{"id":4388,"date":"2023-12-06T19:53:11","date_gmt":"2023-12-06T18:53:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/?p=4388"},"modified":"2023-12-06T19:53:42","modified_gmt":"2023-12-06T18:53:42","slug":"beaufort-gustave-1848-apres-1923","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.crid1418.org\/temoins\/2023\/12\/06\/beaufort-gustave-1848-apres-1923\/","title":{"rendered":"Beaufort, Gustave (1848 \u2013 apr\u00e8s 1923)"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:16px\"><em>Ces choses-l\u00e0 ne s\u2019oublient pas\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Carnets journaliers d\u2019un senlisien (1914-1923)<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>1. Le t\u00e9moin<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Gustave Beaufort est n\u00e9 \u00e0 Cr\u00e9py-en-Valois (Oise) en 1848. En ao\u00fbt 1914, il est chef cantonnier de la ville de Senlis&nbsp;: non mobilisable (66 ans), il poursuit toute la guerre son activit\u00e9 professionnelle au service de la ville, en y ajoutant celle de responsable du cimeti\u00e8re. Mutualiste militant, il a un bon niveau de r\u00e9daction \u00e9crite. Mari\u00e9 sans enfants, l\u2019auteur a de nombreux neveux mobilis\u00e9s. Les notations du carnet vont jusqu\u2019\u00e0 1923, mais les mentions des missions pour la commune s\u2019arr\u00eatent en 1919, ce qui fait supposer qu\u2019il a arr\u00eat\u00e9 sa charge vers l\u2019\u00e2ge de 70 ans.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>2. Le t\u00e9moignage<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Ren\u00e9 Meissel (pr\u00e9face et \u00e9tablissement du texte) et Philippe Villain (initiative et choix des illustrations) ont fait para\u00eetre en 1988, de Gustave Beaufort&nbsp;: <em>Ces choses-l\u00e0 ne s\u2019oublient pas\u2026, carnets journaliers d\u2019un senlisien<\/em> (1914 \u2013 1923), aux \u00e9ditions Corps 9, soit 331 pages de texte avec en fin de volume 16 pages d\u2019illustrations, essentiellement photographiques. Le manuscrit est conserv\u00e9 \u00e0 la M\u00e9diath\u00e8que de Senlis. G. Beaufort s\u2019est astreint \u00e0 la tenue d\u2019un journal de guerre, avec mention quotidienne jusqu\u2019\u00e0 mars 1919 et le texte propos\u00e9 ici est fid\u00e8le \u00e0 l\u2019original, il a seulement \u00e9t\u00e9 all\u00e9g\u00e9 de redites, comme par exemple \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un travail poursuivi sur plusieurs jours, et de nombreux noms de soldats inhum\u00e9s en 1918 et 1919 n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 repris. R. Meissel pr\u00e9cise aussi qu\u2019il a rectifi\u00e9 l\u2019orthographe, am\u00e9lior\u00e9 la ponctuation, et parfois rectifi\u00e9 la syntaxe, tout en gardant (p. 10) certaines tournures incorrectes qui, restant compr\u00e9hensibles, \u00ab&nbsp;<em>constituent un \u00e9l\u00e9ment tr\u00e8s personnel du style de l\u2019auteur.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>3. Analyse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Le t\u00e9moignage de Gustave Beaufort est pr\u00e9cieux&nbsp;: il restitue m\u00e9ticuleusement la vie d\u2019une petite ville de l\u2019Oise pendant toute la guerre, et sa position de chef des travaux de la commune, en relation directe avec le maire, le met en relation avec le quotidien et les moments exceptionnels d\u2019une cit\u00e9 de l\u2019arri\u00e8re plong\u00e9e dans la guerre. Senlis est \u00e0 la fois une ville provinciale, une cit\u00e9 proche de Paris et un axe routier important&nbsp;: l\u2019auteur voit passer pendant toute la guerre un grand nombre d\u2019unit\u00e9s qu\u2019il mentionne dans ses carnets. Le t\u00e9moignage est \u00e9videmment marqu\u00e9 par l\u2019\u00e9pisode initial dramatique de l\u2019occupation allemande du 2 au 9 septembre 1914 (avanc\u00e9e extr\u00eame avant la Marne). La rue de la R\u00e9publique et la gare sont incendi\u00e9es et le maire Eug\u00e8ne Odent est fusill\u00e9 sur la plaine de Chamant, ainsi que six autres otages pris au hasard. Le r\u00e9cit de l\u2019auteur abonde en d\u00e9tails techniques, mais cette rigueur descriptive n\u2019emp\u00eache pas l\u2019auteur d\u2019avoir un style \u00e0 lui, fait \u00e0 la fois de pr\u00e9cision, de dignit\u00e9 (il insiste souvent sur sa conception du devoir) et d\u2019humour, ce qui rend le personnage attachant. M\u00eame si la mod\u00e9ration orthographique et stylistique du texte pour la publication oblige \u00e0 rester prudent sur ce point, la ma\u00eetrise de l\u2019\u00e9crit de cet ouvrier municipal en fait un autodidacte accompli&nbsp;: cet homme de devoir sait raconter.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>a. Les Allemands \u00e0 Senlis<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">L\u2019auteur \u00e9voque les heures dramatiques de l\u2019arriv\u00e9e des Allemands, et il raconte ce qu\u2019il sait de l\u2019ex\u00e9cution des otages, le maire lui ayant demand\u00e9 de se mettre \u00e0 l\u2019abri des bombardements peu avant d\u2019\u00eatre arr\u00eat\u00e9 et fusill\u00e9. L\u2019ennemi d\u00e9clenche volontairement des incendies en ville et prend dans sa progression ce que l\u2019on n\u2019appelle pas encore des boucliers humains. G. Beaufort cite les noms des civils senlisiens concern\u00e9s (p. 25) et \u00ab<em>&nbsp;ils firent marcher ce groupe dans le milieu de la rue et eux \u00e9taient sur les bas-c\u00f4t\u00e9s, tirant sur l\u2019arri\u00e8re garde des troupes fran\u00e7aises.&nbsp;<\/em>\u00bb. Lors de l\u2019occupation, l\u2019auteur h\u00e9rite, en plus de ses fonctions de cantonnier, de la charge de responsable du cimeti\u00e8re, le titulaire ayant \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par des cavaliers allemands entrant en ville&nbsp;; le 4 septembre, il se rend au cimeti\u00e8re et \u00ab&nbsp;<em>constate qu\u2019on avait amen\u00e9 13 corps, 10 soldats et 3 civils.<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;L\u2019auteur d\u00e9crit longuement l\u2019identification des corps, les blessures apparentes, le lieu o\u00f9 on les a trouv\u00e9s, et le travail d\u2019inhumation (p. 27)&nbsp;: \u00ab<em>Quelques-uns<\/em> <em>avaient des photographies, soit de leurs p\u00e8res et m\u00e8re, soit de leur femme et de leurs enfants. C\u2019\u00e9tait navrant. J\u2019ai pass\u00e9 l\u00e0 des heures bien douloureuses, mais je n\u2019ai pas failli \u00e0 mon devoir.<\/em>&nbsp;\u00bb L\u2019apr\u00e8s-midi se passe \u00e0 ces travaux d\u2019inhumation alors que toute sorte de troupes allemandes passent de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du mur en chantant, \u00ab<em>&nbsp;c\u2019\u00e9tait un triste contraste pour la besogne que nous faisions<\/em>&nbsp;\u00bb. Les jours suivant, il d\u00e9crit les pillages des Allemands dans les boutiques, les cadavres de chevaux \u00e9pars qu\u2019il doit ensevelir, et les nombreux chiens errants d\u2019habitants ayant fui qu\u2019il attrape et abat \u00e0 l\u2019abattoir (il d\u00e9crit sa m\u00e9thode qui ne les fait pas souffrir).&nbsp;Le 9 septembre la fusillade reprend dans la ville, et il aper\u00e7oit des zouaves rue de Paris (p. 33) \u00ab&nbsp;<em>Je cours chez moi leur chercher du caf\u00e9 que je leur distribue.<\/em>&nbsp;\u00bb Le 10 septembre, des prisonniers allemands sont escort\u00e9s par un d\u00e9tachement de dragons, et les prisonniers sont hu\u00e9s par les civils (p.34) \u00ab&nbsp;<em>Ces pauvres Boches n\u2019ont pas l\u2019air fier<\/em>&nbsp;\u00bb, c\u2019est la premi\u00e8re mention du terme, elle est pr\u00e9coce mais les carnets ont \u00e9t\u00e9 recopi\u00e9s par l\u2019auteur post\u00e9rieurement (p. 11) \u00ab&nbsp;<em>je r\u00e9solus donc de transcrire mes deux carnets sur un livre d\u2019un format plus grand<\/em>&nbsp;\u00bb, le terme Boche a peut-\u00eatre remplac\u00e9 Allemand \u00e0 cette occasion.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>b. Missions fun\u00e9raires<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Les jours suivants, G. Beaufort doit notamment faire exhumer de Chamant (le lieu d\u2019ex\u00e9cution) et r\u00e9inhumer \u00e0 Senlis les d\u00e9pouilles du maire et des six otages ex\u00e9cut\u00e9s, ainsi qu\u2019aller enterrer provisoirement sur place les cadavres de soldats qui lui sont signal\u00e9s dans les bois. D\u00e9but octobre, c\u2019est au contraire l\u2019ordre de regrouper les tombes dispers\u00e9es sur le territoire de la commune, pour r\u00e9-enterrer les soldats dans le cimeti\u00e8re de la ville. Ces travaux occupent beaucoup l\u2019auteur et son \u00e9quipe \u00e0 l\u2019automne, et celui-ci note consciencieusement dans son journal les identit\u00e9s des soldats et la description des corps&nbsp;; le 8 octobre, il a exhum\u00e9 au total 26 corps, tr\u00e8s d\u00e9grad\u00e9s, sur tout le territoire de la commune. Ce travail est p\u00e9nible et il remercie solennellement ses aides, qu\u2019il cite nomm\u00e9ment (p. 57)&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;<em>les hommes courageux qui m\u2019ont aid\u00e9 \u00e0 faire cette triste besogne se nomment&nbsp;: etc\u2026<\/em>&nbsp;\u00bb. L\u2019auteur re\u00e7oit les familles des tu\u00e9s identifi\u00e9s, et on trouve ici la mention de sc\u00e8nes qu\u2019on rencontre d\u2019ordinaire \u00e0 partir de 1918 ou 1919, lorsque le temps long a att\u00e9nu\u00e9 la douleur. Ici, avec la proximit\u00e9 de Paris, des proches viennent sur la tombe d\u2019un des leurs deux ou trois mois apr\u00e8s le d\u00e9but de la guerre. Ainsi par exemple, en novembre 1914, la femme et la s\u0153ur d\u2019Adrien Thomas, du 294<sup>e<\/sup> RI (p. 80)&nbsp;: \u00ab<em>Elles eurent une crise de larmes sur la tombe de leur fr\u00e8re et mari. Ensuite, je les conduisis \u00e0 la mairie o\u00f9 on leur remit ce que j\u2019avais recueilli sur le soldat Thomas. Sa dame en voyant ces objets tombe en syncope&nbsp;; on a beaucoup de peine \u00e0 lui faire reprendre ses sens. Je suis tout boulevers\u00e9 de voir la douleur de ces pauvres gens.<\/em>&nbsp;\u00bb Plus rares \u00e0 partir de 1915, ces travaux au cimeti\u00e8re reprennent de l\u2019importance \u00e0 partir de juin 1918&nbsp;: avec les offensives allemandes le front se rapproche de nouveau, et G. Beaufort signale r\u00e9guli\u00e8rement, jusqu\u2019en 1919, des enterrements de soldats d\u00e9c\u00e9d\u00e9s \u00e0 l\u2019h\u00f4pital militaire de Senlis.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>c. La guerre vue de l\u2019arri\u00e8re<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">L\u2019auteur d\u00e9crit les unit\u00e9s qui passent \u00e0 Senlis, ainsi que les Anglais ou les ressortissants des colonies, avec des d\u00e9tails int\u00e9ressants, ainsi de la mention de la pr\u00e9sence des femmes avec les troupes indig\u00e8nes le 18 ao\u00fbt 1914 (p. 17)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Il passe deux r\u00e9giments de tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais. Ils ont une tr\u00e8s belle allure. Il y a de beaux hommes. On les acclame. Ils ont l\u2019air heureux&nbsp;; beaucoup ont leurs femmes.<\/em>&nbsp;\u00bb et le 28 ao\u00fbt&nbsp;(p. 18): \u00ab<em>&nbsp;Il passe deux r\u00e9giments de tirailleurs marocains. On les acclame et on leur offre \u00e0 boire. (\u2026) beaucoup, comme les S\u00e9n\u00e9galais, ont leur femme avec eux, portant leur gosse sur le dos. C\u2019est tr\u00e8s pittoresque.<\/em>\u00bb Des r\u00e9giments territoriaux stationnent dans la ville, et G. Beaufort d\u00e9veloppe de bonnes relations avec eux, comme ici avec des Bretons du 86<sup>e<\/sup> RIT. M\u00eame s\u2019il est bien plus \u00e2g\u00e9 qu\u2019eux, il s\u2019en sent proche&nbsp;:&nbsp;\u00ab<em> Beaucoup se prom\u00e8nent en ville avec des gosses par la main. Cela leur rappelle leurs enfants \u00e0 eux, qui sont rest\u00e9s l\u00e0-bas. Ils ont l\u2019air tr\u00e8s heureux, les bons gars, de la r\u00e9ception qu\u2019on leur a faite \u00e0 Senlis.<\/em>&nbsp;\u00bb Cette fr\u00e9quentation amicale le fait s\u2019identifier \u00e0 ces territoriaux (p. 92)&nbsp;: \u00ab<em>&nbsp;je fais monter un po\u00eale dans le vestibule de la mairie qui sert de poste de police au 85<\/em><sup><em>e<\/em><\/sup><em> Territorial<\/em> [ce doit \u00eatre le 86<sup>e<\/sup> RIT, appartenant \u00e0 la 85<sup>e<\/sup> DIT]. <em>Mes bons Bretons me remercient (\u2026) je les tutoie tous du reste. Depuis la guerre on a pris cette habitude. Du reste en ce moment, tout marche militairement. \u00c9tant continuellement avec des soldats, je me consid\u00e8re un peu comme un soldat.<\/em>&nbsp;\u00bb En avril 1917, il d\u00e9couvre l\u2019existence des ambulanci\u00e8res anglaises (p. 239)&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Elles ont une allure tr\u00e8s cr\u00e2ne avec leurs habits masculins couleur kaki, et un petit calot sur le coin de l\u2019oreille. Elles sont tr\u00e8s acclam\u00e9es des habitants.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><strong>d. Les travaux et les jours<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Aide aux d\u00e9plac\u00e9s, r\u00e9am\u00e9nagement de l\u2019\u00e9cole, transport de matelas, r\u00e9fection des chemins d\u00e9fonc\u00e9s par le trafic important, pr\u00e9paration des hivers\u2026 notre narrateur est un homme tr\u00e8s occup\u00e9, mais il tient au repos dominical (les <em>\u00ab&nbsp;c\u2019est dimanche<\/em>&nbsp;\u00bb rythment les carnets), avec repos, promenade avec sa femme et manille en fin d\u2019apr\u00e8s-midi avec les copains. Il lui faut aussi trouver le temps de r\u00e9diger une importante correspondance avec ses nombreux neveux mobilis\u00e9s (28 f\u00e9vrier 1915 p. 124)&nbsp;: \u00ab<em>Je n\u2019ai jamais \u00e9crit tant de lettres que depuis les hostilit\u00e9s. Cela me donne du tintouin car je ne veux laisser aucune de leurs lettres sans r\u00e9ponse. J\u2019estime qu\u2019il est de mon devoir de leur donner de bons conseils et \u00e0 bien faire leur devoir de soldat.<\/em>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">En novembre 1914, il signale avoir t\u00e9moign\u00e9 devant une Commission qui enqu\u00eatait sur les crimes allemands. Au printemps 1915, le maire lui demande d\u2019\u00eatre guide pour des excursionnistes parisiens, les cinq guides (1000 visiteurs sur un week-end) devant \u00eatre choisis parmi (p. 129) \u00ab&nbsp;<em>des personnes convenables et des ouvriers ayant rest\u00e9 \u00e0 Senlis pendant l\u2019occupation allemande.&nbsp;<\/em>\u00bb. Senlis est une belle ville \u00e0 patrimoine antique et m\u00e9di\u00e9val, mais il n\u2019est pas dupe, et c\u2019est ici une des premi\u00e8res occurrences du tourisme organis\u00e9 sur les champs de bataille de la Grande Guerre (juin 1915) \u00ab&nbsp;<em>Je guide un groupe d\u2019excursionnistes de la Soci\u00e9t\u00e9 des Arts et Sciences qui viennent pour visiter les monuments de la ville. Je crois plut\u00f4t que c\u2019\u00e9tait pour visiter les ruines, car des monuments ils ne s\u2019en occupent gu\u00e8re&nbsp;!<\/em>&nbsp;\u00bb. En septembre 1915, l\u2019auteur va, sur la demande du maire, rencontrer Henri Brispot \u00e0 Chamant. Ce peintre veut r\u00e9aliser un tableau des derniers moments du maire Odent, avant qu\u2019il ne soit fusill\u00e9 le 2 septembre 1914. G. Beaufort se fait accompagner par un des otages \u00e9pargn\u00e9s, et celui-ci \u00ab&nbsp;<em>a retrac\u00e9 devant ces Messieurs toutes les p\u00e9rip\u00e9ties du drame.<\/em>&nbsp;\u00bb Le peintre prend des notes, fait des croquis, et en novembre il revient faire des \u00e9tudes des protagonistes de la sc\u00e8ne. Ce tableau est actuellement \u00e0 la mairie, on peut s\u2019en faire une id\u00e9e avec une carte postale (mots cl\u00e9s&nbsp;: L\u2019Armarium Odent adieux).<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\">Ren\u00e9 Meissel et Philippe Villain ont donc eu une id\u00e9e pr\u00e9cieuse en publiant dans une \u00e9dition soign\u00e9e ce journal de Gaston Beaufort, un t\u00e9moignage tel qu\u2019on souhaiterait en retrouver plus souvent, fait \u00e0 la fois&nbsp;d\u2019apports factuels, de pr\u00e9cision et d\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:16px\"><em> Vincent Suard, d\u00e9cembre 2023<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ces choses-l\u00e0 ne s\u2019oublient pas\u2026 Carnets journaliers d\u2019un senlisien (1914-1923) 1. Le t\u00e9moin Gustave Beaufort est n\u00e9 \u00e0 Cr\u00e9py-en-Valois (Oise) en 1848. 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