{"id":4323,"date":"2022-12-11T20:21:46","date_gmt":"2022-12-11T19:21:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4323"},"modified":"2023-12-06T20:12:58","modified_gmt":"2023-12-06T19:12:58","slug":"loubet-paul-et-marie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2022\/12\/11\/loubet-paul-et-marie\/","title":{"rendered":"Loubet, Paul et Marie"},"content":{"rendered":"\n<p><em>\u00ab&nbsp;Nous ne serions jamais s\u00e9par\u00e9s&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>1. Les t\u00e9moins<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">En 1914, Marie Loubet (1885 \u2013 1974) et son mari Paul (1885 \u2013 1975) vivent \u00e0 Agde, de l\u2019exploitation d\u2019un jardin agricole&nbsp;; ils ont une fille, n\u00e9e en 1909. Paul, ajourn\u00e9 en ao\u00fbt 1914, ne rejoint le 24<sup>e<\/sup> RIC qu\u2019en f\u00e9vrier 1915 \u00e0 Perpignan. Apr\u00e8s entra\u00eenement, il rejoint le front avec le 44<sup>e<\/sup> RIC dans le secteur de Vauquois, mais rapidement fait prisonnier en juillet 1915, il passera le reste de la guerre en captivit\u00e9. Apr\u00e8s le conflit, Paul et Marie Loubet se consacreront \u00e0 l\u2019exploitation de leur jardin et de leur vigne.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><a><\/a> Christine Delpous-Darnige, membre du Crid, et Virginie Gascon ont fait para\u00eetre en 2016, avec une pr\u00e9face de Fran\u00e7oise Th\u00e9baud, \u00ab&nbsp;<em>Nous ne serions jamais s\u00e9par\u00e9s<\/em>&nbsp;\u00bb, <em>correspondance de Marie et Paul Loubet, couple de jardiniers agathois<\/em>, 1915 \u2013 1918 (\u00c9ditions du Mont, 256 pages). Le livre pr\u00e9sente la correspondance \u00e9chang\u00e9e pendant le conflit entre les \u00e9poux Loubet. Ce lot de 318 lettres, sauv\u00e9 in extremis de la destruction, est largement reproduit ici avec des explications tr\u00e8s utiles; la retranscription s\u2019est faite avec des corrections d\u2019orthographe, mais en laissant la syntaxe d\u2019origine. Quelques courriers d\u2019autres proches sont aussi pr\u00e9sents, ainsi qu\u2019une large iconographie ext\u00e9rieure, surtout issue de la grande collecte \u00e0 Agde (2014).<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le corpus est constitu\u00e9 d\u2019abord des courriers \u00e9chang\u00e9s lorsque Paul est en formation au 24<sup>e<\/sup> RIC, puis uniquement de ses lettres personnelles entre juillet 1915 et d\u00e9cembre 1916, et enfin de l\u2019ensemble des courriers du couple pour toute l\u2019ann\u00e9e 1918. Ce livre est pr\u00e9cieux car, outre un t\u00e9moignage significatif du v\u00e9cu de la captivit\u00e9 de Paul Loubet, il donne aussi un \u00e9clairage utile, et sensible, gr\u00e2ce au commentaire sur les sources, sur la vie de Marie, femme de prisonnier, et plus globalement sur le fonctionnement de ce couple, pris dans des \u00e9v\u00e9nements qu\u2019il consid\u00e8re comme malheureux.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>A. une guerre subie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">En formation \u00e0 Perpignan ou \u00e0 Ille-sur-T\u00eat, Paul est peu enthousiaste pour le conflit&nbsp;; il mentionne fr\u00e9quemment sa mauvaise humeur, \u00e0 cause de petites injustices ou du faible nombre de permissions. Pour lui la guerre est une \u00e9preuve n\u00e9faste (avril 1915, p. 39)&nbsp;:<em> \u00ab&nbsp;Ce ne sera pas malheureux quand cet affreux cauchemar de guerre se sera \u00e9vanoui.<\/em>&nbsp;\u00bb Montant en ligne en juin 1915 et d\u00e9crivant la tranch\u00e9e \u00e0 sa femme, son ton n\u2019est gu\u00e8re martial, il mentionne une lassitude g\u00e9n\u00e9rale (19 juin 1915, p. 80)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Tu ne saurais croire, ch\u00e8re \u00e9pouse, combien sont d\u00e9go\u00fbt\u00e9s de la vie tous ceux qui sont ici avec moi et surtout ceux qui ont souffert des rigueurs de l\u2019hiver. Ils ne demandent qu\u2019une bonne blessure pour \u00eatre \u00e9vacu\u00e9s au plus t\u00f4t chez eux car quoiqu\u2019en disent les journaux, il leur tarde \u00e0 tous que cela finisse au plus t\u00f4t (\u2026)&nbsp;<\/em>\u00bb. Les pr\u00e9occupations, dans les lettres, tournent essentiellement autour du cercle familial et des soucis \u00e9conomiques. Le beau-fr\u00e8re de Marie, Jean Delmas, territorial mais engag\u00e9 en premi\u00e8re ligne, t\u00e9moigne lui aussi de cette lassitude (p. 122, d\u00e9cembre 1915)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Vous pouvez croire que ce n\u2019est pas une vie de la passer dans la terre sous les obus et les balles \u00e0 44 ans quand on sait que des plus jeunes sont dans les casernes. Et tous ceux qui crient \u00ab&nbsp;jusqu\u2019au bout&nbsp;\u00bb, venez dans les tranch\u00e9es.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>B. Le courrier<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le t\u00e9moignage restitue le quotidien du prisonnier en Allemagne&nbsp;; Paul a droit \u00e0 deux lettres par mois, il raconte le camp de Meschede, ses d\u00e9tachements en kommando de travail (travail \u00e0 la ferme, b\u00fbcheronnage\u2026). Les cartes postales, elles, ne laissent place qu\u2019\u00e0 quelques mots, elles donnent un signe de vie, et permettent surtout de tenir une comptabilit\u00e9 pr\u00e9cise de l\u2019arriv\u00e9e ou du retard des lettres et colis. Cette correspondance est vitale pour rompre la monotonie des jours, maintenir le moral des \u00e9poux et r\u00e9affirmer les liens du couple&nbsp;; affirmations de tendresse, nouvelles des enfants, de la famille, avis sur les probl\u00e8mes domestiques, plaintes sur l\u2019\u00e9tat du moral puis r\u00e9affirmation du courage devant les \u00e9preuves&#8230; Il ne semble pas que les lettres de Paul souffrent beaucoup de la censure, son propos \u00e9tant surtout pr\u00e9occup\u00e9 de mentions familiales et domestiques. Ainsi, au d\u00e9but de sa captivit\u00e9 (ao\u00fbt 1915, p. 136)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Tu peux m\u2019envoyer un fricot par semaine \u00e9galement pour manger le dimanche tout en pensant \u00e0 toi. Quant au pain, on re\u00e7oit 2 kilos de biscuits par semaine par homme et j\u2019en ai de reste. Ne te tourmente pas pour cela et ne crois pas qu\u2019on nous force \u00e0 vous \u00e9crire ce que l\u2019on ne veut pas, bien loin de l\u00e0.<\/em>&nbsp;\u00bb. Paul insiste sur les liens avec les camarades, souvent choisis en fonction des affinit\u00e9s r\u00e9gionales. Il est seul, en journ\u00e9e, lorsqu\u2019il travaille dans une ferme, avec \u00e9videmment le probl\u00e8me de la langue (novembre 1916, p. 142)&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>Et le soir, lorsque je suis \u00e0 table avec mes patrons je suis comme un sourd-muet et il me tarde qu\u2019il soit 7 h \u00bd pour aller retrouver mes camarades \u00e0 la chambre.&nbsp;<\/em>\u00bb. Marie lit les lettres aux siens \u00e0 haute voix, et elle signale \u00e0 Paul la difficult\u00e9 que lui procurent certaines remarques gaillardes (qu\u2019elle appelle \u00ab&nbsp;b\u00eatises&nbsp;\u00bb), elle doit s\u2019arranger pour en sauter les passages (p. 198)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Les b\u00eatises que tu me dis me font passer un moment mais en lisant la lettre, je suis oblig\u00e9e de le sauter, tu me comprends, autant que possible, \u00e9vite-le.&nbsp;<\/em>\u00bb. Il faut aussi souligner que Marie est la seule femme de la famille qui sache lire et \u00e9crire convenablement.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>C. Les colis<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Les colis occupent une grande partie de la correspondance de Paul, il indique ce dont il a besoin, l\u2019\u00e9tat des denr\u00e9es, ou au contraire ce qui est pour le moment inutile. Ils tiennent ensemble une comptabilit\u00e9 des d\u00e9parts et arriv\u00e9es, et on est impressionn\u00e9 par la quantit\u00e9 et la qualit\u00e9 des biens qui circulent dans cette Allemagne affam\u00e9e de 1918 (p. 195, 29 avril) \u00ab&nbsp;<em>J\u2019ai envoy\u00e9 hier le colis provisions qui comprend riz, caf\u00e9, macaronis, graisse, fromages, g\u00e2teaux, b\u0153uf en daube. Ne t\u2019\u00e9tonne pas du chocolat dans ce colis, je l\u2019ai oubli\u00e9.<\/em>&nbsp;\u00bb Certaines denr\u00e9es arrivent avari\u00e9es, souvent avec retard, mais on note tr\u00e8s peu de disparitions. Ces envois, en g\u00e9n\u00e9ral un par semaine, repr\u00e9sentent pour Marie un effort constant et une d\u00e9pense importante, et l\u2019appareil scientifique du livre pr\u00e9cise qu\u2019un colis par semaine correspond \u00e0 la totalit\u00e9 de son allocation de femme de prisonnier. L\u2019\u00e9valuation sur la dur\u00e9e totale de la captivit\u00e9 (43 mois) est consid\u00e9rable, avec 202 colis d\u2019environ 5 kg envoy\u00e9s, soit une tonne au total.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>D. Deuil et tristesse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Outre les \u00e9preuves de la guerre, le couple est confront\u00e9 au deuil intime&nbsp;: ils viennent d\u00e9j\u00e0 de perdre le petit Raymond en 1914, et ils doivent affronter la mort de Jean, n\u00e9 en 1915 et mort \u00e0 la fin de 1917. La souffrance du c\u00f4t\u00e9 de Louis est d\u2019autant plus vive \u2013 il n\u2019aura jamais vu son fils &#8211; qu\u2019il avait beaucoup investi affectivement dans ses lettres (p. 173) \u00ab&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>je suis oblig\u00e9 d\u2019\u00e9touffer ma douleur comme je peux. Moi qui \u00e9tais si content de trouver \u00e0 mon retour une si jolie famille, je ne rentrerai que dans les pleurs et le deuil. Voil\u00e0 la vie.<\/em>&nbsp;\u00bb Il d\u00e9truit alors toutes les lettres de Marie, car les \u00e9changes \u00e9taient tr\u00e8s centr\u00e9s sur le nouvel enfant, et ces t\u00e9moignages le font d\u00e9sormais trop souffrir. La situation est \u00e9galement difficile \u00e0 endurer pour Marie, elle s\u2019oublie dans le travail, s\u2019occupe de&nbsp;sa fille de 9 ans, mais elle a du mal \u00e0 se remettre (p. 171) \u00ab&nbsp;<em>Tu peux croire que cette mort m\u2019a \u00e9t\u00e9 terrible, toi n\u2019\u00e9tant pas l\u00e0. De notre petit Raymond, tu \u00e9tais l\u00e0 \u00e0 mon c\u00f4t\u00e9.<\/em>&nbsp;\u00bb Le labeur lui occupe l\u2019esprit, mais il devient \u00e9preuve tellement il est envahissant (mars 1918, p. 182) \u00ab&nbsp;<em>Tu peux croire que l\u2019on a des moments dans la vie qui ne sont pas gais. On vit comme des b\u00eates, on ne connait rien apr\u00e8s le travail, on rentre \u00e0 la maison et on n\u2019a pas une douce parole qui me faisait tant plaisir<\/em>&nbsp;\u00bb. On apprend aussi, \u00e0 la fin de l\u2019ouvrage, qu\u2019ils ont eu une fille n\u00e9e en 1922 et qui d\u00e9c\u00e8de en 1937&nbsp;: si la guerre est v\u00e9cue comme un malheur, le deuil intime les frappe bien plus cruellement, et entre la r\u00e9volution pasteurienne et l\u2019arriv\u00e9e des antibiotiques am\u00e9ricains, la mort des enfants reste un drame presque commun, l\u2019ann\u00e9e de la mort de Jean (1917), 22 enfants meurent \u00e0 Agde avant l\u2019\u00e2ge de 10 ans (p. 238).<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>E. \u00catre une femme de prisonnier<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Les lettres de Marie nous montrent une femme \u00e0 la fois isol\u00e9e psychologiquement et fragilis\u00e9e \u00e9conomiquement, mais qui b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une solidarit\u00e9 familiale et collective (allocation et comit\u00e9 d\u2019aide aux prisonniers). Outre sa solitude affective, qui pr\u00e9domine pendant tout le conflit, le souci le plus constant est <em>\u00ab&nbsp;l\u2019inqui\u00e9tude<\/em>&nbsp;\u00bb (p. 238), une souffrance qui mine sur la dur\u00e9e, malgr\u00e9 le courage ranim\u00e9 par la correspondance. Avec cette autonomie impos\u00e9e par les \u00e9v\u00e9nements, peut-on parler ici d\u2019\u00e9mancipation&nbsp;? Paul, de loin, souffre de sa r\u00e9gression sociale, il mentionne \u00e0 plusieurs reprises que, plac\u00e9 dans des fermes allemandes, il est redevenu \u00ab&nbsp;<em>domestique<\/em>&nbsp;\u00bb. Il veut continuer \u00e0 diriger son foyer \u00e0 distance (argent, fermage, travail\u2026), et Marie respecte cette r\u00e9partition traditionnelle des r\u00f4les. On comprend mieux la fa\u00e7on dont elle con\u00e7oit son r\u00f4le avec une remarque des auteures de l\u2019ouvrage (p. 239)&nbsp;: \u00ab <em>Jamais en effet, elle n\u2019exprime l\u2019id\u00e9e qu\u2019elle prend la place de Paul, juste qu\u2019elle fait<\/em> \u00ab&nbsp;du mieux, ce qu\u2019il faut&nbsp;\u00bb <em>pour que la vie reprenne comme avant la guerre. Le secours qu\u2019elle trouve dans le lien conjugal repr\u00e9sente alors un \u00e9l\u00e9ment essentiel de cette r\u00e9sistance.<\/em>&nbsp;\u00bb Mais en m\u00eame temps, les circonstances lui donnent un espace d\u2019autonomie, et un long passage tr\u00e8s \u00e9clairant r\u00e9v\u00e8le un nouvel \u00e9quilibre n\u00e9 pendant la guerre. Paul critique le choix de Marie de travailler sans salaire sur un terrain de ses parents, et lui reproche de se faire exploiter&nbsp;; on citera pour finir la r\u00e9ponse r\u00e9v\u00e9latrice de Marie (mai 1918, p. 197)&nbsp;: \u00ab<em> Quant au terrain, tu me dis que je suis oblig\u00e9e de leur servir de domestique et tu me dis aussi qu\u2019il ne me donne pas l\u2019argent qu\u2019il fait. Ils ne peuvent me donner l\u2019argent. Moi, je n\u2019ach\u00e8te pas tout ce qu\u2019il faut pour la vigne. Si je n\u2019\u00e9tais pas avec eux, je serais oblig\u00e9e de payer le loyer et je serais oblig\u00e9e d\u2019aller travailler \u00e0 la journ\u00e9e, si je voulais manger moi et la petite, et t\u2019envoyer les colis \u00e0 toi. Tu peux croire qu\u2019avec l\u2019allocation et ma journ\u00e9e, je n\u2019aurais pas besoin de le jeter et je ne sais pas si tes colis ne seraient pas espac\u00e9s. Et les jours o\u00f9 il pleut, que je serais oblig\u00e9e de rester \u00e0 la maison, ce jour-l\u00e0 je n\u2019aurais pas la journ\u00e9e. Donc, comme je te l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 dit, je suis l\u00e0, je travaille et je mange et je n\u2019ai rien \u00e0 perdre. Sur tes lettres, ne me parle plus. Je les lis \u00e0 mes parents et je suis oblig\u00e9e de l\u2019arranger du mieux. Ne sois pas si int\u00e9ress\u00e9. Mes parents, pour toi, font beaucoup de sacrifices et te prennent comme un fils. Pour les colis, ils ne me comptent pas grand-chose. (\u2026) Ce n\u2019est pas un reproche que je te fais et je ne t\u2019en veux pas, tu le sais. Je sais que tu vas me pardonner de te parler comme \u00e7a, tu devais avoir un mauvais moment, donc n\u2019en parlons plus.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Donc en d\u00e9finitive, un t\u00e9moignage riche sur le th\u00e8me \u00ab&nbsp;<em>\u00eatre prisonnier<\/em>&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;<em>\u00eatre femme de prisonnier<\/em>&nbsp;\u00bb, ainsi que, gr\u00e2ce aux commentaires avis\u00e9s de Fran\u00e7oise Th\u00e9baud, Christine Delpous-Darnige et Virginie Gascon, un volume indispensable \u00e0 toute bibliographie sur le th\u00e8me de la captivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Vincent Suard, d\u00e9cembre 2022<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab&nbsp;Nous ne serions jamais s\u00e9par\u00e9s&nbsp;\u00bb 1. Les t\u00e9moins En 1914, Marie Loubet (1885 \u2013 1974) et son mari Paul (1885 \u2013 1975) vivent \u00e0 Agde, de l\u2019exploitation d\u2019un jardin agricole&nbsp;; ils ont une fille, n\u00e9e en 1909. Paul, ajourn\u00e9 en ao\u00fbt 1914, ne rejoint le 24e RIC qu\u2019en f\u00e9vrier 1915 \u00e0 Perpignan. 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