{"id":4338,"date":"2023-02-23T19:12:52","date_gmt":"2023-02-23T18:12:52","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4338"},"modified":"2023-12-06T20:11:00","modified_gmt":"2023-12-06T19:11:00","slug":"thery-gustave-1875-1940","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2023\/02\/23\/thery-gustave-1875-1940\/","title":{"rendered":"Th\u00e9ry, Gustave (1875 \u2013 1940)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\">Impressions, r\u00e9flexions et tribulations d\u2019un GVC pendant la Guerre de 1914 \u2013 1918<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Gustave Th\u00e9ry (1875 \u2013 1940), originaire de Valenciennes, exerce la profession d\u2019imprimeur. Sportif investi dans la soci\u00e9t\u00e9 de gymnastique \u00ab&nbsp;l\u2019Ouvri\u00e8re&nbsp;\u00bb, il a quarante ans \u00e0 la mobilisation. Territorial au 2<sup>e<\/sup> RIT, il est GVC (garde voie et communication) \u00e0 Somain. Il r\u00e9ussit \u00e0 \u00e9chapper aux Allemands au moment de l\u2019investissement de Lille et \u00e0 partir de la fin de 1914, il garde des ponts &nbsp;dans le Pas de Calais, puis est mut\u00e9 \u00e0 Cassel (Nord). Promu sergent en juin 1915, il part vers le sud&nbsp; pour passer presque deux ans dans les diff\u00e9rents d\u00e9p\u00f4ts de Gu\u00e9ret et de Limoges, \u00e0 entra\u00eener les jeunes recrues (127 et 327e RI). En 1918, il revient dans le Pas-de-Calais o\u00f9 il retrouve sa fonction de garde-voie sur des&nbsp; viaducs vitaux pour les Anglais. Engag\u00e9 politiquement \u00e0 la SFIO, Gustave Th\u00e9ry a \u00e9t\u00e9 maire de Valenciennes de 1925 \u00e0 1927.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Michel Th\u00e9ry, arri\u00e8re-petit-fils de Gustave Th\u00e9ry, a retranscrit en format word son journal de guerre sous le titre&nbsp;: <em>Impressions, r\u00e9flexions et tribulations d\u2019un GVC pendant la Guerre de 1914 \u2013 1918<\/em>. Il a contact\u00e9 Philippe Guignet, pr\u00e9sident du Cercle arch\u00e9ologique et historique de Valenciennes et de son arrondissement (CAHVA), et une journ\u00e9e d\u2019\u00e9tude \u00ab&nbsp;Gustave Th\u00e9ry&nbsp;\u00bb (action politique, engagement social, t\u00e9moignage sur la Grande Guerre) a \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e le 22 mai 2022. Le journal se pr\u00e9sente comme une succession de notes quasi-journali\u00e8res en 1914 et 1915, elles sont un peu plus espac\u00e9es \u00e0 partir de 1916. En format word 14, les proportions des cahiers sont de 89 pages pour 1914 &#8211; 1915, 51 pages pour 1916, 51 pages pour 1917 et 57 pages pour 1918, soit un total de 248 pages.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Gustave Th\u00e9ry produit un journal de guerre int\u00e9ressant, car pourvu d\u2019une grande facilit\u00e9 d\u2019\u00e9criture, il r\u00e9dige un grand nombre de descriptions et fait des remarques originales sur la vie \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, v\u00e9cue sous l\u2019uniforme pendant plus de quatre ans.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>A. Arriv\u00e9e des Allemands<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">En ao\u00fbt 1914, garde voie \u00e0 Somain (Nord), il d\u00e9crit la densit\u00e9 du trafic, la tension qui monte \u00e0 la fin du mois (23 ao\u00fbt 1914) et leur petit d\u00e9tachement est engag\u00e9 par les avant-postes allemands le 24&nbsp;; apr\u00e8s un combat in\u00e9gal, apr\u00e8s avoir fait le mort sur le talus de la voie ferr\u00e9e, il fuit de nuit et r\u00e9ussit \u00e0 atteindre Douai. Ind\u00e9cis, il d\u00e9cide finalement de rejoindre les siens \u00e0 Valenciennes, tout en ayant bien conscience de se jeter dans la gueule du loup. Il y parvient &nbsp;le 26 ao\u00fbt, apr\u00e8s avoir march\u00e9 \u00e0 partir de Bouchain au milieu des convois allemands. Le 9 septembre, il tente avec sa femme et ses deux fils de repartir vers Lille, esp\u00e9rant attraper un tramway, mais ils restent bloqu\u00e9s \u00e0 Denain. Le 21 septembre, nouvelle tentative, \u00e0 pied, avec sa femme et sa s\u0153ur, et ils r\u00e9ussissent \u00e0 rejoindre Lille. L\u2019auteur se fait r\u00e9int\u00e9grer par les militaires comme GVC \u00e0 la gare, et &#8211; curieusement &#8211; sa femme et sa s\u0153ur retournent dans Valenciennes occup\u00e9e. Il est vrai que les enfants y sont rest\u00e9s, et que personne ne sait que la s\u00e9paration va durer plus de quatre ans. Depuis la gare de Lille, il \u00e9voque les combats dans les faubourgs (Porte de Tournai et Fives le 5 octobre), le bombardement sporadique qui commence, et sa fuite par la porte de B\u00e9thune le 9 octobre, juste avant que la sourici\u00e8re ne se referme (voir aussi Henri Depreux). Apr\u00e8s 78 km \u00e0 pied, il r\u00e9int\u00e8gre une unit\u00e9 de GVC \u00e0 Boulogne-sur-Mer le 14 octobre&nbsp;: alternent d\u00e8s lors pour lui, surveillance d\u2019ouvrage d\u2019art et instruction de la classe 15.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>B. solitude morale<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">G. Th\u00e9ry souffre beaucoup de la s\u00e9paration d\u2019avec ses proches et de l\u2019absence de nouvelles. En 1915, avec les \u00e9vacuations qui commencent via la Suisse, ce sont des Valenciennoises qui transmettent des signes de vie (juin 1915&nbsp;: \u00ab<em>cela console un peu, mais quel bien \u00e7a nous ferait de nous recevoir une lettre d\u2019eux&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb Le m\u00eame proc\u00e9d\u00e9 en d\u00e9cembre 1915 donne plus de \u00ab&nbsp;proximit\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;:<em> <\/em>\u00ab&nbsp;<em>Une dame \u00e9vacu\u00e9e de Valenciennes, anciennement femme de m\u00e9nage \u00e0 la maison, actuellement dans l\u2019Ari\u00e8ge, m\u2019envoie une carte avec les baisers des miens qu\u2019elle a quitt\u00e9s il y a quelques jours seulement\u2026Quelle joie&nbsp;!&nbsp;<\/em>\u00bb. Un net mieux intervient avec la possibilit\u00e9 l\u00e9gale d\u2019\u00e9tablir une correspondance (avril 1916), mais le contenu d\u2019une carte est limit\u00e9 \u00e0 vingt mots. L\u2019\u00e9loignement qui dure provoque de longues crises de cafard, et des nouvelles re\u00e7ues indirectement peuvent accentuer ces phases de d\u00e9pression, ainsi d\u2019une conversation du d\u00e9but de 1918, avec un Valenciennois r\u00e9cemment rapatri\u00e9 et rencontr\u00e9 gare du Nord: \u00ab<em>Mon deuil est fait, je ne dois plus compter sur l\u2019arriv\u00e9e de ma femme, mes deux fils sont prisonniers civils, mes biens (mobilier et mat\u00e9riel) sont ravag\u00e9s. C\u2019est la ruine de mon avoir en m\u00eame temps que celle de mon esp\u00e9rance.<\/em>&nbsp;\u00bb L\u2019auteur est victime aussi d\u2019une forme d\u2019incompr\u00e9hension, courante chez les septentrionaux s\u00e9par\u00e9s des leurs, rest\u00e9s en zone occup\u00e9e&nbsp;; cette douleur est li\u00e9e au fait de ne pas \u00eatre compris par ses camarades, issus des autres r\u00e9gions fran\u00e7aises. Dans un train en ao\u00fbt 1916, il apprend l\u2019existence des rafles de jeunes gens pour le travail forc\u00e9 <em>\u00ab&nbsp;Cette nouvelle m\u2019\u00e9pouvante (\u2026) Je veux malgr\u00e9 tout me raidir contre ce nouveau malheur, mais impossible&nbsp;; exasp\u00e9r\u00e9, je me f\u00e2che avec des soldats permissionnaires qui chantent \u00e0 tue-t\u00eate dans mon compartiment pendant que je pleure. Je m\u2019adresse \u00e0 des brutes inconscientes.<\/em>\u00bb A l\u2019extr\u00eame fin du conflit, m\u00eame r\u00e9volte contre l\u2019indiff\u00e9rence des camarades&nbsp;; le 8 novembre 1918, en proie \u00e0 un cafard insurmontable, il d\u00e9serte \u00e0 Boulogne pour prendre clandestinement un train vers Valenciennes et essayer de trouver les siens&nbsp;; c\u2019est un \u00e9chec et il doit rentrer piteusement \u00e0 Boulogne. \u00c0 son cantonnement il est l\u2019objet de la ris\u00e9e de ses camarades&nbsp;: \u00ab<em>Ces bougres s\u2019esclaffent au r\u00e9cit de ma triste odyss\u00e9e, ne comprenant ni mon geste ni mon chagrin&nbsp;; car eux voyaient leur femme et leurs enfants chaque fois qu\u2019ils allaient en permission, tandis que moi j\u2019aspirais \u00e0 cette minute heureuse depuis CINQUANTE-DEUX&nbsp;MOIS! <\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>C. vie au d\u00e9p\u00f4t<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">En g\u00e9n\u00e9ral, l\u2019auteur est occup\u00e9 \u00e0 des t\u00e2ches routini\u00e8res qui provoquent \u00e0 la longue une grande lassitude mentale. Il effectue aussi, au d\u00e9but de la bataille de Verdun, un stage d\u2019entra\u00eenement tr\u00e8s dur \u00e0 La Courtine (neige, \u00ab&nbsp;<em>journ\u00e9es d\u2019\u00e9reintement<\/em>&nbsp;\u00bb\u2026), et, ayant perdu 8 kilos, alors qu\u2019il est un gymnaste entra\u00een\u00e9, il d\u00e9clare que la perspective du front ne l\u2019\u00e9meut plus, \u00ab&nbsp;<em>il est pr\u00e9f\u00e9rable aux mis\u00e8res du camp de La Courtine<\/em>.&nbsp;\u00bb Tr\u00e8s d\u00e9prim\u00e9 par l\u2019ambiance de l\u2019arri\u00e8re, il h\u00e9site \u00e0 demander \u00e0 partir sur le front, \u00e0 cause de sa responsabilit\u00e9 de p\u00e8re de famille. Apr\u00e8s un nuit d\u2019insomnie et de tourments moraux, il finit par demander \u00e0 partir (mai 1916) mais sa hi\u00e9rarchie refuse&nbsp;: il devra rester sergent instructeur \u00e0 Gu\u00e9ret&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;J\u2019encaisse avec sang-froid cette nouvelle d\u00e9ception \u00e0 la pens\u00e9e que ce refus me sauve la vie et \u00e9vitera de faire de ma femme une veuve, de mes gosses deux orphelins. Allons c\u2019est qu\u2019il \u00e9tait \u00e9crit que je ne devais pas mourir&nbsp;; tant mieux&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb. Lorsqu\u2019il n\u2019y a pas de faits qui sortent du quotidien, l\u2019auteur produit la classique revue de presse des diaristes appliqu\u00e9s, et c\u2019est sans surprise la partie la moins int\u00e9ressante du corpus.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>D. Consid\u00e9rations politiques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">L\u2019auteur est socialiste, mais ses consid\u00e9rations politiques n\u2019occupent pas une grande place dans son r\u00e9cit&nbsp;; une f\u00eate locale en mai 1915 lui fait penser \u00e0 la ducasse d\u2019Anzin, et par association d\u2019id\u00e9e au socialisme&nbsp;: \u00ab<em> Anzin, cit\u00e9 socialiste, ton nom me rappelle une grande manifestation \u00ab&nbsp;contre la guerre&nbsp;\u00bb et quoique l\u2019infernal fl\u00e9au se soit abattu sur nous avec tant de brutalit\u00e9 et de sournoiserie, l\u2019Id\u00e9e reste&nbsp;! Rien n\u2019\u00e9branlera nos convictions&nbsp;; apr\u00e8s comme avant, nous reprendrons notre propagande humanitaire&nbsp;: les peuples se comprendront bient\u00f4t&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb Il apprend dans un train, au cours d\u2019une conversation avec deux adjudants coloniaux, comment les troupes noires sont recrut\u00e9es (novembre 1916)&nbsp;; lui, le socialiste, il semble d\u00e9couvrir ces faits, ce qui en dit long, dix ans avant Gide, sur l\u2019ignorance ou l\u2019indiff\u00e9rence de l\u2019opinion&nbsp;:<em> \u00ab&nbsp;une troupe d\u2019occupation ou plut\u00f4t de si\u00e8ge s\u2019am\u00e8ne devant le village, (\u2026) canons et mitrailleuses sont braqu\u00e9es pour emp\u00eacher toute fuite, le chef de la tribu est appel\u00e9 et somm\u00e9 de fournir pour quelques heures apr\u00e8s le nombre d\u2019hommes valides d\u00e9sign\u00e9s sous peine de bombardement. Les volontaires par force sont amen\u00e9s en d\u00e9tachement \u00e0 Marseille apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 rassembl\u00e9s \u00e0 Alger o\u00f9 chacun de ces malheureux touche une somme uniforme de deux cents francs&nbsp;; le march\u00e9 est conclu, l\u2019homme achet\u00e9 est fait soldat sans comprendre pourquoi (\u2026) A l\u2019occasion d\u2019une autre permission, en juin 1917, il visite Lourdes \u00ab&nbsp;par acquis de conscience&nbsp;\u00bb et en revient \u00e9difi\u00e9, produisant une savoureuse description critique, <\/em>\u00ab&nbsp;<em>me voil\u00e0 aujourd\u2019hui fix\u00e9 sur ce vaste centre d\u2019exploitation catholique o\u00f9 malgr\u00e9 le marbre du progr\u00e8s, le Veau d\u2019Or et la b\u00eatise sont toujours debout, et pour longtemps encore.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>E. Mention de troubles<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Sergent souvent convoqu\u00e9 pour assurer des services d\u2019ordre, l\u2019auteur a une vue globale sur l\u2019arri\u00e8re, et d\u00e8s 1916 il mentionne certains troubles&nbsp;; en f\u00e9vrier 1916, avant-m\u00eame Verdun, il \u00e9voque des d\u00e9sordres \u00e0 Gu\u00e9ret, dans les rues et \u00e0 la gare, lors du d\u00e9part pour le front d\u2019une compagnie de renfort (13 f\u00e9vrier 1916) \u00ab<em>&nbsp;sc\u00e8nes d\u2019indiscipline, officiers et soldats s\u2019invectivent tr\u00e8s durement dans les rues de Gu\u00e9ret et \u00e0 la gare o\u00f9 une sc\u00e8ne de d\u00e9sordre a lieu.<\/em>\u00bb Le 5 janvier 1917, il mentionne \u00e0 Limoge un spectacle lyrique du t\u00e9nor Romagno, tr\u00e8s applaudi \u00e0 la salle de la coop\u00e9rative \u00ab&nbsp;l\u2019Union&nbsp;\u00bb, mais&nbsp;\u00ab<em>&nbsp;un conf\u00e9rencier jusqu\u2019au-boutiste qui l\u2019accompagne dans sa tourn\u00e9e, se fait huer par les spectateurs, peu chauvins dans cette r\u00e9gion.&nbsp;<\/em>\u00bb En permission en juin 1917 \u00e0 Cauterets dans les Pyr\u00e9n\u00e9es, il est outr\u00e9 car il ne peut pas aller voir le pont d\u2019Espagne et la cascade de C\u00e9risey, les gendarmes laissant les seuls officiers passer&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>ordre du g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 cause des cas de d\u00e9sertion trop nombreux<\/em>&nbsp;\u00bb. Rentr\u00e9 pour assurer le service d\u2019ordre en gare, il signale encore \u00e0 la fin du mois de juin 1917 &nbsp;\u00ab&nbsp;<em>Ici \u00e0 Saint Sulpice-Lauri\u00e8re, comme dans toutes les gares o\u00f9 doivent stationner les permissionnaires du front, c\u2019est chaque nuit un vacarme \u00e9pouvantable et des discussions sans fin entre ces derniers et les officiers et les \u00ab&nbsp;cognes&nbsp;\u00bb de surveillance sur les quais&nbsp;; l\u2019attitude des poilus devient parfois mena\u00e7ante au point que les gendarmes et officiers de service doivent se d\u00e9rober pour apaiser l\u2019esprit des soldats r\u00e9volt\u00e9s. Chaque d\u00e9part de train est salu\u00e9 par une temp\u00eate d\u2019injures envers les embusqu\u00e9s&nbsp; et les cris de \u00ab&nbsp;Vive la r\u00e9volution&nbsp;!&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;A bas la guerre&nbsp;!&nbsp;\u00bb Que serait-ce si ces poilus exalt\u00e9s, et il y a de quoi, savaient &nbsp;qu\u2019\u00e0 quelques m\u00e8tres d\u2019eux passent et stationnent des trains de soldats r\u00e9volutionnaires russes&nbsp;? On n\u2019ose y penser&nbsp;!!<\/em>&nbsp;\u00bb Il apprend ensuite les \u00e9v\u00e9nements de la r\u00e9pression du camp de la Courtine par des bruits (juillet 1917, <em>\u00ab&nbsp; Voici un nouveau secteur de bataille que l\u2019on n\u2019aurait jamais cru connaitre&nbsp;: le front de la Creuse&nbsp;!!<\/em>&nbsp;\u00bb)&nbsp; puis, en octobre 1917, il est de garde \u00e0 cet endroit pour surveiller des prisonniers russes, et il d\u00e9crit un camp qui a souffert du bombardement \u00ab&nbsp;<em>\u00e0 coups de 75<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">L\u2019ann\u00e9e 1918 le voit revenu dans le Pas-de-Calais, et il insiste sur l\u2019intensification des bombardements a\u00e9riens, les Allemands visent les arri\u00e8res anglais (offensives de 1918) et les victimes civiles sont nombreuses. Apr\u00e8s l\u2019armistice, il retrouve sa famille en Belgique, mais sa maison valenciennoise a \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement pill\u00e9e. On a donc ici un t\u00e9moignage original et de qualit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Vincent Suard, f\u00e9vrier 2023<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Impressions, r\u00e9flexions et tribulations d\u2019un GVC pendant la Guerre de 1914 \u2013 1918 1. Le t\u00e9moin Gustave Th\u00e9ry (1875 \u2013 1940), originaire de Valenciennes, exerce la profession d\u2019imprimeur. Sportif investi dans la soci\u00e9t\u00e9 de gymnastique \u00ab&nbsp;l\u2019Ouvri\u00e8re&nbsp;\u00bb, il a quarante ans \u00e0 la mobilisation. Territorial au 2e RIT, il est GVC (garde voie et communication) \u00e0 &hellip; <a href=\"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2023\/02\/23\/thery-gustave-1875-1940\/\" class=\"more-link\">Continue reading <span class=\"screen-reader-text\">Th\u00e9ry, Gustave (1875 \u2013 1940)<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1259,3,17,104],"tags":[1091,1261,1260,1030],"class_list":["post-4338","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-2e-rit","category-carnet","category-militaire-non-combattant","category-non-publie","tag-arriere","tag-gvc","tag-nordiste","tag-territoriale"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4338","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4338"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4338\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4446,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4338\/revisions\/4446"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4338"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4338"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4338"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}