{"id":4362,"date":"2023-05-22T17:47:47","date_gmt":"2023-05-22T16:47:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4362"},"modified":"2023-12-06T20:09:10","modified_gmt":"2023-12-06T19:09:10","slug":"maquet-marie-therese-1879-1919","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2023\/05\/22\/maquet-marie-therese-1879-1919\/","title":{"rendered":"Maquet, Marie-Th\u00e9r\u00e8se (1879 &#8211; 1919)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\"><strong><em>Journal de guerre 1914 \u2013 1918<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>1. La t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Marie Th\u00e9r\u00e8se Maquet n\u00e9e Caulliez appartient \u00e0 une famille de gros n\u00e9gociants en lin, elle est alli\u00e9e par son mariage et son milieu \u00e0 la bourgeoisie industrielle du textile de la r\u00e9gion lilloise. En ao\u00fbt 1914, elle a 5 enfants et habite dans le quartier Vauban \u00e0 Lille. Lors de l\u2019occupation, elle est s\u00e9par\u00e9e de son mari \u00c9mile Maquet mobilis\u00e9 \u00e0 Dunkerque; \u00e9vacu\u00e9e via la Suisse avec ses enfants en d\u00e9cembre 1915, elle habite ensuite Versailles, puis diagnostiqu\u00e9e tuberculeuse \u00e0 la fin de 1916, elle doit r\u00e9sider sur la c\u00f4te d\u2019Azur jusqu\u2019\u00e0 son d\u00e9c\u00e8s au Cannet en 1919 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 40 ans.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Ce journal de guerre de Marie-Th\u00e9r\u00e8se Maquet, qui court du 2 ao\u00fbt 1914 au 11 novembre 1918, a \u00e9t\u00e9 restitu\u00e9 dans une transcription soign\u00e9e, fruit d\u2019un travail familial qui a associ\u00e9 notamment Pierre-Yves Tesse d\u2019abord, puis Xavier et Philippe Maquet. Des photographies et des explications g\u00e9n\u00e9alogiques apportent des outils de compr\u00e9hension. Un exemplaire est disponible \u00e0 la Biblioth\u00e8que Municipale de Lille, et ce t\u00e9moignage a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 au public en octobre 2018 par Paul-Nicolas Maquet, en collaboration avec le service des Archives municipales de Lille.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">La diariste partage son temps entre l\u2019\u00e9ducation de ses enfants, une sociabilit\u00e9 faite de visites essentiellement familiales, proches ou \u00e9loign\u00e9es, et la pi\u00e9t\u00e9&nbsp;: culte, pri\u00e8res et \u0153uvres charitables occupent une grande importance dans sa vie. Le journal, tenu tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8rement au d\u00e9but du conflit, voit ses mentions s\u2019espacer \u00e0 partir de 1916. \u00c0 la fois journal intime et aide-m\u00e9moire, ces notes ont aussi pour but d\u2019\u00eatre montr\u00e9es \u00e0 son mari pour t\u00e9moigner de ce qu\u2019elle a v\u00e9cu.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>L\u2019occupation<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><a><\/a> M. T. Maquet raconte le bombardement de Lille, avec la journ\u00e9e du 12 octobre 1914, pass\u00e9e dans les caves de la grande maison de ses parents rue Desmazi\u00e8res, ils sont \u00ab&nbsp;<em>60 ou 70<\/em>&nbsp;\u00bb, enfants, domestiques et voisins ayant \u00e9t\u00e9 regroup\u00e9s&nbsp;; elle note que l\u2019observation, la nuit, de tous ces petits enfants couch\u00e9s, lui faisait penser aux catacombes. L\u2019occupation est rapidement \u00e9prouv\u00e9e comme insupportable, d\u2019abord \u00e0 cause des occupants, qu\u2019il faut loger, ceux-ci exigent \u00ab<em>bains, feu, bon repas parfois.<\/em>&nbsp;\u00bb, et [avec autorisation de citation] en d\u00e9cembre (p. 51)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Chacun arrive avec des histoires sur la muflerie des Allemands.&nbsp;On en ferait des biblioth\u00e8ques<\/em>\u00bb. L\u2019absence de son mari, le manque de nouvelles des proches en 1914, et le manque de perspectives \u00e9prouvent l\u2019autrice, malgr\u00e9 son patriotisme. Elle souffre des mesures de couvre-feu, habituelle sanction de l\u2019occupant, tout en \u00e9tant bien consciente, avec son grand jardin, d\u2019\u00eatre une privil\u00e9gi\u00e9e (p. 79)<em> \u00abchez nous, cela n\u2019a pas de cons\u00e9quences comme pour les pauvres, les employ\u00e9s, les instituteurs, enfants des \u00e9coles, etc\u2026.<\/em>&nbsp;\u00bb. Si la correspondance est tr\u00e8s difficile, le r\u00e9seau professionnel de la famille permet d\u2019avoir plus de nouvelles au d\u00e9but 1915, via \u00ab&nbsp;<em>la Suisse, le bureau de Leipzig, la Banque Meyer, Sch\u00f6nberg\u2026&nbsp;<\/em>\u00bb. Ces \u00ab&nbsp;r\u00e9seaux&nbsp;\u00bb constituent un grand luxe par rapport \u00e0 d\u2019autres nordistes qui restent sans nouvelles, mais elle n\u2019en a pas conscience (3 mai 1915 p. 88) \u00ab&nbsp;<em>un mot au crayon me dit que tu allais bien le 15 avril. Que c\u2019est loin.&nbsp;<\/em>\u00bb&nbsp;: le d\u00e9lai moyen \u2013 lorsque quelque chose passe \u2013 est plut\u00f4t de trois ou quatre mois.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Si les d\u00e9sagr\u00e9ments de l\u2019occupation sont r\u00e9els, ils sont somme toute supportables pour cette famille fortun\u00e9e, mais les vexations, la dur\u00e9e de la guerre, et surtout l\u2019inqui\u00e9tude pour tous les hommes au front ou prisonniers la minent&nbsp;: ces soucis se transforment progressivement en une d\u00e9pression personnelle marqu\u00e9e. Cet \u00e9tat est tu aux proches, mais confi\u00e9 au journal qui devient un confident. Tr\u00e8s d\u00e9courag\u00e9e en juillet 1915, elle note&nbsp;: <em>\u00ab&nbsp;Je suis certainement au premier degr\u00e9 de la folie ou de la neurasth\u00e9nie et tous mes efforts tendent \u00e0 le cacher.&nbsp;Il y a des moments o\u00f9 je me fous de tout et d\u00e9sire la Paix, ce qui est stupide.<\/em>&nbsp;\u00bb Auparavant, \u00e9branl\u00e9e par l\u2019annonce r\u00e9guli\u00e8re de tu\u00e9s au front, elle a admis aller tr\u00e8s mal, et devoir par exemple se forcer \u00e0 prier (p. 94) \u00ab<em>je voudrais la paix \u00e0 tout prix ou un pays universel, une seule patrie pour tous les hommes. J\u2019aimerais mieux devenir Turque tout de suite et que cela finisse. Que vas-tu penser de moi en lisant ces mots&nbsp;?<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Un habitus catholique<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">M. T. Maquet est tr\u00e8s pieuse, et son journal offre un t\u00e9moignage int\u00e9ressant de ce que peut-\u00eatre l\u2019intimit\u00e9 d\u2019un catholicisme f\u00e9minin au sein de cette bourgeoisie textile, avec ses pratiques et ses pr\u00e9occupations. Au d\u00e9but, l\u2019occupation est attribu\u00e9e \u00e0 la culpabilit\u00e9 de la France d\u00e9cadente, et la Vierge de Lourdes, Notre Dame de la Treille ou Jeanne d\u2019Arc sont r\u00e9guli\u00e8rement invoqu\u00e9es. Pour avoir des nouvelles de son mari, des fr\u00e8res et cousins, la pri\u00e8re aux \u00e2mes du Purgatoire et des neuvaines \u00e0 Saint Joseph semblent efficaces, et pour les maladies des enfants, c\u2019est plut\u00f4t Sainte Philom\u00e8ne. Cet univers lui apporte un cadre rigoureux dont la r\u00e9gularit\u00e9 la tranquillise, elle se r\u00e9jouit des messes matinales et des saluts en fin de d\u2019apr\u00e8s-midi. Dans ses \u0153uvres de charit\u00e9, la fr\u00e9quentation de l\u2019Asile des Cinq Plaies, \u00e9tablissement catholique pour jeunes filles faibles d\u2019esprit et n\u00e9cessiteuses lui apporte beaucoup, m\u00eame si ce lieu n\u2019a rien de gai (avril 1915, p. 85), \u00ab&nbsp;<em>nous nous rendons aux Cinq Plaies pour voir la petite Louise <\/em>[gravement malade]<em>&nbsp;: que c\u2019est consolant en ces tristes jours de pouvoir aider les pauvres. C\u2019est ma seule joie.&nbsp;<\/em>\u00bb. Elle se d\u00e9sole profond\u00e9ment de ce que son mari ne verra pas la premi\u00e8re communion de sa fille Marie-Lucie. Sa religion l\u2019aide lors de ses \u00e9preuves ult\u00e9rieures, mais en m\u00eame temps, sur la dur\u00e9e du conflit, les marques d\u2019une pi\u00e9t\u00e9 traditionnelle se sont un peu \u00e9rod\u00e9es, on a l\u2019impression que le fatalisme s\u2019est impos\u00e9&nbsp;: Dieu est toujours central pour elle, mais tout l\u2019arsenal sulpicien (Saints, Purgatoires, Neuvaines\u2026) est beaucoup moins \u00e9voqu\u00e9. C\u2019est un t\u00e9moignage qui corrobore les travaux de Guillaume Cuchet sur la marginalisation du Purgatoire dans le culte catholique pendant et surtout apr\u00e8s la Grande Guerre.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Le rapatriement<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Classiquement, les propos qualifient d\u2019abord les rapatriements par la Suisse de monstruosit\u00e9&nbsp;: les Allemands chassent cruellement les indigents&nbsp;; elle y est sensible, puisqu\u2019elle s\u2019occupe d\u2019une famille concern\u00e9e et un extrait (p. 85) nous \u00e9claire sur cette perception des \u00e9vacuations au d\u00e9but de l\u2019occupation (avril 1915)&nbsp;: \u00ab<em>Ce soir dans mon bureau si tranquille, je pense \u00e0 ces pauvres femmes comme moi qui pleurent en attendant demain, o\u00f9 elles devront laisser leur pauvre chambre, leurs pauvre mobilier, et le souci du lendemain&nbsp;? On va probablement en France les parquer dans des camps de concentration, sans compter que leurs chambres seront pill\u00e9es d\u00e8s leur d\u00e9part. Comme le Sauveur qui est n\u00e9 dans une \u00e9table par la suite de l\u2019orgueil d\u2019un Empereur, que de pauvres petits vont na\u00eetre l\u00e0-bas loin du logis familial (\u2026) et les m\u00e8res qui vont mourir en laissant leurs chers petits sans personne \u00e0 qui les confier, la raison de cette iniquit\u00e9 nous \u00e9chappe, on se sent devenir fou.<\/em>&nbsp;\u00bb Elle dit plusieurs fois vouloir rester pour ne pas abandonner ses parents, mais on voit bien ensuite que cette possibilit\u00e9 d\u2019\u00e9vacuation, comprise alors comme une lib\u00e9ration, devient une tentation. Elle finit par s\u2019y r\u00e9soudre, mais d\u00e8s qu\u2019en France non occup\u00e9e elle reprend son journal (fin d\u00e9cembre 1915), c\u2019est pour y mentionner sa torture morale d\u2019avoir laiss\u00e9 ses parents, ses amis et ses pauvres&nbsp;: elle l\u2019a fait pour ses cinq enfants. La description du voyage est pr\u00e9cise et int\u00e9ressante, et \u00e0 son arriv\u00e9e \u00e0 Annemasse, elle se pr\u00e9cipite sur l\u2019\u00c9cho de Paris, mais \u00ab<em>H\u00e9las, il \u00e9tait idiot.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>\u00c0 Versailles<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Apr\u00e8s son rapatriement, M.T. Maquet retrouve son mari en permission pour No\u00ebl 1915 et elle s\u2019installe \u00e0 Versailles. L\u2019autrice est d\u00e9\u00e7ue par l\u2019indiff\u00e9rence des gens qu\u2019elle fr\u00e9quente pour le sort des habitants des r\u00e9gions occup\u00e9es&nbsp;; elle dit en tomber de haut, et son moral reste morose&nbsp; (p. 140, janvier 1916)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Versailles avec ses grands boulevards et ses rues d\u00e9sertes donnerait le spleen \u00e0 un comique.<\/em>&nbsp;\u00bb Le drame intervient dans le courant du mois de f\u00e9vrier 1916, sa fille Marie-Lucie (8 ans) tombe malade et la m\u00e9decine est impuissante (infection du foie&nbsp;? m\u00e9ningite&nbsp;?). Son enfant meurt dans ses bras, c\u2019est son deuxi\u00e8me deuil de m\u00e8re car un petit Pierre est mort \u00e0 un an en 1902. La mort de Marie-Lucie est d\u00e9taill\u00e9e dans un r\u00e9cit tr\u00e8s douloureux (24 f\u00e9vrier 1916) \u00ab&nbsp;<em>Comment raconter ce qui s\u2019est pass\u00e9 depuis 10 jours&nbsp;?<\/em>&nbsp;\u00bb, et sa m\u00e8re ne se remettra pas de cette \u00e9preuve qui aggrave sa neurasth\u00e9nie, m\u00eame si elle prend sur elle \u00e0 cause de ses autres enfants.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Souffrance morale et maladie<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">M.T. Maquet souffre comme m\u00e8re endeuill\u00e9e, comme \u00e9pouse s\u00e9par\u00e9e de son mari, et comme fille qui pense au triste sort de ses parents&nbsp;: il est probable que la tonalit\u00e9 tr\u00e8s noire des \u00e9crits, si elle traduit l\u2019\u00e9tat r\u00e9el de son moral, est aussi une soupape qui lui permet de se soulager, pour pouvoir faire face devant les autres, et notamment ses quatre enfants, dans la vie quotidienne&nbsp;: ao\u00fbt 1916 (p. 176) \u00ab<em> Le soir, cache-cache monstrueux que je ne sais arr\u00eater tant la joie des enfants fait du bien\u2026 Ils auront le temps de souffrir plus tard.&nbsp;<\/em>\u00bb Elle \u00e9voque les 14 ans de la disparition du petit Pierre et constate&nbsp;: \u00ab<em>&nbsp;apr\u00e8s si longtemps (\u2026) cet anniversaire m\u2019a toujours \u00e9t\u00e9 si douloureux et maintenant en voil\u00e0 2 par an.&nbsp;<\/em>\u00bb Puis une nouvelle \u00e9preuve s\u2019annonce&nbsp;: elle apprend en octobre 1916 qu\u2019elle est tuberculeuse. L\u2019angoisse est redoubl\u00e9e par le souvenir de sa s\u0153ur C\u00e9cilia, morte de cette maladie \u00e0 16 ans en 1908, et par le fait qu\u2019elle se sait enceinte au moment o\u00f9 elle apprend sa maladie. Son \u00e9tat et une mutation de son mari \u00c9mile, affect\u00e9 dans la police, les font d\u00e9m\u00e9nager au Cannet dans le Var, et les notations s\u2019espacent. Les \u00e9v\u00e9nements ext\u00e9rieurs de la guerre restent pr\u00e9sents dans le journal, mais ce sont des extraits de la presse, des reprises de d\u00e9p\u00eaches&nbsp;; cette guerre qui est cause de tous ces bouleversements, se voit un peu marginalis\u00e9e dans les mentions. Au Cannet, M.T. doit prendre des pr\u00e9cautions avec ses enfants que l\u2019on \u00e9loigne d\u2019elle, et elle n\u2019a plus la libert\u00e9 des exercices spirituels qui faisaient sa vie d\u2019avant (Toussaint 1916) \u00ab&nbsp;<em>et combien je regrette mes messes matinales et mes visites de pauvres. Les Cinq plaies m\u2019apparaissent comme un des seuls endroits o\u00f9 j\u2019\u00e9tais heureuse pendant l\u2019occupation. Cette \u00ab&nbsp;immortification&nbsp;\u00bb de ma vie me p\u00e8se, ce repos me d\u00e9goute.&nbsp;<\/em>\u00bb \u00c0 la fin de l\u2019ann\u00e9e, ses p\u00e8re et m\u00e8re sont \u00e0 leur tour \u00e9vacu\u00e9s par la Suisse. Son enfant Paul nait le 24 mai 1917, mais lui aussi est tenu \u00e9loign\u00e9 d\u2019elle. Le journal s\u2019arr\u00eate \u00e0 la date du 11 novembre 1918.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">On ajoutera que sa fille Isabelle (14 ans) meurt au Cannet en d\u00e9cembre 1918 (Grippe espagnole?), que son p\u00e8re meurt en f\u00e9vrier 1919, et Marie-Th\u00e9r\u00e8se d\u00e9c\u00e8de, elle, le 13 mai 1919.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Il s\u2019agit donc ici d\u2019un document int\u00e9ressant pour appr\u00e9hender la guerre vue par cette femme du milieu patronal lillois, avec un conflit qui la d\u00e9s\u00e9quilibre, r\u00e9v\u00e9lant peut-\u00eatre une fragilit\u00e9 latente avant-guerre. Ce texte montre ce que sont les repr\u00e9sentations sociales d\u2019une femme de la classe dominante, avec sa mentalit\u00e9 structur\u00e9e par un catholicisme actif, et sa vision paternaliste (maternaliste?) de \u00ab&nbsp;ses pauvres&nbsp;\u00bb et des jeunes filles d\u00e9biles dont elle s\u2019occupe, cette action de charit\u00e9 repr\u00e9sentant pour elle une de ses raisons de vivre. C\u2019est enfin un \u00e9clairage sur la maladie apr\u00e8s la r\u00e9volution pasteurienne, mais avant l\u2019arriv\u00e9e des sulfamides&nbsp;: cette riche famille, qui a les moyens de consulter les meilleurs m\u00e9decins, n\u2019est en rien \u00e9pargn\u00e9e par des maux alors sans rem\u00e8de, et qui font au total dans cette famille plus de victimes que le front des combats.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Vincent Suard, mai 2023<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Journal de guerre 1914 \u2013 1918 1. 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