{"id":4350,"date":"2023-05-22T17:36:09","date_gmt":"2023-05-22T16:36:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4350"},"modified":"2023-12-06T20:09:42","modified_gmt":"2023-12-06T19:09:42","slug":"duclos-jacques-1896-1975","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2023\/05\/22\/duclos-jacques-1896-1975\/","title":{"rendered":"Duclos, Jacques (1896 \u2013 1975)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\"><em><strong>Le chemin que j\u2019ai choisi. De Verdun au Parti communiste<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">M\u00e9moires, tome 1 (1896 \u2013 1934)<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Jacques Duclos est n\u00e9 \u00e0 Louey dans les Hautes-Pyr\u00e9n\u00e9es en 1896, son p\u00e8re \u00e9tant charpentier et aubergiste. Ouvrier p\u00e2tissier, il travaille apr\u00e8s le d\u00e9but des hostilit\u00e9s dans une usine d\u2019armement de Tarbes. Classe 16, il est incorpor\u00e9 au 18<sup>e<\/sup> RI de Pau, puis vers\u00e9 au 407<sup>e<\/sup> RI. \u00c0 Verdun en juin 1916, il est hospitalis\u00e9 \u00e0 l\u2019automne puis revient en ligne en d\u00e9cembre 1916. Il est ensuite fait prisonnier lors de l\u2019offensive du 16 avril. Militant socialiste proche de Marcel Cachin, il devient apr\u00e8s Tours un militant actif de la S.F.I.C.. Sa fiche matricule mentionne son exclusion de l\u2019arm\u00e9e (r\u00e9serve) en 1932. Il dirige le P.C.F. au moment de la maladie de Maurice Thorez, et exerce durant sa carri\u00e8re plusieurs mandats de d\u00e9put\u00e9 puis de s\u00e9nateur.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le tome 1 des M\u00e9moires de Jacques Duclos, 1896 \u2013 1934, <em>Le chemin que j\u2019ai choisi, De Verdun au Parti communiste<\/em>, a paru en 1968 aux \u00e9ditions Fayard (434 pages). La partie qui concerne l\u2019exp\u00e9rience de la Grande Guerre va de la page 82 \u00e0 la page 153, mais la suite imm\u00e9diate est aussi int\u00e9ressante, avec des r\u00e9flexions sur les r\u00e9volutions allemande ou hongroise ou sur la crise sociale de 1919. L\u2019auteur pr\u00e9cise qu\u2019il n\u2019a pas tenu de journal, et qu\u2019il se replonge dans le pass\u00e9 par la m\u00e9moire. Au moment de la publication ses M\u00e9moires, l\u2019auteur a encore une responsabilit\u00e9 publique puisqu\u2019il est s\u00e9nateur communiste.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Dans son introduction, J. Duclos pr\u00e9cise que tout jeune, il a manifest\u00e9 contre la loi des trois ans en 1913. Ouvrier p\u00e2tissier \u00e0 Tarbes puis \u00e0 Paris en 1914, il lit de temps \u00e0 autre l<em>\u2019Humanit\u00e9<\/em>, mais il est surtout s\u00e9duit par <em>La Guerre sociale<\/em> de Gustave Herv\u00e9, \u00e0 cause de son ton antimilitariste. Son r\u00e9cit du mois d\u2019ao\u00fbt 1914 contient des anecdotes int\u00e9ressantes, ainsi lorsque sa p\u00e2tisserie ferme, il est pay\u00e9 en or et doit faire des heures de queue \u00e0 la banque pour obtenir des petites coupures, et il lui faut pendant ce temps (p. 82) \u00ab<em>\u00e9couter les pires b\u00eatises sur la guerre-promenade&nbsp;<\/em>\u00bb. Devenu vendeur de journaux, il n\u2019aime pas ce travail, car il se rend vite compte que ses exemplaires se livrent au \u00ab&nbsp;<em>bourrage de cr\u00e2ne&nbsp;\u00bb<\/em> (p. 83). Il revient ensuite \u00e0 Tarbes pour y travailler \u00e0 l\u2019arsenal pendant les six mois qui le s\u00e9parent de sa mobilisation en avril 1915. Son r\u00e9cit est aussi parcouru de longues analyses historico-politiques, \u00e0 propos de l\u2019attitude de Jean Jaur\u00e8s ou de la IIe Internationale, ou sur l\u2019Union Sacr\u00e9e, s\u00e9v\u00e8rement jug\u00e9e (p. 101)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>en fait le Parti socialiste pataugeait lamentablement dans la politique de collaboration des classes.<\/em>&nbsp;\u00bb. Alors qu\u2019il est jeune mobilis\u00e9 \u00e0 la caserne de Pau, J. Duclos \u00e9voque le sujet des mutilations volontaires au cours d\u2019une tr\u00e8s curieuse sc\u00e8ne de somnambulisme (p. 103)&nbsp;: un de ses camarades, dans son sommeil, r\u00e9capitule la guerre dans une longue p\u00e9riode de discours automatique o\u00f9 il \u00e9voque les grad\u00e9s, la caserne, les tranch\u00e9es, une tentative de mutilation volontaire. J. Duclos pr\u00e9cise qu\u2019ils ne parlaient pas entre eux de ce th\u00e8me, et que le r\u00eaveur en avait probablement entendu parler par des bless\u00e9s revenus du front&nbsp;: \u00ab<em>Cette r\u00e9action du subconscient d\u2019un soldat t\u00e9moignait de la lassitude de la guerre qui commen\u00e7ait \u00e0 faire du chemin dans la conscience des hommes promis aux massacres.<\/em>&nbsp;\u00bb R\u00e9elle ou imagin\u00e9e, cette sc\u00e8ne onirique est embl\u00e9matique de la fa\u00e7on dont en 1968, un s\u00e9nateur de la R\u00e9publique estime qu\u2019il peut aborder un pass\u00e9 encore br\u00fblant, en donnant sa v\u00e9rit\u00e9, mais non sans pr\u00e9cautions.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Arriv\u00e9 au front avec le 407<sup>e<\/sup> RI, J. Duclos combat \u00e0 Verdun en juin 1916, et il y \u00e9voque la classique rumeur hostile aux gendarmes (p. 108) \u00ab&nbsp;<em>et l\u2019on parlait de policiers qui auraient \u00e9t\u00e9 pendus \u00e0 des crochets de boucherie par des soldats. Cette information \u00e9tait-elle exacte, je ne l\u2019ai jamais su&nbsp;\u00bb. <\/em>Il raconte ensuite ses tr\u00e8s difficiles dix jours en ligne vers Vaux-Chapitre&nbsp;; apr\u00e8s un long s\u00e9jour dans un trou d\u2019obus transform\u00e9 en mare, il ne peut plus supporter ses chaussures (\u00ab&nbsp;pieds gonfl\u00e9s&nbsp;\u00bb) et son capitaine l\u2019autorise \u00e0 se rendre au poste de secours. L\u2019auteur d\u00e9crit un retrait p\u00e9nible, de 20 h 30 \u00e0 minuit, en rampant sur les genoux, avec les pieds qu\u2019il essaie de tenir lev\u00e9s \u00ab<em>&nbsp;pour qu\u2019ils ne tra\u00eenent pas \u00e0 terre&nbsp;<\/em>\u00bb. A l\u2019ambulance de Dugny, son \u00e9tat lui fait craindre une amputation, mais finalement la position couch\u00e9e prolong\u00e9e lui permet et la gu\u00e9rison et la lecture de l\u2019essentiel de l\u2019\u0153uvre de Balzac \u00e0 la biblioth\u00e8que de l\u2019h\u00f4pital. \u00c9tant soign\u00e9 dans des h\u00f4pitaux religieux, c\u2019est l\u2019occasion pour l\u2019auteur de narrer ses d\u00e9m\u00eal\u00e9s avec le sectarisme catholique&nbsp;: on veut l\u2019obliger \u00e0 aller \u00e0 la messe, et il fait plusieurs fois aux religieuses un rappel \u00e0 la r\u00e8glementation (p. 116), avec la circulaire de Justin Godart sur le respect de la libert\u00e9 de conscience : \u00ab<em>Cette circulaire \u00e9tait placard\u00e9e sur les murs de l\u2019h\u00f4pital et l\u2019on sentait que si elles avaient os\u00e9, certaines s\u0153urs l\u2019auraient fait dispara\u00eetre.&nbsp;<\/em>\u00bb Il montre aussi le suivisme des poilus qui ont peur, par une attitude m\u00e9cr\u00e9ante, d\u2019\u00eatre mal vus, et de ce fait renvoy\u00e9s plus vite en ligne. Lors de sa convalescence, il b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une permission pour rendre visite \u00e0 son fr\u00e8re \u00e0 l\u2019h\u00f4pital du Val de Gr\u00e2ce \u00e0 Paris. Celui-ci a \u00e9t\u00e9 gri\u00e8vement atteint \u00e0 la face dans la Somme, et l\u2019auteur est \u00e9pouvant\u00e9 par l\u2019\u00e9tat de son fr\u00e8re d\u00e9figur\u00e9 et celui des bless\u00e9s \u00e0 la face qui l\u2019entouraient (octobre 1916, p. 119) \u00ab<em>J\u2019avais envie de pleurer en voyant mon pauvre fr\u00e8re dans ce triste \u00e9tat mais je me retins et pendant trois jours je v\u00e9cus au milieu de ces grands mutil\u00e9s que je finissais par voir avec d\u2019autres yeux<\/em>.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Au d\u00e9but de 1917, il r\u00e9int\u00e8gre son r\u00e9giment devant Reims, puis participe \u00e0 l\u2019offensive du 16 avril devant la ferme du Godat. Il \u00e9voque au printemps 1917 les discussions entre soldats et insiste sur l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral que suscite la r\u00e9volution de F\u00e9vrier en Russie, et sur l\u2019indignation contre ceux qui faisaient durer la guerre (p. 122)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Est-il juste que les uns se fassent tuer et que d\u2019autres s\u2019enrichissent&nbsp;?&nbsp;<\/em>\u00bb Il signale aussi que le nom de Karl Liebknecht revenait souvent dans les discussions [discussions entre sympathisants socialistes&nbsp;?], car on le savait pers\u00e9cut\u00e9 parce qu\u2019il avait pris publiquement position contre la guerre. J. Duclos d\u00e9crit l\u2019attaque du 16 avril, il \u00e9voque un de ses chefs direct, le lieutenant marquis de Colbert, mutil\u00e9 revenu au front avec un bras en moins, et qui est tu\u00e9 en montant \u00e0 l\u2019assaut avec sa canne&nbsp;: l\u2019auteur dit respecter cet \u00ab&nbsp;<em>aristocrate<\/em>&nbsp;\u00bb, mais il m\u00e9prise les officiers tracassiers \u00e0 l\u2019arri\u00e8re et l\u00e2ches \u00e0 l\u2019avant (p. 127), \u00ab&nbsp;<em>Le 16 avril un capitaine de mon r\u00e9giment (\u2026) fut tu\u00e9, mais par derri\u00e8re, alors que cependant il faisait face \u00e0 l\u2019ennemi.<\/em>&nbsp;\u00bb. Dans le tourbillon de l\u2019assaut, J. Duclos a une altercation avec un Fran\u00e7ais qui se pr\u00e9pare \u00e0 tuer un jeune prisonnier allemand&nbsp;: il menace de l\u2019abattre, et plus tard, le souvenir des regards de gratitude de cet Allemand, \u00ab<em>a souvent hant\u00e9 ma m\u00e9moire. (\u2026) j\u2019avais conscience d\u2019avoir fait mon devoir d\u2019homme.&nbsp;<\/em>\u00bb&nbsp;(p. 127). Tr\u00e8s en pointe, l\u2019auteur et ses camarades sont pris dans une contre-attaque ennemie et faits prisonniers, non sans qu\u2019un Allemand n\u2019ait montr\u00e9 le projet de l\u2019abattre, et qu\u2019ensuite un autre ennemi n\u2019ait \u00e9cart\u00e9 le fusil mena\u00e7ant (p. 129). L\u2019auteur se dit tr\u00e8s marqu\u00e9 par ces deux faits le m\u00eame jour, \u00ab&nbsp;<em>le soldat allemand que j\u2019avais sauv\u00e9 des balles d\u2019un excit\u00e9, et le soldat allemand qui m\u2019avait sauv\u00e9 des balles d\u2019un autre excit\u00e9.&nbsp;<\/em>\u00bb. Les prisonniers travaillent d\u2019abord dans les Ardennes. Sous-aliment\u00e9s et souvent dysent\u00e9riques, ils sont trop pr\u00e8s du front pour figurer sur les listes de la Croix-Rouge, et donc ne re\u00e7oivent aucune aide. L\u2019auteur, malade, se fait inscrire pour \u00eatre transf\u00e9r\u00e9 avec des captifs italiens dans un camp en Allemagne (Meschede). Les discussions politiques y sont anim\u00e9es, et il signale avoir appris l\u2019existence de L\u00e9nine dans la Gazette des Ardennes. Il raconte l\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019il porte aux discussions avec des groupes de Russes politis\u00e9s, c\u2019est-\u00e0-dire des Kerenskistes et des Bolcheviks, vers qui va sa sympathie. Il part travailler dans une ferme en Hesse, \u00e9voque sans aucun d\u00e9tail une tentative d\u2019\u00e9vasion avort\u00e9e, son retour \u00e0 Meschede pour y subir sa peine de cachot disciplinaire&nbsp;; atteint \u00e0 cette occasion par une double pneumonie, il est quelques jours entre la vie et la mort. Il a \u00e0 cette occasion de nouveaux d\u00e9m\u00eal\u00e9s avec un pr\u00eatre (p. 143)&nbsp;: ayant pr\u00e9venu devant t\u00e9moins qu\u2019en cas de d\u00e9c\u00e8s il ne voulait pas d\u2019enterrement religieux, ce cur\u00e9 l\u2019administre tout de m\u00eame alors qu\u2019il est dans le coma. Des camarades le renseignent \u00e0 son r\u00e9veil et cela se termine par une violente altercation avec ce \u00ab&nbsp;<em>fanatique<\/em>&nbsp;\u00bb. Toutefois, l\u2019auteur ajoute qu\u2019il a aussi rencontr\u00e9 pendant la guerre des pr\u00eatres moins obtus. En novembre 1918, J. Duclos d\u00e9crit des conseils de soldats allemands, au milieu de l\u2019\u00e9pid\u00e9mie de Grippe espagnole, mais aussi, rapidement, le retour des troupes r\u00e9guli\u00e8res, f\u00eat\u00e9es par la population. Ces troupes reprennent la direction du camp, les conseils d\u2019ouvriers et de soldats disparaissent, et l\u2019auteur inquiet d\u00e9cide de fuir clandestinement jusqu\u2019\u00e0 D\u00fcsseldorf, il y retrouve les alli\u00e9s en h\u00e9lant une sentinelle belge de faction sur le c\u00f4t\u00e9 gauche du pont traversant le Rhin.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">\u00c0 son retour chez lui, la situation n\u2019est pas gaie, son p\u00e8re vient de mourir de la grippe espagnole et son fr\u00e8re mutil\u00e9 au visage est toujours hospitalis\u00e9. Lui-m\u00eame doit rejoindre le 12<sup>e<\/sup> RI de Tarbes o\u00f9 il participe \u00e0 la d\u00e9mobilisation progressive de soldats du Sud-Ouest. Il produit alors de longues consid\u00e9rations (p. 154) sur l\u2019\u00e9chec de la R\u00e9volution allemande, en chargeant les sociaux-d\u00e9mocrates, alli\u00e9s des petits-bourgeois, ainsi \u00ab&nbsp;<em>en sauvant le capitalisme en Allemagne, la social-d\u00e9mocratie allemande contraignit l\u2019Union sovi\u00e9tique \u00e0 \u00e9difier le socialisme \u00e0 partir d\u2019une \u00e9conomie arri\u00e9r\u00e9e.<\/em>&nbsp;\u00bb Il \u00e9voque l\u2019ambiance en France au d\u00e9but de 1919, Cl\u00e9menceau et la journ\u00e9e de 8 heures, le 1<sup>er<\/sup> mai, la Mer Noire\u2026 L\u2019auteur \u00e9voque sa fr\u00e9quentation de Marcel Cachin et son adh\u00e9sion, avec son fr\u00e8re, \u00e0 l\u2019ARAC, la campagne des l\u00e9gislatives de 1919\u2026 On peut consid\u00e9rer que le r\u00e9cit li\u00e9 \u00e0 la guerre s\u2019arr\u00eate en \u00e0 la fin de 1919, avec le chapitre 3 (p. 166), intitul\u00e9 \u00ab&nbsp;<em>militant communiste<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><a><\/a> Parmi les motivations des majoritaires \u00e0 Tours en 1920, on constate que c\u2019est la haine de la guerre qui est le premier moteur de l\u2019adh\u00e9sion \u00e0 la IIIe Internationale. Cette d\u00e9testation revient plusieurs fois dans ces m\u00e9moires, et elle appara\u00eet tr\u00e8s t\u00f4t&nbsp;(p. 8): <em>\u00ab&nbsp;La haine de la guerre qui s\u2019\u00e9tait accumul\u00e9e en moi me rendit particuli\u00e8rement perm\u00e9able \u00e0 la d\u00e9claration de paix au monde qui fut lanc\u00e9e par le jeune pouvoir sovi\u00e9tique au lendemain de la R\u00e9volution d\u2019octobre.<\/em>&nbsp;\u00bb Jacques Duclos dans son livre produit ainsi un t\u00e9moignage int\u00e9ressant, avec des souvenirs dans lesquels l\u2019exp\u00e9rience du conflit comme soldat et l\u2019engagement communiste ult\u00e9rieur sont indissociables. Sa vision de la guerre se fait toujours \u00e0 travers un prisme politique, avec la d\u00e9nonciation des nantis, des profiteurs qui ont int\u00e9r\u00eat \u00e0 faire durer le conflit, de la religion obscurantiste\u2026&nbsp;Y a-t-il une part de reconstruction, sachant que l\u2019auteur restitue un pass\u00e9 de plus 50 ans, avec sa seule m\u00e9moire&nbsp;? Connaissant la pr\u00e9cocit\u00e9 de son engagement socialiste, on peut affirmer que sa flamme d\u2019indignation est authentique et bien r\u00e9elle d\u00e8s les d\u00e9buts de la guerre, mais que le r\u00e9cit, construit autour d\u2019anecdotes qu\u2019il a probablement narr\u00e9es \u00e0 de nombreuses reprises par la suite, a fini par se structurer en un corpus \u00e9difiant, presque t\u00e9l\u00e9ologique, c\u2019est-\u00e0-dire destin\u00e9 \u00e0 pr\u00e9parer, expliquer et justifier sa vie politique et ce qu\u2019il est devenu \u00e0 la fin des ann\u00e9es Soixante.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Vincent Suard, mai 2023<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le chemin que j\u2019ai choisi. De Verdun au Parti communiste M\u00e9moires, tome 1 (1896 \u2013 1934) 1. Le t\u00e9moin Jacques Duclos est n\u00e9 \u00e0 Louey dans les Hautes-Pyr\u00e9n\u00e9es en 1896, son p\u00e8re \u00e9tant charpentier et aubergiste. 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