{"id":4358,"date":"2023-05-22T17:43:53","date_gmt":"2023-05-22T16:43:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4358"},"modified":"2023-12-06T20:09:30","modified_gmt":"2023-12-06T19:09:30","slug":"richard-alexandre-1890-1948","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2023\/05\/22\/richard-alexandre-1890-1948\/","title":{"rendered":"Richard, Alexandre (1890 \u2013 1948)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>Olivier Roussard, <em>Ao\u00fbt 1914 L\u2019artilleur Alexandre Richard t\u00e9moigne<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Alexandre Richard, n\u00e9 en Savoie dans une famille d\u2019agriculteurs, habite \u00e0 Saint-\u00c9tienne (Loire) \u00e0 la mobilisation, et y exerce la profession d\u2019ajusteur. Mobilis\u00e9 en ao\u00fbt au 6<sup>e<\/sup> r\u00e9giment d\u2019artillerie de Valence, il combat en Alsace puis dans la Somme. Bless\u00e9 le 1<sup>er<\/sup> octobre 1914, il est hospitalis\u00e9 puis class\u00e9 service auxiliaire. Il est ensuite vers\u00e9 dans un groupe d\u2019aviation (Lyon) comme m\u00e9canicien-ajusteur. Repr\u00e9sentant de commerce (outillage pour travail du bois) entre les deux guerres, il d\u00e9c\u00e8de accidentellement en 1948.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Olivier Roussard, journaliste d\u2019entreprise et du domaine \u00e9conomique, a publi\u00e9 en 2017 aux \u00e9ditions Baudelaire \u00ab&nbsp;<em>Ao\u00fbt 14 L\u2019Artilleur Alexandre Richard t\u00e9moigne<\/em>&nbsp;\u00bb (185 pages). Il s\u2019agit de la retranscription du journal de guerre de son arri\u00e8re-grand-p\u00e8re, qui s\u2019\u00e9tend du 2 ao\u00fbt au 1<sup>er<\/sup> octobre 1914, soit deux mois de campagne dans l\u2019artillerie au cours de la guerre de mouvement. L\u2019ouvrage est riche en pr\u00e9sentations et explications diverses, puisque sur 185 pages, le t\u00e9moignage proprement dit occupe une place modeste (de la page 103 \u00e0 141).<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">En introduction de ce r\u00e9cit de d\u00e9but de campagne dans l\u2019artillerie, Olivier Roussard affirme \u00ab&nbsp;<em>faire son devoir de m\u00e9moire personnel<\/em>&nbsp;\u00bb (p. 9) en publiant ce t\u00e9moignage, et tous les \u00e9l\u00e9ments qui accompagnent ce journal de guerre rel\u00e8vent probablement d\u2019une passion pour la Grande Guerre, puisqu\u2019outre la biographie fouill\u00e9e d\u2019A. Richard, bienvenue, on a des consid\u00e9rations nombreuses sur les uniformes, les armements, les d\u00e9corations, etc\u2026 et ceci pour les diff\u00e9rents bellig\u00e9rants. Ce sympathique engouement n\u2019est pas exempt de maladresses, ainsi par exemple p. 11 \u00ab&nbsp;<em>Ces derniers [les Fran\u00e7ais] \u00e9taient dans leur ensemble parmi les plus bellicistes, tel que le d\u00e9montra l\u2019&nbsp;\u00abUnion sacr\u00e9e<\/em>&nbsp;\u00bb, ou \u00e0 la m\u00eame page \u00ab&nbsp;<em>Victime du bourrage de cr\u00e2ne, il est arriv\u00e9 \u00e0 Alexandre Richard de qualifier les Allemands de \u00ab&nbsp;Boches&nbsp;\u00bb dans son journal.&nbsp;<\/em>\u00bb. Le volume se divise d\u2019abord en une longue pr\u00e9sentation, puis vient le t\u00e9moignage proprement dit, qui pr\u00e9c\u00e8de une sorte de guide \u00ab&nbsp;<em>Retrouvez la trace de vos anc\u00eatres Poilus&nbsp;<\/em>\u00bb&nbsp;; c\u2019est une \u00e9vocation des diff\u00e9rents services d\u2019archive, avec une bibliographie (la partie <em>\u00ab&nbsp;t\u00e9moignages de combattants&nbsp;<\/em>\u00bb, avec une cinquantaine de r\u00e9f\u00e9rences, est bien document\u00e9e) et une abondante sitographie. Le r\u00e9cit d\u2019Alexandre Richard, probablement issu de la tenue journali\u00e8re d\u2019un premier carnet, a \u00e9t\u00e9 ensuite recopi\u00e9 en belle anglaise, et O. Roussard nous dit l\u2019avoir retranscrit \u00ab&nbsp;<em>mot pour mot<\/em>&nbsp;\u00bb (p. 39).<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le 6<sup>e<\/sup> d\u2019artillerie de Valence est transport\u00e9 vers \u00c9pinal le 9 ao\u00fbt 1914&nbsp;; les mentions sont assez courtes, l\u2019auteur d\u00e9crit son itin\u00e9raire, les noms des villages parcourus, les nouvelles indirectes des engagements&nbsp;\u2026 Le r\u00e9giment \u00e9volue au-del\u00e0 de la fronti\u00e8re pendant trois jours, sans d\u2019abord rencontrer beaucoup de troupes allemandes. Les Fran\u00e7ais sont acclam\u00e9s (18 ao\u00fbt), mais l\u2019auteur mentionne aussi le lendemain, au village de Steige, que 61 hommes du 52<sup>e<\/sup> RI de Mont\u00e9limar ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9s par \u00ab<em>&nbsp;tra\u00eetrise des Allemands et des paysans du village.<\/em>\u00bb (p.114). Il semble qu\u2019A. Richard est surtout \u00e0 l\u2019\u00e9chelon, car s\u2019il \u00e9voque les mises en batterie, il ne parle pas du pointage et du tir. Cette position en retrait est confirm\u00e9e par une mention du 29 ao\u00fbt&nbsp;(p. 121)&nbsp;: \u00ab<em>nous apprenons la mauvaise nouvelle&nbsp;: notre groupe, les 4<\/em><sup><em>e<\/em><\/sup><em>, 5<\/em><sup><em>e<\/em><\/sup><em>, 6<\/em><sup><em>e<\/em><\/sup><em> batteries, est cette fois presque an\u00e9anti. On ram\u00e8ne des bless\u00e9s, trois canons et les chevaux valides.<\/em>\u00bb C\u2019est ensuite beaucoup plus calme pour lui en septembre, dans la r\u00e9gion de Saint-Di\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Engag\u00e9 \u00e0 Harbonni\u00e8res (Somme) le 24 septembre, l\u2019auteur d\u00e9crit un front mouvant, avec des tirs de soutien \u00e0 l\u2019infanterie et de fr\u00e9quents changements de positions, \u00e0 cause de la contre-batterie allemande tr\u00e8s insistante, et il mentionne r\u00e9guli\u00e8rement des tu\u00e9s et des bless\u00e9s, ainsi le 26 (p. 133)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>L\u2019artillerie allemande fait beaucoup de victimes parmi nos batteries de 75, \u00e0 12 h 00 nous recevons une pluie d\u2019obus qui nous tue trois camarades et en blesse sept. (\u2026) <\/em>\u00bb. L\u2019auteur b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un peu de repos le 30 \u00e0 Bray-sur-Somme et ce jour-l\u00e0 il est chang\u00e9 d\u2019affectation, il signale (p. 136) \u00ab&nbsp;<em>Je marche \u00e0 la batterie de tir comme un conducteur de derri\u00e8re, cela me donne \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir.&nbsp;<\/em>\u00bb Il passe donc \u00e0 une position plus expos\u00e9e, et la sanction a lieu d\u00e8s le lendemain&nbsp;: c\u2019est le moment fort du t\u00e9moignage (Bray sur Somme, 1<sup>er<\/sup> octobre 1914, p. 137). Une \u00ab&nbsp;<em>gr\u00eale d\u2019obus&nbsp;\u00bb<\/em> leur tombe dessus au moment o\u00f9 ils att\u00e8lent pour changer de position, les coups s\u2019allongent vers eux <em>\u00ab&nbsp;de 100 m\u00e8tres par 100 m\u00e8tres&nbsp;<\/em>\u00bb et les font plonger au sol. Au moment o\u00f9 l\u2019auteur se rel\u00e8ve pour dire au chef<em> \u00ab&nbsp;de changer de place<\/em>\u00bb, leur attelage est foudroy\u00e9&nbsp;: bless\u00e9 \u00e0 la jambe, il essaie de d\u00e9gager son chef de dessous son cheval, mais s\u2019aper\u00e7oit que celui-ci est d\u00e9capit\u00e9, il est \u00e9pouvant\u00e9 \u00ab&nbsp;<em>car en plus du chef cinq ou six camarades sont morts, les uns le ventre ouvert, les autres d\u00e9chiquet\u00e9s, on ne peut se l\u2019expliquer.<\/em>&nbsp;\u00bb Une autre explosion le blesse d\u2019un deuxi\u00e8me \u00e9clat, mais il r\u00e9ussit \u00e0 marcher 400 m en arri\u00e8re vers un poste de secours, puis est \u00e9vacu\u00e9 \u00e0 l\u2019ambulance de Bray-sur-Somme. Il se remettra lentement \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Dinard.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Ce court t\u00e9moignage est int\u00e9ressant pour d\u00e9crire le danger pour les servants d\u2019attelage sous le feu, ces hommes sont un peu moins expos\u00e9s que ceux des batteries, mais les canons allemands les menacent lors des fr\u00e9quents changements de positions. Statistiquement, le danger est moins fort que dans l\u2019infanterie, mais les coups au but sont terribles (p. 138)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>hommes et chevaux jonchent le sol, les caissons de munitions sont en feu, les bless\u00e9s qui g\u00e9missent car leurs blessures sont tr\u00e8s graves, surtout dans l\u2019artillerie. Les cris vous arrachent le c\u0153ur.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Vincent Suard, mai 2023<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Olivier Roussard, Ao\u00fbt 1914 L\u2019artilleur Alexandre Richard t\u00e9moigne 1. 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