pilat rhodanien : ici en effet, nous sommes dans une zone mixte, et Octavie est tisseuse en usine chez Baumann (fabrique de soieries). La seconde partie de l\u2019ouvrage, bas\u00e9e sur le J.M.O. du 358<sup>e<\/sup> RI, d\u00e9crit l\u2019itin\u00e9raire militaire de Lucien, met en sc\u00e8ne ses derniers jours et explique la fa\u00e7on dont Octavie a appris la mort de son mari.<\/p>\n\n\n\n<p>Donc ici, surtout pi\u00e9t\u00e9 filiale et reconstitution historique, parfois l\u00e9g\u00e8rement romanc\u00e9e, mais on peut toutefois signaler trois \u00e9l\u00e9ments utiles.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord l\u2019ambiance, au d\u00e9part des mobilis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Lucien, qui n\u2019a pas voulu qu\u2019Octavie l\u2019accompagne \u00e0 la gare de Saint-Pierre-de-B\u0153uf, reste assez longtemps dans le train, qui part beaucoup plus tard que pr\u00e9vu, et il \u00e9crit le lendemain (p. 68)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>je suis avec des copains de l\u2019actif&nbsp;; on ne s\u2019ennuie pas, ce qui a \u00e9t\u00e9 plus p\u00e9nible c\u2019est au train \u00e0 B\u0153uf car tout le monde pleurait. Tu dois savoir que nous sommes partis \u00e0 huit heures et demi mais je n\u2019ai pas <\/em><em>voulu aller \u00e0 la maison car \u00e7a m\u2019aurait fait de la peine.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Puis l\u2019annonce de la disparition, avec la mani\u00e8re progressive d\u2019annoncer la mauvaise nouvelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Il existe deux lettres d\u2019Adrien Dervieux, une connaissance de Saint-Pierre, sergent au 102<sup>e<\/sup> RIT, et qui \u00e9tait <em>\u00ab&nbsp;avec les voitures<\/em>&nbsp;\u00bb quand les compagnies \u00e9prouv\u00e9es du 358<sup>e<\/sup> RI redescendent du col alsacien le 24 ao\u00fbt. Il \u00e9crit le 24 septembre qu\u2019un homme de la compagnie de Lucien lui avait signal\u00e9 qu\u2019il faisait partie d\u2019un groupe qui n\u2019\u00e9tait pas rentr\u00e9&nbsp;: \u00ab<em>Tous sont port\u00e9s comme disparus. En cons\u00e9quence, je ne voudrais pas vous donner un espoir qui par la suite pourra \u00eatre d\u00e9\u00e7u, mais il est fort probable qu\u2019ils sont prisonniers. L\u2019hypoth\u00e8se de sa mort est certainement la derni\u00e8re \u00e0 laquelle l\u2019on puisse s\u2019arr\u00eater<\/em>.&nbsp;\u00bb Dans une deuxi\u00e8me lettre tardive (avril 1915), A. Dervieux, qui sait par ailleurs qu\u2019Octavie a appris la mort de son mari, est plus pr\u00e9cis. Il raconte qu\u2019en septembre il a dit tout ce qu\u2019il savait, mais qu\u2019entre-temps il a \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 \u00e0 la \u00ab&nbsp;<em>Cie o\u00f9 il<\/em> [Lucien] <em>\u00e9tait&nbsp;<\/em>\u00bb, ce qui est tr\u00e8s curieux (sa F.M. n\u2019\u00e9voque que le 102<sup>e<\/sup> RIT), et que \u00ab&nbsp;<em>ce n\u2019est que le 15 mars qu\u2019un camarade m\u2019a parl\u00e9 de lui et m\u2019a dit l\u2019avoir vu tomber.<\/em>\u00bb A. Dervieux \u00e9crit qu\u2019il vient de r\u00e9interroger ce t\u00e9moin, et celui-ci raconte&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Quand je me suis retourn\u00e9, j\u2019ai vu \u00e0 ce moment mon camarade Paret qui s\u2019est abattu la face en avant. Il ne s\u2019est pas relev\u00e9 ni n\u2019a fait aucun mouvement tant que je l\u2019ai regard\u00e9. Mais comme il \u00e9tait \u00e0 une quinzaine de m\u00e8tres de moi et que les balles sifflaient de tous c\u00f4t\u00e9s, je n\u2019ai pu m\u2019approcher de lui.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin on trouve mention d\u2019une lettre chaleureuse, re\u00e7ue par Octavie en 1920, de Berthe Schlacher, qui s\u2019occupe au bourg des s\u00e9pultures militaires\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Si vous voulez venir sur les lieux o\u00f9 votre mari est tomb\u00e9, vous n\u2019aurez qu\u2019\u00e0 m\u2019\u00e9crire et me dire par quel train vous arriverez et comment nous pourrons nous reconna\u00eetre. Ma s\u0153ur et moi serons en gare. Vous serez chez nous notre h\u00f4te, pendant votre s\u00e9jour \u00e0 Sainte-Marie. Acceptez sans h\u00e9siter et surtout pas de remerciements car c\u2019est une dette de reconnaissance que nous acquittons, votre mari n\u2019a-t-il pas donn\u00e9 sa vie pour nous. \u00c0 bient\u00f4t, on vous attend\u2026\u00a0<\/em>\u00bb On ignore si Octavie Paret s\u2019est rendue en Alsace. <\/p>\n\n\n\n<p>Vincent Suard (mars 2022)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Les t\u00e9moins Lucien Paret (1884 \u2013 1914), viticulteur, est n\u00e9 \u00e0 Saint-Pierre-de-B\u0153uf (Loire). Il a \u00e9pous\u00e9 en 1913 Octavie Guigal (1889 \u2013 1982), originaire de Limony (Ard\u00e8che). \u00c9tant de \u00ab&nbsp;premier jour&nbsp;\u00bb de mobilisation, il est imm\u00e9diatement incorpor\u00e9 \u00e0 Saint-\u00c9tienne au 358e RI. 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