{"id":4283,"date":"2022-06-17T12:34:40","date_gmt":"2022-06-17T11:34:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4283"},"modified":"2022-06-26T19:26:03","modified_gmt":"2022-06-26T18:26:03","slug":"lefebvre-henri-1888","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2022\/06\/17\/lefebvre-henri-1888\/","title":{"rendered":"Lefebvre Henri (1888 &#8211; ? )"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\">1. Le t\u00e9moin<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Henri Lefebvre, n\u00e9 en 1888, est originaire de La Bass\u00e9e (Nord) o\u00f9 il exerce la profession de boucher. Sophie Lheureux, sa fianc\u00e9e en ao\u00fbt 1914, habite le hameau d\u2019Hocron, sis \u00e0 proximit\u00e9 de Sainghin-en-Weppes (Nord). Le mariage, pr\u00e9vu en septembre 1914, ne pourra avoir lieu qu\u2019apr\u00e8s la guerre. H. Lefebvre fait celle-ci au 233<sup>e<\/sup> RI, comme caporal brancardier \u2013 musicien. Sa fiche matricule signale qu\u2019en 1936 il a quatre enfants.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">2. Le t\u00e9moignage<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Les lettres d\u2019Henri Lefebvre \u00e0 sa fianc\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es dans l\u2019anthologie \u00ab&nbsp;Correspondances conjugales&nbsp;\u00bb, de Cl\u00e9mentine Vidal-Naquet (Robert Laffont, Bouquins, 2014, 1088 pages). Cet ouvrage contient la reproduction de la correspondance de neuf couples pendant la guerre. Pour ces fianc\u00e9s nordistes, il s\u2019agit de la retranscription (p. 295 \u00e0 348) d\u2019un tapuscrit conserv\u00e9 au Service historique de la D\u00e9fense (\u00ab&nbsp;<em>Ma ch\u00e8re petite Sophie, Lettres de guerre&nbsp;<\/em>\u00bb, cote 1KT682). Ce document r\u00e9unit des lettres qui ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9es en 1993. L\u2019auteure m\u2019a pr\u00e9cis\u00e9 (d\u00e9cembre 2021) avoir reproduit l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des courriers sans coupes, sauf quelques mots pour 1914.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">3. Analyse<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le th\u00e8me du front \u00e9tanche, qui emp\u00eache les soldats des r\u00e9gions envahies de communiquer avec leurs proches, ou m\u00eame d\u2019en avoir des preuves de vie, est tr\u00e8s pr\u00e9sent dans les t\u00e9moignages nordistes. Les lettres d\u2019Henri n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 re\u00e7ues \u00e0 Sainghin, et on sait seulement qu\u2019il a eu de son c\u00f4t\u00e9 un contact en avril 1915 (p. 310) \u00ab&nbsp;<em>Les femmes fran\u00e7aises de la Croix-Rouge ne m\u2019ont pas divulgu\u00e9 leur secret et je n\u2019ai pas eu l\u2019ind\u00e9licatesse de leur demander&nbsp;; et puisque ta missive m\u2019est parvenue, la mienne t\u2019arrivera \u00e9galement j\u2019en suis certain.\u00bb<\/em> Il est effondr\u00e9 lorsqu\u2019il apprend au d\u00e9but de 1917, par une dame \u00e9vacu\u00e9e de sa connaissance, que Sophie n\u2019a eu aucune nouvelle, alors qu\u2019il lui \u00e9crivait r\u00e9guli\u00e8rement depuis le d\u00e9but du conflit (mars 1917, p. 325) \u00ab&nbsp;<em>j\u2019ai souffert (\u2026) quand j\u2019ai lu que jamais tu n\u2019avais eu signe de vie de ma part depuis deux ans et demi et qu\u2019un soup\u00e7on, une angoisse t\u2019\u00e9treignant le c\u0153ur, croyant qu\u2019on n\u2019osait te l\u2019avouer et que le Bon Dieu m\u2019avait appel\u00e9 aupr\u00e8s de ces chers Joseph et Aim\u00e9<\/em> [beaux-fr\u00e8res tu\u00e9s \u00e0 Verdun et dans la Somme]\u00bb. C. Vidal-Naquet a s\u00e9lectionn\u00e9 ce texte pour illustrer une des modalit\u00e9s possibles de la relation \u00e9pistolaire&nbsp;: les lettres n\u2019arrivent pas \u00e0 destination, mais les protagonistes continuent quand-m\u00eame \u00e0 \u00e9crire, les textes deviennent des <em>\u00ab&nbsp;monologues amoureux<\/em>&nbsp;\u00bb, et le propos \u00e9pistolaire \u00e0 sens unique finit par prendre la forme du \u00ab&nbsp;<em>journal intime<\/em>&nbsp;\u00bb, il permet l\u2019\u00e9panchement et soulage la douleur morale. Si en 1918, la liaison est ponctuellement r\u00e9tablie avec des cartes-message, c\u2019est ici, pendant presque trois ans, un document \u00e0 sens unique assez original&nbsp;; on insistera par ailleurs sur un autre aspect du corpus, celui de la culture catholique omnipr\u00e9sente de l\u2019auteur.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le soldat<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">H. Lefebvre \u00e9voque assez peu le d\u00e9tail de ses missions, ou les combats auxquels il participe, il envisage plut\u00f4t le futur, les projets pour apr\u00e8s la guerre, ou pr\u00e9f\u00e8re d\u00e9crire la bonne ambiance de camaraderie de son escouade&nbsp;; atypique, par exemple, est cette \u00e9vocation de son r\u00f4le dans la bataille&nbsp;(juin 1915, p. 314):&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Il nous fallait prendre ces pauvres malheureux dans des toiles de tente, les tra\u00eener en marchant nous-m\u00eames sur nos genoux et nos mains, et cela pendant 1 km parfois, entendre leurs plaintes, d\u00e9couvrir leurs affreuses blessures<\/em>.&nbsp;\u00bb Il imagine le sort de sa fianc\u00e9e \u00e0 Sainghin, tout en signalant assez rapidement ne pas \u00eatre certain qu\u2019elle y r\u00e9side encore (avril 1915, p. 312)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Les Anglais bombardent Illies et Fournes <\/em>[front d\u2019Aubers]<em>, dit-on. Des nouvelles qui nous r\u00e9jouissent d\u2019abord, puis nous \u00e9treignent le c\u0153ur \u00e0 la pens\u00e9e de savoir que c\u2019est nos propres obus qui d\u00e9vastent notre cher pays et font peut-\u00eatre tant de victimes innocentes.<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Il envisage les \u00e9v\u00e9nements de la guerre surtout \u00e0 travers le prisme religieux, et le d\u00e9couragement li\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chec de l\u2019offensive Nivelle lui fait \u00e9voquer &nbsp;une solution originale mais finalement assez logique (21 juin 1917, p. 329)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Et puis sinc\u00e8rement il semble qu\u2019il nous faudrait une Jeanne d\u2019Arc. Encore la science des hommes a fait faillite et le Bon Dieu semble vouloir forcer nos dirigeants \u00e0 recourir \u00e0 lui.&nbsp;<\/em>\u00bb Dans le m\u00eame domaine d\u2019inspiration, Henri Lefebvre a deux marraines de guerre \u00e0 Revel (Haute-Garonne), les demoiselles Gayral, \u00e0 qui il rend visite en permission en 1917&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>tu as deux petites s\u0153urs de guerre qui t\u2019aiment beaucoup d\u00e9j\u00e0 et qui aspirent \u00e0 faire ta connaissance<\/em>&nbsp;\u00bb, une autre mention associe plus loin ses marraines (p. 346) \u00e0 une demande d\u2019adh\u00e9sion \u00e0 une neuvaine \u00e0 \u00ab&nbsp;<em>commencer \u00e0 No\u00ebl \u00e0 la bonne vierge de Lourdes.<\/em>&nbsp;\u00bb Le cas de figure est assez atypique, car en g\u00e9n\u00e9ral, ce n\u2019est pas d\u2019abord \u00e0 une neuvaine que le poilu pense lorsqu\u2019il envisage ses relations avec sa marraine de guerre, il est vrai qu\u2019ici Henri s\u2019adresse \u00e0 sa fianc\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Un boucher d\u00e9vot<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Cette religiosit\u00e9 du jeune brancardier-musicien, artisan boucher dans le civil, est omnipr\u00e9sente dans la tonalit\u00e9 de ses lettres. Les c\u00e9r\u00e9monies religieuses sont relat\u00e9es pour \u00e9voquer la consolation morale de la communion, ou la communication possible avec l\u2019aim\u00e9e, au moment de la messe, par une sorte de \u00ab&nbsp;transmission de pens\u00e9e sacramentelle&nbsp;\u00bb. Il prie souvent, va aux v\u00eapres d\u00e8s qu\u2019il le peut, et cette fin de lettre est typique (octobre 1914, p. 304)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Nous allons r\u00e9citer un chapelet maintenant en compagnie de mon ami Alphonse \u00e0 l\u2019\u00e9glise la plus proche&nbsp;; nous retournerons ensuite manger la soupe et en avant&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb. C\u2019est \u00e0 travers cet habitus catholique qu\u2019il envisage ses relations avec sa promise, sa compr\u00e9hension de la guerre ou sa vision des r\u00e9gions qu\u2019il traverse, comme en Champagne (Souain) o\u00f9 son r\u00e9giment combat d\u00e8s octobre 1914&nbsp; (p. 301)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>J\u2019assiste \u00e0 la messe tous les matins depuis 8 jours, ma ch\u00e8re fianc\u00e9e, et je communie fr\u00e9quemment. Quelle consolation pour ce bon cur\u00e9 de voir que les gars du Nord ont encore de la religion&nbsp;! Nous vivons ici dans un pays si indiff\u00e9rent&nbsp;; il est \u00e0 croire ma ch\u00e9rie, sans parti pris, que le Bon Dieu envoie le ch\u00e2timent l\u00e0 o\u00f9 il doit passer.<\/em>&nbsp;\u00bb Les lettres racontent aussi les \u00e9preuves familiales, avec les deuils de guerre, ou le cafard, que cette correspondance, invocation du \u00ab&nbsp;bon Dieu&nbsp;\u00bb \u00e0 l\u2019appui, tente de soulager.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">L\u2019auteur \u00e9voque \u00e0 plusieurs reprises des \u00ab&nbsp;promesses&nbsp;\u00bb, ce sont des v\u0153ux \u00e0 r\u00e9aliser apr\u00e8s la guerre, p\u00e8lerinages \u00e0 Lourdes et \u00e0 Montmartre, promesse d\u2019observer fid\u00e8lement le repos du dimanche, v\u0153u d\u2019entrer dans le Tiers Ordre\u2026 En 1917 (p. 331), il essaie d\u2019organiser une communaut\u00e9 avec des soldats qui partagent sa pi\u00e9t\u00e9&nbsp;: \u00ab<em>&nbsp;j\u2019ai con\u00e7u de trouver dans nos musiciens sept des plus fervents qui consacreraient chacun un jour de la semaine au Sacr\u00e9-C\u0153ur. Ce jour-l\u00e0, assistance \u00e0 la messe et communion si possible&nbsp;; p\u00e9nitence quelconque sur la nourriture et le tabac, etc.&nbsp; J\u2019en ai 5 d\u00e9j\u00e0 et j\u2019esp\u00e8re trouver les deux autres, ce serait l\u2019\u00e9lite.&nbsp;<\/em>\u00bb Il cherche aussi \u00e0 fonder le Rosaire, \u00ab<em>c\u2019est-\u00e0-dire 15 personnes disant chaque jour une dizaine de chapelets.\u00bb <\/em>Difficile de conna\u00eetre la proportion de poilus qui dans son unit\u00e9 partagent sa vision du monde, et \u00e0 cet \u00e9gard un passage de mars 1917 (p. 325) est int\u00e9ressant (mention&nbsp;: \u00ab&nbsp;lettre inachev\u00e9e&nbsp;\u00bb)&nbsp;: \u00ab<em>dans mon escouade m\u00eame j\u2019ai deux bons catholiques, 5 ou 6 indiff\u00e9rents et un libre penseur&nbsp;!!! Ah tu comprends, ma ch\u00e9rie, il ne faut pas que ce monsieur vienne dire devant moi qu\u2019il n\u2019y a pas de Dieu et exposer ses doctrines mat\u00e9rialistes. Alors c\u2019est conf\u00e9rence \u00e0 l\u2019escouade le soir jusqu\u2019\u00e0 onze heures quelque fois et le matin apr\u00e8s la soupe. Naturellement la discussion se termine toujours par une poign\u00e9e de main car au r\u00e9giment c\u2019est l\u2019union sacr\u00e9e.&nbsp;<\/em>\u00bb \u00c9voquant l\u2019avenir, Henri imagine leurs futurs enfants, qu\u2019ils aimeront, et (p. 330) \u00ab&nbsp;<em>qui seront notre bonheur. J\u2019ai demand\u00e9 au bon Dieu qu\u2019il m\u2019accorde la gr\u00e2ce d\u2019en prendre un \u00e0 son service&nbsp;; nous lui offrirons tous deux, n\u2019est-ce pas, ma ch\u00e9rie&nbsp;?&nbsp;<\/em>\u00bb. Que penser en d\u00e9finitive de ce ton si r\u00e9solument pieux? Le mariage tant attendu s\u2019incarne ici avec une \u00e9nergie sentimentalo-religieuse, dans un futur strictement dessin\u00e9 dans des concours de pi\u00e9t\u00e9&nbsp;: il s\u2019agit de leur culture commune, de leurs r\u00e9f\u00e9rences les plus famili\u00e8res. Cette religiosit\u00e9, qui est naturelle chez H. Lefebvre, et qui est consubstantielle \u00e0 son \u00e9ducation et sa sociabilit\u00e9, n\u2019est du reste pas exceptionnelle (voir par exemple Gabriel Castelain), pour des hommes recrut\u00e9s dans cette partie sud de la Flandre (Weppes), \u00e0 l\u2019ouest de Lille. C\u2019est nettement plus atypique pour d\u2019autres espaces, notamment les grandes agglom\u00e9rations textiles ou mini\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Terminons par une derni\u00e8re citation, qui montre qu\u2019en politique aussi, ce m\u00eame prisme religieux est pr\u00e9sent (septembre 1917, p. 334)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Hier encore une dame me disait&nbsp;:<\/em> \u00ab&nbsp;Mon fr\u00e8re qui est au front devient anarchiste, je crois, et cependant il a \u00e9t\u00e9 bien \u00e9lev\u00e9.&nbsp;\u00bb <em>Je ne suis pas encore anarchiste, ma ch\u00e9rie, console-toi. Ah&nbsp;! j\u2019ai bien une dent contre les mauvais riches, ils sont si nombreux&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Vincent Suard, mai 2022<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Le t\u00e9moin Henri Lefebvre, n\u00e9 en 1888, est originaire de La Bass\u00e9e (Nord) o\u00f9 il exerce la profession de boucher. Sophie Lheureux, sa fianc\u00e9e en ao\u00fbt 1914, habite le hameau d\u2019Hocron, sis \u00e0 proximit\u00e9 de Sainghin-en-Weppes (Nord). Le mariage, pr\u00e9vu en septembre 1914, ne pourra avoir lieu qu\u2019apr\u00e8s la guerre. H. 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