{"id":4319,"date":"2022-12-11T20:13:16","date_gmt":"2022-12-11T19:13:16","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4319"},"modified":"2022-12-11T20:22:38","modified_gmt":"2022-12-11T19:22:38","slug":"viguier-armand-1893-1985","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2022\/12\/11\/viguier-armand-1893-1985\/","title":{"rendered":"Viguier, Armand (1893-1985)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Une vie avec le ciel comme horizon<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Armand Viguier (1893-1985) est originaire de P\u00e9chaudier (Tarn). Engag\u00e9 volontaire en 1913, il d\u00e9bute la guerre au 10<sup>e<\/sup> Dragon puis passe dans l\u2019aviation en mars 1915, arme dans laquelle il est d\u2019abord m\u00e9canicien. Il est sous-officier pilote de bombardier Voisin \u00e0 la VB 107 o\u00f9 il effectue de nombreuses missions \u00e0 partir d\u2019Esquennoy. Il passe dans la chasse en 1917, d\u2019abord \u00e0 la N 150 puis la N 157, passant sur Spad en 1918. Il continue une carri\u00e8re de pilote militaire entre deux-guerres, jusqu\u2019\u00e0 sa retraite du service actif en ao\u00fbt 1940.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Une vie avec le ciel comme horizon<\/em>, <em>M\u00e9moires<\/em>, du Commandant Armand Viguier, a paru aux \u00e9ditions des Grilles d\u2019Or en 2007 (265 pages), \u00e0 l\u2019initiative de Thierry Servot-Viguier. La retranscription avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e en 1985 par Charles Coin d\u2019apr\u00e8s un manuscrit \u00e9crit au crayon de papier, r\u00e9cit lui-m\u00eame r\u00e9dig\u00e9 par l\u2019auteur \u00e0 un \u00e2ge avanc\u00e9. La partie \u00ab&nbsp;Grande Guerre&nbsp;\u00bb occupe les pages 40 \u00e0 173, et l\u2019ouvrage est compl\u00e9t\u00e9 d\u2019un int\u00e9ressant dossier iconographique (une trentaine de pages non pagin\u00e9es) avec de nombreuses photographies originales se rapportant surtout au monde de l\u2019aviation fr\u00e9quent\u00e9 par l\u2019auteur.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">L\u2019auteur, \u00e9voquant en d\u00e9but de volume ses petits-enfants qui ne lui laissaient aucun r\u00e9pit avec leurs demandes d\u2019histoires d\u2019aviation, s\u2019est demand\u00e9 un jour&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>en somme pourquoi n\u2019\u00e9crirais-je pas moi-m\u00eame mes m\u00e9moires&nbsp;?<\/em>&nbsp;\u00bb L\u2019int\u00e9r\u00eat du document, outre son ton vivant et parfois fac\u00e9tieux, est de pr\u00e9senter un itin\u00e9raire complet de pilote, avec la vocation dans l\u2019adolescence, la formation puis les missions de guerre, ainsi qu\u2019apr\u00e8s 1918 la carri\u00e8re poursuivie dans l\u2019aviation militaire. Le document est \u00e0 la fois une chronique factuelle d\u2019une grande pr\u00e9cision, qui documente pour nous l\u2019itin\u00e9raire du t\u00e9moin au long de la guerre, et un recueil d\u2019anecdotes, des histoires d\u2019aviateurs qui lui sont arriv\u00e9es \u00e0 lui ou \u00e0 d\u2019autres pilotes qu\u2019il a c\u00f4toy\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>Le 10<sup>e<\/sup> dragon<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">En ao\u00fbt 1914, l\u2019unit\u00e9 de cavalerie d\u2019Armand Viguier n\u2019affronte jamais frontalement l\u2019ennemi&nbsp;: il y a quelques reconnaissances offensives, mais il mentionne surtout le spectacle des civils en fuite et une retraite assez rapide. Son cheval Carabi est bless\u00e9 et doit \u00eatre achev\u00e9, et l\u2019auteur raconte son \u00e9motion, tout en se justifiant (p. 54)&nbsp;: \u00ab<em>&nbsp;Ceux qui me liront seront sans doute \u00e9tonn\u00e9s que je m\u2019exprime ainsi pour la mort d\u2019un cheval, quand des hommes mouraient autour de moi. Peut-\u00eatre&nbsp;! Mais est-il possible d\u2019\u00e9valuer les souffrances qui sont impos\u00e9es par la guerre&nbsp;? La mort de mon cheval m\u2019avait profond\u00e9ment marqu\u00e9&nbsp;; 64 ans apr\u00e8s, ce souvenir maintes fois \u00e9crit ou racont\u00e9 m\u2019attire toujours quelques larmes.&nbsp;<\/em>\u00bb L\u2019auteur explique que les chevaux de son unit\u00e9 ont beaucoup souffert dans les deux premiers mois de campagne, et qu\u2019\u00e0 la fin de septembre, ils \u00e9taient plus d\u2019une centaine \u00e0 marcher \u00e0 pied par manque de montures. Il retourne hiverner dans sa caserne de Montauban, o\u00f9 il d\u00e9crit le difficile dressage des chevaux qui viennent d\u2019\u00eatre achet\u00e9s au Canada. On demande des volontaires pour l\u2019aviation, et il est accept\u00e9 pour un stage de m\u00e9canicien&nbsp;: il a racont\u00e9 au d\u00e9but du livre, \u00e9voquant son adolescence, sa passion pour la m\u00e9canique et sa formation en autodidacte.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>La formation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">De mani\u00e8re classique pour ce type de r\u00e9cit, Armand Viguier raconte les \u00e9tapes de sa \u00ab&nbsp;scolarit\u00e9&nbsp;\u00bb a\u00e9ronautique, avec un stage d\u2019\u00e9l\u00e8ve m\u00e9canicien \u00e0 Longvic, puis un stage de m\u00e9canicien-mitrailleur \u00e0 Avord (mai 1915), ce qui l\u2019am\u00e8ne ensuite \u00e0 la formation d\u2019\u00e9l\u00e8ve pilote \u00e0 \u00c9tampe. Il d\u00e9crit ses instructeurs, son l\u00e2cher, puis sa formation \u00e0 Amb\u00e9rieu \u00e0 l\u2019\u00e9cole \u00ab&nbsp;Voisin&nbsp;\u00bb. Il finit par \u00eatre affect\u00e9 \u00e0 la VB 107 (Voisin-Bombardement) o\u00f9 il restera de septembre 1915 \u00e0 juillet 1917&nbsp;(p.107)&nbsp;: \u00ab<em>&nbsp;Je venais de franchir le pas. Dijon, Etampes, Amb\u00e9rieu, Le Bourget, et cela entre le 12 mars et le 14 septembre, c\u2019est \u00e0 dire en 185 jours.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>Les op\u00e9rations<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">L\u2019auteur raconte en d\u00e9tail sa premi\u00e8re mission de guerre qui l\u2019a fort impressionn\u00e9, et ce r\u00e9cit anecdotique d\u2019octobre 1915 illustre bien ce que sont ces \u00ab&nbsp;histoires de pilotes&nbsp;\u00bb qui pars\u00e8ment l\u2019ouvrage (p. 113 \u00e0 116). Il doit donc aller bombarder la gare de Biache-Saint-Vaast en fin d\u2019apr\u00e8s-midi mais une erreur sur le choix de son mitrailleur le fait d\u00e9coller peu apr\u00e8s son groupe et il arrive en retard sur l\u2019objectif. Ce retard fait concentrer sur lui l\u2019ensemble des tirs anti-a\u00e9riens, puisque les autres sont d\u00e9j\u00e0 repartis quand il arrive au-dessus de Biache. Il est alors attaqu\u00e9 par un aviatik et r\u00e9agit mal&nbsp;: au lieu de lui faire face (son mitrailleur est \u00e0 l\u2019avant) il prend la fuite en tournant le dos \u00e0 l\u2019ennemi, en encha\u00eenant les virages serr\u00e9s. Son mitrailleur monte alors debout sur le strapontin du si\u00e8ge et s\u2019appuie sur le plan sup\u00e9rieur pour tirer avec une carabine. Au bout d\u2019un moment, notre t\u00e9moin a recouvr\u00e9 son sang-froid et va faire face, mais avec un grand bruit le mitrailleur s\u2019\u00e9croule au fond de la carlingue et le moteur passe au ralenti. Heureusement avec le cr\u00e9puscule l\u2019aviatik abandonne la partie, et l\u2019auteur s\u2019aper\u00e7oit, alors que le mitrailleur se remet de son \u00e9vanouissement, que sa chute avait fauss\u00e9 la commande des gaz. Ils sont par contre totalement \u00e9gar\u00e9s, r\u00e9ussissent \u00e0 se poser au hasard dans un pr\u00e9 malgr\u00e9 des vaches nombreuses qui refusent de s\u2019\u00e9carter, et ils finissent cach\u00e9s dans une haie, se sachant pas de quel c\u00f4t\u00e9 du front ils sont arriv\u00e9s\u2026 \u00ab&nbsp;<em>Pourquoi le caporal Nicolas, pratiquement debout, n\u2019a t-il pas bascul\u00e9 dans le vide&nbsp;? Pourquoi la carabine n\u2019est-elle pas partie dans l\u2019h\u00e9lice&nbsp;? Pourquoi n\u2019ai-je pas percut\u00e9 les vaches dans la prairie&nbsp;? Pourquoi l\u2019Allemand nous a t-il rat\u00e9s&nbsp;? (\u2026) Ainsi se termina ma premi\u00e8re mission de guerre, avec le recul du temps, je ne regrette pas de l\u2019avoir v\u00e9cue mais, quant \u00e0 l\u2019oublier\u2026<\/em>&nbsp;\u00bb Bas\u00e9 sur le terrain d\u2019Esquennoy dans l\u2019Oise de novembre 1915 \u00e0 mars 1917, A. Viguier d\u00e9crit en mai 1916 un accident, dont il est responsable par une faute de pilotage, et qui lui vaut une jambe cass\u00e9e. Les avions Voisin sont de plus en plus menac\u00e9s par la chasse adverse, et l\u2019auteur explique ensuite le passage au vol de nuit, en entra\u00eenement puis en missions de bombardement (p. 130)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>La chasse ennemie n\u2019\u00e9tait plus \u00e0 craindre mais les accidents furent nombreux. Les pannes de magn\u00e9to qui, en plein jour, se terminaient plut\u00f4t bien, caus\u00e8rent beaucoup trop d\u2019accidents.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>Rencontrer Guynemer<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">L\u2019\u00e9vocation de Charles Guynemer et de sa fr\u00e9quentation plus ou moins famili\u00e8re est un topos du r\u00e9cit de pilote fran\u00e7ais pour la premi\u00e8re moiti\u00e9 de la guerre, et il est vrai que, jusqu\u2019au d\u00e9but de 1916, l\u2019aviation est encore un petit monde. A. Viguier mentionne qu\u2019\u00e9l\u00e8ve m\u00e9canicien, il a lanc\u00e9 son h\u00e9lice \u00e0 Avord (p. 71), qu\u2019il bavarde avec lui sur le terrain de la MS3 \u00e0 Breuil-Le-sec (p. 120) \u00ab<em>&nbsp;Pour parler, il avait l\u2019habitude de prendre le bras de son interlocuteur<\/em>.&nbsp;\u00bb Au printemps 1916, Guynemer en panne doit attendre trois jours sa r\u00e9paration sur le terrain des Voisins. L\u2019auteur le loge et \u00e9voque son caract\u00e8re (p. 129) <em>\u00ab&nbsp;durant les deux jours que dura la r\u00e9paration, il tournait en rond dans le hangar sans se rendre compte qu\u2019il exasp\u00e9rait les m\u00e9caniciens qui ne pouvaient aller plus vite.<\/em><em>Lorsqu\u2019il put reprendre possession de sa m\u00e9canique, il fit un essai de quelques minutes et s\u2019envola vers son incroyable destin sans me remercier de l\u2019avoir h\u00e9berg\u00e9 pendant ces trois jours.&nbsp;<\/em>\u00bb La quatri\u00e8me mention a lieu \u00e0 Cachy, sur le terrain des Cigognes de la N3 o\u00f9 le lieutenant Papin et A. Viguier vont faire une visite au commandant Brocard (p. 137)&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>Des poitrines orn\u00e9es de d\u00e9corations \u00e0 rallonges vinrent aussi et parmi eux, Guynemer. Retrouvailles. Et le pot traditionnel au bar de l\u2019escadrille, Brocard avec nous. Dans l\u2019encadrement de la porte apparut soudain une sorte de fant\u00f4me. Plein de boue s\u00e9ch\u00e9e des pieds \u00e0 la t\u00eate, une barbe hirsute, un casque caboss\u00e9, les mains sales, etc. Il s\u2019avan\u00e7a vers le Commandant&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>\u00ab&nbsp;&#8211; Je suis le Lieutenant Untel et je rentre des tranch\u00e9es. Mes hommes voudraient voir Guynemer.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>\u00ab&nbsp;&#8211; Tu y vas, Georges&nbsp;\u00bb dit le commandant.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Cachy se trouvait sur la route d\u2019Amiens \u00e0 P\u00e9ronne et tout ce qui allait sur ce front de la Somme passait devant les hangars de la 3. J\u2019avais, avec le lieutenant Papin, suivi Guynemer. Assis sur le bord de la route, quelques dizaines de fantassins dans le m\u00eame \u00e9tat que leur lieutenant, attendaient dans une sorte d\u2019abrutissement total. Il voulut leur dire quelques mots, mais devant leur mis\u00e8re physique, sa voix s\u2019\u00e9trangla.&nbsp;<\/em>\u00bb La derni\u00e8re rencontre date d\u2019ao\u00fbt 1917, sur les Grands Boulevards \u00e0 Paris (p. 137)&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Il passa pr\u00e8s de moi et, au lieu de l\u2019arr\u00eater, je le suivis pour jouir personnellement de le voir admir\u00e9. Les traits tir\u00e9s, les yeux cern\u00e9s, le dos l\u00e9g\u00e8rement vout\u00e9, il passait au milieu de la foule qui le reconnaissait. Paris, en toute libert\u00e9 admirait son h\u00e9ros dont, malheureusement les jours \u00e9taient compt\u00e9s.&nbsp;<\/em>\u00bb Parmi les c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s rencontr\u00e9es, l\u2019auteur mentionne aussi Pierre Loti et plus tard Ettore Bugatti, ainsi que Saint-Exup\u00e9ry, \u00e0 l\u2019occasion de son service militaire, et les capacit\u00e9s de ce dernier ne lui laissent pas un souvenir inoubliable.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>Un bombardier chez les chasseurs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Apr\u00e8s nouvelle une blessure en mai 1917 due \u00e0 une perte de vitesse, l\u2019auteur revient au front apr\u00e8s un mois de convalescence et demande \u00e0 passer dans la chasse. Il est tr\u00e8s mal re\u00e7u \u00e0 la N 150, on lui vole sa seule victoire, qui est attribu\u00e9e \u00e0 un autre \u00e9quipier (p. 149) \u00ab<em>&nbsp;il \u00e9tait inadmissible qu\u2019un pilote de bombardement arriv\u00e9 de fra\u00eeche date, puisse ainsi abattre un avion ennemi, et sur Belfort encore&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb Il \u00e9voque encore la mani\u00e8re dont il est maltrait\u00e9 par sa hi\u00e9rarchie apr\u00e8s avoir suivi et tent\u00e9 d\u2019attaquer un zeppelin. Mais cela se passe mieux ensuite \u00e0 la N 157, qui devient la SPA157 apr\u00e8s la r\u00e9ception de ses Spads. Il \u00e9voque l\u2019ambiance d\u2019urgence li\u00e9e aux offensives allemandes de 1918, avec les d\u00e9m\u00e9nagements incessants de terrains, \u00e0 cause du front en mouvement. Il doit un jour porter un pli \u00e0 une escadrille menac\u00e9e d\u2019encerclement (p. 167)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Je me mis face au vent et alors que je me posai au milieu du terrain, je m\u2019aper\u00e7us que tout ce monde \u00e9tait habill\u00e9\u2026 de vert&nbsp;! Les gaz en plein, je r\u00e9ussis \u00e0 d\u00e9coller de justesse dans une trou\u00e9e d\u2019arbres.<\/em> (\u2026) <em>Et je regagnai mes hangars. Descendu de mon Spad, j\u2019ai pu m\u2019essuyer le front, car j\u2019avais eu chaud\u2026<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Pass\u00e9 sous-lieutenant en juillet 1918, apr\u00e8s l\u2019Armistice il est stationn\u00e9 \u00e0 Spire en Allemagne, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019usine Pfalz. Il sera ensuite un des pilotes du 2<sup>e<\/sup> r\u00e9giment de chasse constitu\u00e9 par le commandant Brocard en 1920 au Neuhof \u00e0 Strasbourg.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Armand Viguier produit donc ici un r\u00e9cit de qualit\u00e9&nbsp;: si c\u2019est le t\u00e9moignage, pas si rare, d\u2019un cavalier pass\u00e9 pilote, c\u2019est en m\u00eame temps, et c\u2019est moins fr\u00e9quent, l\u2019itin\u00e9raire d\u2019un jeune passionn\u00e9 d\u2019aviation qui voit son r\u00eave d\u2019avant-guerre se r\u00e9aliser assez t\u00f4t. Par contre, la vraie conscience d\u2019avoir \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 une mort en vol plus que probable est plus tardive, elle semble bien li\u00e9e au moment de la composition de ses souvenirs&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Mon Dieu, que le mot chance revient souvent&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb (p. 147).<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Vincent Suard, d\u00e9cembre 2022<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une vie avec le ciel comme horizon 1. Le t\u00e9moin Armand Viguier (1893-1985) est originaire de P\u00e9chaudier (Tarn). Engag\u00e9 volontaire en 1913, il d\u00e9bute la guerre au 10e Dragon puis passe dans l\u2019aviation en mars 1915, arme dans laquelle il est d\u2019abord m\u00e9canicien. 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