{"id":4262,"date":"2022-03-20T14:19:10","date_gmt":"2022-03-20T13:19:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4262"},"modified":"2022-03-20T14:19:11","modified_gmt":"2022-03-20T13:19:11","slug":"depreux-henri-1896-1945","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2022\/03\/20\/depreux-henri-1896-1945\/","title":{"rendered":"Depreux, Henri (1896 \u2013 1945)"},"content":{"rendered":"\n<p><strong><em>1. Le t\u00e9moin<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Henri Depreux (1896 \u2013 1945), n\u00e9 \u00e0 Wasquehal (Nord), r\u00e9side en 1914 \u00e0 Caudry (Nord) o\u00f9 il est tulliste. Classe 1916, il r\u00e9ussit \u00e0 \u00e9chapper aux Allemands en septembre 1914, et apr\u00e8s un s\u00e9jour dans le Sud-Ouest, il est incorpor\u00e9 au 91<sup>e<\/sup> RI \u00e0 Nantes au d\u00e9but de 1915. Il ne voit le front qu\u2019en avril 1916, et int\u00e8gre le 221<sup>e<\/sup> RI devant Verdun. Il fait partie du corps franc de son unit\u00e9, et finit la guerre (mai 1918 \u2013 derni\u00e8re mention) au 81<sup>e<\/sup> RI. Apr\u00e8s la guerre, il participe \u00e0 la construction de pistes de skating (patins \u00e0 roulettes sur piste en bois). Il d\u00e9c\u00e8de brutalement alors qu\u2019il \u00e9tait architecte \u00e0 Saint-L\u00f4, lors des d\u00e9buts des travaux de la reconstruction en 1945.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>2. Le t\u00e9moignage<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Claude Depreux, fils d\u2019Henri Depreux, m\u2019a communiqu\u00e9 en mai 2021 une copie \u00ab\u00a0word\u00a0\u00bb des carnets de guerre de son p\u00e8re (<em>Carnets de route<\/em>)\u00a0; ceux-ci couvrent la p\u00e9riode 1914 \u00e0 1918 sur 21 pages A 4, taille 14 (10100 mots).<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>3. Analyse<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce t\u00e9moignage d\u2019un tr\u00e8s jeune soldat, assez court (21 pages), insiste beaucoup sur certaines p\u00e9riodes, et est tr\u00e8s allusif ou muet sur d\u2019autres, mais les trois parties d\u00e9taill\u00e9es apportent des lumi\u00e8res utiles, avec par exemple la fuite devant les Allemands, l\u2019accueil des r\u00e9fugi\u00e9s dans le Sud-Ouest \u00e0 l\u2019automne 1914, ou encore la situation des jeunes soldats dans les corps francs des r\u00e9giments d\u2019infanterie \u00e0 partir de 1917.<\/p>\n\n\n\n<p><em>a. Fuite vers Lille<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Revenant d\u2019Avesnes en ao\u00fbt 1914, il \u00e9voque la confusion au Cateau (24 ao\u00fbt?), au milieu du bombardement et des tirs de l\u2019artillerie anglaise. Ayant r\u00e9ussi \u00e0 regagner Caudry, il y d\u00e9crit l\u2019installation des Allemands, personne n\u2019ayant le droit de quitter la ville. Il mentionne sans pr\u00e9cision le 29 ao\u00fbt \u00ab<em>on signale des atrocit\u00e9s dans les petites localit\u00e9s.&nbsp;<\/em>\u00bb La nouvelle de la chute de Maubeuge jette la consternation, mais celle de la victoire de la Marne redonne du courage (not\u00e9 3 septembre, \u00e9v\u00e9nements jusqu\u2019au 7) \u00ab&nbsp;<em>Quelques journaux venant de Lille r\u00e9ussissent \u00e0 nous parvenir et apportent la confirmation, ils sont lus avec avidit\u00e9 et pay\u00e9s cher.<\/em>&nbsp;\u00bb Les 19 et 20 septembre, les autorit\u00e9s allemandes convoquent la classe 14 pour internement, et l\u2019auteur, avec une cinquantaine de jeunes gens, d\u00e9cide de fuir vers Lille, de nuit et \u00e0 travers champs. Apr\u00e8s 50 km \u00e0 pied, ils ne sont plus que dix et leur aventure illustre bien ce qu\u2019est cet \u00ab&nbsp;l\u2019entre-deux&nbsp;\u00bb que constitue la zone situ\u00e9e, en septembre 1914, entre Valenciennes occup\u00e9e et Lille encore libre. Ils arrivent \u00e0 Marchiennes&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;le maire nous apprend que les allemands n\u2019ont fait aucune apparition <\/em>[\u00e0 Marchiennes]<em> depuis huit jours, il nous envoie dans un hospice transform\u00e9 en h\u00f4pital dirig\u00e9 par une jeune fille qui soigne quelques vieillards et quelques bless\u00e9s allemands: en les voyant nous ne voulions y loger, mais la directrice les fit rentrer dans des chambres o\u00f9 elle les enferma.&nbsp;<\/em>\u00bb Enfin parvenu \u00e0 Hem (Roubaix), il est h\u00e9berg\u00e9 dans la famille et rencontre des r\u00e9fugi\u00e9s qui lui racontent (27 septembre) que \u00ab&nbsp;<em>les Allemands ont mis le feu \u00e0 la ville d\u2019Orchies indiquant comme pr\u00e9texte que les civils avaient coup\u00e9 les doigts d\u2019allemands morts pour prendre leurs bagues.&nbsp;<\/em>\u00bb En fait la ville est d\u00e9truite en repr\u00e9sailles \u00e0 l\u2019arrestation, par un poste fran\u00e7ais, d\u2019une colonne sanitaire allemande. Cette curieuse ambiance de septembre, ni vraiment occupation, ni territoires vraiment contr\u00f4l\u00e9s, se retrouve aussi aux portes de Lille&nbsp;: H. Depreux se met imm\u00e9diatement \u00e0 chercher un emploi, et se pr\u00e9sente dans des usines de draps. C\u2019est un \u00e9chec, car les patrouilles allemandes se rapprochent, des combats ont lieu dans les faubourgs, et les usines d\u00e9bauchent.<\/p>\n\n\n\n<p><em>b. Fuite de Lille<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La chronologie donn\u00e9e par l\u2019auteur n\u2019est pas toujours tr\u00e8s pr\u00e9cise, et c\u2019est \u00e0 ce moment (8 octobre&nbsp;?) qu\u2019il \u00e9voque l\u2019ordre donn\u00e9 \u00e0 tous les hommes de 18 \u00e0 48 ans de quitter la ville. \u00ab&nbsp;<em>La grande place <\/em>[de Roubaix]<em> est pleine d\u2019hommes de tous \u00e2ges discutant avec animation, puis des colonnes se forment et se dirigent sur Lille \u00e0 la h\u00e2te. Les quelques d\u00e9tachements allemands assistent au d\u00e9part sans intervenir.<\/em>&nbsp;\u00bb Il d\u00e9crit sa fuite par Englos, le bruit du canon, ils sont plusieurs fois mitraill\u00e9s par des Allemands, puis rencontrent des goumiers qui les r\u00e9orientent vers Estaires. Refoul\u00e9s, ils atteignent B\u00e9thune o\u00f9 ils dorment dans des portes coch\u00e8res. Tenaill\u00e9 par la faim, \u00e9puis\u00e9, l\u2019auteur arrive \u00e0 Abbeville o\u00f9 malade, il est soign\u00e9 par des habitants&nbsp;; il y apprend le 20 par des rumeurs que Lille est d\u00e9barrass\u00e9e des Allemands [ce qui est faux]. Un peu remis, et avec 6000 r\u00e9fugi\u00e9s [\u2013 dit-il-], il reprend le chemin de l\u2019Est. Le 22 octobre il est \u00e0 Lumbres, o\u00f9 il apprend que le front est ferm\u00e9 et Lille toujours occup\u00e9e. Il repart \u00e0 Calais o\u00f9 il arrive le 23 octobre, y est h\u00e9berg\u00e9 chez des amis de son p\u00e8re, ce qui termine son odyss\u00e9e \u00e0 pied. Ici aussi, il essaie de trouver du travail chez des fabricants de dentelles, mais cela lui est interdit, car il faut faire de la place aux Anglais. Embarqu\u00e9 \u00ab&nbsp;<em>de force<\/em>&nbsp;\u00bb avec des Belges (femmes et enfants) sur un navire \u00e0 la malpropret\u00e9 \u00ab&nbsp;<em>repoussante<\/em>&nbsp;\u00bb, car il vient d\u2019amener des chevaux d\u2019Angleterre, tout le monde est imm\u00e9diatement malade et le navire revient \u00e0 quai&nbsp;: il peut alors embarquer sur le <em>Niagara<\/em>, \u00e0 bord duquel il arrive \u00e0 La Palice (La Rochelle) le 29 octobre. Cette fuite r\u00e9ussie devant l\u2019envahisseur sera valoris\u00e9e dans une citation &nbsp;(f\u00e9vrier 1917)&nbsp;: \u00ab&nbsp;(\u2026)<em> quoique prisonnier civil et malgr\u00e9 les menaces de mort pour ceux qui tentaient de fuir, le 21 septembre 1914, a pu s\u2019\u00e9chapper, et, apr\u00e8s bien des difficult\u00e9s, ayant parcouru pr\u00e8s de 50 km dans les lignes allemandes<\/em>, <em>s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9 en France. Excellent soldat<\/em> (\u2026)&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><em>c. le Sud-Ouest<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9cit de H. Depreux d\u00e9crit bien le parcours d\u2019un jeune homme non-encore mobilisable, d\u00e9pays\u00e9 et psychologiquement isol\u00e9. Le train des r\u00e9fugi\u00e9s arrive \u00e0 Saint-Sulpice (Tarn), les mineurs sont envoy\u00e9s \u00e0 Carmaux, les autres passant la nuit dans les wagons. Puis le train repart, et il y a des descentes \u00e0 chaque arr\u00eat, des habitants pr\u00e9venus les attendant avec des charrettes. Les jeunes nordistes restent \u00e0 une trentaine, et ils sont d\u00e9sorient\u00e9s&nbsp;: (2 novembre 1914) \u00ab&nbsp; \u00ab<em>&nbsp;Les paysans sont l\u00e0, le b\u00e9ret \u00e0 la main et attendent des ordres, nous ne comprenons rien \u00e0 leur langage, nous nous demandons, si nous sommes encore en France<\/em>.&nbsp;\u00bb L\u2019auteur explique que les paysans croyaient qu\u2019ils \u00e9taient cultivateurs, et donc voulaient \u00ab&nbsp;<em>leur faire conduire les b\u0153ufs<\/em>&nbsp;\u00bb. Les r\u00e9fugi\u00e9s expliquent qu\u2019ils n\u2019y connaissent rien, et demandent \u00e0 \u00eatre&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>dirig\u00e9s sur une ville<\/em>&nbsp;\u00bb. Le pr\u00e9fet intervient, on envoie les tisserands sur Mazamet, et le reste sur Graulhet. L\u2019auteur y &nbsp;rencontre deux Lillois, avec lesquels il d\u00e9cide de loger, car les trois jeunes gens veulent se tenir \u00e0 l\u2019\u00e9cart de leur groupe de nordistes \u00ab&nbsp;<em>car ils avaient mauvais genre.<\/em>&nbsp;\u00bb. Il fait ensuite la connaissance de monsieur <em>Doumayrou<\/em>, qui fait le commerce des \u0153ufs \u00e0 Cordes, et qui l\u2019embauche. L\u2019auteur &nbsp;commence alors son apprentissage \u00ab<em>le travail consiste \u00e0 emballer et exp\u00e9dier les \u0153ufs par caisses, j\u2019apprends aussi la conduite de l\u2019automobile et nous allons dans les foires faire des achats soit en auto soit en voiture, je suis heureux car ce sont de braves gens.\u00bb<\/em> &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><em>d. l\u2019incorporation<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 le conseil de r\u00e9vision en janvier 1915 \u00e0 Cordes, l\u2019auteur rejoint le d\u00e9p\u00f4t du 91<sup>e<\/sup> RI, r\u00e9giment de Charleville-M\u00e9zi\u00e8res repli\u00e9 sur Nantes. Il supporte assez mal le d\u00e9but de l\u2019entra\u00eenement et est hospitalis\u00e9 (probl\u00e8mes pulmonaires) de mai \u00e0 juillet 1915. Il r\u00e9int\u00e8gre le d\u00e9p\u00f4t, puis a une permission en octobre, \u00ab&nbsp;<em>j\u2019obtiens une permission de 6 jours que je vais passer chez monsieur Doumayrou \u00e0 Cordes, je passe quelques jours dans cette famille o\u00f9 je suis si bien re\u00e7u.<\/em>&nbsp;\u00bb En mars 1916, il est toujours \u00e0 Nantes, et devient t\u00e9l\u00e9phoniste.<\/p>\n\n\n\n<p><em>e. Le combattant<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il int\u00e8gre le 221<sup>e<\/sup> RI en juillet 1916, et est positionn\u00e9, durant l\u2019ann\u00e9e 1916 dans la r\u00e9gion de Verdun et en Argonne. Il signale avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9 \u00ab&nbsp;pieds-gel\u00e9s&nbsp;\u00bb en novembre 1916, avec environ un mois d\u2019hospitalisation\/convalescence. En octobre, il a pu faire un s\u00e9jour en permission \u00e0 Clermont-Ferrand chez sa marraine, avec laquelle il a commenc\u00e9 une correspondance en 1915. C\u2019\u00e9tait \u00ab&nbsp;<em>une agr\u00e9able permission<\/em>&nbsp;\u00bb, et il a fait \u00ab&nbsp;<em>des excursions en Auvergne o\u00f9 il y a des sites int\u00e9ressants.&nbsp;<\/em>\u00bb En janvier 1917, il apprend que sa s\u0153ur germaine a \u00e9t\u00e9 rapatri\u00e9e, et peu apr\u00e8s il peut faire une r\u00e9union familiale, pr\u00e9cieuse pour le jeune isol\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>18 janvier 1917&nbsp;: J\u2019arrive \u00e0 Paris o\u00f9 j\u2019ai le bonheur de revoir ma s\u0153ur et mon fr\u00e8re.<\/em>&nbsp;\u00bb Il d\u00e9crit ensuite des combats violents en mars 1917, avec attaques et contre-attaques, puis il note en juin (mention unique et compl\u00e8te)&nbsp;: \u00ab&nbsp;17 juin 1917&nbsp;:<em>&nbsp;Le 221<sup>\u00e8me<\/sup> remonte 4 jours au mont Cornouillet <\/em>[Cornillet]<em> les 317<sup>\u00e8me<\/sup> et 358<sup>\u00e8me<\/sup> ayant manifest\u00e9 et refus\u00e9 de monter les manifestant sont d\u00e9tenus dans le camp et les permissions sont supprim\u00e9es le colonel et le g\u00e9n\u00e9ral sont relev\u00e9s il y a remaniement du commandement.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 partir d\u2019ao\u00fbt 1917 et jusqu\u2019\u00e0 mars 1918, il entre comme volontaire dans le corps franc du r\u00e9giment, ce d\u00e9tachement est cr\u00e9\u00e9 pour des missions de patrouille et de coups de main. L\u2019auteur mentionne que \u00ab&nbsp;<em>ce sont en g\u00e9n\u00e9ral des soldats des classes 16 et 17, j\u2019ai beaucoup plus de libert\u00e9 que dans la compagnie.<\/em>&nbsp;\u00bb Effectivement, on constate qu\u2019entre ao\u00fbt 1917 et janvier 1918, il a pratiquement une permission par mois. Son r\u00e9cit, rapide et allusif, est parfois beaucoup plus \u00e9labor\u00e9, ainsi de la description &nbsp;d\u2019une mission risqu\u00e9e en f\u00e9vrier 1918&nbsp;; malgr\u00e9 sa longueur, on la donnera ici comme illustration, car c\u2019est un mod\u00e8le de pr\u00e9cision, notamment chronologique, et elle \u00e9claire sur le risque accept\u00e9 par certains jeunes soldats, pour \u00e9chapper aux corv\u00e9es et partir plus souvent en permission. \u00ab<em>13 f\u00e9vrier. Nous recevons l\u2019ordre de remonter en ligne pour faire un coup de main par surprise, notre groupe se compose de 22 hommes, nous r\u00e9p\u00e9tons la man\u0153uvre qui consiste \u00e0 capturer une ronde allemande, nous partons \u00e0 21 h le temps est propice il fait un grand vent il pleut tr\u00e8s fort. C\u2019est le temps attendu depuis longtemps, nous partons en file indienne en rampant sur les coudes et genoux, \u00e0 23 h nous arrivons pr\u00e8s du r\u00e9seau allemand, le groupe s\u2019installe dans un grand trou d\u2019obus. Le lieutenant, un sergent, un homme s\u2019avancent pour cisailler le r\u00e9seau de barbel\u00e9s. Le travail dure trois h et s\u2019ex\u00e9cute sans bruit, \u00e0 2 h1\/2 nous franchissons le r\u00e9seau sans \u00eatre inqui\u00e9t\u00e9s, et gagnons la tranch\u00e9e de 1<sup>\u00e8re<\/sup> ligne distante de 20 m\u00e8tres du r\u00e9seau et occupons cette tranch\u00e9e sans r\u00e9sistance, aucune sentinelle, nous sommes entre deux petits postes, nous avions d\u00e9roul\u00e9 une bobine de fil t\u00e9l\u00e9phonique en partant sans cette pr\u00e9caution il nous aurait \u00e9t\u00e9 impossible de nous reconna\u00eetre pour rentrer dans nos lignes. Nous approchons des 2\u00e8mes lignes toujours en rampant, nous percevons des bruits de pas et des voix, 4 hommes d\u00e9bouchent au d\u00e9tour d\u2019un boyau, ils s\u2019arr\u00eatent comme surpris par un bruit insolite, d\u2019un m\u00eame \u00e9lan nous bondissons sur les boches en peu de temps ils sont terrass\u00e9s malgr\u00e9 la r\u00e9sistance qu\u2019ils nous opposent, nous sommes ma\u00eetres de la situation mais ils refusent de se rendre et se roulent dans le boyau en se d\u00e9battant, la situation devient critique, car des hommes venant des petits postes accourent en criant, mais n\u2019osent pas avancer et s\u2019enfuient. Nous avons fait un prisonnier que nous ramenons dans nos lignes, c\u2019est un feldvebel nous le reconduisons au colonel.<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Deux mentions tr\u00e8s courtes cl\u00f4turent le t\u00e9moignage, il signale en mars 1918 quitter le 221<sup>e<\/sup> RI et int\u00e9grer le 13<sup>e<\/sup> RIT (&nbsp;???), puis en mai 1918 \u00eatre affect\u00e9 au 81<sup>e<\/sup> RI \u00e0 Montpellier comme secr\u00e9taire.<\/p>\n\n\n\n<p>Vincent Suard (mars 2022)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Henri Depreux (1896 \u2013 1945), n\u00e9 \u00e0 Wasquehal (Nord), r\u00e9side en 1914 \u00e0 Caudry (Nord) o\u00f9 il est tulliste. Classe 1916, il r\u00e9ussit \u00e0 \u00e9chapper aux Allemands en septembre 1914, et apr\u00e8s un s\u00e9jour dans le Sud-Ouest, il est incorpor\u00e9 au 91e RI \u00e0 Nantes au d\u00e9but de 1915. 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