{"id":4344,"date":"2023-02-23T19:25:25","date_gmt":"2023-02-23T18:25:25","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4344"},"modified":"2023-12-06T20:10:03","modified_gmt":"2023-12-06T19:10:03","slug":"vaurs-benjamin-1880-1953-et-hortense-1888-1980","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2023\/02\/23\/vaurs-benjamin-1880-1953-et-hortense-1888-1980\/","title":{"rendered":"Vaurs, Benjamin (1880 \u2013 1953) et Hortense (1888 \u2013 1980)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Correspondance<\/em> 1914 \u2013 1919<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Benjamin Vaurs, (1880-1953), cultivateur \u00e0 Maleville (Aveyron), est mari\u00e9 \u00e0 Hortense (1888 \u2013 1980). Le couple a au moment de la mobilisation deux enfants de 3 et 2 ans, et Hortense est enceinte du troisi\u00e8me. &nbsp;Ils auront un quatri\u00e8me enfant pendant la guerre. B. Vaurs d\u00e9pend du 54<sup>e<\/sup> RA pendant tout le conflit, mais sa fonction le fait voyager \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, dans toute la France&nbsp;: il est accompagnateur de train de munitions et de mat\u00e9riel.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Clothilde Loubati\u00e8re a publi\u00e9 en 2019 aux \u00e9ditions de la Flandonni\u00e8re <em>Correspondance 1914 \u2013 1919, Hortense et Benjamin Vaurs,<\/em> (496 pages). L\u2019auteure a mis en lumi\u00e8re le contenu de la correspondance de ses arri\u00e8re-grands-parents, qui \u00e9tait contenue dans une bo\u00eete \u00e0 chaussure \u00abau fond d\u2019une vieille armoire\u00bb&nbsp;; C. Loubati\u00e8re a r\u00e9uni, retranscrit et pr\u00e9sent\u00e9 ces lettres, et elle pr\u00e9cise avoir respect\u00e9 la ponctuation, et corrig\u00e9 au minimum l\u2019orthographe (substantifs, noms de lieux), ceci pour respecter l\u2019esprit de cette correspondance.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Benjamin Vaurs occupe pendant toute la guerre un emploi de convoyeur militaire de trains de marchandises (munitions et mat\u00e9riels), et ses cantonnements correspondent \u00e0 des n\u0153uds ferroviaires (Is-sur-Tille, Le Bourget, Longueau\u2026). Outre ce qu\u2019on trouve classiquement dans les correspondances de ruraux au front (sant\u00e9, famille, \u00e9tat du moral, besoins mat\u00e9riels, avis sur les travaux agricoles\u2026) les lettres de B. Vaurs, homme au caract\u00e8re \u00e9gal, d\u00e9crivent l\u2019arri\u00e8re, les villes ferroviaires, les pays travers\u00e9s et plus g\u00e9n\u00e9ralement tout ce qu\u2019on peut voir depuis un train. Il donne aussi des nouvelles du front, mais toujours de deuxi\u00e8me main, car il est renseign\u00e9 par ses rencontres et ses conversations.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Une affectation appr\u00e9ci\u00e9e<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">L\u2019auteur mentionne souvent \u00e0 sa femme que son poste n\u2019est pas expos\u00e9 au danger, et lui-m\u00eame a conscience de sa situation privil\u00e9gi\u00e9e, ainsi fin ao\u00fbt 1914 (p. 32) [avec autorisation de citation]&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Ne vous faites pas de bile sur mon sort. Je n\u2019appartiens pas aux troupes de combat. Notre r\u00f4le est d\u2019apporter des munitions d\u2019une gare \u00e0 l\u2019autre.<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;; en novembre (p. 67)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Tu peux tenir la Providence d\u2019avoir donn\u00e9 \u00e0 ton mari une place comme celle qu\u2019il occupe.<\/em>&nbsp;\u00bb ou encore en juin 1915 (p. 231)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Je ne connais pas les horreurs des tranch\u00e9es o\u00f9 ils [les poilus] sont l\u00e0 sur le qui-vive, le fusil en mains tandis que j\u2019esp\u00e8re remettre le mien tout neuf et o\u00f9 il \u00e9tait.<\/em>&nbsp;\u00bb Plus tard, dans la lourde atmosph\u00e8re de mai 1917, il tient encore \u00e0 rassurer sa femme, mais en prenant des pr\u00e9cautions, \u00e0 propos d\u2019une nouvelle affectation dans la r\u00e9gion de Roye (p. 417)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>J\u2019ai \u00e0 te dire que je suis tomb\u00e9 sur un autre bon poste. Je d\u00e9sire que \u00e7a dure. Tu peux croire qu\u2019on ne sue pas. Mais ne le dis pas. <\/em>(\u2026)&nbsp;\u00bb Sa famille nombreuse le prot\u00e8ge aussi d\u2019une mutation \u00e0 un poste plus expos\u00e9, et il \u00e9voque souvent cette situation privil\u00e9gi\u00e9e comme argument contre le cafard et comme consolation pour endurer la longueur de la guerre (p. 450)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Il y a un nouveau d\u00e9part. Mais les p\u00e8res de quatre enfants restent. Que <u>j\u2019en suis heureux<\/u>. Suis tr\u00e8s heureux d\u2019\u00eatre ici, me comparant \u00e0 d\u2019autres.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Description des contr\u00e9es et des habitants rencontr\u00e9s<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">B. Vaurs d\u00e9crit les paysages agricoles qu\u2019il traverse, les compare avec ceux de Maleville, en profite pour s\u2019informer sur les travaux au pays, donne des conseils de culture. Dans les gares, il d\u00e9crit l\u2019arri\u00e8re front, les trains de bless\u00e9s, ainsi que les ruines et plus tard les d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par les bombardements a\u00e9riens. Il aime aussi d\u00e9crire ses rencontres, ainsi des habitants du Bourget (septembre 1914, p. 43)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Les habitants ont l\u2019air bien favorables \u00e0 nous. Ils pr\u00e9f\u00e8rent nous voir nous que les Allemands. Tandis que dans l\u2019Est, parce qu\u2019on \u00e9tait du Midi, on avait une esp\u00e8ce de d\u00e9dain pour nous, sans doute en souvenir des troubles de Narbonne lors des gr\u00e8ves viticoles de 1907. Ils n\u2019auraient pas besoin d\u2019agir ainsi, car l\u2019Est n\u2019est pas parfait.<\/em>&nbsp;\u00bb C\u2019est aussi un moraliste, catholique pratiquant r\u00e9gulier, et en m\u00eame temps un paysan qui d\u00e9couvre la grande ville industrielle et la population ouvri\u00e8re (Plaine de Saint-Denis \u2013 Aubervilliers \u2013 le Bourget)&nbsp;(p. 76)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>La luxure semble \u00eatre le seul id\u00e9al d\u2019un grand nombre de personnes ici. On voit des femmes enceintes, d\u2019autres qui nourrissent, d\u2019autres qui m\u00e8nent les gosses et on ne voit pas d\u2019anneau \u00e0 leur doigt<\/em>. (\u2026) <em>Il y a des toilettes d\u00e9collet\u00e9es et excentriques. Quand dans notre trajet de la gare au logis, nous en rencontrons quelques-unes de ces modes \u00e0 la mode, on en rit, on les fixe car encore dans le Midi, on ne voit pas cela, encore.&nbsp;<\/em>\u00bb. En janvier 1915, il d\u00e9crit la ville d\u2019Houdain (jouxtant la r\u00e9gion mini\u00e8re de Barlin) o\u00f9 il a convoy\u00e9 six wagons d\u2019obus de 155, dans un r\u00e9cit faussement na\u00eff&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Dans ce pays, il m\u2019a sembl\u00e9 deviner qu\u2019il n\u2019y a pas beaucoup de religion <\/em>(\u2026)&nbsp;<em>Je crois que le mariage religieux est inconnu dans ce pays, ce qui peut-\u00eatre est une des causes que la mal\u00e9diction divine s\u2019abat sur nous. On dirait que le bon Dieu s\u2019est retir\u00e9 de nous, qu\u2019Il nous a abandonn\u00e9s en voyant ses commandements si viol\u00e9s, pour voir si nous ferions mieux sans lui. Je suis en bonne sant\u00e9 et je d\u00e9sire que vous soyez tous de m\u00eame.<\/em>&nbsp;\u00bb Le 30 mai 1915 (p. 207), c\u2019est avec ce m\u00eame ton mi-moraliste mi-fac\u00e9tieux qu\u2019il d\u00e9crit la pi\u00e9t\u00e9 et le repos dominical \u00e0 Longueau (Somme)&nbsp; \u00ab&nbsp;<em>Ce matin, j\u2019ai pu assister ici \u00e0 la messe de 8 heures. Ici, \u00e0 Longueau, c\u2019est un centre d\u2019ouvriers du chemin de fer. Il peut y avoir de 1500 \u00e0 2000 habitants. Aussi, \u00e0 la messe, il y avait grande foule. J\u2019ai pu compter 43 femmes, 12 hommes dont 8 soldats qui n\u2019\u00e9taient pas d\u2019ici, et 4 ou 5 enfants et les rues en sont pleines. C\u2019est une piti\u00e9. C\u2019est \u00e0 peine si on voit ici que c\u2019est dimanche, si j\u2019ai vu plus de gens travaillant ici qu\u2019hier soir<\/em>.(\u2026) <em>Ce matin, j\u2019ai entendu une machine d\u00e9piquer encore de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du village. Encore dans notre cher Rouergue, nous n\u2019en sommes pas \u00e0 ce degr\u00e9 d\u2019abrutissement. Aussi, notre pays n\u2019est pas le plus \u00e9prouv\u00e9. Il faut en \u00eatre reconnaissant au bon Dieu, car l\u00e0-bas, jamais de la vie, vous ne pourrez vous faire une id\u00e9e de ce que c\u2019est la guerre avec les horreurs qu\u2019elle laisse derri\u00e8re elle.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Les permissions<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le th\u00e8me des permissions est naturellement tr\u00e8s pr\u00e9sent dans la correspondance, et en juillet 1915 la nouveaut\u00e9 de ce cong\u00e9 inqui\u00e8te un peu Benjamin&nbsp;: (p. 275) il \u00e9voque l\u2019histoire d\u2019une \u00e9pouse non pr\u00e9venue de l\u2019arriv\u00e9e de son mari qui \u00ab&nbsp;<em>a \u00e9t\u00e9 tellement surprise de joie ou d\u2019\u00e9motion qu\u2019elle est morte subitement entre les bras de son \u00e9poux pendant qu\u2019il l\u2019embrassait<\/em>&nbsp;\u00bb, aussi il anticipe&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>je vous prie d\u2019avoir le courage de ne pas \u00eatre trop \u00e9motionn\u00e9s \u00e0 mon arriv\u00e9e.&nbsp;<\/em>\u00bb. Les courriers t\u00e9moignent d\u2019un couple uni, les tensions sont rares et concernent comme souvent des conflits avec un des parents du couple, ici la m\u00e8re du t\u00e9moin, et Hortense essaie d\u2019apaiser son mari. Avec l\u2019\u00e9tablissement de permissions plus rapproch\u00e9es et plus r\u00e9guli\u00e8res, les courriers de 1917 et 1918 se font plus espac\u00e9s, les lettres sont moins longues, mais cela ne t\u00e9moigne pas de froideur, au contraire, ainsi d\u2019Hortense en octobre 1917 (p. 433), alors qu\u2019elle rentre de l\u2019avoir raccompagn\u00e9 \u00e0 la gare&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Les enfants ont demand\u00e9 des nouvelles de papa, o\u00f9 est-ce qu\u2019il \u00e9tait&nbsp;? Madelou \u00e9tait couch\u00e9e mais elle ne dormait. Elle m\u2019a appel\u00e9e mouma cauto un es poponou<\/em> [maman, o\u00f9 est papa&nbsp;?]&nbsp;<em>et \u00e0 nouveau j\u2019ai laiss\u00e9 \u00e9chapper quelques larmes bien am\u00e8res.<\/em>\u00bb De m\u00eame en avril 1918, la s\u00e9paration est toujours aussi difficile (p. 474)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Que j\u2019\u00e9tais heureuse la semaine derni\u00e8re, le soir dans cette petite chambre, je pouvais reposer aupr\u00e8s de celui que j\u2019aime. Je ne puis t\u2019exprimer combien je l\u2019ai trouv\u00e9e p\u00e9nible cette nouvelle s\u00e9paration. Je suis remont\u00e9e seule et j\u2019ai pu verser \u00e0 mon aise les larmes de mes yeux et j\u2019en verse encore en t\u2019\u00e9crivant la pr\u00e9sente car je m\u2019ennuie \u00e0 mourir. Je ne sais comment on est trop heureuse lorsqu\u2019on est avec son mari. Depuis le temps qu\u2019on vit l\u2019un sans l\u2019autre, \u00e7a finit par vous agacer.<\/em>&nbsp;\u00bb Ces permissions ont \u00e9galement des cons\u00e9quences tr\u00e8s tangibles, et la formulation de l\u2019annonce d\u2019Hortense, qui suit la toute premi\u00e8re permission, est \u00e0 cet \u00e9gard int\u00e9ressante (septembre 1915, p. 315)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>C\u2019est avec beaucoup de regrets que je te dirais que je me retrouve enceinte de nouveau. C\u2019est avec beaucoup de peine que je te l\u2019avoue mais c\u2019est la r\u00e9alit\u00e9.&nbsp;J\u2019ai cru bon de ne pas te le cacher<\/em>.&nbsp;\u00bb Mais il appara\u00eet ensuite que Genevi\u00e8ve, la petite quatri\u00e8me, est \u00e0 sa naissance accueillie avec s\u00e9r\u00e9nit\u00e9&nbsp; dans la famille.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Et quelques mentions sur des th\u00e8mes vari\u00e9s<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">&#8211; R\u00e9fugi\u00e9s du Nord<strong> (<\/strong>mai 1915, p. 193) \u00ab&nbsp;<em>J\u2019ai entendu dire qu\u2019on avait l\u2019intention d\u2019exp\u00e9dier des r\u00e9fugi\u00e9s du Nord dans l\u2019Aveyron. Il faut les plaindre ces pauvres gens, oblig\u00e9s d\u2019abandonner leur pays, leur maison et tout. Mettez-vous \u00e0 leur place. Mais s\u00fbrement, ces pauvres r\u00e9fugi\u00e9s pourront vous donner de pr\u00e9cieux coups de main pour rentrer les r\u00e9coltes. Si vous pouvez recevoir quelques femmes et enfants, vous feriez une bonne \u0153uvre de charit\u00e9. Quant \u00e0 accepter des hommes, il faut \u00eatre prudent. Vous savez que vous n\u2019\u00eates que des femmes. Je n\u2019en dis pas plus long.&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">&#8211; Un wagon de voyageur en mai 1915 (p.192) \u00ab&nbsp;<em>Quand on rentre par trains de voyageurs, on ne voit que tristesse. On ne respire que deuils, dol\u00e9ances et chagrin. Dans ces trains, on ne voit que des dames en deuil. Et si on parle, les unes vont voir leurs maris bless\u00e9s et les autres vous disent qu\u2019ils n\u2019ont aucune nouvelle des leurs depuis longtemps, d\u2019autres disent parfois que leur mari ou fils est mort \u00e0 la guerre.&nbsp;(\u2026) C\u2019est pour te dire qu\u2019on ne voit pas beaucoup de joie, ni beaucoup de toilettes \u00e0 la mode. 8 dames sur 10 sont en deuil.<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">&#8211; \u00c9vocation du cafard<strong> (<\/strong>Juillet 1915) \u00ab&nbsp;<em>Pour moi, je ne suis pas malade, mais l\u2019ennui, la languine et le d\u00e9sir de vous revoir tous font que mes jours ne sont pas plus gais.<\/em>&nbsp;\u00bb et plus loin dans la m\u00eame lettre&nbsp; <em>\u00ab&nbsp;je suis d\u00e9gout\u00e9 de tout. Il me semble que j\u2019ai les pyramides d\u2019\u00c9gypte sur les \u00e9paules.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">&#8211; Verser son or<strong> (<\/strong>Juin 1915 p. 238) \u00ab&nbsp;<em>Ces jours-ci, on nous a lu un ordre qui nous invitant tous, que si on avait de l\u2019or, \u00e0 le verser dans les caisses de l\u2019\u00c9tat, que ce serait un devoir de patriotisme. Je le crois. Mais je ne sais pas si les millionnaires passeront les premiers. Si vous avez de l\u2019or, gardez-le.<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Vincent Suard, f\u00e9vrier 2023<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Correspondance 1914 \u2013 1919 1. Le t\u00e9moin Benjamin Vaurs, (1880-1953), cultivateur \u00e0 Maleville (Aveyron), est mari\u00e9 \u00e0 Hortense (1888 \u2013 1980). Le couple a au moment de la mobilisation deux enfants de 3 et 2 ans, et Hortense est enceinte du troisi\u00e8me. &nbsp;Ils auront un quatri\u00e8me enfant pendant la guerre. 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