{"id":4285,"date":"2022-06-17T12:38:14","date_gmt":"2022-06-17T11:38:14","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4285"},"modified":"2022-06-26T19:25:29","modified_gmt":"2022-06-26T18:25:29","slug":"juliette-breyer-1885-1962","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2022\/06\/17\/juliette-breyer-1885-1962\/","title":{"rendered":"Breyer Juliette  (1885-1962)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\">1. La t\u00e9moin<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Juliette Deschamps, \u00e9pouse Breyer (1885 \u2013 1962), est mari\u00e9e \u00e0 Charles Breyer, caviste, et le couple tient en 1914 une \u00e9picerie (succursale Mignot) \u00e0 Reims. Ils ont un petit gar\u00e7on d\u2019un an, Andr\u00e9. Charles, caporal au 354<sup>e<\/sup> RI, est tu\u00e9 le 23 septembre 1914. Juliette accouche d\u2019une petite fille, Marie-Blanche, en janvier 1915, et reste \u00e0 Reims jusqu\u2019\u00e0 1916. Elle reprend ensuite la succursale d\u2019un magasin d\u2019alimentation en Seine et Oise. Juliette ne s\u2019est jamais remari\u00e9e (renseignement fourni par Patricia Vincent, son arri\u00e8re petite-fille, en juin 2021)&nbsp; et son fils Andr\u00e9 a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 comme combattant F.F.I. \u00e0 Tarbes en 1944, alors que Sylviane, la fille de celui-ci, avait huit mois.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">2. Le t\u00e9moignage<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">\u00ab\u00c0 mon Charles\u2026, <em>Lettres de Juliette \u00e0 son mari parti sur le front<\/em>, (1914 \u2013 1917)\u00a0\u00bb, publi\u00e9 aux \u00e9ditions <em>TheBookEdition<\/em> (auto\u00e9dition num\u00e9rique), a \u00e9t\u00e9 retranscrit et mis en forme par Jackie Mangeart en 2014 (182 pages). Sylviane Jonval, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e en 2019, avait recopi\u00e9 un grand cahier manuscrit de sa grand-m\u00e8re Juliette. Jackie Mangeart (Warmeriville, Marne), a retranscrit ce cahier en respectant au maximum la version d\u2019origine. Merci \u00e0 lui pour les renseignements donn\u00e9s (juin 2022) et surtout d\u2019avoir eu la bonne id\u00e9e de faire revivre ce t\u00e9moignage original.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">3. Analyse<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le corpus se pr\u00e9sente comme la reproduction d\u2019un ensemble de lettres de&nbsp; Juliette Breyer, envoy\u00e9es \u00e0 son mari Charles, d\u2019ao\u00fbt 1914 \u00e0 1916&nbsp;; il s\u2019agit en fait plut\u00f4t d\u2019un cahier ind\u00e9pendant, que Juliette tenait, en plus des lettres (que nous n\u2019avons pas) qu\u2019elle envoyait \u00e0 son mari. Ce cahier prend rapidement la forme d\u2019un journal intime, mais adress\u00e9 \u00e0 son mari, et il finit par prendre la place du courrier, de toute fa\u00e7on retourn\u00e9 \u00e0 partir de novembre 1914 (p. 57) \u00ab&nbsp;<em>voil\u00e0 toutes les lettres que je t\u2019avais envoy\u00e9es qui me reviennent. Oh le retour de ces pauvres lettres, comme cela me d\u00e9chire le c\u0153ur&nbsp;!&nbsp;<\/em>\u00bb. Ce document intime d\u00e9crit la vie \u00e0 Reims de 1914 \u00e0 1916, lorsque la ville, proche de la ligne de front, et encore habit\u00e9e par les civils, et r\u00e9guli\u00e8rement bombard\u00e9e, mais c\u2019est surtout pour la description du cheminement intime du deuil que ce document est pr\u00e9cieux&nbsp;: une jeune mari\u00e9e, m\u00e8re d\u2019un enfant d\u2019un an, et enceinte du second, d\u00e9crit, en s\u2019adressant directement \u00e0 son mari disparu, toutes les \u00e9tapes de sa souffrance.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">1. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Reims<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">L\u2019\u00e9pici\u00e8re d\u00e9crit le passage des Allemands \u00e0 Reims, et la courte occupation se passe pour elle sans trop de dommages (5 septembre 1914, p. 17)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Des Prussiens sont venus acheter mais ils n\u2019ont rien dit et tu vois, mon Charles, cela m\u2019a servi d\u2019aller \u00e0 Metz. Je connais un peu leur monnaie et je ne m\u2019y perds pas. Ils sont gourmands sur le chocolat.<\/em>&nbsp;\u00bb. Apr\u00e8s leur retrait au nord de la ville, c\u2019est la description de la vie quotidienne, des longs et fr\u00e9quents s\u00e9jours dans les caves ; la chronique d\u00e9crit les bombardements, sporadiques ou soutenus, les d\u00e9g\u00e2ts rue par rue, et nomme des victimes, connues ou inconnues. Ce t\u00e9moignage est utile pour l\u2019histoire locale&nbsp;(partie Est de Reims)&nbsp;; il est du reste r\u00e9f\u00e9renc\u00e9 par le site \u00ab&nbsp;<em>Reims 14 &#8211; 18<\/em>&nbsp;\u00bb. La maison maternelle est assez vite d\u00e9truite par les obus, la famille en fait le constat &nbsp;(17 septembre 1914, p. 25)&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Ce que je vois me glace&nbsp;: la maison qui br\u00fble, c\u2019est la n\u00f4tre. J\u2019entends d\u00e9j\u00e0 maman qui pleure. Je me retourne, maman a vu, elle chancelle.<\/em>&nbsp;\u00bb puis&nbsp; <em>\u00ab&nbsp;Les flammes sortent du haut, du bas, partout, un vrai brasier. On ne voit m\u00eame plus trace de meubles. On aper\u00e7oit un trou l\u00e0 o\u00f9 \u00e9tait ma chambre de jeune fille, l\u00e0 o\u00f9 j\u2019ai r\u00eav\u00e9 de toi.<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp; Le secteur dans lequel se trouve l\u2019\u00e9picerie, rue de Beine, est assez rapidement interdit aux civils, car les batteries fran\u00e7aises sont tr\u00e8s proches. Malgr\u00e9 les pr\u00e9cautions prises, l\u2019auteure, qui a d\u00fb arr\u00eater son activit\u00e9 commerciale, constate en mars 1915 que le magasin a \u00e9t\u00e9 presque enti\u00e8rement pill\u00e9. Les longs s\u00e9jours dans les grandes caves Pommery ne semblent pas trop p\u00e9nibles (p. 30) \u00ab<em>nous sommes bien abrit\u00e9s, \u00e9tant dans les tunnels sup\u00e9rieurs. On ne souffre pas. Andr\u00e9 se porte \u00e0 merveille.<\/em>&nbsp;\u00bb, mais les alertes, \u00e0 la fin de 1915, sont longues aux deux jeunes enfants qui ont besoin de mouvement.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">2. Apprendre la mort de son mari<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Avec Juliette, diariste consciencieuse, nous avons ici, report\u00e9es avec pr\u00e9cision, les longues \u00e9tapes de la prise de conscience de la mort de Charles. Elle mentionne ses inqui\u00e9tudes, ses doutes, sa douleur, et surtout son refus et sa volont\u00e9 de continuer \u00e0 esp\u00e9rer. C\u2019est cette pr\u00e9cision dans la description des sentiments et du cheminement psychologique du deuil, pour un drame qui a concern\u00e9 des centaines de milliers de femmes, qui fait la richesse de ce t\u00e9moignage. Dans les caves, pendant un bombardement, une vieille voisine lui dit \u00e0 br\u00fble-pourpoint que son mari a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9, mais Juliette ne veut pas le croire (15 septembre). Il semble que son p\u00e8re ne lui communique pas tout ce qu\u2019il sait, mais, malgr\u00e9 le silence de Charles, elle ne perd pas espoir (20 octobre 1914 p. 38)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce que c\u2019est qu\u2019il ne faut pas que je sache&nbsp;? Je m\u2019en doute bien, que l\u2019on me cache quelque chose et ce que je ne comprends pas, c\u2019est que ton papa me conseille de ne plus t\u2019\u00e9crire (\u2026) mais je m\u2019ent\u00eate (\u2026)&nbsp;Je te quitte toujours aussi triste&nbsp;<\/em>\u00bb. Le 4 novembre (p. 45), un camionneur vient la voir et lui affirme sans pr\u00e9cautions: \u00ab&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>Eh bien&nbsp;! Votre mari a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9.&nbsp;<\/em>\u00bb <em>Te dire la commotion que j\u2019ai ressentie<\/em>\u2026.&nbsp;\u00bb Elle d\u00e9crit son h\u00e9b\u00e9tude, son d\u00e9sespoir, et seule la pr\u00e9sence de son petit gar\u00e7on l\u2019oblige \u00e0 se reprendre. Elle \u00e9crit \u00e0 la compagnie de son mari, reprend espoir contre les apparences, et la situation se complique du fait de sa grossesse &#8211; il est certain que Charles n\u2019en a pas eu connaissance &#8211; (p. 34) \u00ab&nbsp;<em>il faut que je te le dise. Je suis s\u00fbre maintenant que nous aurons un deuxi\u00e8me petit cadet. Que veux-tu j\u2019en prends mon parti, du moment que tu me sois revenu pour ce moment-l\u00e0.<\/em>&nbsp;\u00bb Le 17 d\u00e9cembre 1914 (p.55), elle re\u00e7oit une lettre du lieutenant de son mari, qui lui annonce sa mort d\u2019une \u00ab&nbsp;<em>balle au front<\/em>&nbsp;\u00bb le 23 septembre. Elle s\u2019\u00e9vanouit, pense devenir folle \u00e0 son r\u00e9veil, et mentionne ses journ\u00e9es de pleurs, malgr\u00e9 sa m\u00e8re qui essaie de la raisonner (p. 56)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Remets toi et pense \u00e0 tes deux petits. Aux deux petits de ton pauvre Charles, garde-toi pour eux.<\/em>&nbsp;\u00bb. No\u00ebl 1914 se passe tr\u00e8s tristement (p. 60) &nbsp;\u00ab&nbsp;<em>ce n\u2019est pas possible, cela ne peut pas \u00eatre<\/em>\u00bb, et le p\u00e8re de Charles tente de la raisonner (p. 61)&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;\u00ab&nbsp;Ma pauvre Juliette, ne m\u2019\u00f4tez pas mon courage, me dit-il. Il reviendra. Et si jamais le malheur voulait le contraire, nous sommes l\u00e0 pour vous aider \u00e0 \u00e9lever vos petits.&nbsp;\u00bb Pauvre papa, mais vous ne voyez donc pas. Je sais bien que j\u2019arriverai \u00e0 les \u00e9lever, mais c\u2019est mon Charles que je veux. Je ne pourrai supporter l\u2019existence sans lui. C\u2019est atroce puisque je l\u2019aime toujours&nbsp;; il faut qu\u2019il me revienne.<\/em>&nbsp;\u00bb En janvier les pr\u00e9paratifs de l\u2019accouchement la distraient un peu de sa douleur morale. Apr\u00e8s la naissance de la petite fille, le dialogue continue avec Charles dans le journal (19 janvier) \u00ab&nbsp;<em>Je vais te raconter (\u2026) car notre fille est venue au monde<\/em>\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">3. Deux r\u00e9alit\u00e9s parall\u00e8les<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">\u00c0 partir de f\u00e9vrier 1915, on sent que Juliette est prise par ses obligations de m\u00e8re, qu\u2019elle donne pour l\u2019ext\u00e9rieur l\u2019apparence de se faire une raison, mais \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, Charles vit toujours, elle lui parle sur le cahier, disant \u00eatre s\u00fbre de le revoir (p. 65) \u00ab<em>Quand je passe quelque part et que j\u2019entends dire&nbsp;: \u00ab&nbsp;pauvre femme, son mari a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9&nbsp;; c\u2019\u00e9tait un m\u00e9nage en or&nbsp;\u00bb, cela me retourne. Je leur crierais bien \u00ab&nbsp;Ce n\u2019est pas vrai, il est vivant, je le sens<\/em>.\u00bb&nbsp;\u00bb\u00c0 tous les signes tangibles qui s\u2019accumulent (lettres de soldats, documents administratifs) elle oppose sa certitude et c\u2019est ce qui lui permet de survivre. (15 avril 1915, p. 94) \u00ab&nbsp;<em>Je suis triste \u00e0 mourir, je pleure, je me d\u00e9go\u00fbte de tout et si je n\u2019avais pas mes petits, je ne sais pas ce que je ferais. Je me demande s\u2019il faut que j\u2019esp\u00e8re encore. Pense donc, tit Lou, sept mois sans nouvelles. Si c\u2019\u00e9tait vrai, mon Charles, je ne pourrais jamais vivre une longue vie sans toi. Il ne peut plus y avoir de bonheur pour moi sur terre. On a beau penser aux enfants, c\u2019est une consolation, mais c\u2019est justement en les voyant grandir que je verrai \u00e0 quel point tu me manques.&nbsp;<\/em>\u00bb A partir de mai 1915, peut-\u00eatre sent-on \u00e0 la lecture du journal une douleur plus contenue, moins paralysante, mais les acc\u00e8s de d\u00e9sespoir sont encore fr\u00e9quents. En juillet 1915, elle consulte une voyante qui, sans surprise, lui annonce qu\u2019elle aura bient\u00f4t des nouvelles de Charles, et que cette grande peine est passag\u00e8re. En ao\u00fbt, une cartomancienne se montre \u00e9galement optimiste, et en septembre 1915, c\u2019est une diseuse, qui analyse l\u2019\u00e9criture de Charles, dans son dernier courrier connu, et pronostique la vie, mais avec un \u0153il ou un membre en moins (p. 129) \u00ab&nbsp;<em>Que m\u2019importe que tu aies un \u0153il en moins, du moment que tu puisses nous voir et contempler tes petits.<\/em>&nbsp;\u00bb De violentes crises de d\u00e9pression, (ao\u00fbt 1915) \u00ab&nbsp;<em>je voudrais toujours dormir<\/em>&nbsp;\u00bb ou <em>\u00ab&nbsp;je meurs de d\u00e9sespoir&nbsp;<\/em>\u00bb, alternent avec des descriptions de la vie quotidienne dans Reims en guerre.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">4. \u00ab&nbsp;ils disent que tu es mort&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Ce dialogue direct avec le disparu, cette complicit\u00e9, en parlant avec Charles des autres, de ceux qui pr\u00e9tendent qu\u2019il est mort, ce lien maintenu dure jusqu\u2019\u00e0 1916&nbsp;: c\u2019est \u00e0 coup s\u00fbr ce long d\u00e9ni du r\u00e9el qui permet \u00e0 Juliette d\u2019apprivoiser la r\u00e9alit\u00e9.&nbsp; Les mentions se font plus espac\u00e9es, elles sont plus mat\u00e9rielles et pratiques (janvier 1916, p. 161)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>je m\u2019ennuie \u00e0 mourir. Aussi j\u2019ai \u00e9crit \u00e0 Paris chez Mignot s\u2019ils pouvaient me rendre un Comptoir (\u2026). Il me faut une occupation ou je crois que je perdrai la t\u00eate.&nbsp;<\/em>\u00bb Ce m\u00eame mois, elle re\u00e7oit la lettre d\u2019un soldat du 354<sup>e<\/sup>, de la compagnie de Charles, qui lui communique qu\u2019elle recevra bient\u00f4t un avis officiel de d\u00e9c\u00e8s, car il a d\u00fb signer le proc\u00e8s-verbal. Ce m\u00eame camarade entame ensuite une correspondance int\u00e9ress\u00e9e, envoie sa photographie, et demande pourquoi Juliette ne lui \u00e9crit pas plus souvent&nbsp; (avril 1916)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Je vais lui r\u00e9pondre par une lettre tr\u00e8s s\u00e9rieuse, sans le froisser bien entendu, que je tiens \u00e0 n\u2019avoir aucune correspondance. Ce jeune homme a l\u2019air de manquer d\u2019instruction&nbsp;: c\u2019est pour cela que je l\u2019excuse.&nbsp;Il ne comprend pas que ton souvenir me poursuit et que ce serait profaner tout l\u2019amour que j\u2019ai pour toi de correspondre avec un autre.<\/em>\u00bb L\u2019avant-derni\u00e8re mention du cahier date du 24 avril 1916, le journal ensuite est d\u00e9laiss\u00e9, puis une derni\u00e8re mention appara\u00eet le 6 mai 1917 (p. 178)&nbsp;: \u00ab<em>un an mon Charles sans t\u2019\u00e9crire et un an o\u00f9 je n\u2019ai cess\u00e9 de penser \u00e0 toi. Aujourd\u2019hui je t\u2019aime comme je t\u2019aimais avant. Mais depuis ce temps, que de choses encore se sont pass\u00e9es.<\/em>&nbsp;\u00bb Elle raconte son d\u00e9m\u00e9nagement, son installation dans un magasin d\u2019\u00e9picerie \u00e0 Vernouillet (Seine et Oise), et son ann\u00e9e de travail. La derni\u00e8re phrase est <em>\u00abLes d\u00e9buts furent durs, mais aujourd\u2019hui le commerce va assez bien\u2026<\/em>&nbsp;\u00bb .<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Vincent Suard,\u00a0mai 2022<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. La t\u00e9moin Juliette Deschamps, \u00e9pouse Breyer (1885 \u2013 1962), est mari\u00e9e \u00e0 Charles Breyer, caviste, et le couple tient en 1914 une \u00e9picerie (succursale Mignot) \u00e0 Reims. Ils ont un petit gar\u00e7on d\u2019un an, Andr\u00e9. Charles, caporal au 354e RI, est tu\u00e9 le 23 septembre 1914. Juliette accouche d\u2019une petite fille, Marie-Blanche, en janvier &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2022\/06\/17\/juliette-breyer-1885-1962\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Breyer Juliette  (1885-1962)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[202,3,12,6],"tags":[1177,425,377],"class_list":["post-4285","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-202","category-carnet","category-civil","category-correspondance-unique","tag-civil","tag-deuil","tag-femmes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4285","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4285"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4285\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4289,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4285\/revisions\/4289"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4285"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4285"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4285"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}