{"id":4304,"date":"2022-10-15T16:55:31","date_gmt":"2022-10-15T15:55:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4304"},"modified":"2022-11-21T20:15:29","modified_gmt":"2022-11-21T19:15:29","slug":"richomme-lucien-1889-1928","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2022\/10\/15\/richomme-lucien-1889-1928\/","title":{"rendered":"Richomme, Lucien (1889 \u2013 1928)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Un fusilier marin breton \u00e0 Dixmude<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Lucien Richomme (1889 \u2013 1928), originaire de Plouha (C\u00f4tes d\u2019Armor), navigue&nbsp; avant la guerre comme marin de commerce et de p\u00eache. Enr\u00f4l\u00e9 au 2<sup>\u00e8me<\/sup> R\u00e9giment de fusiliers marins, il est d\u2019abord entra\u00een\u00e9 au combat dans la r\u00e9gion parisienne (septembre 1914), puis transf\u00e9r\u00e9 en Belgique lors de la Course \u00e0 la Mer. Il combat \u00e0 Melle, Dixmude, Steenstraete et Nieuport. Apr\u00e8s la dissolution de la Brigade Ronarc\u2019h en novembre 1915, l\u2019auteur sert sur le croiseur auxiliaire <em>Champagne<\/em> puis \u00e0 Brest sur la base des dirigeables. D\u00e9mobilis\u00e9 en juin 1919, il reprend ses fonctions de matelot puis de patron de p\u00eache.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Yann Lagadec, ma\u00eetre de conf\u00e9rences \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Rennes 2, a fait para\u00eetre <em>Un fusilier marin breton \u00e0 Dixmude&nbsp;: le carnet de Lucien Richomme<\/em> (ao\u00fbt 1914 &#8211; f\u00e9vrier 1915) aux \u00e9ditions <em>\u00c0 l\u2019ombre des mots<\/em> (collection Grande Guerre) en 2018 (203 pages). Le recueil comprend une introduction scientifique (p. 9 \u00e0 93), le t\u00e9moignage lui-m\u00eame (p. 99 \u00e0 192), ainsi qu\u2019une iconographie et une bibliographie.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Yann Lagadec propose trois raisons \u00e0 la publication du t\u00e9moignage de Lucien Richomme&nbsp;: la remise \u00e0 jour d\u2019une historiographie, de Charles Le Goffic \u00e0 Jean Mabire, \u00ab&nbsp;h\u00e9ro\u00efque et dat\u00e9e&nbsp;\u00bb, le faible nombre de travaux contemporains sur les fusiliers marins dans la Grande Guerre et enfin la raret\u00e9, et donc le caract\u00e8re pr\u00e9cieux, du t\u00e9moignage d\u2019un fusilier engag\u00e9 dans les combats de l\u2019Yser. C\u2019est en effet un t\u00e9moignage singulier car venant d\u2019un homme du rang, marin inscrit maritime \u00e0 La Rochelle, et son r\u00e9cit court de septembre 1914 \u00e0 d\u00e9but f\u00e9vrier 1915. Lucien Richomme mentionne dans ses carnets ce qu\u2019il fait, ce qu\u2019il voit, il d\u00e9crit le combat, ses dangers et ses victimes, comme il mentionne les occupations \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, les marches, ou le repos. Il insiste sur la vie quotidienne, l\u2019alimentation, les probl\u00e8mes d\u2019\u00e9quipement, le froid et l\u2019humidit\u00e9. Il est patriote, endurant et se plaint rarement de ses dures conditions d\u2019engagement. S\u2019il n\u2019\u00e9voque pas ses pens\u00e9es profondes, et ne d\u00e9taille pas ses relations de camaraderie, il produit n\u00e9anmoins un t\u00e9moignage empreint de sensibilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">L\u2019unit\u00e9 de Lucien Richomme quitte Rochefort le 31 ao\u00fbt 1914, puis est bas\u00e9e \u00e0 Saint-Denis en septembre. Il \u00e9voque surtout les longues marches d\u2019entra\u00eenement (Stains, Mitry, Bonneuil), inhabituelles pour eux, et la fatigue qui en d\u00e9coule. Ces marins vont percevoir la capote d\u2019infanterie, le 23 septembre, et ils sont marqu\u00e9s par leur changement de &nbsp;silhouette (p. 111)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Chacun rit de cette m\u00e9tamorphose et \u00e0 tout instant l\u2019on entend cette r\u00e9flexion&nbsp;: \u00ab&nbsp;J\u2019avais fait bien des r\u00eaves, mais jamais celui de rev\u00eatir un jour l\u2019uniforme de soldat.&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>Combat de Melle \u2013 Combat de Dixmude<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Les fusiliers d\u00e9barquent \u00e0 Gand le 8 octobre au moment de la chute d\u2019Anvers. L. Richomme d\u00e9crit ici des fuyards belges qui l\u2019\u00e9meuvent (p. 115)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Pendant une de nos haltes, nous avons vu passer devant nous une petite charrette tra\u00een\u00e9e par un chien. Une pauvre femme avec un b\u00e9b\u00e9 de quelques jours y avait pris place et c\u2019est vraiment \u00e9mouvant de voir deux petits enfants de moins de 10 ans aider la pauvre b\u00eate \u00e0 tra\u00eener la petite carriole de leur m\u00e8re<\/em>.&nbsp;\u00bb Il op\u00e8re \u00e0 Melle son premier combat d\u2019arr\u00eat le 9 octobre, et il \u00e9voque un succ\u00e8s de son r\u00e9giment (p. 117) \u00ab<em>&nbsp;Le lendemain nous avons le plaisir de voir \u00e9tendus sur le terrain quelques centaines de cadavres sans toutefois avoir beaucoup de victimes \u00e0 d\u00e9plorer de notre c\u00f4t\u00e9. Nous sommes fiers de notre d\u00e9but.&nbsp;<\/em>\u00bb. La retraite s\u2019op\u00e8re jusqu\u2019\u00e0 Dixmude le 15 octobre, et \u00e0 partir de ce moment l\u2019auteur d\u00e9crit le combat devant et dans la ville, avec mentions journali\u00e8re des positions qu\u2019il occupe, des bombardements et des tentatives offensives des Allemands. Le ravitaillement est lacunaire \u00e0 cause du bombardement, et (p. 125) \u00ab&nbsp;[Nous ne craignons] <em>pas de bondir vers des fermes qui sont situ\u00e9es \u00e0 quelques centaines de m\u00e8tres de nos tranch\u00e9es et nous sommes heureux de rapporter poulets et lapins.&nbsp;<\/em>\u00bb Il sait traire et va \u00e9galement chercher le lait de vaches abandonn\u00e9es. Il d\u00e9crit les violents combats des 24 et 25 octobre, la confusion la nuit avec des tentatives d\u2019infiltration, et des ex\u00e9cutions des deux c\u00f4t\u00e9s de quelques prisonniers pour trahison. \u00c0 noter que le plus grand nombre de victimes se fait par bombardement d\u2019artillerie et qu\u2019il n\u2019y a pas de corps \u00e0 corps dans la chronique, en tout cas pour sa compagnie. Il d\u00e9crit la prise de Dixmude-bourg par les Allemands le 10 novembre, et leur position est repouss\u00e9e sur la rive gauche. \u00c9voquant souvent la faim pendant les combats, il insiste aussi sur le manque d\u2019\u00e9quipement de base (v\u00eatement, chaussettes, linge).<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>Combat de Steenstraete<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Apr\u00e8s un \u00ab&nbsp;repos&nbsp;\u00bb marqu\u00e9 par des marches \u00e9reintantes, l\u2019auteur revient \u00e0 Dixmude d\u00e9but d\u00e9cembre, le secteur y est plus calme qu\u2019en novembre. Son unit\u00e9 s\u2019est transport\u00e9e \u00e0 Steenstraete, en amont de l\u2019Yser \u00e0 15 km au sud, c\u2019est une petite t\u00eate de pont sur le canal, et c\u2019est l\u00e0 qu\u2019il vit sa journ\u00e9e la plus sanglante, le 17 d\u00e9cembre, lors de l\u2019assaut des Fran\u00e7ais. Il fait partie d\u2019une compagnie de seconde vague, mais l\u2019artillerie fran\u00e7aise a \u00e9t\u00e9 peu efficace, et la compagnie d\u2019assaut devant eux est d\u00e9cim\u00e9e&nbsp;; lui est ses camarades, ne pouvant d\u00e9boucher, se retrouvent bloqu\u00e9s toute la journ\u00e9e dans des boyaux pris en enfilade par les mitrailleuses et les feux d\u2019infanterie ennemis. Ces boyaux sont \u00e0 la fois peu profonds et remplis d\u2019eau, et les hommes devront passer une journ\u00e9e de souffrance en attendant de se replier la nuit venue (p. 165)&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;J\u2019ai \u00e0 peine fait 10 m\u00e8tres dans le boyau que le sergent qui marche \u00e0 un m\u00e8tre de moi, pousse un cri rauque. Il s\u2019\u00e9tend de tout son long et je r\u00e9ussi \u00e0 faire \u00e9merger sa t\u00eate. Je lui coupe les lani\u00e8res de son sac et je l\u2019adosse du mieux que je peux \u00e0 un c\u00f4t\u00e9 du boyau de fa\u00e7on que ceux qui viennent derri\u00e8re puissent passer. Pendant cet intervalle, mon camarade qui me suit re\u00e7oit une balle dans la tempe gauche. Il pousse un cri et tombe au fond de ce boyau raide mort. Nous ne pouvons le retirer sans nous exposer nous-m\u00eames \u00e0 recevoir des balles <\/em>(\u2026). <em>Ce camarade nous sert de plancher. Avec la quantit\u00e9 d\u2019eau qui existe aucune trace n\u2019appara\u00eet plus et ceux qui passent les derniers ne savent pas qu\u2019ils marchent sur leurs fr\u00e8res d\u2019armes.<\/em> [la section d\u00e9cim\u00e9e et bloqu\u00e9e doit attendre la nuit pour se retirer] \u00ab&nbsp;(\u2026) <em>ayant toujours de l\u2019eau jusqu\u2019au ventre. Beaucoup de bless\u00e9s ne pouvant avoir de soins meurent, et leurs cadavres n\u2019apparaissent plus dans cette eau boueuse. Jusqu\u2019\u00e0 la nuit ce ne sont plus que cris et g\u00e9missements. Des pauvres bless\u00e9s dont la t\u00eate \u00e9merge, supplient leurs camarades de leur porter secours, et ils se noient sous notre regard impuissant \u00e0 aller les secourir. Un de mon escouade voit son pauvre fr\u00e8re rendre le dernier soupir \u00e0 ses pieds en criant&nbsp;: \u00ab&nbsp;Adieu Paul&nbsp;! Je meurs&nbsp;\u00bb.<\/em>&nbsp;\u00bb C\u2019est l\u2019engagement le plus dur d\u00e9crit par le t\u00e9moignage de L. Richomme, et on notera qu\u2019il ne s\u2019agit pas de d\u00e9fense \u00e0 Dixmude, mais d\u2019attaque \u00e0 Steenstraete, dans le cadre d\u2019une offensive plus globale de d\u00e9cembre (\u00ab&nbsp;grignotage&nbsp;\u00bb de Joffre). L\u2019auteur conclut cette journ\u00e9e : \u00ab<em>&nbsp;dans mon escouade nous restons \u00e0 cinq sur 16 que nous \u00e9tions ce matin.<\/em>&nbsp;\u00bb L\u2019auteur \u00e9voque ensuite son repos en janvier dans le secteur de Dunkerque, puis il rejoint le front de Nieuport \u00e0 la fin du mois, apr\u00e8s un rapide s\u00e9jour \u00e0 Coxyde-Plage (Villa Cincinnatti d\u2019abord, puis Villa des Coccinelles). Le t\u00e9moignage s\u2019arr\u00eate le 6 f\u00e9vrier 1915 alors que lui et ses compagnons commencent \u00e0 ressentir l\u2019attaque des poux.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>Pr\u00e9sentation scientifique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Yann Lagadec, dans sa longue pr\u00e9sentation qui pr\u00e9c\u00e8de le texte de Lucien Richomme, fait le point sur les connaissances actuelles sur la brigade Ronarc\u2019h, ainsi que sur les t\u00e9moignages \u00e9crits \u00e0 l\u2019occasion de ses combats. Il d\u00e9finit ce qu\u2019est cette unit\u00e9 originale, ses caract\u00e9ristiques, en produisant des \u00e9l\u00e9ments chiffr\u00e9s&nbsp;; on apprend ainsi que les fusiliers marins devaient \u00e0 l\u2019origine servir de force de police suppl\u00e9tive \u00e0 Paris, qu\u2019un grand nombre d\u2019entre eux ne sont pas bretons ou encore que beaucoup n\u2019ont aucune formation (p. 24)&nbsp;: sur 6434 homme de la brigade au 1<sup>er<\/sup> octobre 1914, seuls 1443 \u00e9taient des fusiliers marins brevet\u00e9s, et par ailleurs 2950 marins de cette brigade n\u2019avaient, comme L. Richomme, aucune sp\u00e9cialit\u00e9 \u00e0 bord ou \u00e0 terre. Par ailleurs, si leur taux de perte est impressionnant (3590 hommes mis hors de combat en un peu plus d\u2019un mois, soit 58 % de l\u2019effectif p. 49) les fusiliers marins ne sont pas seuls, ils combattent aux c\u00f4t\u00e9s de Belges ou de petits d\u00e9tachements fran\u00e7ais sur lesquels les r\u00e9cits pittoresques insistent peu. Pour le r\u00e9cit lui-m\u00eame, Y. Lagadec proc\u00e8de ensuite \u00e0 un croisement serr\u00e9 du t\u00e9moignage avec les autres r\u00e9cits disponibles, essentiellement les t\u00e9moignages de M.R. Marchand, C. Prieur ou P. Ronarc\u2019h. Ce travail d\u2019explication valide la qualit\u00e9 des \u00e9crits &nbsp;de notre t\u00e9moin de Plouha, tout en apportant parfois des nuances, ainsi par exemple des \u00ab&nbsp;<em>centaines de cadavres<\/em>&nbsp;\u00bb allemands \u00e0 Melle qui semblent \u00eatre sortis de l\u2019imagination de l\u2019auteur. Cette centaine de pages de pr\u00e9sentation tr\u00e8s compl\u00e8te produit de fait une sorte de petite monographie, qui propose une pr\u00e9cieuse mise \u00e0 jour sur un \u00e9pisode de la guerre m\u00e9diatis\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t&nbsp;: Albert Londres publie d\u00e8s novembre 1914 \u00ab&nbsp;<em>Sous Dixmude&nbsp;<\/em>\u00bb dans <em>Le Matin<\/em>, et le premier livre de Charles Le Goffic \u00ab&nbsp;<em>Dixmude \u2013 Un chapitre de l\u2019histoire des fusiliers marins<\/em>&nbsp;\u00bb para\u00eet en mai 1915.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Vincent Suard, septembre 2022<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un fusilier marin breton \u00e0 Dixmude 1. Le t\u00e9moin Lucien Richomme (1889 \u2013 1928), originaire de Plouha (C\u00f4tes d\u2019Armor), navigue&nbsp; avant la guerre comme marin de commerce et de p\u00eache. 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